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  • POLITIQUE MONETAIRE – La Banky foiben’i Madagasikara relève ses taux d’intérêts face à la persistance de l’inflation

    POLITIQUE MONETAIRE – La Banky foiben’i Madagasikara relève ses taux d’intérêts face à la persistance de l’inflation

    Antananarivo, 6 Août, 20h45 – Ajustement. Le Comité monétaire de la Banky foiben’i Madagasikara (BFM), dans le cadre de la revue trimestrielle de la politique monétaire, décide de relever ses taux des facilités permanentes. Le taux de facilités de dépôt (FDD) fixé à 9% lors de la précédente revue augmente à 9,5%. Le taux des facilités de prêt marginal (FPM) passe pour sa part de 11% à 11,50%.

    C’est ainsi à 9,5% que sera rémunéré le placement pour les banques qui déposent leurs excédents de liquidités auprès de la BFM. Inversement, pour leur besoin de liquidité, l’intérêt que va tirer la banque centrale de leurs emprunts sera de 11,5%. L’objectif de ces instruments du marché monétaire, comme l’indique la BFM, consiste à stabiliser les taux d’intérêt à court terme et à transmettre le signal par rapport à l’orientation de la politique monétaire.

    La BFM indique avoir pris cette décision afin de juguler la tension inflationniste qui sévit. L’autorité monétaire fait part d’une persistance de l’inflation depuis le début de l’année. Aussi, « les conditions monétaires restrictives liées à une gestion prudente de la demande par BFM sont de mise, si un nouvel équilibre n’est pas atteint », soutient la BFM

    Des partenaires techniques et financiers de Madagascar semblent favorables à la poursuite d’une politique monétaire restrictive. La Banque africaine de développement (BAD) avait soutenu par exemple que celle-ci devrait permettre de réduire l’inflation à Madagascar à 8,1% cette année. Et une telle décision devrait encore faire baisser ce taux d’inflation du pays à 7,5% en 2025, d’après ce qu’avait avancé cette institution dans sa note sur les Perspectives économiques en Afrique 2024, présentée à fin mai.

    L’ancien représentant du Fonds monétaire international à Madagascar (FMI), avait également soutenu que la prudence est de mise pour les banques centrales. Et ce, en soutenant que « les banques centrales devraient éviter d’assouplir prématurément leur politique monétaire et s’opposer aux attentes trop optimistes du marché en matière de baisse de taux ».

    La BFM espère que la réalisation de projets d’investissements publics et privés permettra la relance des activités et le rétablissement de l’offre globale. Elle se dit prête à ajuster ses instruments de politique monétaire si la situation s’améliore.

  • TRANSFORMATION STRUCTURELLE – Madagascar encouragé par la BAD à bâtir un nouveau modèle économique

    TRANSFORMATION STRUCTURELLE – Madagascar encouragé par la BAD à bâtir un nouveau modèle économique

    Antananarivo, 06 Août, 18h15 – La Banque africaine de développement (BAD) estime que la Grande île devrait bâtir un nouveau modèle économique. Celui-cui devrait être axé sur une croissance verte et inclusive, d’après ce que suggère cette institution financière dans son rapport pays 2024 sur Madagascar.

    Le modèle économique recommandé par ce partenaire de la Grande île consiste en une augmentation de la productivité agricole et au développement de chaînes de valeurs agricoles capables de se substituer aux importations de produits alimentaires. Ce modèle devrait aussi amener le pays à s’intégrer aux chaînes de valeurs mondiales et à construire des infrastructures durables notamment d’énergie et de transport. Et il devrait engager le pays dans la mise en place d’un environnement favorable pour attirer les investissements du secteur privé, et renforcer les capacités de gestion et de résilience face aux aléas climatiques, expose la BAD dans son rapport.

    La BAD estime que les changements de modèles économiques opérés jusqu’à aujourd’hui « n’ont pas pu sortir le pays des trappes à pauvreté ». Elle rappelle que Madagascar avait expérimenté trois principaux modèles économiques depuis son indépendance en 1960 à ce jour, dont le modèle socialiste expérimenté sur la période 1960 à 1980. La Grande île avait ensuite mis en œuvre le modèle néolibéral avec les Politiques d’ajustement structurel (PAS) de 1981 à 2000. Le modèle que le pays a mis en œuvre depuis 2001 est axé sur un partenariat entre l’État et le secteur privé.

    Comme exposé par cette institution de financement du développement en Afrique, le taux de croissance du PIB réel par habitant de Madagascar a été négatif durant trois décennies, de 1980 à 2009. La faible croissance du PIB de long terme, la forte croissance démographique et la faible performance des politiques publiques sont les principales raisons ayant conduit à cette situation. Le pays a néanmoins obtenu des gains du PIB entre 2010 et 2019. Mais ces gains ont été annihilés par la Covid-19. Une reprise économique avait ensuite été enregistrée en 2021, avec une amélioration du taux de croissance du PIB réel par habitant. Ce, avant de baisser en 2022, en raison du ralentissement de la croissance causé par les effets de chocs multiples, détaille la BAD.

    La BAD fait par ailleurs remarquer que « Madagascar est le seul pays africain ne connaissant pas de conflit, mais dont le PIB par habitant diminue depuis 1960 ». Le taux de pauvreté national restait d’ailleurs élevé, en se situant à 75,2% en 2022, avec un taux qui avait même dépassé 91,2% dans le Sud et le Sud-Est, indique-t-elle.

  • JUSTICE – “Les propos de Romy Andrianarisoa sur TV5 Monde n’engagent qu’elle”, estime la présidence de la République

    JUSTICE – “Les propos de Romy Andrianarisoa sur TV5 Monde n’engagent qu’elle”, estime la présidence de la République

    Antananarivo, 6 Août, 11h05 –

    La présidence de la République veut attendre avant de se positionner. Face aux propos de Romy Andrianarisoa, ancienne directrice de cabinet du président de la République sur TV5 Monde ce week-end, la Présidence indique attendre des informations complémentaires. “Ce qu’elle a indiqué sur TV5 Monde ne concerne qu’elle et sa personne”, réagit lundi, Lova Ranoromaro, porte-parole du président de la République et directrice des affaires internationales auprès de la Présidence. “Nous attendons encore les informations officielles de la part du gouvernement britannique et sur les décisions qu’elle va communiquer”, explique-t-elle. “Jusqu’ici nous n’avons rien reçu”, poursuit-elle.

    Pour la Présidence, le président de la République n’est aucunement concerné par les agissements de son ancienne directrice de cabinet. “Ce qui la concerne et ses agissements sur place ont déjà été pris en main par les autorités britanniques, il y a eu un procès et un verdict”, ajoute la porte-parole du Président. “Comme tout le monde on a vu ce qui se passe sur les réseaux sociaux mais on n’a aucune information officielle à ce stade”, souligne-t-elle.

    Pour une éventuelle suite judiciaire à cette affaire, la Présidence indique toujours vouloir attendre une communication officielle des autorités britanniques. “Nos deux pays sont en contact via le ministère des Affaires étrangères et les autorités britanniques nous ont assuré de prendre entièrement en main cette affaire, il n’y a jusqu’ici aucune information sur le transfert de l’affaire vers Madagascar, on ne sait pas si elle a été réellement blanchie ou autre mais on attend et on verra”, précise encore Lova Ranoromaro.

    La porte-parole du président de la République souligne toutefois que “cette affaire peut faire penser à un piège organisé pour des raisons sans doute politiques et économiques”. Elle laisse même entendre la possibilité d’un “acte pour atteindre le Président”. Elle rappelle, pour conclure que, “le président de la République n’est aucune impliqué dans cette affaire. Il continue de prendre des mesures pour lutter contre la corruption, et ne tolère pas les pratiques allant dans ce sens”.

  • L’amélioration de la gouvernance de l’océan Indien occidental au centre des débats durant la COP 11 d’Antananarivo

    L’amélioration de la gouvernance de l’océan Indien occidental au centre des débats durant la COP 11 d’Antananarivo

    Antananarivo, 6 Août, 9h15 – Des ministres en charge de l’environnement ou de la mer ainsi que plusieurs représentants de plus d’une dizaine de pays attendus à Antananarivo, à l’occasion de la 11ème réunion de la Conférence des Parties contractantes (COP11) à la Convention de Nairobi. Ces hauts responsables auront à se pencher sur “la collaboration régionale pour l’économie bleue durable : amélioration de la gouvernance de l’océan Indien occidental (OIO)”, comme présenté par le ministre de l’Environnement et du développement durable, Max Fontaine. C’était lors d’une conférence de presse, lundi.

     

    Madagascar, en tant que président de bureau de la COP 11 pour la période de 2022 à 2024, accueille cette année cette réunion ordinaire qui se tient tous les deux ans. Celle-ci sert de plateforme régionale pour relever les défis auxquels sont confrontés les écosystèmes côtiers et marins de l’OIO par le biais d’interventions collectives, de dialogues et de partenariats.

     

    Pour le ministre Max Fontaine, accueillir cette COP 11 sur la Convention de Nairobi est “un symbole fort”. C’est, selon lui, “un moyen de montrer à nos pays voisins et nos partenaires que Madagascar prend ses responsabilités”. La Grande île ne peut d’ailleurs pas être seulement un acteur passif mais entend être un acteur influent dans la lutte contre le changement climatique et la protection de l’environnement, poursuit-il

     

    Cet engagement de Madagascar dans le cadre de cette Convention s’est déjà matérialisé à travers la mise en œuvre de plusieurs projets. Le ministre Max Fontaine parle, par exemple, de la gestion durable des mangroves dans les régions de Boeny et de Sofia. Il cite également le renforcement du cadre de réglementation et de surveillance de la qualité de l’eau dans l’estuaire de Bombetoka, l’évaluation environnementale des débits fluviaux du bassin versant de Betsiboka ou encore l’amélioration de la durabilité de la pêche au crabe des mangroves dans la région de Sofia.

     

    Photo : MEDD

  • JUSTICE – Les huits pêcheurs étrangers arrêtés à bord du navire Maab Aqua placés en détention préventive

    JUSTICE – Les huits pêcheurs étrangers arrêtés à bord du navire Maab Aqua placés en détention préventive

    Antananarivo, 06 Août, 7h50 – Mandat de dépôt pour huit pêcheurs étrangers. Trois ressortissants kenyans et cinq ressortissants sri-lankais, accusés d’avoir illicitement pêché dans les eaux malgaches, sont placés en détention préventive. Ils ont comparu devant le parquet du tribunal de Nosy Be samedi. Ces pêcheurs, interpellés début juillet à bord du navire Maab Aqua à 87 kilomètres au Nord-Ouest de Nosy-Be, sont actuellement détenus à la prison de l’île aux Parfums en attendant leur procès dont la date n’est pas encore définie.

    Selon le centre de surveillance de la pêche, les huit hommes sont inculpés de pêche sans autorisation, de non-détention de journal de pêche, de non-possession de balise de repérage. Ils sont également accusés de ne pas avoir effectué de déclaration d’entrée.

    Le navire battant pavillon kényan, pour sa part, est tenu provisoirement au port de Hell Ville d’après le centre de surveillance des pêches. Il avait été intercepté par le navire Antsantsa au large de Nosy Be, dans la zone du Blanc de Leven, en train de s’adonner à des activités de pêches illicite, selon le ministère de la Pêche et de l’économie bleue. 5 210 kilogrammes de requins, 135 kilogrammes de requins salés, 70 kilogrammes d’ailerons de requin, et 250 kilogrammes de poissons ont été découverts dans ses cales.

  • CORRUPTION – 3 147 doléances reçues par le Bianco en 2023, 556 dossiers transférés auprès de la justice

    CORRUPTION – 3 147 doléances reçues par le Bianco en 2023, 556 dossiers transférés auprès de la justice

    Antananarivo, 6 Août, 6h55 – Le Bianco à l’heure du bilan. D’après son rapport d’activités 2023 publié lundi, le Bureau indépendant anti-corruption (Bianco) a reçu 3 147 doléances en un an. Une légère hausse par rapport à 2022 où il avait reçu 3 705 doléances. Des investigations ont été lancées sur 1 404 d’entre eux.

    A la suite des investigations, 556 dossiers ont pu être transférés au niveau des autorités judiciaires compétentes. Une hausse a également été constatée par rapport à l’année 2022 ou 477 dossiers avait été transmis à la justice. 1 831 personnes ont ainsi été poursuivies dans le cadre de ces affaires, 588 d’entre elles ont été arrêtées, 95 ont été placées sous mandat de dépôt et 122 sous contrôle judiciaire.

    Le directeur général sortant, Laza Andrianirina, évoque une lutte difficile contre la corruption qu’il compare à “une lutte contre soi-même”. “Cela fait 20 ans qu’on a mis en place la stratégie nationale de lutte contre la corruption, nous devons faire des efforts”, exhorte-t-il.

    Parmi les autres achèvements énoncés par le Bianco lundi, il met en avant la cartographie des risques de corruption dans plusieurs processus tels que les fraudes et trafics à l’aéroport d’Ivato, ceux liés aux traitements des pensions ou encore dans la délivrance des certificats fonciers.

    Afin de renforcer la lutte contre la corruption, le Bianco a également émis plusieurs recommandations tels que la mise en place d’une rencontre annuelle entre le Bianco et le gouvernement ou encore la révision des dispositions relatives aux privilèges de juridiction, immunités et privilèges accordés à certains élus et agents publics, ceci afin de garantir l’effectivité de la répression en cas de corruption. Le Bianco demande également une augmentation de son budget afin de respecter les normes internationales en la matière.

  • CONSEIL DES MINISTRES – Le parlement convoqué en session extraordinaire ce vendredi

    CONSEIL DES MINISTRES – Le parlement convoqué en session extraordinaire ce vendredi

    Antananarivo, 05 Août, 22h30 – Deux jours de session extraordinaire pour le Parlement. Un Conseil des ministres spécial tenu ce lundi adopte le décret qui convoque le Parlement pour une session extraordinaire qui se tiendra le 9 et le 12 août prochain.

    ⭕Selon le communiqué du Conseil des ministres publié par la présidence de la République, cette session sera consacrée à la présentation du programme de mise en œuvre de la politique générale de l’Etat par le Premier ministre conformément à l’article 99 de la Constitution.

    ⭕Les dispositions constitutionnelles prévoient que cette présentation soit faite dans les 30 jours qui suivent la nomination du chef du gouvernement. Et bien que le gouvernement ne soit pas encore constitué, le Conseil des ministres composé, entre autres, de ministres démissionnaires décide de convoquer une session extraordinaire pour se conformer à la Loi fondamentale.

    ⭕Il n’est cependant pas exclu que les nouveaux ministres soient nommés avant l’ouverture de la session extraordinaire. Selon la porte-parole du président de la République, Lova Ranoromaro, le chef de l’Etat et le Premier ministre se penchent sur le sujet depuis le retour d’Afrique d’Andry Rajoelina.

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  • NICOLE RAMALALANIRINA : “Il n’y a pas de hasard dans le sport de haut niveau”

    NICOLE RAMALALANIRINA : “Il n’y a pas de hasard dans le sport de haut niveau”

    Dans notre série sur les légendes malgaches des Jeux Olympiques, nous avons rencontré Nicole Ramalalanirina, spécialiste du 100m haies et finaliste aux Jeux Olympiques de Sydney en 2000. Cette performance, elle l’a pourtant obtenue sous les couleurs de la France dont elle a acquis la nationalité en 1998, après avoir obtenu, avec l’équipe nationale malgache, de nombreux titres et participé aux Jeux Olympiques de Barcelone en 1992 et d’Atlanta en 1996. Au pied du stade de France où elle vient d’assister à la course du sprinter Rija Vatomanga Gardiner au 100m, elle a rencontré l’équipe de www.2424.mg. Elle se confie sur son parcours olympique, mais aussi sur les raisons qui l’ont amenée à choisir le pavillon français. Interview sans filtre.

    Nicole Ramalalanirina est spécialiste du 100m haies. Elle est sans doute l’une des plus grands athlètes malgaches de tous les temps.
    Son palmarès est impressionnant : elle est championne d’Afrique en 1993. Elle remporte la médaille d’or aux Jeux de la Francophonie de 1994 et de 1997.
    En 1995, elle remporte le titre de Championne du Monde Universitaire aux Universiades de Fukuoka, Japon. Elle a participé à quatre Jeux Olympiques : Barcelone 1992, Atlanta 1996, Sydney 2000 et Athènes 2004. A Atlanta, elle atteint les demi-finales. Mais pour aller encore plus loin que les demi-finales, elle change de pays en 1998. C’est sous les couleurs de la France qu’elle court la finale de sa spécialité à Sydney 2000.

    “Personnellement, j’ai participé à quatre Jeux Olympiques. En 1992, j’étais à Barcelone avec [la délégation de] Madagascar. En 1996 à Atlanta, j’étais demi-finaliste sous les couleurs malgaches. Ensuite, en 2000, à Sydney et à Athènes [en 2004] j’ai couru pour la France. Ma meilleure place à Sydney, c’était celle de finaliste. Mon objectif, à l’époque, c’était la médaille, vu que j’avais gagné ma demi-finale mon ambition était donc élevée.

    Pourquoi avez-vous demandé à être naturalisée française?

    *Le choix était simple : sans détours, je dis que si j’ai quitté Madagascar c’est parce que je me suis rendue compte que c’était le maximum que je pouvais faire, parce que les aides faisaient défaut, je ne pouvais pas aller plus loin. C’était le maximum, car on a tous vu ce que l’on a vécu à Atlanta, à Barcelone. En matière d’ambition sportive c’était le maximum, alors il fallait changer.

    Quelles étaient vos ambitions en quittant l’équipe nationale malgache?

    *Lorsque j’avais pris la décision de ne plus faire partie de l’équipe nationale malgache, mon objectif était d’aller plus loin. Comme j’étais demi-finaliste à Atlanta, mon objectif était d’être finaliste voire médaillée. Je savais que cela était possible car mon entraîneur avait affirmé à l’époque que j’avais les capacités de faire un bon chrono pour aller en finale. Quand j’avais gagné ma demi-finale à Sydney, ma confiance était très élevée car mes adversaires étaient toutes très fortes. Nous étions 16 athlètes demi-finalistes, très compétitrices et de niveaux similaires. Je me suis dit que si j’étais sortie vainqueur d’une telle demi-finale c’est que tout était alors possible en finale.

    Vous n’avez pourtant pas gagné la médaille après laquelle vous couriez…

    *A 20 mètres de l’arrivée, une athlète jamaïcaine a commis une faute. Elle m’a frôlé et ce choc a ralenti ma course. Or, mon entraîneur m’a toujours dit que la médaille se joue dans les 15 derniers mètres. C’est-à-dire que j’étais sur le point d’accélérer [pour le sprint final] mais je ne pouvais pas car j’ai été déséquilibrée. Mais cela ne comptait pas, mon objectif était d’aller en finale au minimum. Je suis effectivement arrivée en finale, et j’étais contente. Quoi qu’il en soit, le sang malgache coule dans mes veines. J’ai gardé ma nationalité malgache. On peut donc toujours dire que j’étais la première Malgache à participer à une finale olympique. Et cela est très important.

    Qu’est-ce qui différencie les deux équipes, malgache et française?

    *Mentalement, je n’avais aucune inquiétude. La raison en était simple. Je suis bien placée pour comparer la préparation malgache et la préparation française. Là où je veux en venir, c’est que la préparation pour une grande compétition n’est pas seulement le fruit du hasard ni du bricolage. C’est quelque chose d’énorme. Cela passe par les infrastructures. Il faut aider les athlètes, financièrement et matériellement. Il en est de même des cadres, dirigeants et entraîneurs. Ils doivent tous être compétents. Il y a bien de choses qu’on peut critiquer chez les Français mais en tout cas les bases sont installées. Ce qui est important, c’est une préparation de très haut niveau. Dès lors que votre préparation se déroule normalement, viser une finale olympique ne constitue plus un problème. Je voudrais attirer l’attention des Malgaches sur l’aspect suivant. Quand vous parlez de haut niveau, vous devez savoir que vous êtes capable d’affronter des athlètes de valeur mondiale. Qu’est-ce que cela signifie ? Au minimum vous devez aller en demi-finale. Et c’est le critère chez les Français : ils ne sélectionnent pas des athlètes incapables d’atteindre la demi-finale au minimum. Arrivé en demi-finale, vous décidez de la suite. Mais là où je veux en venir, c’est notre préparation à nous Malgaches. Elle n’existe même pas parfois, on concourt de manière archaïque. Le hasard n’existe pas dans le sport de haut niveau, il faut une préparation sérieuse. Et même si vous vous êtes bien préparé, quelquefois vous ne vous en sortez pas, alors avec une préparation primaire … Il n’y a pas de place pour une préparation hasardeuse dans le haut niveau.

     

    Comment avez-vous vécu votre vie d’athlète française?

    C’est simple. Une fois que vous êtes inscrit dans la liste des athlètes français de haut niveau au niveau du ministère, vous recevez des aides financières et en termes d’infrastructures. C’est-à-dire vous pouvez profiter des biens que détient la Fédération, car ce ne sont pas tous les athlètes qui bénéficient des infrastructures et du matériel. De même il y a les sponsors. En tant que citoyen français, la ville et la région sont derrière vous et vous aident. Des équipementiers vous soutiennent également car ils savent que vous avez le niveau. Tout cela considéré dans son ensemble vous permet d’acquérir de la tranquillité d’esprit pour préparer les Jeux olympiques. Côté finance, vous n’avez plus à vous soucier de votre nourriture de demain, ni comment vous allez payer votre loyer. Je n’avais pas de tels soucis quand j’étais en équipe de France. Tout était réglé d’avance, et j’étais donc concentrée sur mon entraînement. Puis, c’est une personne compétente qui m’a prise en charge à l’entraînement. Elle connaissait déjà mes performances et savait jusqu’à quel niveau je pouvais arriver. L’entraineur avait confiance en moi, et vous avez vu les résultats. Aux Jeux Olympiques vous devez participer à quatre courses avant d’atteindre la finale. Et ces quatre courses, ce sont toutes des sortes de finale : le premier tour c’est déjà une finale, au deuxième tour vous courez une finale, en demi-finale c’est comme courir une finale, et la finale c’est vraiment une finale. Et ce que les gens ne savent pas au sujet des coulisses du haut niveau, c’est que plus vous passez du premier tour au deuxième tour, plus l’intensité de la course devient plus vive. Autrement dit, un athlète sans préparation n’a aucune chance d’aller loin.

     Comment trouvez-vous l’évolution de la situation des athlètes malgaches aujourd’hui?

    Je vais être sévère à l’encontre des dirigeants, car ce que j’avais vécu, les athlètes actuels l’endurent encore. Je l’ai vécu il y a déjà 32 ans. J’ai commencé l’athlétisme à Madagascar. J’ai été championne d’Afrique, j’ai gagné aux Jeux de la Francophonie, et le titre de championne du monde aux Universiades. C’est tout cela ce que je valais quand j’étais à Madagascar, et j’avoue que je n’avais obtenu aucune aide. Et c’est une des raisons qui m’avait amené à prendre la décision de me tirer de la situation : elle ne peut pas continuer si je voulais poursuivre dans le haut niveau. Cette décision m’a beaucoup aidé et je l’assume. Et vous les avez constatés sur mes résultats. J’ai vraiment joui de tous ces avantages: quand j’entrais dans la chambre d’appel, j’étais gonflée à bloc, je savais que je pouvais aller loin, à l’inverse de nou s Malgaches : vous êtes complexé car vous connaissez ce que vous aviez fait avec un entraînement qui n’est pas aux normes, et vous n’avez obtenu que très peu d’aides. Je voudrais dire tellement de choses. De nombreux athlètes malgaches possèdent des qualités mais il manque le soutien, la vision des dirigeants, l’ambition sportive chez les dirigeants … Quelle est donc l’ambition sportive, quel est notre objectif dans ces Jeux olympiques ? Contentons-nous d’être présents à titre représentatif ? Ou bien allons-nous faire comme la Jamaïque ? La Jamaïque est un pays pauvre, mais dès que ses athlètes foulent la piste, l’objectif c’est une médaille c’est-à-dire un objectif élevé.

     Mais les athlètes eux-mêmes ne semblent pas avoir cette ambition d’aller loin, de viser haut…

    *Personnellement, je préfère prendre la défense de l’athlète, car j’ai déjà vécu ce qu’il endure. Il m’est difficile de critiquer l’athlète, car il subit la situation. Si l’athlète arrive à ce stade, c’est à cause de responsables du sport. Il faut quatre ans au minimum pour préparer les Jeux olympiques. Quid de la préparation des Malgaches ? Je n’en ai pas entendu parler. Si une telle préparation n’a pas eu lieu, cela revient à ce que nous avons dit plus tôt, cela ne se fait pas de façon bâclée. Il faut de la volonté politique, pas des paroles en l’air. Il faut de l’action. Le côté positif pour certains athlètes, le fait de participer [aux Jeux olympiques] est déjà de l’expérience gagnée. Ce n’est pas mentalement facile de participer aux Jeux olympiques. Car dès que vous entrez dans le stade, ou alors ça dépend de la discipline, dès que vous foulez le tatami ou le terrain, il faut avoir une force mentale prodigieuse car c’est 50% mental et 50% physique. Même si votre entraînement a été très dur mais mentalement vous n’êtes pas préparé, votre préparation sera vaine. Il est donc bon que l’athlète découvre l’expérience des Jeux olympiques. Toutefois ce n’est pas suffisant. Je suis moi-même une athlète. On me connaissait comme étant “la petite Malgache”. Quand je suis sur la piste, les gens me craignaient car les gens savent l’entraînement que j’ai fait et le temps ainsi que le résultat que j’ai réalisés. J’ai gagné une médaille au championnat du monde, j’ai participé à de nombreuses finales de championnats du monde. Je sais que si j’avais atteint ces résultats c’est que je m’étais bien préparée aux entraînements, ce n’était pas négligé. Donc ce n’est pas la faute des athlètes malgaches. Il faut plutôt tirer des leçons. Nous sommes présents aux Jeux olympiques. Pour les grands pays, la course aux médailles est âpre. J’observe que même les Français rencontrent des difficultés bien qu’ils aient mis beaucoup de choses en place, mais il existe encore des aspects susceptibles d’être améliorés. Nous Malgaches, nous devons chercher les bonnes leçons à prendre. Il faut de l’investissement, les athlètes ont besoin d’aides financières et du matériel. C’est la base sinon il vaut mieux abandonner. Autrement vous n’obtiendrez rien.

    Que diriez-vous aux jeunes athlètes qui sont aujourd’hui aux Jeux Olympiques ?

    *Ce qui est essentiel, je vous encourage, vous les athlètes, tant que vous le restez, l’espoir existe toujours. Si vous travaillez dur, si les dirigeants vous appuient, si tout est bien en place, il y a encore de l’espoir. Vous réussirez. Les gens comme moi en sont des exemples concrets et vivants, je le dis en toute humilité. Je ne peux pas taire le fait que je suis finaliste olympique. Dans mon parcours, je suis finaliste olympique parce que derrière il y a eu un entraînement très dur, beaucoup de soutiens et d’aides. De tout cela, je suis reconnaissante envers la Fédération française [d’athlétisme] et le ministère [français]. Car tout avait été mis en place….

  • CHOCS CLIMATIQUES – Madagascar parmi les pays appuyés par le nouveau programme Repair de la Banque mondiale

    CHOCS CLIMATIQUES – Madagascar parmi les pays appuyés par le nouveau programme Repair de la Banque mondiale

    Antananarivo, 5 Août, 21h15 – Comores, Mozambique et Madagascar. Ce sont les bénéficiaires du nouveau programme régional de la Banque mondiale pour la préparation aux situations d’urgence et un relèvement inclusif (Repair), approuvé à la fin du mois de juillet. 6,2 millions de personnes vulnérables issues de ces pays sont prévus en bénéficier, durant notamment la première phase de ce programme, d’après ce qu’avait communiqué cette institution de Bretton Woods.

    La Banque mondiale prévoit de mobiliser 205 millions de dollars de capitaux privés pour soutenir ce programme au cours de cette première phase. Il s’agit de financement en amont mis à disposition des gouvernements pour se préparer aux prochaines catastrophes, avance Boutheina Guermazi, directrice de l’intégration régionale pour l’Afrique et le Moyen-Orient à la Banque mondiale.

    Ce responsable de la Banque mondiale explique que “la rapidité de la réponse est en effet cruciale pour sauver des vies, protéger les moyens de subsistance et permettre une reprise sans exclus”. Or elle explique “qu’il peut être difficile de collecter des fonds immédiatement après une catastrophe”. Le programme Repair s’efforce alors de pallier cette lacune, en apportant rapidité, flexibilité et durabilité pour aider les pays bénéficiaires à améliorer leur adaptation aux effets du changement climatique.

    Madagascar, tout comme les Comores ou le Mozambique, bénéficiera ainsi d’outils financiers personnalisés. Le programme mettra en place un fonds régional pour les risques climatiques qui est doté d’instruments financiers préétablis pour répondre à des chocs de fréquence et de gravité diverses, avance la Banque Mondiale. Et ce, en s’assurant de mettre à disposition du pays des financements dans les sept jours suivant une catastrophe climatique. “Le programme Repair leur permettra de réagir avec rapidité et souplesse aux incidents mineurs comme aux crises majeures”, soutient Idah Z. Pswarayi-Riddihough, directrice des opérations de la Banque mondiale pour ces trois pays.

    Le service du Fonds monétaire international (FMI) a exposé les effets macroéconomiques du changement climatique à Madagascar dans son rapport sur le programme sur la Facilité sur la résilience et la durabilité (FRD). Selon cette institution financière, les catastrophes naturelles ont d’importantes répercussions à court terme sur la balance des paiements et le déficit budgétaire, et des effets à long terme sur la dette.

    D’après le FMI, les catastrophes naturelles endommagent le capital physique et entraînent une baisse de la productivité dans les secteurs des biens échangeables et non échangeables. Les conséquences sont alors une perte calibrée de 6% du PIB réel au cours de l’année de survenue du choc. Et en raison du coût de reconstruction du capital physique détruit et de la baisse du PIB réel, le ratio déficit budgétaire/PIB devrait augmenter de 2,5% un an plus tard, expose ce partenaire de la Grande île.

  • GOUVERNEMENT – Andry Rajoelina en plein processus d’évaluation des ministrables, selon Lova Ranoromaro, porte-parole du président

    GOUVERNEMENT – Andry Rajoelina en plein processus d’évaluation des ministrables, selon Lova Ranoromaro, porte-parole du président

    Antananarivo, 05 Août, 20h15 – La formation du nouveau gouvernement ne devrait plus attendre. De retour de sa tournée africaine vendredi dernier, le Président Andry Rajoelina va se pencher sur l’évaluation des différentes personnalités ministrables à partir de cette semaine selon les informations glanées auprès de la présidence de la République malgache. “Le Président se concentre sur cela actuellement, même lors de ces récents déplacements, il n’a pas cessé de s’y pencher”, explique Lova Ranoromaro, porte-parole du président et directrice des affaires internationales auprès de la Présidence, jointe au téléphone.

    Il n’y aura pas d’appel à candidature cette fois-ci à en croire la porte-parole. Le Président et le Premier ministre vont cependant consulter la base de données liée aux précédents appels à candidature pour les hautes fonctions de l’Etat lancés précédemment par la Présidence. “Il y aura ensuite des entretiens, des entretiens pour les nouveaux et des entretiens d’évaluation pour ceux qui étaient déjà en poste”, explique-t-elle. La porte-parole indique qu’entre-temps des personnes ont également déposé leur dossier auprès de la présidence.

    Selon Lova Ranoromaro, l’attente de la formation du nouveau gouvernement ne bloque en rien les affaires de l’Etat. “Il n’y a aucun blocage car les affaires courantes se poursuivent, il en est de même pour le Conseil des ministres” , explique-t-elle. “Les ministres intérimaires assurent pleinement leur fonctions” , ajoute-t-elle.

    Cela fait un peu plus de trois semaines que Christian Ntsay a été reconduit dans ses fonctions de Premier ministre après avoir démissionné de son poste le 10 juillet dernier. Lors de sa nomination, le président de la République avait indiqué vouloir prendre son temps pour former le nouveau gouvernement.