Sécheresse. Inondations. Fortes chaleurs. Autant de risques que les responsables des services météorologiques des pays du Sud Ouest de l’océan Indien invitent à anticiper. Réunis aux Seychelles en septembre à l’occasion de la 15ème session du Forum de prévision climatique pour le Sud-Ouest de l’océan Indien (SWIOCOF-15), ces spécialistes venus des États membres de la Commission de l’océan Indien, d’Afrique du Sud, du Malawi, du Mozambique et de Tanzanie, invitent leurs pays à se préparer et à renforcer leurs dispositifs d’anticipation face aux risques climatiques attendus durant la saison 2026-2027. “Le sud de la région fait face à un risque de sécheresse, de stress hydrique et d’insécurité alimentaire, tandis que les zones plus humides doivent se préparer aux inondations et aux glissements de terrain”, recommande le Forum.
Selon les prévisions établies pour octobre 2026 à mars 2027, le Sud Ouest de l’océan Indien connaîtra des conditions climatiques contrastées, entre déficit de pluies, excédent pluviométrique et fortes chaleurs. Des précipitations inférieures aux normales sont attendues notamment dans le sud-ouest de Madagascar, le sud et le centre du Mozambique et certaines parties de l’Afrique australe. À l’inverse, la Tanzanie, les Seychelles et certaines îles des Mascareignes devraient connaître des précipitations supérieures aux normales durant la période octobre-décembre. Les pays sont ainsi appelés à adapter les mesures de prévention aux risques de sécheresse, d’inondation et de fortes chaleurs, tout en maintenant la préparation aux cyclones.
Dans les zones exposées à la sécheresse et au stress hydrique, les prévisionnistes recommandent de suivre étroitement les réserves d’eau, l’humidité des sols et l’état des cultures. Le forum identifie notamment le sud du Mozambique et certaines parties de Madagascar comme des zones exposées aux déficits pluviométriques. Le sud-est de Madagascar et les Mascareignes présentent par ailleurs déjà une vulnérabilité liée aux déficits enregistrés entre décembre 2025 et août 2026. Les institutions concernées sont invitées à élaborer plusieurs mois à l’avance des scénarios de disponibilité en eau et à mettre en œuvre des mesures d’économie avant que les réserves n’atteignent des niveaux critiques. Des sources alternatives devraient également être préparées pour l’irrigation et l’élevage.
L’agriculture figure parmi les secteurs considérés comme les plus exposés. Dans les zones sèches, le SWIOCOF recommande ainsi de privilégier les variétés à cycle court et résistantes à la sécheresse, d’adapter les calendriers de semis et de récolte, de diversifier les cultures et de constituer des stocks de semences. Dans les zones où des précipitations supérieures à la normale sont attendues, les prévisionnistes recommandent le renforcement de l’entretien des systèmes de drainage afin de limiter les dégâts liés à l’engorgement des sols. Des réserves de fourrage et l’identification de points d’eau alternatifs sont également recommandées pour l’élevage. Le forum préconise enfin de prépositionner des stocks alimentaires dans les zones vulnérables avant une éventuelle dégradation de la situation.
Les territoires susceptibles de recevoir davantage de précipitations devront, à l’inverse, renforcer leurs dispositifs face aux inondations, aux crues soudaines et aux glissements de terrain. Le SWIOCOF recommande de consolider les systèmes d’alerte précoce multirisques, les plans d’évacuation et d’hébergement ainsi que la surveillance des infrastructures critiques. Les routes, ponts, réseaux d’eau, établissements de santé et réseaux électriques font partie des infrastructures identifiées comme nécessitant une surveillance prioritaire.
Avec des températures déjà supérieures aux normales dans une grande partie du Sud-Ouest de l’océan Indien et le risque de températures exceptionnellement élevées, jusqu’à cinq fois supérieures aux normales, le SWIOCOF recommande d’intégrer davantage le risque lié aux fortes chaleurs dans les plans d’urgence et de croiser les indicateurs de température avec ceux de la sécheresse, du stress hydrique, de la santé et de la sécurité alimentaire.
Le secteur sanitaire est également invité à actualiser les plans d’action « fortes chaleurs », à renforcer l’information du public et à accorder une attention particulière aux personnes âgées, aux jeunes enfants, aux personnes souffrant de maladies chroniques et aux travailleurs exposés. Les établissements de santé sont appelés à anticiper une éventuelle hausse des cas de déshydratation, d’épuisement et de coups de chaleur.
Par ailleurs, bien que l’activité cyclonique dans le bassin du Sud-Ouest de l’océan Indien soit estimée nettement inférieure à la normale entre novembre 2026 et avril 2027, le SWIOCOF estime que le niveau de préparation de doit pas être réduit. Il recommande de maintenir les stocks d’urgence, les plans d’évacuation et les capacités d’intervention rapide.

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