Des fibres de coton, de lin, de raphia, de soie, de sisal et bien d’autres matières qui se croisent, se suspendent et se déploient sur plusieurs mètres. C’est la nouvelle installation de Joël Andrianomearisoa exposée dans l’espace des Grandes Locos à Lyon dans le cadre de la 18ème Biennale d’art contemporain de Lyon qui se tient depuis vendredi jusqu’au 13 décembre 2026. Tantôt fines et presque immatérielles, tantôt épaisses, effilochées ou nouées, les matières assemblées par l’artiste malgache invitent à regarder la corde autrement qu’en objet. Parce que dans cette production, la corde devient une matière capable de porter des histoires, des lieux et des souvenirs. Et dans “tady mitady tadidy”, elle “recherche ses propres mémoires”.
Pour “passer d’un rêve à l’autre”, “to pass from one dream to another”, thème de la 18ème Biennale d’art contemporain de Lyon, Joël Andrianomearisoa a réuni dans une même oeuvre des matières et des fibres, venues de divers horizons, racontant les unes aux autres les histoires des lieux où elles sont passées, mais aussi leurs usages et leurs savoir-faire. Antananarivo bien sûr, mais aussi Paris, New York, Montréal, Jaipur, Bamako, Berlin, Beyrouth, Bruxelles, Cape Town, Dakar, Buenos Aires, Istanbul, Londres, Madrid, Venise, Tokyo, et bien d’autres. Nouées les unes aux autres, elles deviennent une corde qui relie les espaces et les temporalités, évoquant un geste artisanal, une rencontre ou un souvenir, mais réveillant aussi une mémoire, une émotion ou une expérience.
Créée en 1991, la Biennale d’art contemporain de Lyon figure parmi les principales manifestations consacrées à l’art contemporain en France. Pour sa 18ème édition, elle réunit 119 artistes de 42 nationalités, et “affirme son ouverture à une grande diversité de pratiques, de générations et de territoires artistiques”. 68% des artistes sont des femmes, et 23% d’entre eux ont moins de 35 ans. Se déployant sur plusieurs lieux de la métropole lyonnaise, elle réunit 300 000 visiteurs à chaque édition.











