Le manque de transparence budgétaire reste un point de faiblesse pour Madagascar, selon le Fiscal Transparency Report du Département d’État américain, rendu public le 11 août 2026. Le rapport pointe plusieurs lacunes dans l’accessibilité, l’exhaustivité et le contrôle des informations relatives aux finances publiques sur la période allant du 1er janvier au 31 décembre 2025.
Madagascar a bien rendu public son budget adopté, notamment en ligne. En revanche, le projet de budget exécutif et le rapport de fin d’exercice n’ont pas été publiés dans les délais considérés comme raisonnables par les critères retenus dans l’évaluation américaine. Les informations concernant certaines obligations financières de l’État, notamment la dette des principales entreprises publiques, n’ont pas non plus été communiquées à temps.
Le rapport relève également que les documents budgétaires disponibles ne donnent pas une vision suffisamment complète des recettes et des dépenses publiques. Des informations détaillées sur les revenus tirés des ressources naturelles et sur les transferts ou allocations destinés aux entreprises publiques font notamment défaut.
La classification des dépenses par ministère ou organisme public ne répondrait pas non plus entièrement aux exigences retenues par le Département d’État américain. Le rapport signale par ailleurs l’existence d’importants comptes hors budget qui ne sont pas soumis à un contrôle public suffisant.
Le contrôle externe des finances publiques constitue une autre faiblesse relevée. L’institution supérieure de contrôle n’aurait pas satisfait à l’ensemble des critères d’indépendance prévus par les standards internationaux et n’aurait pas audité la totalité du budget exécuté dans les délais requis.
La transparence des marchés publics est également pointée. Madagascar n’a pas publié certaines informations de base relatives aux marchés publics durant la période évaluée. Le rapport précise toutefois qu’aucun nouveau contrat d’extraction de ressources naturelles n’a été officiellement attribué au cours de cette période.
L’évaluation ne constitue pas directement un classement de la corruption dans les pays concernés. Elle porte sur la transparence et l’accessibilité des informations budgétaires, ainsi que sur les mécanismes de contrôle des finances publiques. Le Fiscal Transparency Report évalue cette année-là 139 gouvernements ainsi que l’Autorité palestinienne, dans le cadre des exigences américaines relatives à l’aide extérieure.
À l’échelle africaine, les résultats restent contrastés. Seize gouvernements satisfont à l’ensemble des exigences minimales retenues par les États-Unis, parmi lesquels Maurice, le Maroc et le Rwanda. Neuf autres pays enregistrent des progrès significatifs, tandis que 27 États connaissent des avancées limitées ou une stagnation.
Pour Madagascar, le rapport recommande notamment une publication plus rapide des prévisions et des résultats financiers, une présentation plus détaillée de la situation financière des entreprises publiques et un renforcement de l’indépendance des mécanismes de contrôle des finances publiques.











