Réinterpréter plutôt que reproduire. La deuxième édition de Malagasy Design Gaze met en avant la manière dont les designers malgaches s’appuient sur les savoir-faire, les matières et les objets issus de l’artisanat local pour imaginer de nouvelles formes et de nouveaux usages. Organisée du 19 septembre au 2 octobre à l’Orange Digital Center Soarano, l’exposition réunit 11 designers autour du thème “Re Dessin, Re Dessein”. Elle propose des objets qui se contemplent mais qui restent utiles, qui racontent des histoires mais qui restent fonctionnelles. Comme ces tables d’appoint réalisées dans le marbre par Stéphanie Granit’Ix, ces patères en cuivre travaillées par Prisca Razafindrakoto, ces bols de thé ou ces vases en faïence sculptés par Vero Rasendratsirofo, ces lampes en bois et ces tapis tressées façonnées par Andrée Mathilde Ethève, ou encore ces bougeoirs en galet taillés par Philippe Manet et ces coussins en laine tissés par FanjaR.
Au cœur de la démarche figure le dialogue avec les artisans. Pour cette édition, plusieurs créateurs ont intégré cette collaboration directement dans leur processus de conception, en travaillant notamment avec des ateliers locaux. L’enjeu consiste à partir de techniques et de matières déjà existantes pour les adapter à d’autres usages, sans les dissocier des gestes qui les ont façonnées. Le travail mené par Georges Floret avec des artisans d’Analakely illustre cette approche, où l’objet artisanal devient également un point de départ pour une création contemporaine.
Le choix du thème “Re Dessin, Re Dessein” renvoie à cette volonté de porter un regard différent sur ce qui existe déjà. Les deux termes, historiquement liés à l’idée de projet, d’intention et de représentation, sont ici associés au préfixe « re- », qui évoque à la fois le retour et la transformation. Les objets et techniques issus du patrimoine ne sont donc pas simplement repris à l’identique. Ils sont détournés, adaptés ou recomposés pour changer de fonction et parfois de perception. Pour Ihoby Rabarijhon, commissaire de l’exposition, accompagnée par Malalatiana Ravelomaniraka à la co-coordination, cette relation entre artisan et designer doit notamment favoriser la transmission des connaissances et contribuer à faire évoluer le regard porté sur ces savoir-faire.
Cette deuxième édition accorde également une place à plusieurs designers émergents et à leurs parcours au-delà de l’exposition. Prisca Razafindrakoto participe notamment à la Paris Design Week, tandis que Stéphanie Granitix est attendue en Italie du 23 au 26 septembre pour le salon Marmomac. Miangaly Elia, finaliste du concours Paritana, présentera pour sa part une exposition personnelle hors les murs au Flow Gallery, du 26 septembre au 24 octobre.










