L’attribution du prix Nobel de la paix à la juriste sud-africaine Navi Pillay a suscité vendredi des réactions contrastées. Saluée par les Nations unies, l’Afrique du Sud, la France et l’Union européenne pour son engagement en faveur des droits humains et de la justice internationale, elle a été vivement critiquée par Israël et le président américain Donald Trump.
Le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, Antonio Guterres, a salué une voix “inébranlable et indépendante” au service de la justice. Le Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Volker Türk, a estimé que cette distinction réaffirmait l’importance des droits humains et de l’État de droit. Le président sud-africain Cyril Ramaphosa s’est, pour sa part, déclaré fier de voir Navi Pillay rejoindre les Sud-Africains déjà récompensés par le Nobel de la paix.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a salué une “défenseuse des persécutés, des vulnérables, des sans-voix et des exclus”. La France a également mis en avant son combat pour l’égalité et son engagement en faveur de la justice pénale internationale. L’Autorité palestinienne a salué son soutien aux droits des populations opprimées, notamment en Palestine.
Commission d’enquête indépendante sur Gaza
À l’inverse, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a accusé le comité Nobel d’avoir perdu sa “boussole morale” et reproché à Navi Pillay de contribuer à la “diabolisation des Juifs”. Le ministère israélien des Affaires étrangères a estimé que cette distinction légitimait la “haine et les préjugés anti-israéliens”, allant jusqu’à affirmer que Joseph Goebbels, responsable de la propagande nazie, “applaudit certainement depuis l’enfer”.
Le président américain Donald Trump a également dénoncé une décision “honteuse et embarrassante”, estimant que le prix avait été discrédité par des idéologues opposés à la démocratie. Il a réitéré son mécontentement de ne pas avoir lui-même été récompensé.
Ces critiques interviennent dans le contexte des conclusions de la commission d’enquête indépendante présidée par Navi Pillay entre 2021 et 2025. En septembre 2025, celle-ci a conclu qu’Israël commettait un génocide dans la bande de Gaza, une accusation catégoriquement rejetée par les autorités israéliennes.











