Les abords du lac de Behoririka à libérer. Quelque 140 commerçants installés le long de ce plan d’eau sont appelés à rejoindre le marché à étages situé près du pont. La Commune urbaine d’Antananarivo (CUA) justifie cette réorganisation par la nécessité de faciliter l’écoulement des eaux et de réduire les risques d’inondation dans le secteur. L’annonce du transfert des marchands a été faite ce jeudi par le président de la délégation spéciale (PDS) d’Antananarivo, Feno Ralambomanana lors d’une descente sur les lieux. Plusieurs installations commerciales ont déjà été enlevées.
Pour la CUA, l’occupation des abords du lac constitue un obstacle à une meilleure gestion des eaux. La commune évoque également l’encombrement du secteur et des cas de remblaiement clandestin. “Vous le constatez vous-mêmes, une ou deux pluies suffisent pour que l’eau du lac Behoririka déborde. Dans l’intérêt général, la commune doit prendre des mesures”, déclare le PDS. Il rappelle dans la foulée que des espaces sont disponibles sur plusieurs niveaux, jusqu’au troisième étage, au marché près du pont. “Chaque commerçant devrait disposer d’un emplacement défini, avec une référence de 1,50 mètre par vendeur”, précise-t-il.
Mais au-delà de l’assainissement des abords du lac, il s’agit aussi pour la Commune d’améliorer la gestion du marché à travers un recensement précis des commerçants et des emplacements. L’objectif est aussi de permettre un recensement précis des vendeurs et une meilleure organisation des emplacements. La CUA espère, entre autres, limiter les pratiques irrégulières dans l’attribution des places.
Les modalités financières de cette réinstallation ne sont toutefois pas encore arrêtées. La question du loyer doit faire l’objet de discussions entre la commune et les commerçants afin de trouver un compromis. Le PDS anticipe déjà les réactions mais assure ne chercher que l’intérêt général. “Il peut y avoir des frustrations chez les commerçants, mais nous recherchons ce qui est bénéfique pour la ville”, souligne-t-il.
La commune veut également agir sur les habitudes des consommateurs, en les encourageant à privilégier les marchés aménagés plutôt que les vendeurs installés sur les trottoirs et les bords de route. “Si cela ne tenait qu’à nous, ce sont désormais les consommateurs qui devraient être sanctionnés plutôt que les commerçants, car chacun doit respecter les règles. S’il n’y a pas de clients pour acheter en bordure de route, il n’y aura pas non plus de vendeurs”, affirme Feno Ralambomanana.
Les abords du lac de Behoririka avaient commencé à accueillir les marchands au début des années 2010. La municipalité de l’époque y avait transféré les marchands de rue dans le cadre de l’assainissement des marchés de la Capitale mais aussi pour libérer les chaussées de Soarano, d’Analakely et de Behoririka, qui avaient été à l’époque envahies par les marchands de rue.











