Catégorie : Économie
-

ECONOMIE – La troisième édition de Women in Business pour aider les femmes entrepreneures durement impactées par la Covid-19 à faire face aux défis actuels
Antananarivo, 31 Mars, 9h05 – Les femmes entrepreneures aussi touchées, sinon plus touchées, que les entrepreneurs masculins par la Covid-19. Un constat établi par Fanja Razakaboana, présidente du Groupement des femmes entrepreneures de Madagascar (GFEM).
« De nombreux entrepreneurs ont été impactés par la Covid-19 surtout les femmes entrepreneures » lance la patronne du GFEM. Plusieurs entreprises gérées par des femmes, surtout dans les secteurs du tourisme et de l’artisanat, ont été durement frappées, explique-t-elle. « Certaines ont même dû mettre la clé sous la porte », regrette-t-elle.
C’est pour aider ces entrepreneures à être plus résilientes mais aussi pour inspirer de nombreuses autres que va se tenir aux mois d’Avril et Mai la troisième édition de Women in Business. Une série d’évènements organisée par le GFEM et l’association des Femmes entrepreneures d’Analamanga (FEA).
« Notre objectif est de faire comprendre aux femmes entrepreneures le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui avec ses défis et ses opportunités » précise Fanja Razakaboana. Il s’agira entre autres de partager les expériences entre entrepreneures mais aussi de créer des vocations pour celles qui ont encore peur de sauter le pas. Il s’agira aussi de permettre aux femmes de développer leurs réseaux grâce à diverses rencontres.
Plusieurs évènements sont ainsi au programme de cet événement. Il y aura, entre autres, une campagne de sensibilisation à l’entrepreneuriat sur presque un mois et demi. Une série de forums sur l’entrepreneuriat au féminin, notamment des partages de témoignages et des partages d’expériences, est également prévue. Une remise de prix à des femmes entrepreneures est également au programme.
Le GFEM compte à ce jour 250 membres, toutes des cheffes d’entreprise et présentes dans les six provinces de Madagascar. Il œuvre depuis 2016 pour la promotion de l’entrepreneuriat au féminin avec comme objectif principal « la professionnalisation des femmes cheffes d’entreprise à Madagascar ».Photo : Groupement des femmes entrepreneures de Madagascar (GFEM)
-

DR OLIVANIAINA RAKOTO DAVID – « La hausse de la valeur de l’ariary par rapport à l’euro ne durera pas »
Ce jeudi, l’euro s’échangeait encore à 4381 ariary. Il y a quelques semaines, il était encore à 4.458 ariary. La monnaie malgache semble connaître une appréciation par rapport à la monnaie européenne. Mais cela ne devrait pas durer longtemps, estime le Dr Olivaniaina Rakoto David, président du Cercle de réflexion des économistes de Madagascar (Crem). Il explique les causes de l’appréciation de l’ariary et évoque les impacts possibles sur l’économie. Entretien.
-

RICHESSES NATURELLES – Le nouveau ministre des Mines et des ressources stratégiques s’engage à trouver des solutions afin de pouvoir rouvrir l’exportation légale de l’or malgache dans les plus brefs délais
Antananarivo, 17 Mars, 16h45 – « Un engagement en or » fait au président de la République et au Premier ministre. Olivier Herindrainy Rakotomalala, nouveau ministre des Mines et des ressources stratégiques fixe parmi ses objectifs la réouverture de l’exportation légale de l’or malgache après un peu plus de deux années de suspension. Une réouverture avec « toutes les balises nécessaires », précise cependant l’ancien conseiller technique au sein du ministère.
Selon les explications du nouveau ministre, un plan est déjà établi afin d’y parvenir. Des solutions contre les problèmes qui sapent le secteur, notamment le non-rapatriement des devises ou encore la sous-évaluation des produits exportés, sont déjà trouvés. Le ministre mentionne aussi le renforcement de la traçabilité du produit. « Une communication verbale » détaillant son plan a déjà été envoyée au sommet de l’Etat explique-t-il. La réouverture sera effective dès que les plus hautes autorités valideront ce plan.
Le ministre entend aussi s’attaquer aux problèmes des exportations illicites de ressources minières. Il a dévoilé les grandes lignes de son programme lors de la cérémonie de passation qui s’est tenue à Ampandrianomby ce jeudi matin. Parmi ses projets figure la mise en place de laissez-passer infalsifiables pour faciliter la traçabilité des produits. « Un QR code détaillera la quantité et la provenance du produit et permettra la facilitation de collecte des redevances et la redistribution des divers ristournes » explique-t-il.
L’exportation de l’or a été suspendue à Madagascar en 2020. A l’époque, le ministre Fidiniavo Ravokatra avait avancé comme prétexte l’assainissement du secteur comme raison de la suspension. Le ministère avait aussi entamé l’achat d’or pour en constituer une réserve nationale. A ce jour, un peu plus d’une tonne d’or se trouve dans les coffres de la Banque centrale de Madagascar précise le nouveau ministre. Toutefois, cet or ne remplit pas encore les conditions pour qu’il soit assimilé à de l’or monétaire et ne peut donc pas encore être utilisé en tant que réserve de change. -

FILIERE CREVETTE – 39 navires de pêches prêts à opérer, une redevance de 15 milliards d’ariary attendue pour la campagne 2022
Antananarivo, 12 Mars, 18h00 – La pêche crevettière pour la campagne 2022 a été ouverte au début de ce mois de mars dans toutes les zones de pêche de Madagascar. 39 sur les 47 sociétés détentrices de droits d’exploitation ont déjà eu leur licence et sont prêtes à opérer, indique le ministre de la Pêche et de l’économie bleue (MPEB), Paubert Mahatante, ce samedi.
Le compte rendu du conseil des ministres tenu le 09 mars 2022 a rapporté l’approbation du renouvellement des licences de pêche aux crevettes côtières, en rappelant que 47 droits d’exploitation ont été attribués en 2021 et que les sociétés qui ont respecté les termes des cahiers de charges peuvent les renouveler tous les ans. Les huit autres sociétés qui n’ont pas encore leur licence peuvent encore les demander, rassure le ministre, en insistant que des reformes ont été entreprises pour une meilleure gouvernance de la filière crevette.
Le Groupement des aquaculteurs et pêcheurs de crevettes de Madagascar (GAPCM) avaient dénoncé des défaillances dans la gouvernance de cette filière au début de l’année dernière. Pillage organisé ou encore « pirates invités » sont des fléaux assimilés à des protocoles de pêches privés opaques soulevés par ce groupement. Les pertes liées à ces défaillances étaient estimées à 80 millions de dollars annuellement. Le problème de paiement du budget de l’Autorité sanitaire halieutique (ASH), qui se charge du contrôle des produits exportés par la Grande île, avait également pénalisé leurs activités d’exportation.
La mise en œuvre des reformes de sa gestion a néanmoins permis à la filière crevette de verser une redevance de 6 milliards d’ariary pour la campagne 2021. L’ASH n’a également plus de problème de budget de fonctionnement, rassure le ministre Paubert Mahatante. Aussi, le MPEB table sur une redevance pouvant aller jusqu’ à 15 milliards d’ariary générée par cette filière cette année, soit une hausse de 136% par rapport à l’année dernière.
Par ailleurs, bien que la campagne ait démarré au début de ce mois de mars, la pêche de nuit pour la pêche industrielle sur la côte ouest demeure interdite jusqu’au 14 Avril.Photo : Ministère de l’Agriculture et de l’élevage
-

FORMATION – Un digital center pour renforcer la compétence numérique à Madagascar
Antananarivo, 10 Mars, 22h40 – Un gap à combler. Un déséquilibre entre l’offre et la demande en compétence numérique est enregistré à Madagascar. Ce qui représente un obstacle au développement des entreprises locales et aux investissements étrangers, souligne le chargé de coopération auprès de l’ambassade d’Allemagne, Konrad Sternisko. Il souligne alors la nécessité de renforcer cette compétence, durant l’inauguration de l’Orange digital center à Ankorondrano, ce jeudi.
Madagascar dispose de beaucoup d’atouts et de potentiel, selon le président directeur général du groupe Orange, Stéphane Richard. « La digitalisation est une chance historique pour ce pays d’accélérer son développement. L’objectif est actuellement de promouvoir une économie numérique inclusive », explique-t-il en soulignant que la fracture numérique n’est pas seulement un problème de réseau ou d’accès aux équipements mais également un problème de manque de compétences de base.
Le ministre du Développement numérique, de la transformation digitale, des postes et des télécommunications (MDNPT), Tahina Razafindramalo reste persuadé que le digital et le numérique permettront à Madagascar de rattraper son retard de développement. Ce qui implique de former les jeunes, en tenant compte des plusieurs défis liés à ces secteurs, comme le faible taux d’accès à l’électricité ou encore le faible taux de bancarisation de la Grande ile.
L’Orange digital center devrait ainsi permettre de pallier une partie de ce gap de compétences numériques. Le centre, opérationnel depuis le 19 octobre vise à former 1000 jeunes en compétences numériques liées à l’emploi et à offrir à 500 d’entre eux des emplois numériques décents, d’après Konrad Sternisko. « Cela va jouer un rôle important pour leur développement et l’amélioration de leur condition de vie mais aussi dans le renforcement des conditions du marché de travail malgache dans son ensemble », explique-t-il.
Ce centre réunit quelques programmes stratégiques, comme l’Ecole de Code, un atelier de fabrication numérique « FabLab solidaire », ou encore l’ accélérateur de start-up « Orange Fab » qui sont soutenus par le fonds d’investissements « Orange Ventrues ». L’ensemble de ces programmes sont gratuits et ouverts à tous. Ils vont de la formation des jeunes au numérique à l’accompagnement ded porteurs de projets, en passant par l’accélération de start-up et l’investissement dans ces projets. -

INTERNET – Un réseau métropolitain en fibre optique de 200 km d’Huawei pour raccorder l’administration, l’appel d’offre pour son exploitation en préparation
Antananarivo, 10 Mars, 20h30 – Le ministre du Développement numérique, de la transformation digitale, des postes et des télécommunications (MDNPT), Tahina Razafindramalo, a annoncé ce jeudi le déploiement prochain de 200 km de câbles fibres optiques à Antananarivo, par la société Huawei. Le réseau métropolitain qui va être mis en place servira à raccorder tous les ministères et les organismes rattachés dans cette zone et jouera un rôle crucial dans le projet de modernisation des réseaux de télécommunications de l’administration.
A en croire les explications du directeur général des opérations et de vulgarisation des technologies de l’information et de la communication, Dera Andriatsarafara, Huawei travaillera sur la mise en place de ce réseau. « Et étant donné que la réglementation en vigueur ne permet pas à l’Etat de l’exploiter, nous allons collaborer avec les opérateurs locaux pour son exploitation. L’appel d’offre en ce sens est en préparation », lance-t-il.
Cette entreprise chinoise de télécommunication travaillera également avec le MDNPT dans la mise en place du premier datacenter de l’Etat. « Toutes les applications d’e-gouvernance à Madagascar seront hébergées sur ce datacenter. L’administration électronique va simplifier et rendre plus transparent et rapide le traitement de tous les dossiers. Elle va également fluidifier et mettre de la transparence dans les services publics et éradiquer ainsi la corruption », soutient le ministre Tahina Razafindramalo.
Une quarantaine de techniciens malgaches suivent actuellement des formations sur la mise en place du projet d’e-gouvernance de Madagascar dans le cadre de ce projet. Leur formation touche la gestion du datacenter, de la fibre optique de l’Etat, la visioconférence, les caméras et les drones de sécurité. Le MDNPT a par ailleurs déjà conclu une convention avec la Commune urbaine d’Antananarivo pour la construction des pylônes et le déploiement des câbles aériens dans la capitale. -

CONJONCTURE – Des membres du secteur privé tirent la sonnette d’alarme et attendent du gouvernement des mesures concrètes pour la relance économique
Antananarivo, 9 mars, 21h30 – Des incompréhensions et un appel du pied au gouvernement. Des groupements économiques attirent l’attention des autorités sur la situation économique et lancent un appel au dialogue pour redresser d’une manière urgente la barre, si l’on s’en tient à leur déclaration. « Ce n’est pas le plan qu’on nous fait miroiter », déplore Aina Raveloson, présidente du conseil d’administration de la Confédération du tourisme de Madagascar (CTM), face à la presse, ce mercredi.
Le Groupement des entreprises de Madagascar (GEM), le Groupement des entreprises franches et partenaires (GEFP), le Groupement du patronat malagasy (Fivmpama) ont uni leur voix pour exposer leur position. Ils décident faire part ensemble de leur déception après la réouverture « ratée » du ciel le 5 mars. « Il n’y a que deux lignes aériennes réouvertes depuis fin 2021 », rappelle le communiqué conjoint. Or, les groupements signalent des demandes formulées par les autres compagnies.
Les groupements économiques imputent les résultats actuels au gouvernement. Ils évoquent des mesures « inappropriées et fantaisistes », en parlant des conditions d’octroi d’autorisation du retour des compagnies. « Nous nous demandons si la relance économique est la priorité du gouvernement ou autre chose », se demande Aina Raveloson.
Ceux qui opèrent dans le secteur du tourisme expriment leurs inquiétudes et leurs appréhensions pour une autre saison morte si la situation n’évolue pas. Johan Pless, président de la Fédération des hôteliers et des restaurateurs de Madagascar (FHORM) regrette que la « situation est catastrophique » et les tours opérateurs parlent d’« annulation » de réservations.
Pour les patrons des groupements économiques, les impacts de la réouverture manquée du ciel du 5 Mars frappent également d’autres secteurs. Hery Lanto Rakotoarisoa, président du GEFP, s’érige en témoin quand il évoque la perte d’un marché potentiel d’une valeur de 600 millions de dollars pour Madagascar dans le cadre de la Loi sur la croissance et les opportunités de développement en Afrique (Agoa), après l’exclusion de l’Ethiopie.
Rivo Rakotondrasanjy, président du FIVMPAMA affirme que le secteur privé, est « dans l’incertitude totale » et qu’il a « besoin de visibilité ». C’est pourquoi, les groupements économiques réclament « un dialogue public-privé pour relancer l’économie », selon Thierry Rajaona, président du GEM pour se faire entendre.
Dans l’immédiat, les groupements économiques réclament l’autorisation des vols commerciaux et de « cesser immédiatement le chantage diplomatico-économique sur la reprise des autres lignes aériennes ». « Nous représentons 60% du PIB quand même », rappelle Aina Raveloson.


