Catégorie : Actualité

  • INTÉGRITÉ – La possibilité d’utiliser le polygraphe pour évaluer les hauts fonctionnaires évoquée

    INTÉGRITÉ – La possibilité d’utiliser le polygraphe pour évaluer les hauts fonctionnaires évoquée

    Antananarivo, 21 Mars, 11h30 – Une idée qui fait son chemin. La Présidence de la refondation de la République espère exploiter la polygraphie pour gérer les ressources humaines de l’Etat, notamment celles qui sont affectées aux hautes fonctions. « L’utilisation de la technologie (polygraphe) pourrait être étendue à l’évaluation annuelle des hauts fonctionnaires si cet usage [dans le cadre du tri des candidats au poste de ministre] est concluant”, indique un communiqué de la présidence de la République publié jeudi soir.

     

    Dans l’optique de la présidence, le recours au polygraphe “devrait permettre de sanctionner et de remplacer ceux qui ne réussissent pas dans leur mission ». L’utilisation de cette technologie est alors considérée comme faisant partie des mesures mises en œuvre dans le cadre de la refondation “afin d’améliorer l’administration”.

     

    Jeudi, le chef de l’Etat a annoncé le recours à cet outil de détection de mensonges pour connaître la sincérité des candidats au poste de ministres et pour évaluer leur intégrité. Il a indiqué en marge de la présentation du rapport annuel de la Cour des comptes que si la nomination des membres du gouvernement tardait un peu, c’est en raison de l’utilisation de cet outil. A l’entendre, le polygraphe est utilisé avec l’appui d’experts étrangers et permettait de réduire le recours aux enquêtes de moralité menées par le Central Intelligence Service (CIS).

  • VÉHICULES ADMINISTRATIFS – 409 véhicules du ministère de la Population et des solidarités manquent à l’inventaire

    VÉHICULES ADMINISTRATIFS – 409 véhicules du ministère de la Population et des solidarités manquent à l’inventaire

    Plusieurs centaines de véhicules manquent à l’inventaire. La Cour des comptes rapporte un écart inexpliqué de 409 véhicules au niveau du ministère de la Population et des solidarités (MPS). Une situation qui provient d’une contradiction entre deux bases de données officielles, d’après ce qui a été exposé lors de la présentation du Rapport 2025 de l’auditeur suprême de l’Etat, jeudi.

    Alors que le ministère de l’Economie et des finances (MEF), qui gère le patrimoine de l’Etat, en dénombre 465, le ministère de la Population et des solidarités n’en reconnaît que 56. Ce qui signifie que 88% du parc automobile théorique du MPS n’apparaît pas dans ses propres registres physiques ou comptables. Un écart qui met en avant une défaillance grave de suivi des véhicules administratifs, selon la Cour des comptes.

    Ce n’est toutefois pas seulement au niveau de ce département que de telle défaillance dans la gestion des véhicules administratifs est enregistrée. L’Etat de délabrement de ce patrimoine de l’Etat est manifeste au niveau du ministère de l’Eau, de l’assainissement et de l’hygiène. 60% de son parc est hors d’usage, et c’est plus de la moitié des véhicules de ce ministère sont soit des épaves, soit en panne.

    Le ministère des Travaux publics compte de son côté 88 véhicules immobilisés ou totalement hors d’usage. Alors que près d’un quart des véhicules du Ministère en charge de la Gendarmerie sont à l’état d’épaves, avec des procédures de gestion ou de réforme bloquées.

  • RELIGION – Des millions de musulmans de Madagascar célèbrent l’Eid El Fitr

    RELIGION – Des millions de musulmans de Madagascar célèbrent l’Eid El Fitr

    Une ambiance de ferveur et de forte mobilisation. Les musulmans du monde entier, y compris ceux de Madagascar, célèbrent la fin du mois de Ramadan, l’Eid El Fitr, ce 20 mars. Des rassemblements de prière, des carnavals ainsi que des festivités familiales et collectives sont organisés pour l’occasion.

    À Antananarivo, plusieurs milliers de fidèles se sont rassemblés au stade Maki d’Andohatapenaka pour une prière collective. Une occasion pour les imams de prêcher la solidarité et de souligner l’importance de la contribution des musulmans dans la refondation de Madagascar. D’autres appellent également à la préservation de l’unité nationale, au-delà des différences religieuses.

    Le rassemblement de prière à Antananarivo a été suivi d’un grand carnaval allant d’Andohatapenaka jusqu’à Ivato, en passant par Ankorondrano et Tsarasaotra. Les musulmans ont pu exprimer leur joie à travers ces festivités.

    Après 30 jours de jeûne, d’abstinence et de renforcement de la foi, l’Eid El Fitr symbolise non seulement la rupture du jeûne, mais surtout l’espoir de pardon, de récompense spirituelle et de renouveau. “Le jour de fête est un jour pour manger, boire et se souvenir de Dieu”, rappelle la tradition.

  • NECROLOGIE – L’acteur américain Chuck Norris rejoint le firmament

    NECROLOGIE – L’acteur américain Chuck Norris rejoint le firmament

    Moustache, chemise à carreaux, tenue de ranger et regard autoritaire. Ce look restera gravé dans les mémoires des fans Chuck Norris. L’acteur américain connu pour ses coups de pied impressionnants est décédé à l’âge de 86 ans. “ Bien que nous souhaitions garder les circonstances privées, sachez qu’il était entouré de sa famille et qu’il est parti en paix”, indique sa famille dans un communiqué publié sur la page Facebook de l’acteur. Le média américain TMZ rapporte que le champion du monde de karate était hospitalisé à Hawaï après un malaise.

    Chuck Norris, Carlos Ray Norris à l’état civil, s’est fait connaître dans les années 1980-1990 grâce à des films d’action cultes tels que Missing in Action (Portés disparus) ou Delta Force. Il restera également dans les mémoires pour son rôle de ranger justicier, en incarnant le capitaine Cordell Walker, dans la série télévisée emblématique Walker Texas Ranger. “Pour le monde, il était un artiste martial, un acteur et un symbole de force. Pour nous, il était un époux dévoué, un père et grand-père aimant, un frère incroyable et le cœur de notre famille”, écrit sa famille.

    Chuck Norris laisse derrière lui une carrière légendaire et l’affection de millions de fans à travers le monde et pour lesquels il restera un héros invincible et immortel.

  • RAPPORT DE LA COUR DES COMPTES – Le Colonel Michael Randrianirina appelle à des investigations approfondies après la présentation du rapport de la Cour des comptes

    RAPPORT DE LA COUR DES COMPTES – Le Colonel Michael Randrianirina appelle à des investigations approfondies après la présentation du rapport de la Cour des comptes

    Une instruction qui se veut ferme. L’ensemble des organes de contrôle administratif reçoit l’ordre d’engager des investigations approfondies à l’encontre de tous les responsables impliqués dans les faits de détournement de deniers publics. Une disposition qui ne fera distinction de rang ni de fonction, précise le communiqué de la présidence de la République de la Réfondation, publié ce vendredi.

    Cette disposition fait suite à la publication du rapport 2025 de la Cour des Comptes qui avait établi que le montant total des détournements et des déperditions de fonds publics s’élève à plus de 3 811 milliards d’ariary l’année dernière. C’est sur la base des irrégularités liées à des suspicions de malversations financières détaillées dans le document que les organes de contrôle de l’Administration ont reçu l’ordre présidentiel d’agir.

    Mis à part les investigations qui devraient être engagées incessamment, le chef de l’Etat ordonne la comparution devant les juridictions compétentes de toute personne pour laquelle des charges et des preuves de participation auxdits faits seront établies. Le communiqué de la Présidence prescrit ensuite la reddition de comptes transparente auprès du peuple malgache concernant les conclusions des enquêtes.

    Par ailleurs, les autorités compétentes sont appelées à mener une action immédiate pour engager des réformes structurelles et législatives. Celles-ci devront renforcer l’efficacité des dispositifs d’audit, de contrôle et de surveillance des finances publiques.

    Comme résumé par le président de la Cour des Comptes, Jean de Dieu Rakotondramihamina, trois phénomènes majeurs ont été révélés dans ce document. Il parle de recours à une gestion opaque au profit d’une gestion parallèle, de contournement des dispositions relatives aux procédures de passation des marchés publics et de gestion discrétionnaire des agents de l’État.

  • CLIMAT DES AFFAIRES – L’attractivité de Madagascar conditionnée par l’établissement d’un environnement stable et sécurisé, selon l’ambassadeur d’Allemagne

    CLIMAT DES AFFAIRES – L’attractivité de Madagascar conditionnée par l’établissement d’un environnement stable et sécurisé, selon l’ambassadeur d’Allemagne

    Comment transformer les atouts exceptionnels de Madagascar en succès économique ? Pour Oliver Knoerich, cette transformation passe impérativement par l’amélioration du climat des affaires. L’ambassadeur de la République fédérale d’Allemagne s’est exprimé sur le sujet lors d’une rencontre avec la presse, jeudi.

    Bonne gouvernance, protection des investissements, état de droit et modernisation des infrastructures sont entre autres les piliers indispensables pour rassurer les investisseurs étrangers, avance ce diplomate allemand. Il se dit disposé à se positionner comme facilitateur prêt à établir des contacts directs. L’idée est de parvenir à un partenariat commercial mutuellement bénéfique, soutenu par une exigence de transparence et de réformes structurelles, explique-t-il.

    Oliver Knoerich souligne que Madagascar possède d’atouts exceptionnels et de potentiel immense dans des secteurs stratégiques comme les produits miniers ou encore l’agriculture de haute qualité. Mais le volume des échanges reste en deçà des capacités réelles, à l’image du secteur touristique qui ne capte encore que 8 000 visiteurs allemands par an. Les échanges bilatéraux entre les pays s’établissaient à environ 230 millions d’euros, indique-t-il.

    Le savoir-faire malgache et les ressources naturelles en énergie solaire, éolienne et hydroélectrique offrent par ailleurs des opportunités majeures d’investissements directs pour l’Allemagne. Ce secteur va bien au-delà du seul secteur textile, note Oliver Knoerich.

    Concernant le portefeuille actif de l’Allemagne à Madagascar, il s’élève actuellement à 470 millions d’euros, comprenant 29 projets. Cette enveloppe se répartit en 129 millions d’euros de projets de coopération technique et 341 millions d’euros de coopérations financières. Les quatre priorités clés de la coopération germano-malgache sont la protection de l’environnement et de la biodiversité, la promotion de l’agriculture et de la sécurité alimentaire, les énergies renouvelables ainsi que la gouvernance et la biodiversité.

    C’est l’Agence allemande de coopération allemande (GIZ) qui est chargée de la mise en œuvre des projets de coopération technique. La Banque allemande de développement KfW s’assure pour sa part de la mise en œuvre les projets de coopération financière.

  • LEADERSHIP – L’ancienne ministre Voahary Rakotovelomanantsoa sacrée « Top Woman in WASH » en Afrique

    LEADERSHIP – L’ancienne ministre Voahary Rakotovelomanantsoa sacrée « Top Woman in WASH » en Afrique

    Consécration pour Voahary Rakotovelomanantsoa. Figure de la sécurité hydrique à Madagascar, elle a été sacrée “Winner, top woman in Wash” lors de la première édition des African in Wash Awards au Cameroun. Une distinction qui vient saluer ses plus de deux décennies d’engagement au service de la réforme institutionnelle, de la gouvernance du secteur eau, assainissement et hygiène, de l’innovation financière et du renforcement de la résilience climatique à Madagascar.

    Cette initiative, coorganisée avec le Rural water supply network (RWSN), constitue la première plateforme africaine dédiée à la reconnaissance structurée du leadership féminin dans le secteur Wash. Et c’est la technicienne de terrain malgache, dont l’expertise s’est forgée au contact des réalités rurales avant de s’épanouir au sommet de l’État, qui est aujourd’hui sacrée à l’échelle continentale.

    Incarnant une ascension basée sur la rigueur technique et une vision institutionnelle profonde, Voahary Rakotovelomanantsoa avait débuté comme simple technicienne rurale pour aboutir aux fonctions de ministre de l’Eau, de l’assainissement et de l’hygiène puis de Gouverneure de la région Anosy. Elle a notamment réussi à faire passer l’accès national à l’eau potable de 43 % à 47 %.

    Mais son leadership va au-delà des chiffres, en se distinguant par des réponses concrètes aux chocs climatiques notamment dans le Sud de Madagascar. Voahary Rakotovelomanantsoa a permis à plus de 200 000 personnes d’accéder à des solutions durables grâce à l’intégration des systèmes de dessalement à l’énergie solaire et des infrastructures multi-usages.

    “Au-delà d’un prix, cette reconnaissance s’inscrit dans une dynamique continentale visant à institutionnaliser la visibilité, renforcer les parcours de leadership féminin et contribuer à une gouvernance de l’eau plus inclusive et performante en Afrique”, lance-t-elle. À travers ses plateformes Cabinet Mano et Lova Velu Sarl, Voahary Rakotovelomanantsoa continue de transformer le secteur WASH en un socle d’équité et de cohésion sociale, tout en mentorant la future génération de femmes leaders africaines.

  • LITTERATURE – Elie Ramanankavana sort Fortune, son premier roman

    LITTERATURE – Elie Ramanankavana sort Fortune, son premier roman

    Fortune, traduction française de Harena, est une jeune femme brisée par la mort de sa mère, victime de la corruption au sein de la justice malgache. Animée par un désir de vengeance, elle s’engage dans une trajectoire où la violence devient à la fois moteur et piège, jusqu’à se confondre avec ce qu’elle combat. Elle est née sous la plume d’Elie Ramanankavana, qui en a fait le personnage central et le titre de son premier roman, Fortune.

    Dans ce livre de 196 pages publié aux éditions Edern, l’auteur construit un récit où l’intime se mêle au politique. La trajectoire individuelle de Fortune dépasse rapidement le cadre personnel pour devenir ce que son auteur qualifie de “métaphore d’une société malgache enfermée dans un cercle vicieux où la lucidité devient impossible”, dans un cycle de reproduction des violences, où la quête de justice se heurte à ses propres contradictions. La figure de la “roue de la fortune”, évoquée en filigrane du roman, selon Elie Ramanankavana, renvoie à une conception circulaire du destin, en écho aux concepts du “tsiny” et du “tody”.

    Tension constante

    Le roman s’inscrit dans une écriture fragmentée, où les voix se croisent et se brouillent, jusqu’à questionner la fiabilité du récit lui-même. Selon la présentation de l’ouvrage, “les voix, peu à peu, se mélangent pour dire le monstre qui sommeille en chacun de nous”. Ce choix narratif participe à installer une tension constante entre lucidité et illusion, et traduit la perte de repères du personnage principal.

    Au cœur du livre, la famille apparaît comme un espace ambivalent, à la fois lieu de construction et de fracture. Loin d’une vision idéalisée, elle est décrite comme le premier terrain où se jouent les rapports de domination, mais aussi les attachements qui façonnent les individus. En ce sens, elle devient un prisme pour lire la société malgache dans son ensemble.

    Salon du livre africain

    Avec Fortune, Elie Ramanankavana, jusqu’ici connu pour ses recueils de poésie, opère un passage au roman sans rompre avec ses préoccupations initiales. Son écriture conserve une densité et une intensité marquées, au risque parfois d’une certaine opacité narrative. Mais c’est aussi dans cette tension entre exigence formelle et ambition thématique que se situe la singularité de son ouvrage.

    Actuellement en résidence d’écriture en France, après un passage de deux mois au Sénégal, où il travaille sur un autre roman, l’auteur s’inscrit dans une dynamique transnationale qui nourrit son travail. Son premier roman sera officiellement lancé en septembre à Antananarivo, après une présentation en avant-première au Salon du livre africain ce week-end à Paris.

  • ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR – 273 étudiants de trois universités accompagnés par un programme d’insertion professionnelle

    ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR – 273 étudiants de trois universités accompagnés par un programme d’insertion professionnelle

    Un programme pour compléter la formation universitaire de quelques étudiants des Universités d’Antananarivo, de Fianarantsoa et de Toamasina. Ils sont 273 étudiants titulaires de licence et de master de ces établissements à avoir été sélectionnés pour bénéficier du parcours Tafa. Ce programme, destiné à les doter de compétences directement mobilisables sur le marché du travail, est porté par l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF), et est financé par le service de coopération de l’Ambassade de France à Madagascar.

    “Le parcours Tafa vient renforcer ce que les étudiants ont déjà acquis à l’université, surtout pour leur insertion professionnelle”, précise le responsable de la mention Économie à la Faculté d’Économie, gestion et sociologie (Fac EGS) de l’Université d’Antananarivo, Holimalala Randriamanampisoa. Concrètement, les bénéficiaires de ce dispositif d’accompagnement ont suivi une formation de 10 mois, d’avril 2025 à mars 2026, axée sur la maîtrise du français, les compétences numériques et la gestion de projets.

    Personnes complètes

    L’objectif était également de leur apprendre à mieux se présenter, à communiquer et à valoriser leur profil auprès des recruteurs. “Nous voulons former des jeunes à être des personnes complètes, prêtes à affronter le monde professionnel, et non de simples détenteurs de diplômes”, souligne la vice-présidente des partenariats et des relations internationales auprès de l’Université d’Antananarivo, Nantenaina Rabetokotany.

    Pour le directeur général de l’enseignement supérieur au sein du ministère de tutelle, Pr Angelo Raherinirina, ce programme illustre une dynamique de collaboration entre l’État et ses partenaires.
    La clôture de ce parcours d’aide à la réussite, le 18 mars à Ankatso, a été marquée par la remise des attestations aux étudiants bénéficiaires. Chacun d’entre eux a reçu trois attestations, constituant une valeur ajoutée pour leur CV. Mieux outillés, ces jeunes diplômés sont désormais aptes à relever les défis de l’employabilité à Madagascar.

  • TRANSPORT FERROVIAIRE – La gestion du train urbain entachée d’irrégularités, selon la Cour des comptes, Madarail pointé du doigt

    TRANSPORT FERROVIAIRE – La gestion du train urbain entachée d’irrégularités, selon la Cour des comptes, Madarail pointé du doigt

    “Des marchandises commandées différentes de celles qui sont livrées”. Quatre wagons électriques opérationnels sur 28 acquis. Près de la moitié des 37,5 milliards ariary alloués au projet redirigée vers le plan de relance de Madarail. La Cour des comptes met l’accent sur une série d’irrégularités détectées dans la mise en œuvre du projet train urbain, jeudi, lors de la présentation de son rapport annuel.

    Les défaillances pointées par la Cour vont des soupçons de fraude à une gestion défaillante des ressources publiques affectées au projet, en passant par une mauvaise gestion des infrastructures, la non atteinte des objectifs et l’existence de conflits d’intérêt. La magistrate financière va jusqu’à évoquer “une suspicion d’escroquerie” dans un contexte national marqué par une pénurie persistante d’énergie et d’électricité.

    Pertinence technique

    L’un des faits les plus marquants concerne l’exploitation du matériel roulant. Sur les 28 wagons électriques acquis, seuls quatre sont actuellement opérationnels. Ceux-ci doivent même être tractés par deux locomotives en provenance de Fianarantsoa, ce qui interroge sur la pertinence technique et économique des investissements réalisés. L’ensemble de ces équipements représente pourtant une valeur estimée à près de 270 milliards d’ariary.

    La gouvernance du projet soulève également des interrogations. La Cour des comptes évoque un conflit d’intérêts dans la désignation de la société Madarail pour gérer les fonds du train urbain, alors même que cette entreprise était impliquée comme prestataire dans la réalisation du projet et partage des intérêts similaires. À cela s’ajoutent des anomalies dans la gestion des subventions publiques. En 2020, sur les 37 milliards d’ariary alloués, seuls 19,5 milliards ont été effectivement versés au compte du projet, tandis que 17,5 milliards ont été redirigés vers un plan de relance de Madarail.

    Dividendes

    Les irrégularités financières ne s’arrêtent pas là. En 2024, une avance de 5 milliards d’ariary accordée à Madarail reste à ce jour impayée. Par ailleurs, environ 4 milliards d’ariary de dividendes ou intérêts liés au train urbain auraient été directement utilisés par cette même société pour ses besoins propres, avec l’aval du ministère concerné.

    Le rapport pointe également des pratiques contraires aux règles des marchés publics. L’achat des 28 wagons électriques, d’une valeur de 90 milliards d’ariary, aurait fait l’objet d’un marché de régularisation signé après coup, en novembre 2022, alors que les acquisitions avaient déjà été effectuées entre 2020 et 2022. De plus, quatre grands marchés liés au projet auraient été attribués en violation des règles de concurrence.

    Transit

    Des anomalies ont aussi été relevées dans l’exécution des paiements : des fonds auraient été versés à des intermédiaires plutôt qu’aux fournisseurs réels, sans documents justificatifs probants. Dans certains cas, les biens livrés ne correspondaient pas à ceux commandés. La Cour des comptes signale également que certains contrats publics, d’un montant total d’environ 6 milliards d’ariary, ont été conclus par des autorités non habilitées, notamment le secrétaire général du ministère et le ministre en fonction à l’époque.

    Enfin, la gestion des subventions destinées au FCE (Fianarantsoa Côte Est) manque de transparence. Au lieu d’être transférés directement à Fianarantsoa, les fonds ont transité par un compte au nom de Madarail, pour un total de 7 milliards d’ariary au moment de l’enquête. Seuls 2,7 milliards ont effectivement été versés au bénéficiaire final, tandis que le reste a servi à financer l’achat de matériel pour Madarail, sans preuves formelles de service fait ni de réception.