Catégorie : Actualité

  • AGRICULTURE – Des semences de riz hybride infectées distribuées par l’Etat en 2025 ont contaminé des variétés locales, alerte la Cour des comptes

    AGRICULTURE – Des semences de riz hybride infectées distribuées par l’Etat en 2025 ont contaminé des variétés locales, alerte la Cour des comptes

    Ce que les paysans croyaient être des semences de qualité s’avéraient être des grains porteurs de ruine. Les semences de riz hybride importées et distribuées par l’Etat en janvier-février 2025 étaient porteuses du champignon Tilletia barclayana, agent pathogène responsable du charbon du grain de riz, et avaient commencé à contaminer des variétés de riz local, notamment le Tsemaka et le Makalioka, dans des zones rizicoles du pays. L’affaire a été publiquement révélée par la Cour des comptes lors de la présentation de son rapport public de 2025.

     

    Si l’on en croit le rapport d’audit publié par la Cour des comptes et rapportant des résultats d’analyses disponibles auprès du ministère de l’Agriculture et de l’élevage, des analyses effectuées en juin 2025 sur des échantillons de variétés locales en provenance de Beanana Ambatondrazaka et du district d’Amparafaravola ont révélé des contaminations. Elle parle alors d’une “faute lourde, mettant en péril la riziculture nationale”.

     

    Distribution avant résultats d’analyses

     

    Pour la Cour des compte, la faute est d’autant plus grave que “la législation phytosanitaire n’a pas été respectée” et que “l’acheminement et la distribution des semences contaminées [ont eu lieu] avant la sortie des résultats d’analyse”. “Les semences ont quitté le port de Toamasina entre le 30 janvier 2025 et 27 février 2025 pour être livrées auprès des différentes régions bénéficiaires”, rapporte la Cour alors que “le premier résultat d’analyse a été édité le 04 février 2025”.

     

    Dans une lettre en date du 21 mars 2025 annexée dans le rapport d’audit de la Cour des comptes, le directeur de la protection des végétaux (DPV) au sein du ministère de l’Agriculture et de l’élevage avait demandé “l’arrêt immédiat de la distribution et des plantations de ces semences” contaminées. La Cour des comptes ne précise pas si cette demande a été suivie d’effets, mais elle signale que sur les 200 tonnes de semences importées pour un montant de 6 milliards d’ariary, 120,5 tonnes ont été distribuées.

     

    Outre l’envoi des semences auprès des différentes régions avant la disponibilité des résultats d’analyses, la Cour des comptes dénonce également le défaut d’analyse du risque avant le départ du pays d’origine des semences. Il est également indiqué que les documents phytosanitaires comme le permis d’importation ou le certificat phytosanitaire n’ont pas été présentés au poste de contrôle phytosanitaire à la frontière d’arrivée.

     

    Conservation en magasin de stockage

     

    Dans ses recommandations, la Cour des comptes invite le ministère en charge de l’Agriculture de “mettre en oeuvre les mesures proposées par la direction de la protection des végétaux, autorité compétente sur les produits importés et de protection phytosanitaire”. Cela inclut, entre autres, “la destruction des semences contaminées”.

     

    En attendant, les directeurs régionaux ont été enjoints à conserver les semences de riz hybride reçues du secrétariat d’Etat chargé de la souveraineté alimentaire dans les magasins de stockage. Bien que la mesure ait été prise dans le cadre de l’audit de la Cour des comptes, elle a contribué à limiter la propagation de la maladie avant la mise en œuvre des mesures appropriées, précise la Cour.

  • PRODUITS MINIERS – Plus de 1 625 milliards d’ariary de devises issues des exportations de pierres précieuses non rapatriées entre 2017 et 2025

    PRODUITS MINIERS – Plus de 1 625 milliards d’ariary de devises issues des exportations de pierres précieuses non rapatriées entre 2017 et 2025

    Un gros manquement à l’engagement de change pour les exportateurs de pierres précieuses. Le taux de rapatriement moyen de devises pour leurs opérations entre 2017 et 2025 n’était que de 27,23%. Ce qui signifie que 72,77% soit près de trois quarts des devises dues ne sont jamais retournés dans l’économie nationale. Le coût financier de ce manquement représente un manque à gagner de 1 625,45 milliards d’ariary sur un montant total à rapatrier de 2 233,61 milliards d’ariary. C’est la Cour des comptes qui fait part de cette situation dans son Rapport pour l’exercice budgétaire 2025, présenté jeudi.

    Cette tendance s’est surtout accélérée à partir de 2021. Les montants à rapatrier oscillaient encore entre 50 et 113 milliards d’ariary entre 2017 et 2020. Ils ont explosé jusqu’à atteindre un pic de 539,06 milliards d’ariary en 2023. Mais le fait que les exportations aient augmenté ne signifiait toutefois pas une amélioration de la régularisation de la part des opérateurs. En effet, pour la seule année 2023, plus de 437,8 milliards d’ariary de devises issues des exportations de pierres précieuses sont restés à l’étranger.

    Bien que les chiffres de 2025 semblent indiquer une baisse du volume global, le secteur des pierres précieuses demeure le deuxième plus “mauvais élève” après l’or en matière de rapatriement de devises. Ce qui affiche une déconnexion persistante entre la valeur exportée et les flux monétaires réels réinjectés à Madagascar.

    Le terme rapatriement de devises implique nécessairement que l’exportation a été déclarée officiellement. Les autorités savaient précisément donc quelle quantité de pierres précieuses a quitté le pays et quelle valeur marchande cela représente. Comme dans beaucoup de pays, d’ailleurs, l’exportation n’est pas une opération libre de toute contrepartie. Elle repose sur un engagement de change. Le non-rapatriement des devises risque alors d’entraîner l’affaiblissement des réserves de change au niveau de la Banque centrale. Ce qui a pour conséquence de limiter la capacité du pays à financer ses importations comme le carburant ou autres biens de consommation, rappelle la Cour des comptes.

    Mais beaucoup des opérateurs qui ont procédé au rapatriement de devises ne se sont même pas conformés à la cession obligatoire de ces recettes sur le Marché interbancaire des devises (MID). Le Code des changes stipule en effet que tout exportateur de marchandises et tout prestataire de services régi par le droit commun doit céder 70% de ses recettes d’exportation sur le marché des changes dès rapatriement, sans excéder le délai de 30 jours. Pour les recettes d’exportation de pierres précieuses, seulement 22,67% sont cédées sur le MID de 2017 à 2025, indique le rapport de la Cour des Comptes.

    Les opérateurs miniers n’effectuent globalement pas la cession des devises sur le MID pour deux raisons principales. Ils expliquent en premier lieu que la vente des devises sur le marché parallèle leur est profitable, avec un taux de change qui est jugé plus avantageux comparé au taux dans le circuit officiel. Et puis, étant obligés de céder 70% des devises rapatriées sur le MID, les exportateurs contournent la réglementation pour garder plus de devises, note la Cour des comptes.

  • SANTÉ PUBLIQUE – La Cour des comptes dénonce le paiement intégral de travaux inachevés dans sept des huit hôpitaux “manara-penitra” visités 

    SANTÉ PUBLIQUE – La Cour des comptes dénonce le paiement intégral de travaux inachevés dans sept des huit hôpitaux “manara-penitra” visités 

    Des irrégularités pointées par la Cour des comptes dans la construction des hôpitaux “manara-penitra”. Celle-ci évoque des travaux inachevés malgré un paiement intégral dans sept hôpitaux manara-penitra sur huit. En mission auprès de ces huit établissements du 26 au 30 janvier 2026, les magistrats de la Cour rapportent une certification de service fait jugée non conforme, suivie de l’ordonnancement et du règlement des dépenses.

     

    “Suite à une mission de descente sur terrain pour huit hôpitaux manara-penitra (HMP), il a été constaté une certification de services qui ne sont pas faits suivie de mandatement et de paiement alors que les travaux ne sont pas complètement achevés”, écrit-elle dans son rapport annuel présenté jeudi. Elle invite alors le ministère de la Santé publique à “prendre toutes les mesures administratives et judiciaires nécessaires concernant des irrégularités relatives aux travaux payés mais non achevés”.

     

    Responsabilité des titulaires des marchés

     

    Dans son rapport, la Cour des comptes rapporte notamment les cas des hôpitaux manara-penitra de Morondava, d’Ankilizato, de Vangaindrano, de Manakara, d’Ihosy, de Vohibato et d’Ambositra. Elle évoque la responsabilité des “titulaires de marché qui n’ont pas pu honorer leurs engagements contractuels”, à l’instar de l’entreprise qui avait été en charge de l’hôpital manara-penitra d’Ankilizato et qui est actuellement “en fuite” et “reste injoignable”.

     

    Pour les autres établissements, la Cour évoque l’inexistence de certaines infrastructures comme le logement des responsables et les équipements médicaux malgré un paiement complet. Or, les travaux sont considérés comme achevés quand la construction, l’aménagement extérieur, le logement de responsable et l’équipement en matériels médicaux sont au complet.

     

    Accélération anormale des procédures

     

    Mais au-delà des titulaires des marchés, la Cour des comptes n’écarte pas non plus qu’il ait pu y avoir défaillance du groupe d’appui contractuel (GAC) et de la commission de réception dans certains cas. “Leur audition permettra de connaître la suite de l’affaire”, souligne-t-elle alors dans son rapport. En attendant, des engagements écrits d’achèvement ont été pris par les prestataires, avec des délais annoncés entre mi-février et fin mars 2026, poursuit-elle.

     

    Au total, la Cour des comptes recense 38 hôpitaux manara-penitra entre 2011 et 2025. Neuf d’entre eux ont été construits durant la transition, 14 lancés en 2019 et 15 en 2022. Les données compilées font état d’un montant global dépassant 110,8 milliards d’ariary engagés pour ces infrastructures. Pour d’autres établissements, à l’instar de celui d’Andohatapenaka, la Cour pointe une “accélération anormale” des procédures, avec seulement cinq jours entre la demande d’engagement financier et le virement des fonds.

  • DÉVELOPPEMENT RURAL – L’innovation semencière au service d’une agriculture résiliente dans le Grand Sud

    DÉVELOPPEMENT RURAL – L’innovation semencière au service d’une agriculture résiliente dans le Grand Sud

    Semer l’innovation pour transformer le Grand Sud. Un projet dédié à la production et à la vulgarisation de semences améliorées de mil, sorgho et arachide a été lancé officiellement à Taolagnaro, mercredi. Il consiste en un déploiement de 25 variétés améliorées qui ne sont pas seulement robustes mais qui sont également le fruit d’une recherche de pointe visant à optimiser la valeur nutritionnelle des rations et à garantir des rendements stables, même en sols arides.

     

    C’est le programme Defis (Développement des filières inclusives et résilientes), sous la tutelle du ministère de l’Agriculture et de l’élevage et financé par le Fond international de développement agricole (Fida), qui assure le pilotage financier et la coordination de ce projet. L’ambition dépasse la simple distribution de semence puisque l’objectif est de créer un écosystème semencier autonome et durable pour 32 000 exploitants agricoles.

     

    Mil, sorgho et arachide

     

    Le projet mise sur trois cultures de résilience que sont le mil, le sorgho et l’arachide. Ce qui devrait constituer une réponse stratégique complète aux défis du Grand Sud. Le déploiement de ces 25 variétés améliorées combine la résilience agronomique, notamment leur tolérance au stress hydrique et aux sols arides, avec une sécurité nutritionnelle accrue pour les ménages.

     

    C’est le Centre national de la recherche appliquée au développement rural (Fofifa), avec l’expertise international de l’Institut international de recherche sur les cultures des zones tropicales semi-arides (Icrisat), qui assure alors la production de semences de base. Les Producteurs multiplicateurs de semences (PMS) les reçoivent après pour les multiplier à plus grande échelle. Ces PMS auront à produire 40 tonnes de semences améliorées, visant une production globale de 400 tonnes. Ces groupements bénéficieront d’un accompagnement technique de 30 mois.

     

    Banques de semences communautaires

     

    Le projet ne s’arrête toutefois pas à la récolte. Pour sécuriser les revenus des ménages, trois leviers opérationnels sont activés, dont la mise en place de banques de semences communautaires. Il y a également la promotion de l’entrepreneuriat agricole et l’appui à l’accès aux marchés et structuration de filières durables pour garantir la disponibilité de semences de qualité.

  • TRAVAUX – Perturbation de l’approvisionnement en eau dans près de 20 localités d’Antananarivo pour cause de travaux sur Mandroseza 

    TRAVAUX – Perturbation de l’approvisionnement en eau dans près de 20 localités d’Antananarivo pour cause de travaux sur Mandroseza 

    Une journée sans eau pour avoir plus d’eau. La Jirama annonce des perturbations dans l’approvisionnement en eau de certains quartiers du Centre et de l’Ouest d’Antananarivo ce dimanche de 10h à 16h. Selon la compagnie, des coupures partielles sont nécessaires pour permettre la poursuite des travaux d’extension de la station de production d’eau de Mandroseza.

     

    Les quartiers concernés par les perturbations de ce dimanche sont, entre autres Ampefiloha, Andavamamba, 67Ha, Antohomadinika, Isotry, Isoraka, Anosibe, Anosizato, Ampitatafika, Itaosy, Andraharo, Ambohimanarina, Antanimena, Ankorondrano, Ambodimita, Ambohibao et leurs environs. Une fois les travaux achevés prévus ce dimanche achevés, l’approvisionnement en eau dans ces localités devrait progressivement revenir à la normale.

     

    Selon la Jirama, ses équipes techniques procèdent ce dimanche au raccordement d’une conduite majeure DN1000, destinée à acheminer l’eau brute vers les unités de traitement. Cette opération, menée après l’installation de la pompe principale au niveau de la station de production, nécessite l’interruption partielle du réseau durant plusieurs heures.

     

    Ces travaux réalisés à Mandroseza s’inscrivent dans le cadre du Projet d’amélioration de l’accès à l’eau potable à Madagascar (PAAEP), financé par la Banque mondiale. Lancé en avril 2025, le chantier vise à atténuer la crise d’approvisionnement en eau qui touche Antananarivo, notamment en raison de la vétusté des infrastructures existantes.

     

    Selon les dernières données disponibles, environ 40 % des travaux étaient déjà réalisés en décembre 2025. L’objectif étant d’atteindre une capacité d’environ 100 000 m³ par jour d’ici la fin de l’année 2026 ou à la mi-2027. Cette capacité permettra de satisfaire les besoins en eau potable d’Antananarivo, bien qu’elle ne suffira pas à résoudre la crise de l’eau.

  • COMMERCE – Auditions publiques pour trancher sur le préjudice industriel des importations de tubes plastiques et produits céréaliers

    COMMERCE – Auditions publiques pour trancher sur le préjudice industriel des importations de tubes plastiques et produits céréaliers

    Choc des intérêts à la table de l’Autorité nationale chargée des mesures correctives commerciales (ANMCC). Deux journées d’auditions publiques seront consacrées aux tubes et tuyaux en matières plastiques ainsi qu’aux pâtisseries sèches et les céréales pour petit-déjeuner, la semaine prochaine. Ces audiences s’inscrivent dans le cadre de la procédure d’enquête de sauvegarde engagées sur ces produits. Il s’agira de déterminer si les importations causent réellement un préjudice grave pour la Branche de production nationale (BPN) et à justifier une éventuelle application de mesures de sauvegarde, selon les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

     

    L’audience publique dans le cadre des mesures de sauvegarde OMC est essentielle pour garantir une participation active des parties intéressées dans le processus décisionnel. C’est durant cette enquête que les importateurs, exportateurs et autres parties intéressées peuvent présenter des éléments de preuve et des vues. “Toutes les parties auront l’opportunité de faire entendre leur voix dans un cadre transparent et contradictoire”, avance la direction générale de l’ANMCC.

     

    Les industriels locaux dans l’agroalimentaire vont ainsi confronter leurs positions à celles des importateurs de pâtisseries sèches et les céréales pour petit-déjeuner. Ceux qui travaillent sur les tubes et tuyaux en matières plastiques défendront, de leur côté, les intérêts de la production locale. La participation de représentants d’opérateurs étrangers, notamment mauriciens et européens, aux échanges est également annoncée. De même que des institutions publiques telles que la Jirama, les ministères sectoriels et la direction générale des Douanes (DGD).

     

    Le débat confronte déjà deux visions opposées. D’un côté, les industriels locaux s’alarment d’une explosion des importations menaçant leur survie. Celle-ci ont suivi une trajectoire haussière, s’établissant en 2024 à 4 134 tonnes pour les pâtisseries sèches et céréales pour petit-déjeuner et à 4 174 tonnes pour les tubes, tuyaux et accessoires en matières plastiques. Les requérants préviennent que “nous assistons à une érosion progressive des parts de marché. Si aucune mesure n’est prise, certaines unités de production locales pourraient fermer, avec des pertes d’emplois à la clé”.

     

    De l’autre, les importateurs défendent la liberté commerciale. Ils affirment notamment que “les importations répondent à une demande réelle et contribuent à la compétitivité du marché”. Ils disent qu’il faudrait “éviter des mesures qui pénaliseraient les consommateurs”.

     

    “Le respect du contradictoire est fondamental. Sans cela, toute mesure de sauvegarde pourrait être contestée”, insiste la direction générale de l’ANMCC. D’où l’importance des auditions publiques, qui permettront d’examiner si les trois conditions clés sont réunies, à savoir l’accroissement notable des importations, le dommage grave subi par la branche nationale et un lien de causalité entre les deux.

  • SECTEUR MARITIME – Le nouveau linéaire de 333 mètres du quai C4 du port de Toamasina désormais opérationnel

    SECTEUR MARITIME – Le nouveau linéaire de 333 mètres du quai C4 du port de Toamasina désormais opérationnel

    Le quai C4 du port de Toamasina entre en service. Le président de la Refondation de la République, le colonel Michael Randrianirina, a procédé ce samedi à la réception officielle d’une portion de 333 mètres de ce nouveau quai. Une extension majeure qui permet désormais l’accostage des navires de grande capacité sur un poste unique, optimisant ainsi la fluidité des opérations terminalières.

     

    C’est une étape majeure dans le développement du port de Toamasina qui vient d’être franchie. L’extension des infrastructures au niveau du Grand port permet de lever une contrainte majeure d’exploitation. Là où un navire de 270 mètres monopolisait autrefois trois sections de quai (C1-C2-C3), le nouveau linéaire de quai C4 (actuellement de 333 mètres) permet une gestion autonome de ces escales. Cette évolution rationalise l’affectation des postes et accroît significativement la capacité de traitement simultané du port.

     

    Réduction des coûts

     

    Pour le président de la Refondation, ce nouveau quai constitue non seulement un outil de croissance, mais également un levier de développement et un accélérateur économique. “Avec cette nouvelle infrastructure, nous améliorons la fluidité des échanges, nous réduisons les coûts logistiques et nous renforçons la compétitivité de nos entreprises. Cela signifie des opportunités concrètes pour nos importations, pour nos exportateurs et pour nos investisseurs”, lance-t-il.

     

    A mesure que le port sera en capacité d’accueillir de grands navires et de traiter des volumes de marchandises de plus en plus importants, il sera possible d’exporter stratégiquement davantage de produits depuis Madagascar, souligne de son côté l’ambassadeur du Japon à Madagascar, Toshima Hitoshi. “Cela devrait favoriser la croissance économique nationale, notamment à travers le renforcement des chaînes d’approvisionnement et la diversification du tissu industriel”, avance-t-il.

     

    Positionnement renforcé

     

    Le quai C4 est prévu être prolongé jusqu’à atteindre une longueur totale de 470 mètres. Mais la réception de cette portion de 333 mètres renforce déjà la capacité du port de Toamasina à accompagner la croissance économique de Madagascar et à consolider notre positionnement régional, d’après le directeur général de la Société du port à gestion autonome de Toamasina (Spat), Heritiana Anicet Randriambahoaka.

     

    Avec l’achèvement complet des travaux du terminal C4 et l’installation des grues STS, le port de Toamasina pourra recevoir des navires de nouvelle génération, tels que les post-Panamax, pouvant transporter plus de 13 000 EVP, rappelle le DG du Spat. Ce qui renforcera le positionnement du Grand Port dans l’échiquier du transport maritime international.

     

    “Madagascar envoie un message clair. Nous sommes prêts à accueillir davantage d’investissements, prêts à accueillir les grandes compagnies maritimes, prêts à jouer un rôle stratégique dans l’océan Indien”, conclut le Président Michael Randrianirina.

  • ENERGIE – Les usagers en situation irrégulière plus nombreux que les abonnés en règle, selon la Jirama pour justifier son opération de ratissage

    ENERGIE – Les usagers en situation irrégulière plus nombreux que les abonnés en règle, selon la Jirama pour justifier son opération de ratissage

    “Une action prioritaire incontournable”. La Jirama n’entend pas reculer dans son opération d’assainissement des usagers malgré les réclamations et les contestations de certains de ses abonnés. Elle dénonce un nombre plus important d’usagers en situation irrégulière que d’abonnés en règle, ce qui cause non seulement 300 milliards d’ariary de pertes annuelles, mais entraîne la mauvaise qualité de service de la compagnie, poursuit-elle dans un communiqué publié ce samedi.

     

    Selon la compagnie nationale d’eau et d’électricité, “les irrégularités sont à l’origine des pannes fréquentes, des coupures et même des explosions de transformateurs, en raison de surcharges non prévues”. En partant à la chasse à ce qu’elle qualifie de “fraudes” et de “vols” à travers une opération de ratissage, la Jirama entend aussi bien “assainir le système” et “ramener les usagers en situation irrégulière vers la conformité” qu’améliorer la qualité de son service.

     

    Dans son opération de ratissage, la Jirama reconnaît ne pas cibler uniquement les compteurs frauduleux. Elle affirme également viser “les compteurs présentant des défaillances techniques, dès lors que le client à continuer à bénéficier de ses services sans interruption malgré les anomalies”. Pour la société d’Etat, “ces situations, qui durent plusieurs années la plupart du temps, peuvent être assimilées à du vol d’électricité, en ce qu’elles portent préjudice à l’entreprise ainsi qu’à la qualité du service”.

     

    C’est ainsi que ceux qui n’ont pas signalé à temps les anomalies et qui ont quand même “continué à utiliser ses services sans payer ou en ne réglant qu’un montant dérisoire par rapport à leur consommation réelle” sont enjoints par la Jirama à s’acquitter des rappels de consommation. “Cette mesure est légale, juste et fondée, puisque toute énergie consommée (en kWh) doit être payée par le client”, insiste la compagnie.

     

    Dans son communiqué, la Jirama rappelle que le contrat d’abonnement signé lors de l’adhésion à ses services précise que “le client a l’obligation de signaler immédiatement toute anomalie constatée sur le compteur”. Contrairement à ceux qui n’ont pas effectué cette démarche et qui sont ainsi “considérés comme n’ayant pas respecté leurs engagements contractuels”, ceux qui ont fait part des anomalies “bénéficient d’un allègement dans le calcul du rappel de consommation”. “La responsabilité du retard de réparation incombe à la Jirama”, précise encore la société d’Etat.

  • DROITS HUMAINS – Des consultations régionales pour réfléchir aux réformes du cadre législatif de la liberté d’expression

    DROITS HUMAINS – Des consultations régionales pour réfléchir aux réformes du cadre législatif de la liberté d’expression

    Les réflexions sur la réforme du cadre législatif relatif à la liberté d’expression se poursuivent. Après Mahajanga et Antsiranana le 13 mars, le Comité ad hoc en charge des consultations et des réflexions, ainsi que les techniciens du ministère de la Communication et de la culture se sont rendus à Fianarantsoa le 19 mars. L’équipe est attendue à Toliara le 26 mars puis à Antananarivo le 31 mars.

     

    Les consultations régionales réunissent un large éventail d’acteurs, allant des journalistes aux membres de la société civile, en passant par les créateurs de contenu, les influenceurs sur les réseaux sociaux et d’autres parties prenantes concernées par le sujet. Les travaux se structurent autour de trois volets: le volet législatif, les nouveaux médias et la régulation de la communication médiatisée. Les réflexions communes qui se veulent inclusives devraient ensuite “déboucher sur des réformes législatives permettant de renforcer la liberté d’expression dans la Grande île”.

     

    Bonnes pratiques internationales

     

    L’idée est aussi que ces réformes soient “cohérentes et conformes aux standards et aux bonnes pratiques internationales en matière de liberté d’expression, de sécurité des journalistes et de développement des médias libres, indépendants et pluralistes”. Selon le Comité ad hoc en charge des consultations régionales et des réflexions, “ces réformes sont nécessaires pour sanctuariser la liberté d’expression dans le strict respect des lois mais aussi pour protéger les nouveaux métiers liés au développement technologique”.

     

    Initié par le ministère de la Communication et de la culture et porté par le Comité ad hoc, le projet est appuyé par des consultants nationaux et internationaux. Il est accompagné par différents partenaires techniques, notamment l’Unesco, le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) et le Haut commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH).

  • INTÉGRITÉ – La possibilité d’utiliser le polygraphe pour évaluer les hauts fonctionnaires évoquée

    INTÉGRITÉ – La possibilité d’utiliser le polygraphe pour évaluer les hauts fonctionnaires évoquée

    Antananarivo, 21 Mars, 11h30 – Une idée qui fait son chemin. La Présidence de la refondation de la République espère exploiter la polygraphie pour gérer les ressources humaines de l’Etat, notamment celles qui sont affectées aux hautes fonctions. « L’utilisation de la technologie (polygraphe) pourrait être étendue à l’évaluation annuelle des hauts fonctionnaires si cet usage [dans le cadre du tri des candidats au poste de ministre] est concluant”, indique un communiqué de la présidence de la République publié jeudi soir.

     

    Dans l’optique de la présidence, le recours au polygraphe “devrait permettre de sanctionner et de remplacer ceux qui ne réussissent pas dans leur mission ». L’utilisation de cette technologie est alors considérée comme faisant partie des mesures mises en œuvre dans le cadre de la refondation “afin d’améliorer l’administration”.

     

    Jeudi, le chef de l’Etat a annoncé le recours à cet outil de détection de mensonges pour connaître la sincérité des candidats au poste de ministres et pour évaluer leur intégrité. Il a indiqué en marge de la présentation du rapport annuel de la Cour des comptes que si la nomination des membres du gouvernement tardait un peu, c’est en raison de l’utilisation de cet outil. A l’entendre, le polygraphe est utilisé avec l’appui d’experts étrangers et permettait de réduire le recours aux enquêtes de moralité menées par le Central Intelligence Service (CIS).