Catégorie : Politique

  • Les maires et les conseillers communaux et municipaux peuvent officiellement continuer leur fonction

    Les maires et les conseillers communaux et municipaux peuvent officiellement continuer leur fonction

    Antananarivo, 10 Février, 19h13 – C’est désormais officiel. Le gouvernement a publié le décret fixant les modalités de fonctionnement des communes jusqu’à la mise en place des nouveaux élus. « Les maires et les conseillers municipaux (…) continuent d’assurer leur fonction depuis la fin de leur mandat, jusqu’à la mise en place des nouveaux élus », indique le texte publié vendredi. Cette décision est aussi valable pour les présidents de délégation spéciale (PDS) à la tête des communes.

    Ce même décret souligne que ceux qui veulent être candidat aux prochaines élections devraient démissionner, une fois que leur candidature est validée par l’organe compétent. Le premier adjoint prend alors le relais jusqu’à la nomination d’un PDS.

    Le mandat des maires et des conseillers communaux et municipaux a pris fin mi-janvier. Depuis, ces élus en fin d’exercice ont continué d’assurer leur fonction, en attendant le décret qui les conforte dans ce statut.

    La décision du gouvernement fait suite aux avis juridiques de la Haute cour constitutionnelle qui disent que les maires et les conseillers peuvent rester en fonction jusqu’à la proclamation des résultats des communales et municipales.

  • CODE PENAL – La castration est un traitement inhumain, cruel et dégradant, dénonce Amnesty International

    CODE PENAL – La castration est un traitement inhumain, cruel et dégradant, dénonce Amnesty International

    Antananarivo, 10 Février, 8h40 – « L’application de la castration ne résoudra pas les problèmes de viols sur mineurs et n’est pas compatible avec les dispositions constitutionnelles malgaches contre la torture et les traitements, ainsi qu’avec les normes régionales et internationales relatives aux droits humains ». Amnesty International hausse le ton face à l’adoption par le Parlement malgache des modifications du code pénal instaurant la castration chimique et la castration chirurgicale « à titre de châtiment contre les personnes reconnues coupables de viols sur mineurs ». L’organisation de défense des droits de l’homme évoque « un traitement cruel, inhumain et dégradant » qui viole ainsi les droits de la personne humaine.

     

    Pour Amnesty International, la solution aux problématiques des viols réside plus dans « les réformes du système pénal pour que les victimes puissent avoir accès à la justice et à des recours en temps voulu », que dans l’application de ce type de peines. Elle souligne qu’à Madagascar, « les cas de viols ne sont pas suffisamment dénoncés et leurs auteurs repartent bien souvent libres parce que les victimes et leurs familles ont peur des représailles et de la stigmatisation, et n’ont pas confiance dans le système judiciaire ». Elle suggère ainsi qu’à la place de la loi qui autorise la castration, les autorités privilégient « une approche centrée sur les victimes, qui leur donne du pouvoir et leur permette de parler en toute sécurité, sans craindre d’être stigmatisées ni de subir des représailles ». L’objectif est également « d’amener les responsables à rendre des comptes », poursuit-elle.

     

    L’Amnesty International, dans sa panoplie de solutions, propose également que soit renforcées « les initiatives de prévention afin de s’attaquer aux causes profondes de ce fléau [des viols, notamment les viols sur mineurs] et de l’éliminer ». L’organisation « demande ainsi aux autorités malgaches d’aligner ces modifications sur les normes relatives aux droits humains, tout en accordant la priorité au bien-être, aux droits et aux besoins des victimes ».

     

    Les autorités malgaches, de leur côté, évoquent la sauvegarde de l’ordre public et la protection de l’intérêt général pour justifier leur décision. Elles mettent également en avant la souveraineté de Madagascar dans l’élaboration de ses lois pour rejeter toute éventuelle injonction à ne pas adopter les modifications du Code pénal dans le sens qu’elles souhaitent. Elles disent avoir pris cette décision à des fins dissuasives face à la recrudescence des cas de viols. Dans ses diverses interventions sur le sujet, la ministre de la Justice Landy Mbolatiana Ramanantenasoa rappelle que 600 cas de viols ont été recensés à Madagascar en 2023, et que rien qu’en janvier 2024, 133 cas ont été enregistrés.

     

    Proposée par le président de la République Andry Rajoelina durant son discours de fin d’année, l’introduction de la castration parmi les peines infligées aux personnes reconnues coupables de viols sur mineurs a reçu l’aval des députés et des sénateurs durant la session extraordinaire du Parlement qui s’est clôturée vendredi. Le projet de loi modifiant le code pénal en ce sens devrait encore passer par le contrôle de constitutionnalité de la Haute cour constitutionnelle (HCC) avant d’être promulguée par le chef de l’Etat.

     

    Photo : Pixabay

  • Le redressement de la Jirama et de Madagascar Airlines discuté entre Christian Ntsay et la Banque mondiale

    Le redressement de la Jirama et de Madagascar Airlines discuté entre Christian Ntsay et la Banque mondiale

    Antananarivo, 8 Février, 14h15 – Idah Z. Pswarayi-Riddihough est de nouveau dans nos murs. La directrice des opérations de la Banque mondiale pour les Comores, Madagascar, Maurice et le Mozambique, est en mission sur la Grande île pour discuter une nouvelle fois avec les autorités malgaches. Les secteurs appuyés par cette institution financière comme les routes ou encore le redressement de la Jirama et de Madagascar Airlines étaient notamment au centre des discussions entre cette émissaire de la Banque mondiale et le Premier ministre Christian Ntsay, mardi.

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    Idah Z. Pswarayi-Riddihough s’était déjà rendue à Madagascar vers la fin du mois de novembre 2023 pour discuter des mêmes sujets avec les autorités malgaches. Lors de sa rencontre avec le staff du ministère de l’Economie et des finances à l’époque, plusieurs secteurs ont été abordés dont entre autres l’eau et l’énergie. Il en était ressorti qu’« un redressement du système de gestion de la Jirama s’avère important avant d’allouer des financements ».

     

    Il avait par ailleurs été déjà convenu bien auparavant entre la Banque mondiale et l’Etat malgache l’adoption des décrets relatifs à la gouvernance de la Jirama concernant sa forme juridique, la composition de son Conseil d’administration, ses recrutements ainsi que ses performances. Les modalités de mise en œuvre du plan de développement à moindre coût (PDMC) pour la sélection et priorisation des projets de production et de transmission, et le conditionnement de toutes les concessions et de tous les contrats d’achat d’électricité avaient déjà été abordées. De même sur les dispositions relatives au développement de l’autoproduction d’électricité.

     

    Pour ce qui est de Madagascar Airlines, la Banque mondiale avait déjà annoncé son intention à appuyer financièrement le plan d’affaires de la compagnie aérienne nationale. Ce, à travers un financement rétroactif, c’est-à-dire que l’Etat et la Banque établiront un contrat portant sur le remboursement par l’Etat des dépenses relatives à son redressement que la Banque Mondiale va avancer. Le directeur général de Madagascar Airlines avait confié qu’en plus des 25 millions de dollars que cette institution financière serait déjà prête à injecter, 20 millions de dollars supplémentaires devraient également être obtenus de la part de cette dernière.

     

    D’autres sujets avaient par ailleurs été discutés entre Idah Z. Pswarayi-Riddihough et le Premier ministre Christian Ntsay, comme l’éducation ou la réhabilitation des infrastructures routières. Les moyens pour accélérer les projets déjà financés par la Banque mondiale étaient également abordés par les deux parties, selon le bureau du Premier ministre qui a rapporté la rencontre.

    Photo : Primature

  • CODE PÉNAL – Le Sénat approuve la légalisation de la castration pour les auteurs de viol

    CODE PÉNAL – Le Sénat approuve la légalisation de la castration pour les auteurs de viol

    Antananarivo, 7 Février, 10h00 – Deuxième étape validée pour le projet de loi modifiant certaines dispositions du code pénal et qui introduit la castration chimique et la castration chirurgicale parmi les peines infligées aux auteurs de viol sur des enfants. Après l’Assemblée nationale, le projet de loi soumis par le Gouvernement passe le cap du Sénat sans modification. Les travaux de commission ont toutefois proposé des détails techniques à introduire dans le décret d’application de la loi, indique le Sénat dans son communiqué.

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    Après son adoption par le Sénat, le texte doit encore passer par le contrôle de constitutionnalité au niveau de la Haute cour constitutionnelle. L’introduction de la castration chimique parmi les peines encourues par les violeurs d’enfants avait été proposée par le président Andry Rajoelina dans son discours de fin d’année.

    Pour la ministre de la Justice Landy Mbolatiana Ramanantenasoa qui défend le projet de loi devant le Parlement, ces nouvelles dispositions sont nécessaires dans le but de préserver l’ordre public et de défendre l’intérêt général. Elle invoque la recrudescence des viols pour soutenir la réforme du Code pénal en matière de viol. Elle met également en avant la souveraineté de Madagascar pour légiférer quelles que soient les dispositions applicables dans les autres pays, et bien que la castration soit considérée comme une atteinte à l’intégrité physique des condamnés.

  • La ministre de la Justice défend l’introduction de la castration parmi les peines infligées aux violeurs d’enfants

    La ministre de la Justice défend l’introduction de la castration parmi les peines infligées aux violeurs d’enfants

    Antananarivo, 6 Février, 10h02 – “Vous dites qu’il y a les droits de l’homme mais avant cela il y a l’ordre public auquel nous devons veiller”. La ministre de la Justice, Landy Mbolatiana Ramanantenasoa défend l’introduction de la castration chirurgicale et de la castration chimique dans le Code pénal. Lundi, elle a encore rappelé que « c’est pour l’intérêt général que Madagascar adopte cette nouvelle loi ».
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    La ministre met, entre autres, en avant la hausse des cas de viols recensés au niveau de la Justice pour justifier la décision du gouvernement. Elle rappelle que 600 cas ont été recensés en 2023 et que rien qu’en janvier 2024, 133 cas ont été signalés.
    Landy Mbolatiana Ramanantenasoa évoque également le caractère dissuasif des nouvelles dispositions. « La législation actuelle ne fait plus reculer les auteurs”, ajoute-t-elle, en marge de la cérémonie marquant la rentrée judiciaire de 2024.
    Le projet de loi actuellement en discussion au Parlement prévoit des travaux forcés à perpétuité pour les individus coupables de viol sur des enfants de moins de dix ans, mais la castration chirurgicale reste prévue car « même en prison, les violeurs pourraient encore être tentés », avait déjà souligné la ministre vendredi. Elle n’exclut pas non plus un éventuel retour du violeur au sein de la société si celui-ci est envoyé dans des camps pénaux ou bénéficie de liberté conditionnelle.
  • 14 des 16 dossiers traités par le parquet de la Haute cour de justice depuis 2019 attendent les votes de mise en accusation à l’Assemblée nationale

    14 des 16 dossiers traités par le parquet de la Haute cour de justice depuis 2019 attendent les votes de mise en accusation à l’Assemblée nationale

    Antananarivo, 6 Février, 8h14 – Le parquet de la Haute Cour de Justice a traité tous les dossiers en sa possession en 2023. D’après le rapport de Benjamin Rakotomandimby, procureur général de la Cour Suprême (PGCS) également chef du parquet de la Haute cour de justice (HCJ), “il n’y a plus de dossier en instance” au niveau de cette cour chargé de juger les hauts responsables étatiques.

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    A la fin 2022, il y avait encore cinq dossiers à traiter au niveau de la HCJ selon le rapport du PGCS lors de la rentrée solennelle de la Justice ce lundi. Trois autres dossiers concernant des hauts responsables sont arrivés au niveau du parquet général en 2023. “Les huit dossiers ont été traités et transmis au niveau de l’Assemblée nationale” ajoute-t-il.

     

    Avec ces huit dossiers, le nombre de dossiers transmis à l’Assemblée nationale depuis la mise en place de la HCJ en 2019 est de 16 selon le rapport. Deux de ces dossiers seulement ont été examinés puis passés au vote de mise en accusation par la chambre basse indique le PGCS. “L’Assemblée nationale n’a pas validé la mise en accusation, donc on a rangé ces deux dossiers”, poursuit Benjamin Rakotomandimby.

     

    Outre les dossiers traités, la HCJ reçoit de nombreuses lettres selon Benjamin Rakotomandimby mais “nous ne les transférons pas tous au niveau de l’Assemblée nationale”. “Il y a des accusations de vols, mais il faut des preuves et les éléments constitutifs doivent être pris en compte”, explique-t-il.

     

    Il y a deux semaines, Florent Rakotoarisoa, président de la Haute cour constitutionnelle avait fustigé l’Assemblée nationale qui selon lui “bloque” la mise en accusation des hauts responsables devant la HCJ. « La lutte contre la corruption est bancale à cause des blocages auprès de l’assemblée nationale, notamment dans la commission juridique », avait-il lancé en marge d’un dépôt de déclaration de patrimoine. « Chaque entité a fait son travail pourtant aucun dossier n’est encore revenu jusqu’à la Haute cour de justice en cinq ans », s’est notamment plaint le locataire d’Ambohidahy.

     

  • ÉLECTION – Arrêtage provisoire de la révision annuelle de la liste électorale prévu dans moins dix jours

    ÉLECTION – Arrêtage provisoire de la révision annuelle de la liste électorale prévu dans moins dix jours

    Antananarivo, 6 Février, 6h30 – Plus que dix jours pour s’inscrire dans la liste électorale. Ceux qui ne sont pas encore inscrits dans la liste électorale ont jusqu’au 15 février pour le faire. La révision annuelle de la liste électorale est prévu prendre fin provisoirement à cette date. Après cet arrêtage provisoire, cette liste devrait encore être renvoyée auprès des fokontany, pendant 20 jours, au mois de mars pour vérification.

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    La Commission électorale nationale indépendante (Ceni) avait débuté la révision annuelle le 1er décembre. L’arrêtage définitif de la liste est prévu en mai. Cette nouvelle liste sera utilisée pour les prochaines élections prévues avoir lieu cette année, notamment les législatives et les communales. La Ceni prévoit d’ailleurs n’organiser des scrutins qu’après la fin de cette révision.

     

    La liste actuellement en cours de révision est celle qui avait été arrêtée à l’issue de la refonte totale effectuée en 2022, et qui se fait tous les dix ans, comme le dispose la loi . Cette liste avait été bouclée en juillet 2023 et avait servi à la présidentielle de 2023. 11 043 836 électeurs avaient été inscrits sur la liste électorale suite à la refonte totale. La Ceni avait noté une augmentation de 2,72% d’électeurs de plus.

     

  • JUSTICE – 226 000 dossiers traités au niveau de toutes les Cours et juridictions de Madagascar en 2023

    JUSTICE – 226 000 dossiers traités au niveau de toutes les Cours et juridictions de Madagascar en 2023

    Antananarivo, 5 Février, 18h16 – Jamais la justice malgache n’a traité autant d’affaires en une année. Selon le rapport du procureur général de la cour suprême ce lundi durant la rentrée judiciaire, 226 000 dossiers ont été traités au niveau de toutes les Cours et juridictions de Madagascar en 2023. Cela va de la Cour suprême aux 44 tribunaux de première instance du pays, en passant par la Cour des comptes ou encore les juridictions anti-corruption. Cela correspond à une hausse de 42,64% des affaires traitées par rapport à 2022 où 130 007 dossiers ont été traités durant toute l’année.

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    Les performances ont été notées dans presque toutes les juridictions qui, malgré la hausse du nombre des dossiers, ont réussi à traiter plus d’affaires. Au niveau de la Cour suprême, le procureur général indique qu’il y avait 850 dossiers en instance à la fin de 2022. 992 autres dossiers sont parvenus à la Cour en 2023, pour un total de 1 842 dossiers. 1 526 dossiers ont été traités et il ne reste que 313 dossiers en instance à la fin 2023. On peut aussi constater le cas des affaires foncières au niveau de la Cour de cassation. S’il restait 917 dossiers en instance en 2022 et 1 366 nouveaux dossiers en 2023, 2 114 ont pu être traités, il ne reste donc plus que 169 dossiers en instance à la fin de l’année 2023.

    La justice a aussi fait des efforts dans le jugement des individus en détention préventive auprès des maisons d’arrêt en particulier à Antanimora. Selon le rapport publié ce lundi, 52% des détenus à Antanimora ont été jugés en 2023. D’après la ministre de la Justice, Landy Mbolatiana Randriamanantenasoa, ces résultats sont dus “à une politique efficace menée par le ministère appliqué dans toute l’île”. “Bien sûr, la norme internationale est de 70% mais par rapport aux anciens taux il y a eu une amélioration”, ajoute-t-elle.

  • CTD – L’Assemblée nationale autorise la nomination de personnes non fonctionnaire à la tête des délégations spéciales d

    CTD – L’Assemblée nationale autorise la nomination de personnes non fonctionnaire à la tête des délégations spéciales d

    Antananarivo, 3 Février, 13h39 – Les non fonctionnaires devraient pouvoir être nommés à président de délégation spéciale à la tête des collectivités territoriales décentralisées sans exécutif élu. Cette nouvelle disposition modifiant la loi relative aux collectivités territoriales décentralisées (CTD) a été adoptée vendredi par l’Assemblée nationale. Le texte doit encore passer au Sénat, puis l’étape du contrôle de constitutionnalité avant d’être promulgué.

    Mais si le PDS peut ne pas être un fonctionnaire, ses deux vice-présidents doivent être obligatoirement des fonctionnaires. Dans la disposition actuellement en vigueur, la délégation spéciale qui assure le rôle de l’exécutif en l’absence d’élus locaux doit être composée de trois personnes qui sont tous des fonctionnaires et qui ont des expériences dans la conduite des affaires de l’Etat.
    Photo : Assemblée nationale
  • L’introduction de la castration parmi les peines infligées aux violeurs d’enfants relève de la souveraineté nationale, selon la ministre de la Justice

    L’introduction de la castration parmi les peines infligées aux violeurs d’enfants relève de la souveraineté nationale, selon la ministre de la Justice

    Antananarivo, 3 Février, 9h25 –  »Madagascar a le pouvoir de légiférer et de modifier ses lois en fonction du contexte du pays, et de les mettre en pratique pour le bien de ses citoyens et pour assurer l’ordre public ». Landy Mbolatiana Randriamanantenasoa, ministre de la justice, justifie la décision de Madagascar d’introduire la castration des violeurs dans le code pénal par la souveraineté du pays. « Quelles que soient les pratiques en droit comparé, nous sommes souverains pour décider », répond-elle aux remarques des députés sur le respect des droits humains et les pratiques internationales en cas d’application des nouvelles dispositions punissant le viol d’enfants de moins de dix ans.

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    Pour la ministre, cette peine est d’autant plus justifiée que les viols sont trop nombreux à Madagascar. « Rien qu’en janvier 2024, nous en avons recensé 133, et 600 en 2023 », rappelle-t-elle en marge de la séance d’adoption de la loi modifiant le code pénal. Elle espère d’ailleurs que l’alourdissement des peines qui s’appliquent aux individus reconnus coupables de viol sera plus dissuasif. « Les anciennes dispositions n’ont pas suffi pour dissuader les violeurs », souligne encore la ministre.

    Et si les violeurs n’ont pas été dissuadés par la perspective d’une castration, les autorités misent sur cette mesure pour rassurer la société que les coupables ne le referont plus quand ils seront en prison, s’ils sont envoyés dans des camps pénaux dans le cadre de leur réinsertion sociale ou s’ils bénéficient de libérté conditionnelle.

    Outre la castration dont les modalités de mise en œuvre devraient être précisées dans les décrets d’application de la loi, les peines de prison prévues en cas de viol sont aussi devenues plus sévères. Ainsi, les personnes reconnues coupables de viol sur les enfants de moins de 10 ans devraient être punies, en plus de la castration chirurgicale, de peine de travaux forcés à perpétuité. Si le viol s’est fait sur un enfant de 10 à 13 ans, les coupables devraient êtres punis de castration chimique et de 15 à 20 ans de travaux de forcés. Cette peine se réduit de 10 à 20 ans de travaux forcés, si la victime a entre 13 et 18 ans.

    Dans l’objectif d’être encore plus dissuasif, le gouvernement a prévu dans le projet de loi que les personnes reconnues coupables seront exhibées publiquement. « Il faut que la société sache ce qu’ils ont fait et que l’on ne dissimule plus ces crimes et leurs auteurs », précise la ministre.
    Photo : Assemblée nationale