BAREA DE MADAGASCAR – Point sur la santé des joueurs de l’équipe nationale malagasy [24 juin]
Interview du docteur Maminirina Razafinjatovo

«Ny Mpanjaka ny Madagascar hitandrina ny fitondram-panjakany amy ny ati-tany, manerana ny Nosy manontolo, toraky ny tamy ny lasa» : ara-bakiteny ny Toko faha Roambinifolo ny Fanekena tamin’ny Frantsa sy Madagasikara ny 17 desambra 1885.
Zava-dehibe no fonosin’io teny noheverina fa tsotra io : «TORAKY NY TAMIN’NY LASA». Midika izany fa, na inona na inona nolazain’ny Frantsay mikasika ny hoe «Droits historiques» noho ny nananganan’i Colbert ny «Compagnie française des Indes orientales» tamin’ny 1664 (nanarakaraka ny «Compagnie anglaise», 1600, ary ny «Compagnie hollandaise», 1602), sy ny nipetrahan-dry Pronis nodimbiasan’i Flacourt tao Fort-Dauphin (Faradofay, Taolagnaro) dia nanaiky ry zareo fa nisy Fanjakana teratany teto izay tsy maintsy nifampiraharahana.
Ny «Tamin’ny Lasa» eto dia ny Fanekena teo amin’i Robert Farquhar, amin’ny anaran’i Great Britain sy Radama Voalohany nisalotra ny anarana hoe «Mpanjakan’i Madagasikara». Vao roa taona lasa izay no tonga teto Madagasikara ny Printsesy Anne, zanakavavin’ny Mpanjaka anglisy, nanamarika tamin’ny fomba ofisialy ny faha-roanjato taonan’io Fanekena tamin’ny 23 oktobra 1817 io.
Ny «Tamin’ny Lasa» dia ireo fifanarahana misesy voasonia niaraka tamin’ny firenen-dehibe rehefa nivahiny tany Washington (Etazonia) na Berlin (Alemaina) ny iraka nentin’i Ravoninahitriniarivo, Ministry ny Raharaham-bahiny tamin’ny taona 1882-1883.
Raha feno zato taona io Fanekena, 12 marsa 1883, teo amin’ny Amerika sy Madagasikara io dia ny fitondrana amerikana no nampanao bokikely ho tsangambato. Ary ny faha-135 taonan’ny fanekena, 15 mey 1883, tamin’i Madagasikara sy Alemaina dia nomarihina vao tamin’ny taon-dasa : fampirantiana narahina valan-dresaka samihafa.
Raha tsy nisy avokoa izany «Tamin’ny Lasa» rehetra izany, tsy ho tonga teo Mahamasina ny Jeneraly de Gaulle ka nanao ilay kabary tsaroan’ny Tantara iny, ny 22 aogositra 1958. Sady nibanjina an’i Manjakamiadana izy no nanome toky : «Rahampitso, hiverina ny Fanjakanareo, tahaka izay nisiany fony mbola nipetrahan’ny Mpanjakanareo io Lapany ery ambony ery io».
Ny 16 oktobra nanaraka io, novoriana tao amin’ny Lycée Gallieni Andohalo ny Kongresin’ny Antenimieram-paritany. Ireo no nandatsa-bato hanao an’i Madagasikara ho Repoblika : 208 nisafidy Eny, 26 tsy nitonona. Ny ampitso, tonga niakatra teny ny Haut-Commissaire frantsay André Soucadaux nitondra ny tenin’ny Governemanta frantsay : «Ambarako ny faneken’ny Governemantan’ny Repoblika frantsay ny hitsanganan’ny Fanjakana malagasy ary ny maha-foana ny Lalàna tamin’ny 6 aogositra 1896».
Noho izay «Tamin’ny Lasa» izay ihany no niara-nanambaran’ny Filoha frantsay Emmanuel Macron sy ny Filoha malagasy Andry Rajoelina, vao tamin’ny 29 mey 2019 teo, fa fiverenam-piandrianana ny andron’ny 26 jiona.
Efa nisy Fanjakana talohan’ny 26 jiona 1960. Efa nisy Fanjakana talohan’ny 6 aogositra 1896. Tsy nitrebona tamin’ny vato izany Fanjakana izany, na dia tsy lavorary aza, na dia be kilema aza, eny fa na dia tsy nahenika tanteraka an’i Madagasikara manontolo aza, ka mahatonga ny Foko sasany milaza fa Fanjakana Merina no tena nisy teto.

Dans son livre, «Neuf ans à Madagascar» (Hachette, 1908, pp.27-28), le général Gallieni est sévère concernant les dernières années de ce qu’il nomme dédaigneusement «la cour d’Emyrne». Son inventaire à la Prévert sonne comme un réquisitoire : les incapables successeurs d’Andrianampoinimerina et de Radama I (…) Une tyrannie sans contrôle et sans frein se substitua à l’autorité forte, mais raisonnable des premiers rois (…) un pseudo-gouvernement, sans foi ni lois, où tout était livré au désordre, aux exactions, à l’anarchie (…) l’impôt, une main-mise arbitraire sur les biens des particuliers (…) les travaux publics, des corvées au seul profit des nobles et des riches (…) aucune route dans un intérêt général (…) une façade dépourvue de toute organisation intérieure sérieuse (…).
La seule réussite que Gallieni reconnaît à la «cour d’Emyrne», pour aussitôt regretter que l’Occident en ait pu être dupe, c’est «une diplomatie astucieuse» : «Cependant, ainsi qu’il arrive souvent chez les Orientaux, une diplomatie astucieuse et sans scrupule avait réussi aux yeux des étrangers à masquer les misères de la situation intérieure. Les nations civilisées conservaient ainsi l’illusion que Madagascar possédait un gouvernement digne de ce nom, et ce mot sonore : « la cour d’Emyrne » éveillait en Europe et ailleurs l’idée d’une puissance lointaine, solidement assise et organisée. Les correspondances de Napoléon III vers 1860 témoignent que le Gouvernement français traitait avec les souverains de Tananarive dans les mêmes formes qu’avec les autres chefs d’État. À la même époque, l’impératrice Eugénie écrit personnellement à Rasoherina et l’entretient «de la haute mission que Dieu a confiée aux rois et de l’œuvre grandiose qu’elle peut et doit accomplir à l’aide du pouvoir immense qu’elle détient ». Vingt-cinq ans plus tard, pendant la période de tension qui précéda la guerre de 1883-1885, une ambassade du Gouvernement hova, conduite par Ravoninahitriniarivo, ministre des Affaires étrangères, fut reçue solennellement par les chefs d’État des plus grandes puissances, en France, en Angleterre, en Allemagne, aux États-Unis, et passa avec eux des traités en règle».
Mais, justement, n’était-ce pas en vertu de cette «diplomatie astucieuse», ces «mêmes formes qu’avec les autres chefs d’État», ces «traités en règle», que le général de Gaulle prononça sa phrase du 22 août 1958 ? Depuis Mahamasina, et avisant la colline de Manjakamiadana, l’homme de Bayeux (cf. 16 juin 1946) avait proclamé : «Demain, vous serez de nouveau un État, comme vous l’étiez, quand ce palais de vos rois, là-haut, était habité par eux».
Le 14 octobre 1958, réuni au Lycée Gallieni, le Congrès des assemblées provinciales votait, par 208 voix et 26 abstentions, le sort de Madagascar : «État libre, sous la forme républicaine». Le lendemain, le Haut-Commissaire André Soucadaux s’adressait à ce Congrès : «Autorisé par le Gouvernement de la République, je prends acte en son nom du vote intervenu le 14 octobre 1958. Je proclame en son nom que le Gouvernement de la République reconnait solennellement l’institution de l’État malgache, la caducité de la loi (d’annexion) du 6 août 1896».
C’est grâce à cette vieille «diplomatie astucieuse» que «la cour d’Emyrne» avait su arracher à la «République» l’article 12 du traité du 17 décembre 1885 reconnaissant sa souveraineté «COMME PAR LE PASSÉ».
C’est encore grâce à cette vieille «diplomatie astucieuse» que la Princesse royale d’Angleterre est venue à Madagascar commémorer le bicentenaire du traité du 23 octobre 1817. Que le centenaire du traité américano-malgache du 12 mars 1883 avait été marqué par la publication d’un livret édité par les soins de l’Agence d’information des États-Unis. Et qu’à l’occasion des 135 ans du traité germano-malgache du 15 mai 1883, l’ambassadeur d’Allemagne souligna que ce traité avec Madagascar avait été le premier conclu par l’Allemagne en Afrique (sic).
En vertu de ces «traités en règle», le 26 juin 1960 est clairement un retour de l’indépendance de Madagascar. Certains objecteront que la souveraineté de la «cour d’Emyrne» n’a jamais concerné certaines tribus de Madagascar : il est vrai, lors des débats parlementaires du 25 février 1886, en vue de l’approbation du traité du 17 décembre 1885, des députés français avaient soulevé la «protection des Sakalava et des Antakarana» en vertu de traités avec eux datant des années 1841 et 1845.
Résurgence contemporaine de cette vieille «diplomatie astucieuse» également quand le président français Emmanuel Macron et le président malgache Andry Rajoelina, lors de leur conférence de presse conjointe du 29 mai 2019, au palais de l’Élysée, ont évoqué le 26 juin comme l’anniversaire du retour de l’indépendance de Madagascar.
Oui, il y avait «quelque chose» avant le 26 juin 1960. Oui, il y avait «quelque chose» avant le 6 août 1896. Non, l’État malgache n’est pas une génération spontanée. Fiction diplomatique, demi-vérité historique ou réelle succession d’États, voilà une chaîne qui nous vient du passé et tend vers l’avenir.

Tonga ireo fampitaovana ny Foloalindahy malagasy, ary nitsena izany ny Filohan’ny Repoblika, Andry Nirina Rajoelina, anio teny amin’ny BANI Ivato. Hita tamin’izany fiara-manidina iray, angidim-by telo ary fiara tsy mataho-dalana. Araka ny nambarany dia mbola hisy fiara manidina ho avy.

Je rêve que, un jour… une phrase mondialement connue de Martin Luther King « pour les droits civiques des Noirs aux États-Unis, pour la paix et contre la pauvreté » (Wikipédia).
À Madagascar, je fais ce rêve que, un jour, une jeune fille, ou un jeune garçon, se lèvera pour défendre la cause de l’environnement, pour devenir un défenseur emblématique, carismatique, de notre avenir « vert ». Nos forêts, les fosa, les tortues, les makis, etc, n’ont malheureusement pas la capacité à prendre la parole, et attendent avec impatience une prise de conscience réelle de la population et de nos gouvernants.
Nos enfants sont à notre image, sans changer immédiatement, immédiatement, pas demain, pas dans une semaine, ou dans un mois, nos habitudes, même partiellement, nous détruisons à petit feu une part de leur rêve. Mais il n’est jamais trop tard, nous ne devons pas perdre espoir, tant que nous gardons nos rêves…
