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  • MARCHÉS PUBLICS – Le manque de professionnalisme de certains acteurs de la commande publique signalé

    MARCHÉS PUBLICS – Le manque de professionnalisme de certains acteurs de la commande publique signalé

    Antananarivo, 11 Janvier, 13h45 – Des failles signalées. Des anomalies et dysfonctionnements procéduraux avaient été révélés sur 64,7% des marchés passés au titre des exercices budgétaires entre 2018 et 2020, sur lesquels la Commission nationale des marchés (CNM) avait effectué des contrôles à posteriori. Et le manque de professionnalisme de certains acteurs de la commande publique est pour beaucoup dans cette faible performance, selon ce qui est exposé dans le Rapport de contrôles a priori et posteriori de la passation des marchés publics, récemment publié par le ministère de l’Economie et des finances.

    Ce manque de professionnalisme est cité parmi les « causes probables » de ces anomalies et ces irrégularités. Et il provient d’agents qui n’ont pas la compétence et les qualifications nécessaires pour maitriser les règles et procédures en vigueur. Pour le ministère, “cette situation peut être le résultat du non-respect des conditions de nomination (profil-type, expérience) des Personnes responsables des marchés publics (PRMP) et de l’insuffisance de programme efficace de renforcement de capacités”.

    Le cumul de fonction de la PRMP avec d’autres fonctions administratives, l’absence récurrente des PRMP régionales ou encore l’interférence et la pression de la part des autorités supérieurs dans la conduite des procédures sont également des causes avancées. De même pour le problème d’assimilation des nouvelles dispositions réglementaires, la méconnaissance des différentes procédures pratiques en passation des marchés, qu’énumère ce rapport.

    Par ailleurs, communément à toutes les entités contrôlées, il a été constaté que les autorités contractantes ne disposent pas de système d’archivage efficace. Cette situation se traduit alors par une difficulté à produire à temps les documents demandés par les contrôleurs, expose le MEF.

    Comme indiqué dans ce rapport, la CNM avait procédé au contrôle a posteriori des procédures de passation de marchés de 469 entités publiques au niveau national pour les marchés passés au titre des exercices budgétaires 2018 à 2020. Et sur les 3688 échantillons de contrats contrôlés, 1301 dossiers ont été jugés conformes à la réglementation, soit un taux de conformité de 35,3%, rapporte ce document.

    La région Alaotra Mangoro avait présenté le plus faible taux de conformité (12%), suivie de la région Atsimo Atsinanana (18,6%) et de la région Atsimo Andrefana (19,4%). Par contre c’est dans la région Bongolava qu’était enregistré le taux de conformité le plus élevé (72,6%), devant la Région Sofia (70,6%).

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  • EXPORTATION – Les entreprises textiles fournisseurs de l’Union Européenne face à des grands défis sur le transport

    EXPORTATION – Les entreprises textiles fournisseurs de l’Union Européenne face à des grands défis sur le transport

    Antananarivo, 12 Janvier, 18h40 – Pénalisées au niveau logistique. Les entreprises franches exportant des produits textiles vers l’Union Européenne font face à des grands défis sur le transport. Une situation que la présidente du Groupement des entreprises franches et partenaires (GEFP), Béatrice Chan Ching Yiu, a soulevée lors de la remise de certificats pour les acteurs du secteur textile qui ont suivi des formations sur le Lean management, vendredi.

    La présidente du GEFP a notamment fait part du nombre insuffisant de navires pour la livraison des matières premières à Madagascar. L’acheminement de ces matières premières au pays prend ainsi du temps et réduit celui pour la production sur place ; alors que les produits finis devraient être exportés suivant les délais imposés par les clients, a-t-elle exposé.

    Or, même en ayant finalement réussi à produire à temps, l’envoi des produits finaux vers l’Europe n’est pas une mince affaire pour les entreprises franches malgaches dans le textile. Une grande partie des principaux transporteurs de frets s’abstiennent d’emprunter les voies navigables près de la Somalie, censée être la route maritime la plus courte menant vers l’Europe. “Pour éviter les conflits qui s’y passent, des navires font le tour d’Afrique avant de se rendre en Europe. Ce qui prolonge leur délai de route”, indique Béatrice Chan Ching Yiu.

    Miser sur l’aérien pour l’exportation des produits n’est pour le moment pas intéressant pour les entreprises locales, a-t-elle avancé. “C’est beaucoup plus cher. Et nos entreprises ne seront plus compétitives en termes de prix en optant pour cette alternative. La concurrence au niveau international est d’ailleurs rude, et Madagascar n’est pas le seul fournisseur du marché européen”, rappelle la présidente du GEFP.

    Les clients européens sont par ailleurs de plus en plus exigeants, selon Béatrice Chan Ching Yiu. “Quantité, qualité, délai : c’est ce qu’ils imposent. Une fois les commandes confirmées, nous devons nous atteler à les livrer suivant le délai convenu. Nous devons donc travailler vite et produire, tant en qualité qu’en quantité”, lâche la présidente du GEFP.

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  • METEORE – Dikeledi prévu traverser le Canal du Mozambique du Nord au Sud

    METEORE – Dikeledi prévu traverser le Canal du Mozambique du Nord au Sud

    Antananarivo, 12 Janvier, 13h45 – Dikeledi s’éloigne des côtes Nord Ouest de Madagascar et retrouve de la vigueur en pleine mer. Se trouvant à 213 km de Mahajanga ce dimanche à 9h, il a regagné en intensité au contact de la mer et est redevenu une forte tempête tropicale avec des vents moyens de 100km/h et des rafales atteignant 140km/h.

    Pour l’heure, Dikeledi se déplace vers l’Ouest-Sud-Ouest avec une vitesse de 25km/h, mais il devrait rester en mer et amorcer un virage vers le Sud puis vers le Sud-Est, entre les côtes Ouest malgaches et les côtes Est africaines. Selon les prévisions des différents services météorologiques de l’océan Indien, il devrait être au stade de cyclone tropical lundi, puis au stade de cyclone tropical intense, mardi.

    La trajectoire de Dikeledi est prévue le conduire jusqu’au large des côtes Sud-Ouest et Sud de Madagascar. Mais Météo France Réunion prévient que ces “prévisions de trajectoire et d’intensité précédentes sont à considérer avec la plus grande prudence compte tenu de leur incertitude” dans la mesure où “elles ne concernent que la position du centre du phénomène, sans considération sur son extension”.

    Ce dimanche matin, Météo Madagascar indique que “les conditions météorologiques le long des côtes Nord et Centre Ouest resteront dégradées” et que l’alerte jaune est maintenue pour les districts de Mahajanga I et II, de Mitsinjo et de Soalala. Pour les autres districts du Nord, l’alerte passe au bleu.

    Il faudra attendre de dimanche après-midi pour que les pluvio-orageuses associées directement à Dikeledi soient limitless à la zone maritime. Selon Météo Madagascar, ce sont les averses orageuses qui seront de retour à compter de ce dimanche après-midi, et elles seront localement abondantes sur la zone Nord-Ouest du pays.

    Photo : Zoom.Earth

  • DIKELEDI – Trois décès et 999 sinistrés dans le Nord de l’île selon le dernier bilan du BNGRC

    DIKELEDI – Trois décès et 999 sinistrés dans le Nord de l’île selon le dernier bilan du BNGRC

    Antananarivo, 12 Janvier, 11h55 – Le bilan s’alourdit toujours. Selon le dernier bilan du BNGRC ce dimanche à 11h, le nombre de décès suite au passage de Dikeledi dans le nord de l’île est passé à trois. Le troisième décès a éte recensé dans la commune d’Anivorano Nord dans le district d’Antsiranana II. Les deux autres avaient été recensés dans le district de Maroantsetra. Ces deux décès avaient été signalés disparus dans un précédent bilan, emportés par les eaux dans les communes de Rantabe et d’Ambodimanga.

    Le nombre de sinistrés augmente également au fur et à mesure que le BNRGC récolte les donnés des différents districts impactés. Ainsi le nombre de sinistrés est passé à 999 dans la région Sava. Ces sinistrés sont recensés dans le district de Vohémar, de Sambava et d’Antsiranana II. 308 personnes ont pour leur part été déplacés dont 239 à Vohémar et 6 à Nosy Be.

    Côté dégâts, le Bngrc rapporte 179 cases inondées et 38 cases endommagées à ce stade.

     

  • JUSTICE – Le projet de loi renforçant les sanctions pénales et la poursuite des spoliateurs de terrain à présenter au Parlement cette année

    JUSTICE – Le projet de loi renforçant les sanctions pénales et la poursuite des spoliateurs de terrain à présenter au Parlement cette année

    Antananarivo, 12 Janvier, 10h45 – Le gouvernement entend éradiquer les réseaux de spoliateurs de terrain en renforçant les peines prévues contre les vols de terrain. Lors du premier Conseil des ministres qui s’est tenu, mercredi, Benjamin Rakotomandimby, ministre de la Justice rapporte que le “projet de loi prévoyant des sanctions pénales plus sévères ainsi que la poursuite des voleurs de terrains est déjà prête et sera présenté au niveau des deux chambres du parlement cette année”. “La présence des réseaux de fraudeurs, d’experts en traitement de dossier foncier, vendeurs de terrain qui en a déjà un propriétaire crée des problèmes au niveau de la société”, souligne le Garde des sceaux qui évoque alors un projet de loi de 23 articles à soumettre au Conseil des ministres puis au Parlement.

    Cette future nouvelle loi remplacera donc l’ordonnance de 1960 qui vise à réprimer les atteintes portées à la propriété. “Il y avait déjà un esprit de réprimander les voleurs de terrains, dans cette loi”, indique le ministre. “Mais nous devons en avoir une nouvelle plus percutante”, ajoute-t-il. Lorsque ce texte sera adopté, le ministre de la Justice pense que le gouvernement protégera les droits de ceux qui sont considérés comme ayant le droit de jouir de leur terre. Il estime que “cela restaurera la confiance du peuple envers la justice et les services gouvernementaux en charge des fonciers”.

    Pour Naina Andriantsitohaina, ministre de la Décentralisation et de l’aménagement du territoire, tous les responsables concernés dans les vols de terrains devraient être poursuivis devant la justice, qu’il s’agisse d’un simple citoyen, d’un agent administratif ou d’un élu. Ce projet de loi sera déposé à l’Assemblée nationale, lors de la prochaine session parlementaire, avec un autre texte qui facilitera l’acquisition des terres en faveur de personnes vulnérables dont le prix sera établi en fonction du pouvoir d’achat.

    Selon les statistiques évoquées lors de ce Conseil des ministres, 7 044 dossiers concernant des litiges fonciers ont été reçus au niveau du tribunal de première instance d’Antananarivo. Il évoque un traitement de 27 dossiers par jour durant les jours ouvrables.

    Photo : Ministère de la Justice

  • CONSOMMATION – L’importation encouragée par l’Etat pour assurer l’approvisionnement de riz à prix abordables du marché

    CONSOMMATION – L’importation encouragée par l’Etat pour assurer l’approvisionnement de riz à prix abordables du marché

    Antananarivo, 11 Janvier, 14h30 – Régulation de prix. Bien que la production locale de riz jusqu’à la prochaine récolte prévue en avril soit jugée suffisante, l’Etat entend encourager les importations. L’oobjectif est “d’assurer la continuité de l’approvisionnement à des prix abordables sur le marché”, comme le rapporte le compte rendu du Conseil des ministres de mercredi.

    Le ministère de l’Industrialisation et du commerce (MIC) indique s’être déjà mobilisé à ce sujet, juste au lendemain de cette réunion de l’Exécutif. Des réunions entre les responsables de ce ministère avec des importateurs et des grossistes à Toamasina ont ainsi récemment eu lieu pour discuter notamment des marges bénéficiaires des opérateurs. Il était surtout question de veiller à ce que leurs marges soient équitables. Le MIC entend procéder de la même manière avec les opérateurs en riz dans les autres régions de Madagascar.

    Le ministère en charge du Commerce annonce par ailleurs la poursuite du contrôle rigoureux de la structure des prix du riz dans chaque région, afin de garantir des prix équitables. Des bénéfices excessifs soutirés par des opérateurs de la filière avaient été dénoncés lors du dernier Conseil des ministres. Et c’est une situation inacceptable, d’après le Président de la République, Andry Rajoelina. Le Chef de l’Etat avait soutenu que “ce n’est pas logique que du riz acheté à 800 ariary/kapoaka auprès des riziculteurs soit vendu jusqu’à 1 200 ariary aux consommateurs”.

    Une réglementation des marges des différents acteurs de la filière devrait alors être mise en place, lance-t-il. Et ce, afin de pouvoir proposer du riz local dont les prix seront supportables pour la population, a annoncé le président Andry Rajoelina. Pour ce qui est du riz importé, leur prix devra baisser jusqu’à 750 ariary dans un mois et demi, au plus tard.

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  • METEO – Dikeledi ressort en mer par les côtes d’Ambilobe vers 23h15

    METEO – Dikeledi ressort en mer par les côtes d’Ambilobe vers 23h15

    Antananarivo, 12 Janvier, 6h15 – Dikeledi aura traversé la pointe Nord de Madagascar, allant de Vohémar à Ambilobe en moins de quatre heures. Entré par Ampisikinana vers 19h30 au stade de cyclone tropical intense avec des vents moyens de 130km/h et des rafales de 180km/h, il sort en mer par les côtes Nord d’Ambilobe vers 23h15 au stade de forte tempête tropicale avec des vents moyens de 100km/h et des rafales de 140km/h. Il passe ensuite au large de Nosy Be, et se trouvait à un peu moins de 30km au Nord-Est de l’île aux parfums à minuit 15. Vers 3h du matin, alors qu’il était encore positionné non loin de Nosy Be, selon Météo France Réunion, son intensité s’est encore affaiblie avec des vents moyens de 85km/h et des rafales de 120km/h.

    Pendant plusieurs heures, depuis samedi, les régions de Sava et de Diana ont vécu dans des conditions météorologiques dégradées avec des vents forts, de fortes pluies, ainsi que des mers houleuses et agitées. Dans la commune rurale d’Ampisikinana, dans le Nord du district de Vohémar, où le cyclone a atterri, les premiers bilans publiés par le Bureau national de gestion des risques et des catastrophes (BNGRC) font état de 191 personnes issues de 47 ménages sinistrées. 25 cases d’habitation ont subi des dégâts suite au passage du cyclone. Dans la commune urbaine de Vohémar, 688 individus provenant de 137 ménages ont été déplacés et accueillis dans 11 sites d’hébergement sur les 14 prévus.

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  • INTEMPERIES – Danger imminent pour Sava et Diana, Dikeledi attendu ce samedi après-midi entre Antsiranana et Vohémar

    INTEMPERIES – Danger imminent pour Sava et Diana, Dikeledi attendu ce samedi après-midi entre Antsiranana et Vohémar

    Antananarivo, 11 Janvier, 10h15 – Alerte rouge dans le Nord de Madagascar. L’avis de danger imminent est lancé pour les régions de Diana et de Sava. Le cyclone tropical Dikeledi n’était plus qu’à quelque 234km à l’Est d’Antsiranana, légèrement au Nord Est de Vohémar ce samedi matin à 6h. Son impact est prévu ce samedi après-midi ou ce samedi soir entre ces deux localités. Et il devrait être toujours au même stade, avec des vents moyens de 145 km/h.

    Dans la Sava, les pluies ont d’ailleurs déjà commencé à tomber. “Il n’y a pas encore de vents forts mais les pluies ont commencé tôt ce matin”, confie Antonio Raharison, habitant d’Ampanefena à Vohémar. De plus fortes sont attendues dans la journée et dans la nuit. Météo Madagascar évoque des précipitations qui peuvent atteindre jusqu’à 100mm/24 heures. Les risques d’inondations, de crues et d’éboulements sont réels. Le niveau de la mer est aussi prévu connaître une hausse importante, avec de fortes inondations côtières en raison des vagues qui pourront dépasser les 8m, voire plus, selon les prévisions.

    Outre Diana et Sava, un avis de menace est lancé dans les districts de Bealanana, d’Antsohihy et d’Analalava placés en alerte jaune. Les régions d’Ambatosoa et de Boeny ainsi que les districts de Befandriana, de Mampikony et de Boriziny sont en alerte de vigilance verte.

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  • DRAME – Deux individus décèdent après l’explosion d’un objet à Nanisana

    DRAME – Deux individus décèdent après l’explosion d’un objet à Nanisana

    Antananarivo, 11 Janvier, 7h45 – Il était 15h30, vendredi, quand une violente explosion se fait entendre à Nanisana. Accourant vers le site d’où provenait la détonation, les voisins découvrent deux corps avec des membres dépecés et un troisième individu, encore en vie, mais avec un membre inférieur pulvérisé. “Celui-ci a été immédiatement emmené à l’hôpital”, confie une voisine.

    Des éléments de la police nationale de sont déplacés sur le lieu du drame pour constater l’incident. Ils ne se sont pas encore prononcés sur l’origine ou la nature de l’explosion. Ils confirment que deux individus sont morts sur le coup et qu’un troisième, grièvement blessé, a été conduit à l’hôpital.

    Selon le voisinage, il s’agit de trois ouvriers travaillant sur le chantier où le drame est survenu. Un membre de la famille du propriétaire de la maison encore en construction parle d’individus venus “emprunter l’électricité sur le chantier”.

    Selon toujours le membre de la famille du propriétaire de la maison en construction,  »il n’y avait pas de flamme au moment de l’explosion ni après”. Mais “une partie de la construction a été décoiffée dans la déflagration”, poursuit-il. Des débris d’un objet non encore identifiés se trouvaient également sur les lieux.

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  • FEUX DE BROUSSE ET DE FORET – Le Grand Sud Est en proie aux flammes

    FEUX DE BROUSSE ET DE FORET – Le Grand Sud Est en proie aux flammes

    De Ranomafana à Andohahela, en passant par le corridor de Manakara, et du parc de Manombo, les feux attaquent les forêts et la brousse dans le Grand Sud Est depuis le 19 décembre. La sécheresse causée par l’absence des pluies ne fait qu’aggraver les incendies qui consument tout sur leur passage.

    “C’est grave. Grave. Grave. Nous sommes partis de Manakara et jusqu’ici, tout est brûlé. Calciné. Enflammé. C’est injuste. Ce qui se passe est tellement injuste”, a déclaré Mgr Fabien Raharilamborainy, Président de la Conférence des évêques de Madagascar.

    Depuis quelques semaines, le Grand Sud-Est du pays est en proie aux feux. Les évêques qui sont allés à Farafangana pour assister à l’installation du nouvel évêque de Farafangana n’en revenaient pas de ce qu’ils avaient vu sur la route. D’Ifanadiana, dans la région de Vatovavy, jusqu’à Tolagnaro, dans la région d’Anosy, en passant par Manakara, Vohipeno dans le Fitovinany, ou Farafangana dans l’Atsimo Atsinanana.

    Les feux sont partout. Faisant des ravages dans les villages, les forêts, les savanes.
    Le parc national de Ranomafana, censé être une aire protégée, n’a pas pu être protégé des flammes. La forêt tropicale humide a aussi été victime d’incendies.
    Une première depuis des décennies, selon le ministre de l’Environnement et du développement durable.

    “Le parc national de Ranomafana est l’un des symboles de Madagascar quand on parle de nature. C’est une forêt tropicale humide. Donc, c’est une forêt pluviale. Elle doit toujours être humide et ne devrait pas être atteinte par les feux. C’est la première fois qu’il y a des cas d’incendie dans le parc de Ranomafana. Ce matin (jeudi), j’ai rencontré les notables de la localité, et l’un d’entre eux m’a raconté qu’en 90 ans, c’est la première fois qu’il voit le feu dans le parc de Ranomafana. Pourquoi? Beaucoup de raisons cumulées font que les feux soient aussi intenses. Premièrement, la sécheresse. A Ranomafana, en principe, en novembre, il aurait déjà dû pleuvoir. Cette forêt aurait déjà dû être complètement humide. Or, jusqu’à maintenant, il n’y a toujours pas eu de pluies. Puis, il y a des sources, des rivières des environs, qui font tourner les turbines pour produire de l’électricité. Elles sont complètement à sec. C’est pour vous dire que les choses deviennent très difficiles avec le changement climatique”, a déclaré Max Andonirina Fontaine, ministre de l’Environnement et du développement durable sur la chaine de télévision nationale

    Selon le ministre, 26 points de feu ont été détectés dans un rayon de 250 ha du Parc. Les chiffres officiels font état de plus de 50ha de superficie brûlée. Mais les feux dans la zone du Grand Sud Est ont commencé dans l’aire protégée de Manombo à Farafangana le 19 décembre, selon le Bureau national de gestion des risques et des catastrophes.
    Les estimations de la direction régionale de l’Environnement et du développement durable d’Atsimo Atsinanana font état de 89,4 ha de superficie attaqués par les flammes.
    Dans le Fitovinany, ce sont 765 ha qui ont été touchés par les feux, selon le BNGRC. 372 ha dans le corridor de Manakara, 386 ha à Vohipeno, 6,5 ha à Ikongo.
    Mais les plus graves ont été signalés à Tolagnaro : 150 ha à Mandena, 300 ha à Manambaro, des centaines d’hectares aussi dans l’aire protégée d’Andohahela.

    La sécheresse qui aide à la propagation rapide des feux est considérée comme l’une des principales causes de l’ampleur des feux, Mais à l’origine des feux, les autorités évoquent des actes criminels, des feux de défrichage, mais aussi des incidents parfois involontaires. Sans oublier certaines croyances qui espèrent que les fumées feront tomber la pluie.

    Derrière de nombreux points de feux, les autorités voient des actions humaines, Et les arrestations et les mandats de dépôt se sont multipliés ces derniers jours.
    Outre les centaines d’hectares consumés par les feux, les pertes de forêts, de faune et de flore, des dégâts matériels sont aussi signalés.

    A Tolagnaro, un fourgon de lutte contre les incendies de la société Bovima qui avait participé aux opérations d’extinction de feux, a fini calciné lui aussi.
    Lors des six derniers mois, au moins dix parcs nationaux et réserves naturelles ont été ravagés ou menacés par les flammes.
    On peut citer entre autres, la forêt sèche de Kirindy, la réserve d’Angavokely, les forêts de Mandraka, de Manombo, de Zahamena, de Vohibola.
    En 2024, Max Fontaine ministre de l’Environnement et du développement durable a annoncé un bilan de 6 285 379 hectares consumés en 2024, lors du premier Conseil des ministres de cette année.

    “En 2024, plus de six millions d’hectares ont été brûlés. Seulement 2% concernent des feux de forêt. Donc, 98% sont des feux de brousse et de prairie”, déplore Max Fontaine.