Antananarivo, 4 Avril, 11h35 – Un quota revu. L’Etat autorise Ambatovy à vendre plus de 10% de sa production de sulfate d’ammonium sur le marché local. La décision prise en Conseil des ministres de mercredi vise à s’assurer de la disponibilité suffisante de cette matière première minérale notamment pour les usines de transformation d’engrais prévues être installées au pays. L’objectif est de venir en aide aux paysans qui se trouvent en difficulté par rapport aux prix des engrais importés, d’après le compte rendu de cette réunion hebdomadaire de l’Exécutif.
C’est le Gouvernement qui demande à Ambatovy de vendre plus que ce qui est convenu dans la Loi sur les grands investissements miniers (LGIM) régissant ce projet. En effet, si la demande de vendre provient d’Ambatovy, la compagnie n’est autorisée à vendre qu’une quantité restreinte de son sulfate d’ammonium. La quantité de ventes nationales de ce produit intermédiaire autorisée par an ne peut dépasser 10% de sa production totale annuelle. Mais puisque la demande émane du Gouvernement et est justifiée par l’intérêt économique national, « cette limite ne se pose pas », précise le compte rendu du Conseil des ministres.
Aussi, en vue d’avancer dans la mise en place d’usines dans la transformation d’engrais SA à Madagascar, un protocole tripartite qui engage le Gouvernement, la compagnie Ambatovy et les distributeurs d’engrais devrait être signé prochainement. Ce document déterminera comment l’Etat pourrait acquérir sa part d’engrais et comment également ceux-ci vont être commercialisés. A rappeler que le Président de la République avait donné des instructions au mois de janvier de cette année, en donnant six mois à l’époque pour l’implantation d’usines de transformation d’engrais dans les principales zones de production rizicole.
Ambatovy produit du sulfate d’ammonium qui est l’un de ses produits intermédiaires. Le sulfate d’ammonium est principalement utilisé comme engrais pour les sols, dans le cadre d’un plan complet d’amélioration agronomique. Le sulfate d’ammonium d’Ambatovy est produit sous forme de granulés cristallisés et est vendu principalement sur le marché international, mais une partie de ce produit peut également être vendue localement. En 2022, cette compagnie rapporte avoir produit 117 077 tonnes de sulfate d’ammonium. Ambatovy a fait une donation de 500 tonnes de sulfate d’ammonium pour renforcer la sécurité alimentaire et appuyer l’autosuffisance alimentaire dans le pays l’année dernière. Elle l’avait remis officiellement à Morarano Chrome, à Ambatondrazaka,
Un Conseil des ministres au mois de février 2023 avait par ailleurs déjà approuvé un protocole d’accord relatif à l’installation d’une usine de mélange, de traitement et d’ensachage d’engrais NPK à Madagascar. Une usine capable de produire de l’engrais NPK jusqu’à 50 tonnes par jour dans un premier temps, qui sera ajustée à 100 tonnes par jour, pour atteindre à terme environ 36 000 tonnes par an avait été annoncée à l’époque. La société qui était citée dans ce projet devait s’engager à écouler ses produits sur le marché local avec un prix de vente inférieur à 10% au prix d’engrais similaires vendus à Madagascar. De plus, elle s’était engagée à donner gratuitement 20% des engrais qu’elle produit au ministère de l’Agriculture, engrais qui seront distribués par ce département aux agriculteurs qui sont très vulnérables.
Antananarivo, 4 Avril, 9h10 – Un nouveau gouverneur pour la région Amoron’i Mania. Le Conseil des ministres de ce mercredi a nommé Désiré Rakotomandimby, coordonnateur du parti présidentiel TGV dans la région, à la tête de l’Amoron’i Mania. Celui-ci succède ainsi à ce poste à Haingo Elisette Fomendraza, nommée ministre de la Population et de la solidarité, en janvier.
La nomination Désiré Rakotomandimby intervient une semaine après la nomination de Daniela Ramarosandratana comme gouverneur par intérim. L’ancienne secrétaire générale de la région, désignée intérimaire avec quatre autres de responsables de région, devaait alors assurer l’expédition les affaires courantes. La passation de service avec Haingo Elisette Fomendraza a d’ailleurs eu lieu le mardi, 2 avril. Le lendemain, elle apprend qu’elle doit Et voilà qu’elle doit céder la place à Désiré Rakotomandimby.
Antananarivo, 4 Avril, 8h30 – Une mission diplomatique malgache au Maroc du 13 au 20 avril. Le Conseil des ministres de mercredi a approuvé l’envoi d’une délégation au royaume chérifien afin d’engager les procédures administratives et diplomatiques d’ouverture d’une ambassade de Madagascar dans ce pays. Outre les démarches et les négociations précédant la convention d’établissement de la représentation diplomatique malgache, la délégation devrait également commencer à repérer les lieux où les bureaux de l’ambassade pourraient être installés.
Andry Rajoelina avait promis la création de cette ambassade de Madagascar lors de son passage au Maroc en octobre 2022. En rencontrant les membres de la diaspora malgache au bureau du consulat honoraire de Madagascar à Casablanca, il avait souligné que la création d’une ambassade résoudrait les problèmes rencontrés par les ressortissants malgaches installés dans ce pays, notamment our le renouvellement de leur papier administratif ou encore de leur rapatriement.
Il y a deux semaines, Madagascar a décidé de fermer définitivement le Consulat général à Cape Town en Afrique du Sud. L’objectif était selon le gouvernement d’avoir les moyens pour permettre l’ouverture d’une nouvelle représentation dans d’autres pays. En plus de l’ambassade prévue au Maroc, l’ouverture d’autres représentations diplomatiques aux Emirats Arabes Unis ou en Turquie est prévue.
Antananarivo, 3 Avril, 18h25 – L’archevêque de Toamasina tape sur la table. Durant son message à l’occasion des fêtes de Pâques, le Cardinal Désiré Tsarahazana dénonce le “péché” qui est source de la pauvreté dans lequel le pays se trouve actuellement. L’homme d’Église pointe, entre autres, du doigt le mensonge notamment en politique. “Le mensonge bien ficelé nous affecte. On utilise le mensonge pour faire du mal et pour des intérêts personnels”, dénonce le prince de l’Eglise. “Comme je le dis, on utilise la politique pour faire du business afin que des malfaiteurs puissent gagner rapidement de l’argent” ajoute-t-il. “Le mensonge vient du diable qui en est le père. Nous devons faire attention”, ajoute-t-il.
L’archevêque de Toamasina s’en prend également aux “leaders religieux” qui “peuvent aussi être piégés par le mensonge”. “Ils utilisent l’évangile et la bonne parole à des mauvaises fins” indique-t-il. “Ils prêchent Jésus pourtant ils ont des mauvaises idées derrière la tête, font des démonstrations en tout genre pourtant ont d’autres visées”, regrette Désiré Tsarahazana.
Celui-ci pointe également du doigt la corruption ou encore le non-respect des biens communs, à l’origine de bien des maux dans le pays actuellement.
Dans son discours, le cardinal regrette aussi que certains Malgaches qui “préfèrent aller investir leur argent à l’étranger et ne reviennent au pays que pour y mourir”. “Où est notre patriotisme”, s’interroge-t-il. “Est ce que face à tout cela Madagascar peut se développer”, s’interroge-t-il encore. “Ne nous laissons pas abattre par le mal, si nous nous repentons, notre pays va se développer rapidement”, conclut-il.
Politique générale de l’Etat, Madagascar Airlines, Jirama ou encore gestion du prix du carburant. Idah Z. Pswaray-Riddihough, directrice des opérations de la Banque mondiale pour les Comores, Madagascar, Maurice et le Mozambique, a accordé une interview exclusive à www.2424.mg pour exprimer la position ainsi que les avis de cette institution de Bretton Woods par rapport à ces sujets. Des propos recueillis à l’issue de son dernier déplacement à Madagascar au mois de février.
www.2424.mg : La Banque mondiale et Madagascar sont liés depuis 2023 par un nouveau cadre de partenariat. Pouvez-vous nous en rappeler les grandes lignes ?
Idah Z. Pswaray-Riddihough : Le Cadre de Partenariat-Pays (CPF) qui a été approuvé par le Conseil d’Administration de la Banque mondiale en avril 2023 s’articule autour de trois grandes priorités : davantage d’opportunités d’emploi, de meilleurs résultats en matière de capital humain et de résilience face aux chocs. Dans le diagnostic systématique pays que nous effectuons avant chaque CPF, ce sont ces trois domaines qui ressortent assez souvent comme obstacles principaux à la croissance et au développement à Madagascar. La Banque mondiale renforcera donc son engagement pour soutenir davantage le pays dans ces domaines prioritaires. Ces objectifs s’alignent avec les priorités du gouvernement, également dans la nouvelle Politique générale de l’Etat (PGE).
Quels sont donc les axes d’interventions de ce CPF et comment sa mise en œuvre est-elle financée ?
De manière concrète, les interventions prioritaires du nouveau CPF mobiliseront des investissements pour accélérer la transformation économique et spatiale, renforcer le capital humain et la résilience des pauvres afin d’améliorer leurs moyens de subsistance, et renforcer les mécanismes de contrôle et l’engagement des citoyens. Ce CPF élargira les programmes et les financements dans les domaines qui ont donné de bons résultats tels que la nutrition, la protection sociale, et la série des pôles de croissance. Il se concentrera également sur deux secteurs majeurs qui pourront relever significativement la croissance du pays : l’énergie et les télécommunications. Le CPF regroupe actuellement le portefeuille d’investissement de la Banque mondiale à hauteur de 4 milliards de dollars avec 26 projets.
Qu’en est-il de l’appui aux politiques de développement (DPO), avec lequel la Banque mondiale avait déjà approuvé une aide budgétaire de 100 millions de dollars pour Madagascar l’année dernière ?
Madagascar a effectivement reçu de la Banque mondiale une aide budgétaire de 100 millions de dollars en juin 2023. Ceci afin d’appuyer les réformes du Gouvernement visant à améliorer la transparence et la stabilité macro-budgétaire, la concurrence sur les marchés et la gouvernance d’entreprise dans les secteurs de l’énergie, des télécommunications et de l’exploitation minière. Cet appui budgétaire était la première opération de la série programmatique de trois opérations faisant partie de notre Cadre de Partenariat Pays cité plus haut. Il visait à travailler avec le gouvernement pour soutenir davantage les réformes dans les secteurs de l’énergie, télécommunications, et industries extractives.
Les réformes censées être menées dans ce cadre vous ont-elles satisfaites ?
Nous avons déjà enregistré des résultats. Les réformes engagées par le gouvernement ont par exemple abouti à la libéralisation du secteur des télécommunications, permettant à un autre opérateur téléphonique de Madagascar d’obtenir une licence globale. Ceci va réduire le prix d’accès à l’internet et permettre à plus de jeunes par exemple de se connecter. Les réformes du Gouvernement ont aussi permis la reprise de l’exportation légale de l’or afin de mieux assainir ce secteur et renflouer les caisses de l’Etat. Pour rappel, il avait été reporté, y compris par la Cour des Comptes de Madagascar, et sur la base de statistiques miroir qu’entre 12 et 15 tonnes d’or étaient exportées annuellement malgré la mesure d’interdiction d’exporter introduite en septembre 2020.
Deux autres aides budgétaires sont donc attendues. Quelles sont cette fois-ci les conditions et les réformes à mettre en œuvre pour permettre à Madagascar de bénéficier de ces deux autres appuis?
La préparation de la deuxième opération de la série programmatique est déjà en cours. Les autorités malgaches avec lesquelles nous avions eu des échanges fructueux se sont engagées à avancer dans leur programme de réformes, y compris par rapport à l’épineux problème de la réforme de la Jirama et du secteur de l’énergie et les autres réformes initiées dans le cadre la première opération.
Vous vous êtes déplacée à plusieurs reprises à Madagascar, dont dernièrement au mois de février. Quels ont été les objets de ces visites ?
Oui, j’étais venue en novembre 2023 puis récemment en février de cette année pour rencontrer les autorités après les élections présidentielles. J’ai également effectué ces visites afin de m’enquérir de l’avancement des projets financés par la Banque mondiale à Madagascar, s’il y a des obstacles ou des améliorations à apporter.
Que pouvez-vous déduire de ces revues ?
C’est toujours un plaisir de venir visiter Madagascar et surtout de rencontrer les bénéficiaires des projets que la Banque appuie. En février, par exemple, j’ai eu la chance de visiter une école primaire publique dans un village rural pas loin de Tana et un centre d’éducation préscolaire. J’ai pu parler avec les directeurs d’écoles, les enseignants, les parents. Et je dois vous dire que je suis assez inquiète de la situation de l’éducation à Madagascar, notamment au niveau de la qualité de l’éducation. J’ai été frappée par le taux d’abandon scolaire dans l’EPP que j’ai visitée et le cas n’est pas isolé. A Madagascar, seuls 28 % des élèves de l’école primaire inscrits en première année chaque année atteignent la cinquième année. Les causes sont nombreuses, les parents nous ont parlé de difficultés financières, des enfants qui ont faim, qui doivent aider leurs parents. Quelle éducation ces enfants reçoivent donc à l’école et surtout lorsqu’ils quittent l’école ? Que retiennent-ils ? Comment faire en sorte de retenir plus d’enfants à l’école et faire en sorte que lorsqu’ ils quittent l’école, ils ont de quoi s’armer pour avoir de meilleures opportunités d’emplois… C’est quelque chose sur laquelle nous nous penchons prioritairement à la Banque.
Comment s’est présentée la relation entre la Banque mondiale et les autorités locales durant ces missions ?
Les relations entre la Banque mondiale et les autorités de Madagascar se passent très bien. Et nous remercions toutes les autorités de l’excellence de nos dialogues à tous les niveaux qui nous permettent d’avancer sur un certain nombre de sujets et de priorités.
Vos dernières visites avaient surtout été marquées par l’annonce d’un appui financier de la Banque mondiale pour Madagascar Airlines. Pouvez-vous apporter des précisions ?
Le transport aérien est essentiel pour l’économie de Madagascar, notamment pour le secteur du tourisme, mais également pour l’accès à des services et à des opportunités pour la population qui se trouve dans les régions les moins bien connectées par la voie terrestre. Mais Madagascar Airlines se trouve dans une situation qui est préoccupante. Ses performances opérationnelles ont conduit à une dette de plusieurs millions de dollars, due notamment à des vols long-courriers lourdement déficitaires.
“La Banque et le gouvernement ont convenu de concentrer la compagnie sur le marché domestique financièrement viable, d’interrompre les vols long-courriers mais d’ouvrir le ciel à d’autres transporteurs intéressés pour améliorer la connectivité internationale”.
Photo : Banque mondiale Madagascsar
Quel genre d’appui la Banque mondiale a-t-elle donné pour la compagnie aérienne nationale?
En octobre 2023, le gouvernement malgache a demandé l’aide de la Banque mondiale pour améliorer la situation de Madagascar Airlines. Après avoir préparé une évaluation approfondie de la situation actuelle de la compagnie et de son plan d’affaires, la Banque a décidé d’appuyer le secteur à travers son projet PIC 3 avec un appui de l’ordre de 25 millions de dollars qui pourra éventuellement être suivi d’un investissement dédié au secteur aérien.
Qu’est-ce qui ont été convenues entre les parties ?
La Banque et le gouvernement ont convenu de concentrer la compagnie sur le marché domestique financièrement viable, d’interrompre les vols long-courriers mais d’ouvrir le ciel à d’autres transporteurs intéressés pour améliorer la connectivité internationale, d’investir dans les aéroports régionaux prioritaires afin qu’ils soient conformes aux normes de sécurité et en mesure de répondre à la demande. En outre, la Banque recommande à la compagnie de consolider sa flotte sans pour autant la diversifier, afin d’éviter une charge financière supplémentaire.
Etant un partenaire fortement impliqué dans le secteur de l’énergie à Madagascar, comment appréciez-vous la situation de la Jirama?
La Jirama est une entreprise en situation de déficit depuis plus de dix ans, et par conséquent a accumulé une dette importante s’élevant à plusieurs centaines de millions de dollars. L’entreprise faisait face à plusieurs défis aggravant son déficit dont notamment l’augmentation de l’utilisation des centrales thermiques conjuguée avec la hausse des prix des combustibles (HFO et diesel), la dévaluation de l’Ariary contre les principales devises (dollar et euro) entraînant une augmentation considérable des coûts d’exploitation. Parallèlement, la part importante des pertes estimées à 26% (techniques et commerciales) contribuaient à des manques à gagner.
La restructuration de la Jirama nécessite la mise en œuvre parallèle de plusieurs réformes liées à la gouvernance, au traitement des dettes, à l’amélioration de la performance opérationnelle, à l’amélioration des termes des contrats actuels et à la mise en
Photo : Banque mondiale Madagascar.
œuvre d’un mix énergétique dominé par les énergies renouvelables.
Quelles ont été les mesures prises pour y faire face ?
Face à ces défis, des mesures pour le redressement opérationnel et financier de la Jirama ont été mises en place. Afin de réduire ses coûts, cette compagnie a entamé une première phase de renégociation de ses gros contrats thermiques, le renforcement des réseaux de transport et de distribution, l’hybridation de quelques centres isolés ainsi l’ajout de puissance hydroélectrique dans son mix. Aussi, avec l’appui de la Banque mondiale, la Jirama a pu augmenter ses revenus, à travers la mise en place d’un programme de protection de revenu et le nouveau système tarifaire Optima.
Ces mesures sont-elles suffisantes pour la restructuration de la Jirama ? Où en est le recrutement du nouveau directeur général de cette société d’Etat ?
Ces mesures ne sont pas suffisantes. La restructuration de la Jirama nécessite la mise en œuvre parallèle de plusieurs réformes liées à la gouvernance, au traitement des dettes, à l’amélioration de la performance opérationnelle, à l’amélioration des termes des contrats actuels et à la mise en œuvre d’un mix énergétique dominé par les énergies renouvelables. Ces axes stratégiques doivent être bien définis dans le business plan de la Jirama qui en assurera la mise en œuvre, d’où la nécessité de mettre en place une équipe de redressement et de sortie de crise dirigée par un nouveau directeur général sélectionné de manière compétitive et transparente et équipé d’un mandat fort pour la mise en œuvre du plan urgence. La nomination est attendue d’ici peu, et ce à la suite d’une procédure de recrutement compétitif à l’international.
La Jirama devrait-elle être privatisée pour régler le problème?
La Jirama est une société qui doit jouer le rôle de pilier fondamental de l’économie et de la vie sociale de la population malgache. Elle a un devoir de service public et en tant que tel se doit de continuer à améliorer ses opérations afin de fournir un service fiable et de qualité aux consommateurs. A cet effet, la meilleure option de gestion de la Jirama doit être analysée tout en tenant compte du contexte économique et politique actuel. La privatisation n’est pas la seule option. D’autres structures qui ont prouvé leur efficacité pourront être considérées, pour ne citer que celles du Rwanda ou de la Côte d’Ivoire. Ce qui est sûr est que l’engagement de la Jirama à améliorer ses services contribuera sans aucun doute à un pays plus résilient, dynamique et prospère pour les générations à venir.
Le volet carburant présente un risque budgétaire important. Comment voyez-vous la gestion des prix de ces produits pétroliers à Madagascar?
Vous savez, la Banque mondiale, en 2019 avait publié une étude spécifique sur la gestion du prix du carburant à Madagascar. Nous avons affirmé que pour stimuler la croissance inclusive sur le moyen terme, le Gouvernement devrait privilégier les investissements publics dans les secteurs sociaux et productifs par rapport aux subventions non ciblées. La mise en œuvre d’une stratégie de tarification des carburants pour promouvoir l’accès à des produits pétroliers fiables et abordables sans que l’Etat ait à encourir les coûts restera un élément essentiel pour atteindre cet objectif. Différentes options de tarification du prix du carburant ont été successivement mises en place par le Gouvernement afin de mitiger l’impact sur le marché domestique de la hausse des prix sur le marché international. Mais comme la politique de subvention universelle du prix du carburant bénéficie de manière disproportionnée à une portion de la population qui a les moyens de consommer du carburant, son élimination permet de libérer des ressources pour les programmes en faveur des plus vulnérables et contribue à une meilleure équité des dépenses publiques. L’expérience a également montré que la politique de subvention aux carburants est trop coûteuse pour le budget de l’État.
Etes-vous donc favorables à un ajustement automatique du prix des carburants comme le recommande notamment le Fonds monétaire international ?
Ces raisons, entre autres, confortent la nécessité de supprimer les subventions aux carburants et d’entamer des réformes pour mettre en œuvre un mécanisme de tarification plus durable. L’option du mécanisme d’ajustement automatique des prix offrirait la possibilité à l’Etat de ne pas avoir à payer pour subventionner le carburant. Mais cette option devrait être accompagnée de mesures afin d’atténuer les effets des prix élevés et volatiles du carburant sur les pauvres, telles que des mesures de protection sociale par exemple.
L’Etat vient récemment de présenter sa Politique générale (PGE), quels pourraient être vos commentaires ?
Nous saluons le Gouvernement malgache pour la présentation de la PGE qui réaffirme son engagement continu au progrès socio-économique de Madagascar, en ligne avec le Plan Emergence Madagascar (PEM). Les piliers sur lesquels s’appuient la PGE sont des secteurs qui auront effectivement le potentiel de réduire la pauvreté à Madagascar et améliorer le pouvoir d’achat, notamment le développement du capital humain, la transformation économique, et l’amélioration de la gouvernance. La Banque mondiale est prête à accompagner les efforts du Gouvernement pour soutenir ces secteurs qui sont aussi ciblés dans notre CPF. En effet, certaines réformes seront capitales pour atteindre les objectifs définis dans la PGE, et nous encourageons et soutenons le Gouvernement à les mettre en place.
Pour finir, comment s’annonce les perspectives économiques pour Madagascar selon la Banque mondiale ?
Pour les perspectives économiques de Madagascar, la croissance devrait s’accélérer pour atteindre une moyenne de 4,6 % en 2024-2026, soutenue par une amélioration des opportunités commerciales et touristiques, et à un nouvel élan de l’investissement privé à la suite de réformes structurelles efficaces dans des secteurs clés tels que l’exploitation minière, la technologie numérique et le climat des investissements. L’extension éventuelle de l’AGOA au-delà de 2025 pourrait avoir un impact positif sur les activités économiques, en particulier sur les exportations de textile. Cependant, les risques restent importants, notamment les conflits en cours au Moyen-Orient et en Ukraine, la décélération de l’économie mondiale et, au niveau national, les pressions budgétaires liées aux sociétés d’État, notamment Jirama et Madagascar Airlines.
Antananarivo, 3 Avril, 8h55 – Reconnaissance. L’artiste plasticien malgache Joël Andrianomearisoa a été élevé au rang de chevalier de l’ordre des arts et des lettres de la République Française. La cérémonie de remise de la distinction a eu lieu à la Galerie Almine Rech, le 2 avril à Paris. L’artiste a reçu sa médaille émaillée de vert et d’argent des mains d’Almine Rech Picasso, officier de l’ordre des arts et des lettres et épouse de Bernard Picasso, petit fils de Pablo Picasso.
Le ministère français de la Culture précise que « cet ordre est destiné à récompenser les personnes qui se sont distinguées par leurs créations dans le domaine artistique ou littéraire ou par la contribution au rayonnement qu’elles ont apportée au rayonnement des Arts et des Lettres en France et dans le monde ». Joël Andrianomearisoa fait donc partie de ces artistes dont les réalisations sont reconnues aussi bien en France que dans le monde.
Avec cette distinction honorifique, l’artiste plasticien malgache rejoint les rangs de grands artistes qui ont, eux aussi, reçu des médailles de l’ordre des arts et des lettres de la République française. Parmi eux figurent le peintre Marc Chagall, l’architecte et artiste multidisciplinaire Le Corbusier ou encore l’écrivain Marcel Pagnol et bien d’autres personnalités qui ont marqué de leurs sceaux la culture française et plus largement encore mondiale.
Antananarivo, 3 Avril, 08h57 – “Le BNGRC avait déjà anticipé quelles sont les zones à risque d’inondation”. Et à en croire le général Elack Andriankaja, directeur général de ce Bureau national de gestion des risques et des catastrophes, le village de Beriziky à Ambilobe fait partie de ces localités. Il indique alors que les habitants de ce village, qui se trouve sur le passage des eaux, avaient été déplacés bien avant que la catastrophe ne survienne.
Quand les fortes pluies générées par le cyclone tropical Gamane avaient frappé le Nord de la Grande ile, le village a donc déjà été déserté par ses habitants. Ceux-ci “ont déjà rejoint les sites d’hébergement destinés à accueillir les sinistrés”, confirme le chef du district d’Ambilobe. Le responsable local souligne alors qu’aucun décès n’est recensé dans cette localité qui s’est retrouvée complètement sous les eaux après le passage du cyclone.
Le directeur général du BNGRC, lui, déplore ce qu’il qualifie de “fausses informations” relayant la disparition des habitants du village de Beriziky. “Cet endroit n’était pas loin de la zone visitée où le président de la République a secouru des personnes bloquées par les eaux, donc logiquement le président aurait dû en entendre parler sur place”, ajoute le patron du BNGRC.
Le district d’Ambilobe est l’un des districts les plus touchés par le passage de Gamane. Selon le dernier bilan du BNGRC publié ce mardi à midi, le district compte pas moins de 17 946 sinistrés soit 4410 ménages. 14 496 ont été déplacés et 3 259 cases y ont été inondées par les eaux de pluies et 599 ont été détruites.
Antananarivo, 2 Avril, 18h05 – La Chambre des mines de Madagascar (CMM) vient d’annoncer la nomination de Carl Andriamparany en tant que nouveau secrétaire exécutif de cette association regroupant les sociétés et compagnies minières industrielles. Ce spécialiste de la gouvernance du secteur extractif succède ainsi à ce poste Willy Ranjatoelina. Il sera chargé d’assurer le fonctionnement quotidien de la Chambre.
Le secteur minier est un terrain qui n’est pas inconnu au nouveau secrétaire exécutif de la Chambre des mines qui a déjà occupé le poste de directeur général des études et du développement au sein de ministère en charge des mines, puis a été secrétaire général du ministère auprès de la Présidence chargé des Mines et du pétrole en 2016. Il avait déjà aussi été président de la Commission des grands investissements miniers de Madagascar (CGIM) ou encore directeur général par intérim de l’Institut de gemmologie de Madagascar (IGM).
Fondée en 2011, la Chambre des mines s’est fixée comme objectif d’être l’interlocutrice de l’administration pour toutes questions intéressant le secteur minier industriel. Elle s’est donnée comme mandat d’encourager, de promouvoir et de protéger les investissements miniers à Madagascar, tout en développant une bonne éthique professionnelle des affaires dans le secteur, indique cette association sur son site officiel.
Antananarivo, 2 Avril, 11h10 – Mettre toutes les chances du côté de Madagascar. Le comité Miss Madagascar aligne ses critères sur ceux de Miss Monde. Les prétendantes au titre de Miss Madagascar doivent ainsi obéir à des critères plus stricts.
Pour pouvoir participer les candidates doivent avoir au moins 18 ans et au plus 26 ans. Elles doivent mesurer au moins 1m69 et doivent être capables de se maquiller et de se coiffer toute seule. “Au concours Miss Monde, les candidates doivent se préparer seules. Il est ainsi important d’envoyer des candidates capables de se maquiller et de se coiffer seule”, indique une source auprès du comité.
Savoir marcher sur des chaussures à talons, aimer le sport, avoir le baccalauréat, parler couramment le français et avoir un niveau moyen d’anglais au moins, sont également des exigences formulées par le comité. Pour ce qui est du statut matrimonial, le comité entend s’adapter aux règles régissant le concours international. Les candidates ne doivent pas non plus avoir de contrat commercial à la date du début du concours.
Si les représentantes des régions ne répondent pas aux critères exigés jusqu’à la veille de la publication de la liste finale, elles sont immédiatement disqualifiées. Les organisateurs annoncent alors l’organisation d’un casting pour trouver de nouvelles Miss pour les régions non représentées.
Au concours national, les candidates seront également jugées sur les mêmes performances que celles exigées au concours mondial. C’est ainsi que les prétendantes au titre de Miss Madagascar doivent aussi réaliser divers challenges comme le challenge Head to Head, le challenge Sport, le challenge Beauty with purpose, le challenge Top Model, le challenge The Best designer, le challenge Talent, et le challenge Multimédia. Mais si le challenge Talent est facultatif, le challenge Beauty with purpose doit être réaliste et réalisable durant l’année de règne. “Il faut dédier l’année de règne à la réalisation des œuvres caritatives. La candidate doit disposer d’un projet Beauty With a Purpose réalisable”, précise le communiqué du comité.
La date de l’élection de la Miss Madagascar 2023 est encore à déterminer, mais le comité devrait dévoiler la liste des candidates régionales ce 8 avril.
Antananarivo, 2 Avril, 6h50 – Une affaire de tous. « Madagascar ne se résume pas à Antananarivo : chaque ville doit avoir un rôle à jouer dans un système urbain ». C’est ce que note la Banque mondiale dans la Revue de l’urbanisation de Madagascar qu’elle a récemment publiée.
La Banque mondiale souligne qu’ “Antananarivo domine et est le moteur de l’économie malgache”, contribuant à 44% du produit intérieur brut (PIB) national. « Mais cela ne doit pas empêcher la croissance d’autres villes et le développement d’un système urbain multicentrique », souligne cette institution de Bretton Woods dans cette Revue.
Il est alors avancé dans ce document de la Banque mondiale qu’“un cadre de développement territorial ou spatial permettrait à Madagascar d’exploiter le potentiel des différentes zones urbaines et de saisir les opportunités d’une manière plus efficace sur le plan spatial”.
L’institution de Bretton Woods avance alors que les petites villes peuvent servir de lien avec les zones rurales, où les agriculteurs peuvent avoir accès aux marchés et aux services. Les villes moyennes, pour leur part, peuvent se spécialiser en fonction de leurs ressources ou concentrer des activités économiques et peuvent servir de centres logistiques pour le transport de marchandises et la liaison avec les marchés locaux. Et les grandes villes peuvent servir de passerelles vers l’économie mondiale, suggère la Banque mondiale dans ce document.
Madagascar se compose par ailleurs de 23 régions. Celles-ci commencent tout juste à être dotées des capacités nécessaires pour gérer le développement au niveau régional, d’après ce partenaire de la Grande île.
Pour l’heure, les trois quarts du PIB de la Grande île sont concentrés dans les zones urbaines. Or pour la Banque mondiale, les villes malgaches pourraient être des moteurs beaucoup plus importants de la croissance économique résiliente et de la réduction de la pauvreté et pourraient soulager la trajectoire économique actuelle.