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  • AGRICULTURE – Des semences de riz hybride infectées distribuées par l’Etat en 2025 ont contaminé des variétés locales, alerte la Cour des comptes

    AGRICULTURE – Des semences de riz hybride infectées distribuées par l’Etat en 2025 ont contaminé des variétés locales, alerte la Cour des comptes

    Ce que les paysans croyaient être des semences de qualité s’avéraient être des grains porteurs de ruine. Les semences de riz hybride importées et distribuées par l’Etat en janvier-février 2025 étaient porteuses du champignon Tilletia barclayana, agent pathogène responsable du charbon du grain de riz, et avaient commencé à contaminer des variétés de riz local, notamment le Tsemaka et le Makalioka, dans des zones rizicoles du pays. L’affaire a été publiquement révélée par la Cour des comptes lors de la présentation de son rapport public de 2025.

     

    Si l’on en croit le rapport d’audit publié par la Cour des comptes et rapportant des résultats d’analyses disponibles auprès du ministère de l’Agriculture et de l’élevage, des analyses effectuées en juin 2025 sur des échantillons de variétés locales en provenance de Beanana Ambatondrazaka et du district d’Amparafaravola ont révélé des contaminations. Elle parle alors d’une “faute lourde, mettant en péril la riziculture nationale”.

     

    Distribution avant résultats d’analyses

     

    Pour la Cour des compte, la faute est d’autant plus grave que “la législation phytosanitaire n’a pas été respectée” et que “l’acheminement et la distribution des semences contaminées [ont eu lieu] avant la sortie des résultats d’analyse”. “Les semences ont quitté le port de Toamasina entre le 30 janvier 2025 et 27 février 2025 pour être livrées auprès des différentes régions bénéficiaires”, rapporte la Cour alors que “le premier résultat d’analyse a été édité le 04 février 2025”.

     

    Dans une lettre en date du 21 mars 2025 annexée dans le rapport d’audit de la Cour des comptes, le directeur de la protection des végétaux (DPV) au sein du ministère de l’Agriculture et de l’élevage avait demandé “l’arrêt immédiat de la distribution et des plantations de ces semences” contaminées. La Cour des comptes ne précise pas si cette demande a été suivie d’effets, mais elle signale que sur les 200 tonnes de semences importées pour un montant de 6 milliards d’ariary, 120,5 tonnes ont été distribuées.

     

    Outre l’envoi des semences auprès des différentes régions avant la disponibilité des résultats d’analyses, la Cour des comptes dénonce également le défaut d’analyse du risque avant le départ du pays d’origine des semences. Il est également indiqué que les documents phytosanitaires comme le permis d’importation ou le certificat phytosanitaire n’ont pas été présentés au poste de contrôle phytosanitaire à la frontière d’arrivée.

     

    Conservation en magasin de stockage

     

    Dans ses recommandations, la Cour des comptes invite le ministère en charge de l’Agriculture de “mettre en oeuvre les mesures proposées par la direction de la protection des végétaux, autorité compétente sur les produits importés et de protection phytosanitaire”. Cela inclut, entre autres, “la destruction des semences contaminées”.

     

    En attendant, les directeurs régionaux ont été enjoints à conserver les semences de riz hybride reçues du secrétariat d’Etat chargé de la souveraineté alimentaire dans les magasins de stockage. Bien que la mesure ait été prise dans le cadre de l’audit de la Cour des comptes, elle a contribué à limiter la propagation de la maladie avant la mise en œuvre des mesures appropriées, précise la Cour.

  • PRODUITS MINIERS – Plus de 1 625 milliards d’ariary de devises issues des exportations de pierres précieuses non rapatriées entre 2017 et 2025

    PRODUITS MINIERS – Plus de 1 625 milliards d’ariary de devises issues des exportations de pierres précieuses non rapatriées entre 2017 et 2025

    Un gros manquement à l’engagement de change pour les exportateurs de pierres précieuses. Le taux de rapatriement moyen de devises pour leurs opérations entre 2017 et 2025 n’était que de 27,23%. Ce qui signifie que 72,77% soit près de trois quarts des devises dues ne sont jamais retournés dans l’économie nationale. Le coût financier de ce manquement représente un manque à gagner de 1 625,45 milliards d’ariary sur un montant total à rapatrier de 2 233,61 milliards d’ariary. C’est la Cour des comptes qui fait part de cette situation dans son Rapport pour l’exercice budgétaire 2025, présenté jeudi.

    Cette tendance s’est surtout accélérée à partir de 2021. Les montants à rapatrier oscillaient encore entre 50 et 113 milliards d’ariary entre 2017 et 2020. Ils ont explosé jusqu’à atteindre un pic de 539,06 milliards d’ariary en 2023. Mais le fait que les exportations aient augmenté ne signifiait toutefois pas une amélioration de la régularisation de la part des opérateurs. En effet, pour la seule année 2023, plus de 437,8 milliards d’ariary de devises issues des exportations de pierres précieuses sont restés à l’étranger.

    Bien que les chiffres de 2025 semblent indiquer une baisse du volume global, le secteur des pierres précieuses demeure le deuxième plus “mauvais élève” après l’or en matière de rapatriement de devises. Ce qui affiche une déconnexion persistante entre la valeur exportée et les flux monétaires réels réinjectés à Madagascar.

    Le terme rapatriement de devises implique nécessairement que l’exportation a été déclarée officiellement. Les autorités savaient précisément donc quelle quantité de pierres précieuses a quitté le pays et quelle valeur marchande cela représente. Comme dans beaucoup de pays, d’ailleurs, l’exportation n’est pas une opération libre de toute contrepartie. Elle repose sur un engagement de change. Le non-rapatriement des devises risque alors d’entraîner l’affaiblissement des réserves de change au niveau de la Banque centrale. Ce qui a pour conséquence de limiter la capacité du pays à financer ses importations comme le carburant ou autres biens de consommation, rappelle la Cour des comptes.

    Mais beaucoup des opérateurs qui ont procédé au rapatriement de devises ne se sont même pas conformés à la cession obligatoire de ces recettes sur le Marché interbancaire des devises (MID). Le Code des changes stipule en effet que tout exportateur de marchandises et tout prestataire de services régi par le droit commun doit céder 70% de ses recettes d’exportation sur le marché des changes dès rapatriement, sans excéder le délai de 30 jours. Pour les recettes d’exportation de pierres précieuses, seulement 22,67% sont cédées sur le MID de 2017 à 2025, indique le rapport de la Cour des Comptes.

    Les opérateurs miniers n’effectuent globalement pas la cession des devises sur le MID pour deux raisons principales. Ils expliquent en premier lieu que la vente des devises sur le marché parallèle leur est profitable, avec un taux de change qui est jugé plus avantageux comparé au taux dans le circuit officiel. Et puis, étant obligés de céder 70% des devises rapatriées sur le MID, les exportateurs contournent la réglementation pour garder plus de devises, note la Cour des comptes.

  • SANTÉ PUBLIQUE – La Cour des comptes dénonce le paiement intégral de travaux inachevés dans sept des huit hôpitaux “manara-penitra” visités 

    SANTÉ PUBLIQUE – La Cour des comptes dénonce le paiement intégral de travaux inachevés dans sept des huit hôpitaux “manara-penitra” visités 

    Des irrégularités pointées par la Cour des comptes dans la construction des hôpitaux “manara-penitra”. Celle-ci évoque des travaux inachevés malgré un paiement intégral dans sept hôpitaux manara-penitra sur huit. En mission auprès de ces huit établissements du 26 au 30 janvier 2026, les magistrats de la Cour rapportent une certification de service fait jugée non conforme, suivie de l’ordonnancement et du règlement des dépenses.

     

    “Suite à une mission de descente sur terrain pour huit hôpitaux manara-penitra (HMP), il a été constaté une certification de services qui ne sont pas faits suivie de mandatement et de paiement alors que les travaux ne sont pas complètement achevés”, écrit-elle dans son rapport annuel présenté jeudi. Elle invite alors le ministère de la Santé publique à “prendre toutes les mesures administratives et judiciaires nécessaires concernant des irrégularités relatives aux travaux payés mais non achevés”.

     

    Responsabilité des titulaires des marchés

     

    Dans son rapport, la Cour des comptes rapporte notamment les cas des hôpitaux manara-penitra de Morondava, d’Ankilizato, de Vangaindrano, de Manakara, d’Ihosy, de Vohibato et d’Ambositra. Elle évoque la responsabilité des “titulaires de marché qui n’ont pas pu honorer leurs engagements contractuels”, à l’instar de l’entreprise qui avait été en charge de l’hôpital manara-penitra d’Ankilizato et qui est actuellement “en fuite” et “reste injoignable”.

     

    Pour les autres établissements, la Cour évoque l’inexistence de certaines infrastructures comme le logement des responsables et les équipements médicaux malgré un paiement complet. Or, les travaux sont considérés comme achevés quand la construction, l’aménagement extérieur, le logement de responsable et l’équipement en matériels médicaux sont au complet.

     

    Accélération anormale des procédures

     

    Mais au-delà des titulaires des marchés, la Cour des comptes n’écarte pas non plus qu’il ait pu y avoir défaillance du groupe d’appui contractuel (GAC) et de la commission de réception dans certains cas. “Leur audition permettra de connaître la suite de l’affaire”, souligne-t-elle alors dans son rapport. En attendant, des engagements écrits d’achèvement ont été pris par les prestataires, avec des délais annoncés entre mi-février et fin mars 2026, poursuit-elle.

     

    Au total, la Cour des comptes recense 38 hôpitaux manara-penitra entre 2011 et 2025. Neuf d’entre eux ont été construits durant la transition, 14 lancés en 2019 et 15 en 2022. Les données compilées font état d’un montant global dépassant 110,8 milliards d’ariary engagés pour ces infrastructures. Pour d’autres établissements, à l’instar de celui d’Andohatapenaka, la Cour pointe une “accélération anormale” des procédures, avec seulement cinq jours entre la demande d’engagement financier et le virement des fonds.

  • COMMERCE – Auditions publiques pour trancher sur le préjudice industriel des importations de tubes plastiques et produits céréaliers

    COMMERCE – Auditions publiques pour trancher sur le préjudice industriel des importations de tubes plastiques et produits céréaliers

    Choc des intérêts à la table de l’Autorité nationale chargée des mesures correctives commerciales (ANMCC). Deux journées d’auditions publiques seront consacrées aux tubes et tuyaux en matières plastiques ainsi qu’aux pâtisseries sèches et les céréales pour petit-déjeuner, la semaine prochaine. Ces audiences s’inscrivent dans le cadre de la procédure d’enquête de sauvegarde engagées sur ces produits. Il s’agira de déterminer si les importations causent réellement un préjudice grave pour la Branche de production nationale (BPN) et à justifier une éventuelle application de mesures de sauvegarde, selon les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

     

    L’audience publique dans le cadre des mesures de sauvegarde OMC est essentielle pour garantir une participation active des parties intéressées dans le processus décisionnel. C’est durant cette enquête que les importateurs, exportateurs et autres parties intéressées peuvent présenter des éléments de preuve et des vues. “Toutes les parties auront l’opportunité de faire entendre leur voix dans un cadre transparent et contradictoire”, avance la direction générale de l’ANMCC.

     

    Les industriels locaux dans l’agroalimentaire vont ainsi confronter leurs positions à celles des importateurs de pâtisseries sèches et les céréales pour petit-déjeuner. Ceux qui travaillent sur les tubes et tuyaux en matières plastiques défendront, de leur côté, les intérêts de la production locale. La participation de représentants d’opérateurs étrangers, notamment mauriciens et européens, aux échanges est également annoncée. De même que des institutions publiques telles que la Jirama, les ministères sectoriels et la direction générale des Douanes (DGD).

     

    Le débat confronte déjà deux visions opposées. D’un côté, les industriels locaux s’alarment d’une explosion des importations menaçant leur survie. Celle-ci ont suivi une trajectoire haussière, s’établissant en 2024 à 4 134 tonnes pour les pâtisseries sèches et céréales pour petit-déjeuner et à 4 174 tonnes pour les tubes, tuyaux et accessoires en matières plastiques. Les requérants préviennent que “nous assistons à une érosion progressive des parts de marché. Si aucune mesure n’est prise, certaines unités de production locales pourraient fermer, avec des pertes d’emplois à la clé”.

     

    De l’autre, les importateurs défendent la liberté commerciale. Ils affirment notamment que “les importations répondent à une demande réelle et contribuent à la compétitivité du marché”. Ils disent qu’il faudrait “éviter des mesures qui pénaliseraient les consommateurs”.

     

    “Le respect du contradictoire est fondamental. Sans cela, toute mesure de sauvegarde pourrait être contestée”, insiste la direction générale de l’ANMCC. D’où l’importance des auditions publiques, qui permettront d’examiner si les trois conditions clés sont réunies, à savoir l’accroissement notable des importations, le dommage grave subi par la branche nationale et un lien de causalité entre les deux.

  • ENERGIE – Les usagers en situation irrégulière plus nombreux que les abonnés en règle, selon la Jirama pour justifier son opération de ratissage

    ENERGIE – Les usagers en situation irrégulière plus nombreux que les abonnés en règle, selon la Jirama pour justifier son opération de ratissage

    “Une action prioritaire incontournable”. La Jirama n’entend pas reculer dans son opération d’assainissement des usagers malgré les réclamations et les contestations de certains de ses abonnés. Elle dénonce un nombre plus important d’usagers en situation irrégulière que d’abonnés en règle, ce qui cause non seulement 300 milliards d’ariary de pertes annuelles, mais entraîne la mauvaise qualité de service de la compagnie, poursuit-elle dans un communiqué publié ce samedi.

     

    Selon la compagnie nationale d’eau et d’électricité, “les irrégularités sont à l’origine des pannes fréquentes, des coupures et même des explosions de transformateurs, en raison de surcharges non prévues”. En partant à la chasse à ce qu’elle qualifie de “fraudes” et de “vols” à travers une opération de ratissage, la Jirama entend aussi bien “assainir le système” et “ramener les usagers en situation irrégulière vers la conformité” qu’améliorer la qualité de son service.

     

    Dans son opération de ratissage, la Jirama reconnaît ne pas cibler uniquement les compteurs frauduleux. Elle affirme également viser “les compteurs présentant des défaillances techniques, dès lors que le client à continuer à bénéficier de ses services sans interruption malgré les anomalies”. Pour la société d’Etat, “ces situations, qui durent plusieurs années la plupart du temps, peuvent être assimilées à du vol d’électricité, en ce qu’elles portent préjudice à l’entreprise ainsi qu’à la qualité du service”.

     

    C’est ainsi que ceux qui n’ont pas signalé à temps les anomalies et qui ont quand même “continué à utiliser ses services sans payer ou en ne réglant qu’un montant dérisoire par rapport à leur consommation réelle” sont enjoints par la Jirama à s’acquitter des rappels de consommation. “Cette mesure est légale, juste et fondée, puisque toute énergie consommée (en kWh) doit être payée par le client”, insiste la compagnie.

     

    Dans son communiqué, la Jirama rappelle que le contrat d’abonnement signé lors de l’adhésion à ses services précise que “le client a l’obligation de signaler immédiatement toute anomalie constatée sur le compteur”. Contrairement à ceux qui n’ont pas effectué cette démarche et qui sont ainsi “considérés comme n’ayant pas respecté leurs engagements contractuels”, ceux qui ont fait part des anomalies “bénéficient d’un allègement dans le calcul du rappel de consommation”. “La responsabilité du retard de réparation incombe à la Jirama”, précise encore la société d’Etat.

  • VÉHICULES ADMINISTRATIFS – 409 véhicules du ministère de la Population et des solidarités manquent à l’inventaire

    VÉHICULES ADMINISTRATIFS – 409 véhicules du ministère de la Population et des solidarités manquent à l’inventaire

    Plusieurs centaines de véhicules manquent à l’inventaire. La Cour des comptes rapporte un écart inexpliqué de 409 véhicules au niveau du ministère de la Population et des solidarités (MPS). Une situation qui provient d’une contradiction entre deux bases de données officielles, d’après ce qui a été exposé lors de la présentation du Rapport 2025 de l’auditeur suprême de l’Etat, jeudi.

    Alors que le ministère de l’Economie et des finances (MEF), qui gère le patrimoine de l’Etat, en dénombre 465, le ministère de la Population et des solidarités n’en reconnaît que 56. Ce qui signifie que 88% du parc automobile théorique du MPS n’apparaît pas dans ses propres registres physiques ou comptables. Un écart qui met en avant une défaillance grave de suivi des véhicules administratifs, selon la Cour des comptes.

    Ce n’est toutefois pas seulement au niveau de ce département que de telle défaillance dans la gestion des véhicules administratifs est enregistrée. L’Etat de délabrement de ce patrimoine de l’Etat est manifeste au niveau du ministère de l’Eau, de l’assainissement et de l’hygiène. 60% de son parc est hors d’usage, et c’est plus de la moitié des véhicules de ce ministère sont soit des épaves, soit en panne.

    Le ministère des Travaux publics compte de son côté 88 véhicules immobilisés ou totalement hors d’usage. Alors que près d’un quart des véhicules du Ministère en charge de la Gendarmerie sont à l’état d’épaves, avec des procédures de gestion ou de réforme bloquées.

  • RAPPORT DE LA COUR DES COMPTES – Le Colonel Michael Randrianirina appelle à des investigations approfondies après la présentation du rapport de la Cour des comptes

    RAPPORT DE LA COUR DES COMPTES – Le Colonel Michael Randrianirina appelle à des investigations approfondies après la présentation du rapport de la Cour des comptes

    Une instruction qui se veut ferme. L’ensemble des organes de contrôle administratif reçoit l’ordre d’engager des investigations approfondies à l’encontre de tous les responsables impliqués dans les faits de détournement de deniers publics. Une disposition qui ne fera distinction de rang ni de fonction, précise le communiqué de la présidence de la République de la Réfondation, publié ce vendredi.

    Cette disposition fait suite à la publication du rapport 2025 de la Cour des Comptes qui avait établi que le montant total des détournements et des déperditions de fonds publics s’élève à plus de 3 811 milliards d’ariary l’année dernière. C’est sur la base des irrégularités liées à des suspicions de malversations financières détaillées dans le document que les organes de contrôle de l’Administration ont reçu l’ordre présidentiel d’agir.

    Mis à part les investigations qui devraient être engagées incessamment, le chef de l’Etat ordonne la comparution devant les juridictions compétentes de toute personne pour laquelle des charges et des preuves de participation auxdits faits seront établies. Le communiqué de la Présidence prescrit ensuite la reddition de comptes transparente auprès du peuple malgache concernant les conclusions des enquêtes.

    Par ailleurs, les autorités compétentes sont appelées à mener une action immédiate pour engager des réformes structurelles et législatives. Celles-ci devront renforcer l’efficacité des dispositifs d’audit, de contrôle et de surveillance des finances publiques.

    Comme résumé par le président de la Cour des Comptes, Jean de Dieu Rakotondramihamina, trois phénomènes majeurs ont été révélés dans ce document. Il parle de recours à une gestion opaque au profit d’une gestion parallèle, de contournement des dispositions relatives aux procédures de passation des marchés publics et de gestion discrétionnaire des agents de l’État.

  • CLIMAT DES AFFAIRES – L’attractivité de Madagascar conditionnée par l’établissement d’un environnement stable et sécurisé, selon l’ambassadeur d’Allemagne

    CLIMAT DES AFFAIRES – L’attractivité de Madagascar conditionnée par l’établissement d’un environnement stable et sécurisé, selon l’ambassadeur d’Allemagne

    Comment transformer les atouts exceptionnels de Madagascar en succès économique ? Pour Oliver Knoerich, cette transformation passe impérativement par l’amélioration du climat des affaires. L’ambassadeur de la République fédérale d’Allemagne s’est exprimé sur le sujet lors d’une rencontre avec la presse, jeudi.

    Bonne gouvernance, protection des investissements, état de droit et modernisation des infrastructures sont entre autres les piliers indispensables pour rassurer les investisseurs étrangers, avance ce diplomate allemand. Il se dit disposé à se positionner comme facilitateur prêt à établir des contacts directs. L’idée est de parvenir à un partenariat commercial mutuellement bénéfique, soutenu par une exigence de transparence et de réformes structurelles, explique-t-il.

    Oliver Knoerich souligne que Madagascar possède d’atouts exceptionnels et de potentiel immense dans des secteurs stratégiques comme les produits miniers ou encore l’agriculture de haute qualité. Mais le volume des échanges reste en deçà des capacités réelles, à l’image du secteur touristique qui ne capte encore que 8 000 visiteurs allemands par an. Les échanges bilatéraux entre les pays s’établissaient à environ 230 millions d’euros, indique-t-il.

    Le savoir-faire malgache et les ressources naturelles en énergie solaire, éolienne et hydroélectrique offrent par ailleurs des opportunités majeures d’investissements directs pour l’Allemagne. Ce secteur va bien au-delà du seul secteur textile, note Oliver Knoerich.

    Concernant le portefeuille actif de l’Allemagne à Madagascar, il s’élève actuellement à 470 millions d’euros, comprenant 29 projets. Cette enveloppe se répartit en 129 millions d’euros de projets de coopération technique et 341 millions d’euros de coopérations financières. Les quatre priorités clés de la coopération germano-malgache sont la protection de l’environnement et de la biodiversité, la promotion de l’agriculture et de la sécurité alimentaire, les énergies renouvelables ainsi que la gouvernance et la biodiversité.

    C’est l’Agence allemande de coopération allemande (GIZ) qui est chargée de la mise en œuvre des projets de coopération technique. La Banque allemande de développement KfW s’assure pour sa part de la mise en œuvre les projets de coopération financière.

  • LEADERSHIP – L’ancienne ministre Voahary Rakotovelomanantsoa sacrée « Top Woman in WASH » en Afrique

    LEADERSHIP – L’ancienne ministre Voahary Rakotovelomanantsoa sacrée « Top Woman in WASH » en Afrique

    Consécration pour Voahary Rakotovelomanantsoa. Figure de la sécurité hydrique à Madagascar, elle a été sacrée “Winner, top woman in Wash” lors de la première édition des African in Wash Awards au Cameroun. Une distinction qui vient saluer ses plus de deux décennies d’engagement au service de la réforme institutionnelle, de la gouvernance du secteur eau, assainissement et hygiène, de l’innovation financière et du renforcement de la résilience climatique à Madagascar.

    Cette initiative, coorganisée avec le Rural water supply network (RWSN), constitue la première plateforme africaine dédiée à la reconnaissance structurée du leadership féminin dans le secteur Wash. Et c’est la technicienne de terrain malgache, dont l’expertise s’est forgée au contact des réalités rurales avant de s’épanouir au sommet de l’État, qui est aujourd’hui sacrée à l’échelle continentale.

    Incarnant une ascension basée sur la rigueur technique et une vision institutionnelle profonde, Voahary Rakotovelomanantsoa avait débuté comme simple technicienne rurale pour aboutir aux fonctions de ministre de l’Eau, de l’assainissement et de l’hygiène puis de Gouverneure de la région Anosy. Elle a notamment réussi à faire passer l’accès national à l’eau potable de 43 % à 47 %.

    Mais son leadership va au-delà des chiffres, en se distinguant par des réponses concrètes aux chocs climatiques notamment dans le Sud de Madagascar. Voahary Rakotovelomanantsoa a permis à plus de 200 000 personnes d’accéder à des solutions durables grâce à l’intégration des systèmes de dessalement à l’énergie solaire et des infrastructures multi-usages.

    “Au-delà d’un prix, cette reconnaissance s’inscrit dans une dynamique continentale visant à institutionnaliser la visibilité, renforcer les parcours de leadership féminin et contribuer à une gouvernance de l’eau plus inclusive et performante en Afrique”, lance-t-elle. À travers ses plateformes Cabinet Mano et Lova Velu Sarl, Voahary Rakotovelomanantsoa continue de transformer le secteur WASH en un socle d’équité et de cohésion sociale, tout en mentorant la future génération de femmes leaders africaines.

  • TRANSPORT FERROVIAIRE – La gestion du train urbain entachée d’irrégularités, selon la Cour des comptes, Madarail pointé du doigt

    TRANSPORT FERROVIAIRE – La gestion du train urbain entachée d’irrégularités, selon la Cour des comptes, Madarail pointé du doigt

    “Des marchandises commandées différentes de celles qui sont livrées”. Quatre wagons électriques opérationnels sur 28 acquis. Près de la moitié des 37,5 milliards ariary alloués au projet redirigée vers le plan de relance de Madarail. La Cour des comptes met l’accent sur une série d’irrégularités détectées dans la mise en œuvre du projet train urbain, jeudi, lors de la présentation de son rapport annuel.

    Les défaillances pointées par la Cour vont des soupçons de fraude à une gestion défaillante des ressources publiques affectées au projet, en passant par une mauvaise gestion des infrastructures, la non atteinte des objectifs et l’existence de conflits d’intérêt. La magistrate financière va jusqu’à évoquer “une suspicion d’escroquerie” dans un contexte national marqué par une pénurie persistante d’énergie et d’électricité.

    Pertinence technique

    L’un des faits les plus marquants concerne l’exploitation du matériel roulant. Sur les 28 wagons électriques acquis, seuls quatre sont actuellement opérationnels. Ceux-ci doivent même être tractés par deux locomotives en provenance de Fianarantsoa, ce qui interroge sur la pertinence technique et économique des investissements réalisés. L’ensemble de ces équipements représente pourtant une valeur estimée à près de 270 milliards d’ariary.

    La gouvernance du projet soulève également des interrogations. La Cour des comptes évoque un conflit d’intérêts dans la désignation de la société Madarail pour gérer les fonds du train urbain, alors même que cette entreprise était impliquée comme prestataire dans la réalisation du projet et partage des intérêts similaires. À cela s’ajoutent des anomalies dans la gestion des subventions publiques. En 2020, sur les 37 milliards d’ariary alloués, seuls 19,5 milliards ont été effectivement versés au compte du projet, tandis que 17,5 milliards ont été redirigés vers un plan de relance de Madarail.

    Dividendes

    Les irrégularités financières ne s’arrêtent pas là. En 2024, une avance de 5 milliards d’ariary accordée à Madarail reste à ce jour impayée. Par ailleurs, environ 4 milliards d’ariary de dividendes ou intérêts liés au train urbain auraient été directement utilisés par cette même société pour ses besoins propres, avec l’aval du ministère concerné.

    Le rapport pointe également des pratiques contraires aux règles des marchés publics. L’achat des 28 wagons électriques, d’une valeur de 90 milliards d’ariary, aurait fait l’objet d’un marché de régularisation signé après coup, en novembre 2022, alors que les acquisitions avaient déjà été effectuées entre 2020 et 2022. De plus, quatre grands marchés liés au projet auraient été attribués en violation des règles de concurrence.

    Transit

    Des anomalies ont aussi été relevées dans l’exécution des paiements : des fonds auraient été versés à des intermédiaires plutôt qu’aux fournisseurs réels, sans documents justificatifs probants. Dans certains cas, les biens livrés ne correspondaient pas à ceux commandés. La Cour des comptes signale également que certains contrats publics, d’un montant total d’environ 6 milliards d’ariary, ont été conclus par des autorités non habilitées, notamment le secrétaire général du ministère et le ministre en fonction à l’époque.

    Enfin, la gestion des subventions destinées au FCE (Fianarantsoa Côte Est) manque de transparence. Au lieu d’être transférés directement à Fianarantsoa, les fonds ont transité par un compte au nom de Madarail, pour un total de 7 milliards d’ariary au moment de l’enquête. Seuls 2,7 milliards ont effectivement été versés au bénéficiaire final, tandis que le reste a servi à financer l’achat de matériel pour Madarail, sans preuves formelles de service fait ni de réception.