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PARLEMENT – Quand les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat donnent des leçons d’opposition
Les piques à l’endroit de l’opposition n’étaient pas voilées ce mercredi à Ivato et à Anosy.Christine Razanamahasoa, présidente de l’Assemblée nationale, et Herimanana Razafimahefa, président du Sénat, ont profité de la tribune de la cérémonie d’ouverture de la session extraordinaire du Parlement pour donner des leçons d’opposition à l’opposition. -

PROGRAMME FEC – Marc Gérard du FMI se veut «raisonnablement optimiste» sur le respect de ses engagements par Madagascar malgré les dérapages budgétaires de 2020
Antananarivo, 26 Février, 6h35 – Marc Gérard, représentant résident du Fonds monétaire international (FMI) à Madagascar espère que les dérapages budgétaires de l’année 2020 ont surtout été dus « au contexte difficile » que Madagascar a dû traverser. Parmi ces dérapages figurent la hausse importante des subventions accordées à la Jirama et la faiblesse des dépenses sociales.
Marc Gérard estime que la Grande île devrait pouvoir respecter les engagements qu’elle a pris dans le cadre des accords liés au programme de Facilité élargie de crédit (FEC) quand ce programme sera effectivement en cours. Celui-ci attend encore l’aval du Conseil d’administration du Fonds qui est prévu se réunir vers fin-Mars, début-Avril.
« Certains problèmes complexes prennent du temps à être corrigés mais à ce stade, nous sommes raisonnablement optimistes », avance le représentant du FMI, interrogé sur les possibilités que les autorités malgaches respectent leurs engagements de réformes surtout que celles-ci peuvent parfois être impopulaires. « Nous avons évoqué les dérapages budgétaires et nous nous sommes mis d’accord sur un programme qui vise à les corriger », soulève-t-il.
Lors d’une conférence de presse en ligne, jeudi, le représentant résident du FMI a rappelé que les subventions accordées à la Jirama en 2020 ont été de 845 milliards d’ariary, alors qu’il n’en était prévu que 150 milliards d’ariary en début d’année dans la loi de finances initiale. « C’est trois fois plus que les dépenses sociales engagées en 2020 », regrette-t-il. Or, l’un des engagements pris par l’Etat dans le cadre de ses accords avec le FMI consiste à « éviter que les transferts accordés à la compagnie nationale d’eau et d’électricité ne dépassent pas les budgets sociaux ».
La baisse des dépenses sociales en 2020 fait également partie des dérapages budgétaires notés par le FMI. « Un budget est voté avec la loi de finances initiale, puis il est réduit avec l’adoption d’une loi de finances rectificative, mais à la fin de l’année, même ce budget déjà réduit n’est pas exécuté à 100% », déplore Marc Gérard. Il ajoute même que « les dépenses sociales exécutées ne sont pas seulement sont inférieures à ce qui est prévu alors que les besoins sont énormes ». « Elles sont également bien en-deçà des normes », rappelle-t-il. Il évoque, entre autres, des dépenses sociales d’environ 1% du Produit intérieur brut (PIB).
Le prix des carburants pourrait également constituer un sujet d’inquiétude surtout si le cours international du pétrole augmente. Les autorités ont toujours semblé rejeter le principe d’une hausse des prix même si celle-ci ne concerne que la frange la plus riche de la population. Mais si le FMI estime qu’il n’y a « rien de plus inéquitable que des subventions au prix des carburants parce que cela reviendrait à subventionner les plus riches », il n’est pas contre « la mise en place d’un mécanisme pour s’assurer qu’en cas de hausse, les tarifs des taxi-be n’augmentent pas ». -
MANIFESTATIONS – Fidèle Razara Pierre évoque « une stratégie » derrière l’absence des députés dans le Centre-ville, samedi
Antananarivo, 22 Février, 9h00 – Les députés de l’opposition disent avoir voulu que « les choses se fassent de façon pacifique », samedi. C’est, en tout cas, les motifs qu’ils avancent pour expliquer qu’ils n’aient pas été aperçus sur le terrain dans le Centre-ville, alors que certains de leurs partisans sont venus sur place. « Notre absence sur place est une question de stratégie », soulève Fidèle Razara Pierre, député élu à Ambatondrazaka, joint au téléphone dimanche. L’idée était « qu’il n’y ait ni troubles ni casse », poursuit-il, restant discret sur la suite du mouvement.
Hanitra Razafimanantsoa, député élue dans le premier arrondissement de la capitale, insiste elle aussi sur le fait qu’il n’y ait eu « aucune perte en vie humaine, même s’il y a eu des blessures et des arrestations ». Elle met également en avant ce qu’elle qualifie de « dictature et de violation des droits fondamentaux, comme la liberté d’aller et venir dans notre pays, la liberté d’opinion et d’expression, la liberté de manifestation, la liberté d’information et d’être informé ainsi que la liberté de s’habiller et de porter la couleur qui nous convient ».
Dénonçant ce qu’elle indique être un « usage de la force et une instrumentalisation des forces de l’ordre comme forces de répression », Hanitra Razafimanantsoa soulève, sur son compte Facebook, que « ce qui s’est passé samedi est une honte pour les dirigeants ». « C’est comme si le pays était en guerre », ajoute-t-elle.
Samedi, les députés de l’opposition élus à Antananarivo avaient indiqué vouloir effectuer « un rapport de leurs activités parlementaires » à Ambohijatovo, ou à défaut sur la Place du Treize Mai. Les autorités centrales ne leur ont pas donné l’autorisation de manifester dans le Centre-ville, leur octroyant plutôt le terrain vague de Soamandrakizay.
Devant l’insistance de l’opposition à convier leurs partisans dans le Centre-ville, la circulation menant vers Ambohijatovo et Analakely a été coupée et des éléments des forces de l’ordre ont été déployés sur le périmètre afin d’empêcher toute manifestation. Des sympathisants du mouvement « Miara-manonja » lancé par les députés se sont attroupés sur certains points aux environs d’Analakely samedi. Une douzaine d’individus ont, par ailleurs, été interpellés pour manifestation sans autorisation et atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat, entre autres.Photo d’illustration -

MANIFESTATIONS – L’opposition privée d’Ambohijatovo et d’Analakely
Le rassemblement politique annoncé par l’opposition n’a pas eu lieu ce samedi. Les forces de l’ordre ont mis le paquet pour quadriller le terrain, d’Antsahabe à Antanimena, en passant par Antanimbarinandriana, bloquant toute possibilité aux opposants de se regrouper et d’entrer à Ambohijatovo et à Analakely. La journée a plutôt été calme même si les marchands et les boutiques du centre-ville ont, entre autres, fait les frais des événements
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MANIFESTATION – Les députés de l’opposition invités à faire leur rapport d’activité sur le terrain vague de Soamandrakizay
Antananarivo, 19 Février, 18h10 – Les députés de l’opposition seront finalement autorisés à faire effectuer leurs rapports d’activités samedi. Mais ce ne sera pas dans le Centre-ville. L’organe mixte de conception leur octroie plutôt le terrain vague de Soamandrakizay, là où le Pape François a officié lors de sa visite à Madagascar. « Ce terrain se situe dans le cinquième arrondissement et peut être utilisé à cet effet », souligne le préfet d’Antananarivo, le général Angelo Ravelonarivo à la presse ce vendredi.
Dans sa déclaration, le préfet ajoute que « l’utilisation du terrain d’Ambohijatovo a été refusée car la demande déposée par l’opposition est incomplète ». Il évoque également des « risques de trouble à l’ordre public ». Pour parer à toute éventualité, le général Angelo Ravelonarivo annonce la publication d’arrêtés préfectoraux relatifs à la coupure de la circulation sur les rues d’Analakely et d’Ambohijavo samedi.
Echaudé par les événements de Toamasina qui ont coûté la vie à un étudiant, l’OMC précise avoir pris « des dispositions pour éviter un bain de sang », selon les termes du préfet. C’est ainsi, indique-t-il, que « tous les agents des forces de l’ordre qui seront en première ligne au cas où il y aurait des échauffourées n’auront pas d’arme à feu sur eux ». Les forces de l’ordre resteront donc dans un dispositif de maintien de l’ordre public. Le préfet prévient néanmoins que celles-ci pourraient recourir à un dispositif de rétablissement de l’ordre public si des casses ou des vandalismes survenaient.
Sur les ondes des stations de radio et des chaînes de télévision du mouvement Miara-manonja, les députés de l’opposition ont déjà répliqué : ils maintiennent leur volonté de réunir leurs partisans dans le Centre-ville et non à Soamandrakizay pour leur faire leurs rapports d’activité. La Place du 13 Mai a plusieurs fois été évoquée vendredi « si la place d’Ambohijatovo n’est pas autorisée ». Le préfet, lui, dit espérer « que ce qui sera fait à Soamandrakizay soit réellement des rapports d’activités ».




