Catégorie : Économie

  • CATASTROPHE NATURELLE – Gezani inflige des sinistres matériels substantiels à l’économie de Toamasina

    CATASTROPHE NATURELLE – Gezani inflige des sinistres matériels substantiels à l’économie de Toamasina

    Le poumon économique de Madagascar paralysé. L’heure est à l’évaluation des dommages et à l’analyse de l’impact macroéconomique du passage du cyclone Gezani à Toamasina, dans la nuit de mardi à mercredi. En plus de la neutralisation mécanique du terminal à conteneurs du Grand Port, le secteur industriel de cette partie de l’île subit des sinistres matériels substantiels impactant directement leurs actifs de production.

    Au port de Toamasina, les grues et portiques considérées comme des géants d’acier se sont tordues, ont été terrassés ou ont subi de graves déformations sous la violence des vents et des rafales, 185km/h jusqu’à 250km/h au moment de l’impact. Le renversement des cavaliers de parc brise le maillon central de la chaîne logistique tandis que les conteneurs avaient été projetés et éparpillés avec une facilité déconcertante sous l’effet des éléments. Le terminal à conteneurs avait en gros subi une neutralisation mécanique majeure.

    Le secteur industriel fait de son côté face à des sinistres matériels substantiels. La rupture de l’approvisionnement énergétique constitue actuellement le goulot d’étranglement principal, menaçant la continuité d’exploitation des unités de transformation de produits halieutiques.

    Pour le Groupement des entreprises franches et partenaires (GEFP), le maintien de la chaîne du froid est un impératif critique. Et l’activation de solutions d’énergie de substitution, comme des groupes électrogènes, est une mesure d’urgence visant à prévenir une dépréciation irréversible des stocks de marchandises périssables.

    Malgré la paralysie partielle des activités, les entreprises indiquent privilégier une politique de maintien de l’emploi. Elles s’efforcent d’éviter le recours au chômage technique, misant sur la résilience sociale et l’accompagnement de leurs collaborateurs dans cette situation.

    Des entreprises appellent alors à des mesures de soutien et mènent un plaidoyer fiscal. Afin de restaurer la liquidité et de soutenir la trésorerie des entreprises sinistrées, des concertations devraient être engagées avec l’Administration pour accélérer des leviers. Il peut s’agir du traitement prioritaire du remboursement des crédits de TVA, dont les entreprises franches sont créancières, ou encore d’une moratoire et assouplissement financier. Un appel à la solidarité économique est par ailleurs lancé en faveur du pôle de Toamasina pour soutenir la reconstruction de cet appareil productif stratégique.

  • TOURISME – Digitalisation intégrale des parcours d’inscription au salon ITM 2026

    TOURISME – Digitalisation intégrale des parcours d’inscription au salon ITM 2026

    Le paysage événementiel malgache s’apprête à vivre un tournant technologique majeur. L’Office national du tourisme de Madagascar (ONTM) a officiellement ouvert, ce 9 février 2026, la phase de recrutement des exposants pour les prochaines éditions de l’International Tourism Fair (ITM) et de l’International Handicraft Fair (IHM). Rompant avec les méthodes traditionnelles, l’ONTM impose désormais un tunnel de conversion 100 % numérique, dématérialisant l’accès à l’événement.

    De l’inscription initiale au retrait des badges, en passant par les transactions financières via la solution Vanilla Pay, chaque étape est désormais tracée en ligne. Cette stratégie de « zéro papier » vise à injecter plus de transparence dans les flux financiers et à fluidifier l’expérience des participants, marquant ainsi la volonté de Madagascar de moderniser ses standards professionnels face à la concurrence régionale.

    Sous le haut patronage de la ministre Lucie Lily Vololoniaina Rafaralahy, ce double salon, prévu au Centre de conférence internationale Ivato du 11 au 14 juin prochain, se positionne non plus seulement comme une vitrine, mais comme un véritable instrument de performance économique pour la Grande Île. Avec une cible ambitieuse de 500 stands, l’organisation mise sur un brassage entre opérateurs du tourisme et artisans d’excellence pour maximiser les opportunités d’affaires dans la zone océan Indien.

    Au-delà de l’aspect technique, ce rendez-vous s’inscrit dans une dynamique de structuration du secteur privé. En réservant l’accès aux seuls opérateurs formels, le ministère et l’ONTM entendent assainir le marché et encourager la professionnalisation des acteurs du tourisme et de l’artisanat. Plus qu’une simple exposition, l’ITM et l’IHM sont présentés comme des investissements stratégiques à haut rendement, destinés à créer des passerelles solides entre les politiques publiques et les initiatives privées. L’enjeu est de transformer l’attractivité naturelle de Madagascar en un levier de croissance durable et quantifiable.

  • STRATÉGIE COMMERCIALE – Madagascar à la Conférence internationale sur le cacao pour renforcer la confiance des investisseurs dans la filière

    STRATÉGIE COMMERCIALE – Madagascar à la Conférence internationale sur le cacao pour renforcer la confiance des investisseurs dans la filière

    Madagascar repositionne son or vert sur l’échiquier mondial. Une délégation malgache, conduite par le Premier ministre Herintsalama Rajaonarivelo, participera à la Conférence internationale sur la filière cacao 2026 qui se tiendra vendredi au Palais des Nations, à Genève. La Grande île s’engage dans cette offensive pour faire du cacao un pilier de sa relance économique, en renforçant la confiance des investisseurs dans la filière et en optimisant les exportations pour une croissance durable au profit de la population, selon la cellule communication du Bureau du Premier ministre.
     
    La participation active à cette conférence internationale devra contribuer au renforcement de la confiance des investisseurs dans la filière, tant nationaux qu’internationaux mais également les partenaires économiques. Il sera question d’optimiser la chaîne de valeur et les flux d’exportations de cacao, afin de soutenir la croissance économique et d’accroître les revenus des acteurs de la filière grâce à une gestion performante des produits locaux.
     
    La délégation menée par Herintsalama Rajaonarivelo prévoit ainsi plusieurs rencontres de haut de niveau ainsi que divers échanges stratégiques avec des responsables de premier plan. Ce sera notamment le cas avec des responsables de la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (Cnuced), l’Organisation mondiale du commerce (OMC) ou encore le Centre du commerce international (ITC).
     
    Banky foiben’i Madagasikara (BFM) prévoit la poursuite de la progression de la demande de cacao en fèves, malgré un prix revenu à un niveau plus modéré après les pics observés récemment. Celle-ci estime également que les conditions climatiques observées dans les principaux pays exportateurs, notamment la Côte d’Ivoire et le Ghana, créent des opportunités favorables pour Madagascar, en soutenant une dynamique haussière des prix sur le marché international.
     
    La Conférence internationale sur la filière cacao 2026 qui se tiendra à Genève vise à valoriser le rôle stratégique du cacao au sein de l’économie mondiale. Cette édition réunira les pays membres de la Cnuced ainsi que de nombreuses institutions internationales, avec pour objectifs principaux la promotion des normes internationales, la consolidation du commerce équitable et le développement durable de la filière.
  • SECTEUR FINANCIER – Madagascar en dessous de la référence africaine en termes de produits d’assurance obligatoires, selon la Banque centrale

    SECTEUR FINANCIER – Madagascar en dessous de la référence africaine en termes de produits d’assurance obligatoires, selon la Banque centrale

    Madagascar est à la traîne en matière d’assurance. Alors que la norme africaine s’établit à 17 produits obligatoires, Madagascar n’en compte que cinq à ce jour, limitant ainsi la couverture des risques et le développement du secteur. Le gouverneur de Banky foiben’i Madagasikara (BFM), Aivo Andrianarivelo, a fait le point sur le secteur durant la présentation de la politique monétaire aux membres du secteur privé, la semaine dernière.
     
    Les produits d’assurance obligatoires en Afrique varient selon les pays et les régimes. Mais ils incluent généralement des polices de santé, d’assurance-vie et d’indemnisation des accidents du travail. Mais les offres proposées au pays sont encore loin de la référence continentale, a exposé Aivo Andrianarivelo. “Nous devons impérativement rendre certains produits d’assurance obligatoires pour stimuler le secteur. Sans cette impulsion légale, les citoyens ne s’assurent pas et finissent par croire, à tort, que ces solutions ne sont pas proposées par les compagnies locales”, lance alors le gouverneur de BFM. Aivo Andrianarivelo note, par exemple, l’existence des assurances agricoles à Madagascar mais qui ne sont pas obligatoires.
     
    Bien que la supervision des assurances par la Commission de supervision bancaire et financière (CSBF) soit récente, les réformes législatives ont néanmoins déjà permis d’intégrer des produits innovants comme les assurances numériques et indicielles. L’assurance agricole est déjà une réalité concrète à Madagascar, selon le secrétaire général de la CSBF, Seheno Ranaivoson. Une phase pilote est actuellement déployée dans le Sud, utilisant des indices de pluviométrie pour indemniser les paysans. Le secteur se modernise également via des partenariats avec le Mobile Money. Ceci afin de faciliter l’accès à des produits simplifiés pour le monde rural et favorisant ainsi la formalisation des activités agricoles.
     
    En tout cas, ce n’est pas seulement un retard de quantité, mais un décalage stratégique qui sont observés au pays. À Madagascar, l’assurance est encore perçue comme une contrainte liée à la circulation ou au commerce extérieur, alors qu’ailleurs en Afrique, elle est devenue un moteur de résilience sociale et de financement de l’économie.
     
    Avec un taux de pénétration oscillant péniblement entre 0,56 % et 0,60 %, le secteur de l’assurance plafonne sous la barre des 1 % du Produit intérieur brut (PIB). Le secteur reste confronté à un défi immense, entre une image de produit “élitiste” et une réelle méconnaissance des mécanismes, comme déjà soulevé par Nanjatiana Razakamanana, président de l’Association professionnelle des entreprises d’assurance à Madagascar (Apeam).
  • TRAVAIL – Un salaire minimum d’embauche de 300 000 ariary convenu par les partenaires sociaux

    TRAVAIL – Un salaire minimum d’embauche de 300 000 ariary convenu par les partenaires sociaux

    Les partenaires sociaux se mettent d’accord sur une hausse de plus de 14% du salaire minimum d’embauche dans le secteur privé. Après accord du Conseil national du travail (CNT), celui-ci devrait passer à 300 000 ariary contre 262 680 ariary lors de la dernière augmentation. Selon le communiqué conjoint des groupements patronaux, Groupement des entreprises de Madagascar (GEM) et le Groupement patronal malgache (Fivmpama), et de la confédération syndicale Conférence des travailleurs de Madagascar (CTM), la hausse devrait s’appliquer à partir du 1er mars 2026.

    Ce salaire minimum d’embauche devrait s’appliquer pour la catégorie M1. Un décret devrait être adopté par le Conseil de gouvernement dès que le CNT aura entériné l’accord. Les partenaires sociaux se félicitent de “l’excellence du dialogue social au niveau national, et le sens de responsabilité des travailleurs et du patronat”. Cet accord intervient après une année sans augmentation en 2025. “Les incertitudes sur l’Agoa et le contexte international n’avaient pas permis de conclure ces négociations en 2025”, poursuit le communiqué conjoint.

  • PRODUITS MINIERS – Hausse de 58,5% des recettes d’exportation de cobalt en 2025, selon la Banque centrale

    PRODUITS MINIERS – Hausse de 58,5% des recettes d’exportation de cobalt en 2025, selon la Banque centrale

    Une hausse significative. Les données rapportées par Banky Foiben’i Madagasikara indiquent que les recettes issues des exportations de cobalt sont passées de 60,3 millions de dollars en 2024 à 95,5 millions de dollars en 2025. Ce qui donne une croissance de 58,5%, s’expliquant par l’effet conjugué de la hausse des quantités vendues et du prix au kilo, d’après la Banque centrale.

    Ce gain net de 35,2 millions de dollars de revenus supplémentaires en une seule année avait été obtenu avec une hausse du volume de cobalt exporté qui était passé d’environ 2 400 tonnes à 2 900 tonnes entre les deux périodes. Le prix unitaire pour l’exportation de ce produit avait parallèlement progressé de 33% en un an. Il passait de 25,1 dollars par kilo à 33,4 dollars par kilo, détaille BFM.

    Madagascar avait enregistré cette performance, alors que le marché mondial du cobalt était resté excédentaire. La Banque centrale indique qu’afin de réguler l’offre et d’influencer les prix internationaux, la République Démocratique du Congo avait mis en place des mesures de restriction. Celles-ci incluaient la suspension des exportations jusqu’à mi-octobre 2025, suivie de l’instauration de quotas lors de la reprise des expéditions.

    Tandis que le cobalt affiche cette bonne performance, le nickel a été freiné par un contexte de marché hostile. Les recettes d’exportation de ce produit phare de Madagascar ont reculé de 4,6 %, à la suite d’une baisse du prix moyen de 11,5 %, alors que les volumes exportés ont augmenté de 7,9 %. Ce paradoxe s’explique par une chute des prix de 11,5 %, dictée par un marché mondial excédentaire et une concurrence technologique croissante des batteries LFP, qui pèsent sur la demande de nickel au profit de solutions moins coûteuses.

    En termes de perspectives, la Banque centrale estime que la demande de nickel devrait progresser modérément et son prix pourrait bien s’améliorer progressivement. Le cobalt de son côté devrait enregistrer une croissance plus dynamique cette année. BFM rappelle d’ailleurs que les produits miniers demeurent exemptés des droits de douane additionnels de 15,0 % des Etats-Unis.

  • PÉTROLE AMONT – Quatre titres miniers d’hydrocarbures de Madagascar Oil, dont celui pour Bemolanga, officiellement annulés

    PÉTROLE AMONT – Quatre titres miniers d’hydrocarbures de Madagascar Oil, dont celui pour Bemolanga, officiellement annulés

    Les décrets relatifs aux annulations de 21 contrats de partage de production et de 21 titres miniers d’hydrocarbures approuvées au mois de mars de 2025 viennent d’être adoptés en Conseil des ministres, jeudi. La compagnie Madagascar Oil est l’un des acteurs historiques les plus concernés par cette décision, qui voit l’annulation officielle de validité de ses droits sur quatre périmètres majeurs. Et ce, principalement en raison de l’expiration des titres miniers dans le Bassin Onshore de Morondava.

     

    Madagascar Oil avait déjà renoncé à une partie significative de son portefeuille d’exploration onshore. Ses titres miniers pour les périmètres onshore d’Ouest Manambolo (Bloc 3105), de Morondava (Bloc 3106) et de Manandaza (Bloc 3107) étaient déjà officiellement déclarés expirés depuis le mois de novembre 2014. Son titre minier concernant le bloc de Bemolanga (Bloc 3102) fait également partie de la liste des actifs réintégrés dans le domaine public.

     

    Cette compagnie semble désormais devoir se concentrer sur ses actifs restants pour maintenir sa présence dans le pays. Le projet huile lourd de Tsimororo, exploité par Madagascar Oil est le premier et le seul actif dans l’extraction pétrolière à Madagascar. Le projet concerne le bloc n°3104, situé dans le bassin onshore de Majunga, qui renfermerait selon les estimations 1,47 milliard de barils d’huile lourde.

     

    D’autres contrats de partage de production et titres miniers d’hydrocarbures sont également officiellement annulés. Dans le Bassin d’Ambilobe, l’État a acté l’expiration des droits de deux opérateurs majeurs en 2019 : Oyster Oil and Gas Ltd pour le bloc terrestre d’Antsiranana (1101) et Pura Vida Mauritius pour le périmètre offshore d’Ambilobe.

     

    Le Bassin de Majunga connaît également un retrait significatif, marqué par l’annulation de quatre titres offshore détenus par BP Exploration Madagascar (Cap Saint André, Ampasindava, Majunga Nord et Sud), ainsi que l’expiration des permis onshore de Madagascar Northern Petroleum Company Ltd à Antsohihy et de Madagascar Petroleum International Ltd à Bekodoka en 2015.

     

    Le Bassin de Morondava est la zone la plus touchée par ces mesures de régularisation du domaine minier national. En zone onshore, plusieurs compagnies voient leurs titres officiellement expirés, notamment Varun Petroleum SARL (Tambohorano), Amicoh Resources Limited (Manja), Madagascar Energy International Ltd (Sakaraha) et Petromad Incorporation (Lac Bezaha). Parallèlement, le gouvernement a annulé les titres de Tullow Madagascar Ltd sur les blocs de Mandabe et Berenty.

     

    En zone offshore, les contrats de partage de production sont rompus pour CB World Trade Natural Energy Ltd (Belo Profond Nord), Marex MC Inc. (Belo Profond) et OMV Offshore Morondava GMBH (Grand Prix), libérant ainsi ces espaces stratégiques pour de futurs appels d’offres.

     

    Comme déjà rapporté par l’Initiative pour la transparence des industries extractives (Itie) Madagascar, ces annulations ont été motivées par plusieurs facteurs, notamment l’expiration des permis, le non-respect des obligations légales et l’insuffisance d’expertise sur l’exploitation des ressources. Et elles s’inscrivent dans le cadre de l’assainissement et de la relance du secteur pétrolier amont, selon cet organe tripartite pour la transparence minière.

  • SECTEUR BANCAIRE – Une “réserve obligatoire par palier” pour inciter les banques à prêter davantage à l’étude

    SECTEUR BANCAIRE – Une “réserve obligatoire par palier” pour inciter les banques à prêter davantage à l’étude

    La carotte pour les financeurs, le bâton pour les frileux. Banky foiben’i Madagasikara (BFM) indique étudier l’adoption d’une “réserve obligatoire par palier”. L’autorité monétaire envisage ainsi de moduler le taux de cette réserve obligatoire, en fonction de l’activité réelle de chaque établissement. “Le principe est simple : plus une banque finance l’économie par le crédit, moins elle est soumise à des réserves obligatoires. Une banque inactive verra pour sa part ses obligations de réserve augmenter”, expose le gouverneur de la Banque centrale, Aivo Andrianarivelo. Ce mécanisme, actuellement à l’examen, a été annoncé lors de la présentation de la décision de la politique monétaire, mardi.

     

    La réserve obligatoire est une sorte de “caution de sécurité” que les banques commerciales sont obligées de déposer à la Banque Centrale. C’est un des instruments à la disposition de BFM pour la mise en œuvre de sa politique monétaire, en plus de ses taux directeurs et de ses interventions sur le marché monétaire. Le taux de la réserve obligatoire qui s’applique à toutes les banques est pour le moment le même.

     

    Pour comprendre un coefficient de réserve obligatoire (RO) de 10 %, cela signifie que si un particulier dépose 100 millions d’ariary dans sa banque, 10 millions d’ariary seront obligatoirement prélevés et bloqués sur un compte à BFM. Ce sont les 90 millions d’ariary restant que la banque est libre d’utiliser pour accorder des crédits ou faire ces opérations. Ce système a pour effet de geler une quantité déterminée de liquidité bancaire qui pourrait occasionner une création monétaire excessive. Ainsi, la modification du coefficient des RO indique un resserrement ou un assouplissement de la politique monétaire.

     

    Ce que pourrait donc prévoir BFM, dans le contexte d’un “palier”, c’est que ce taux ne sera plus le même pour tous les établissements. En se basant sur le taux de 10% pris pour exemple, une banque très active dans l’octroi des crédits pourrait bénéficier d’un coefficient réduit à 8 % et récupérer ainsi du cash. Alors qu’une banque qui se contente de dormir sur ses coffres sans prêter, pourrait voir son coefficient monter à 12 % et se verra ainsi retirer du cash.

     

    Cette disposition mérite une étude vraiment approfondie, selon le Gouverneur Aivo Andrianarivelo. C’est également le cas de la réserve obligatoire en devise, avec les incompréhensions entre le secteur monétaire et la Banque centrale, souligne-t-il. “En travaillant sur ces deux aspects seulement, c’est déjà une politique de relâche et une politique de relance de l’économie. Car ça va donner plus de liquidités aux banques”, soutient-il.

  • ENERGIE – Le Port de Toamasina accueille sa première cargaison de 1 350 tonnes de gaz butane

    ENERGIE – Le Port de Toamasina accueille sa première cargaison de 1 350 tonnes de gaz butane

    Un second couloir pour l’approvisionnement en gaz butane de Madagascar. Le Port de Toamasina accueille ce vendredi son premier tanker GPL, le Clipper Orion, avec à son bord 1 350 tonnes de produit en provenance directe des Etats-Unis. Cette première livraison dans le Grand port rompt l’exclusivité du port de Mahajanga, et devra contribuer à la sécurisation de l’approvisionnement national.

    L’ouverture de ce point d’entrée devra en effet répondre à un impératif de sécurité face à la saturation du terminal de Mahajanga mais également par rapport à la fragilité des infrastructures routières, qui menaçaient jusqu’ici la continuité de la distribution. Vitogaz, l’un des principaux acteurs du secteur, vient d’ailleurs de se doter d’un terminal de stockage et d’importation au niveau du port. Il s’agit de “l’un des dépôts de stockage les plus modernes et les plus sûrs d’Afrique”, estime son promoteur.

    D’une capacité totale de 1 500 tonnes, cette nouvelle infrastructure renforcera durablement la sécurité d’approvisionnement en gaz butane à Madagascar, et répondre ainsi à une demande croissante des ménages et des entreprises. Elle devrait, parallèlement, contribuer à la création d’emplois et au transfert de compétences pour les Malgaches, en privilégiant une main d’oeuvre locale.

    Cet investissement s’inscrit comme une réponse directe et nécessaire à l’évolution rapide du paysage énergétique malgache. Le marché du gaz connaît en effet une dynamique importante, avec une croissance annuelle de 7 % par an selon les dernières données communiquées pour le secteur par l’Office malgache des hydrocarbures (OMH). Celui-ci note justement un recul structurel de la consommation du pétrole lampant au profit du gaz.

  • CONSOMMATION – La quantité du riz importé mis à la consommation à Madagascar franchit la barre des 800 000 tonnes en 2025

    CONSOMMATION – La quantité du riz importé mis à la consommation à Madagascar franchit la barre des 800 000 tonnes en 2025

    Un bond spectaculaire. Le volume du riz importé mis à la consommation à Madagascar s’établissait à 800 700 tonnes en 2025. Un chiffre obtenu à partir de la compilation des données fournies par la direction générale des Douanes (DGD) dans ses tableaux de bord mensuels. Il représente une hausse de 205%, soit plus du triple des 262 000 tonnes importés par la Grande île en 2024.
     
    La valeur totale annuelle de ces opérations s’élevait à 1 626,7 milliards d’ariary, avec une distribution très inégale selon les périodes de l’année. 60% de la valeur financière avait été dépensée sur les cinq premiers mois de 2025. Le calcul fait en tout cas ressortir une valeur moyenne des importations qui s’établissait à environ 135,6 milliards d’ariary par mois.
     
    Dans son rapport sur la politique monétaire, au début de ce mois de février, Banky foiben’i Madagasikara (BFM) explique cette importation massive par la reprise des exportations indiennes. Le retour de l’Inde sur le marché mondial avait entraîné une baisse du prix moyen de 18,9 %, rendant l’achat de riz à l’étranger plus attractif financièrement.
     
    La faiblesse de la production locale y a également largement contribué. BFM rapporte une mauvaise récolte en 2024. Ce qui devait réduire les stocks disponibles, obligeant le pays à compenser par des achats extérieurs. Les volumes importés ont par exemple bondi de +190,8 % au cours des premier et troisième trimestres, indique la Banque centrale.
     
    Selon les prévisions de l’Etat, la croissance du secteur primaire atteindrait une croissance de +6,4% cette année. Celle-ci repose principalement sur l’ajustement des performances anticipées de la branche “Agriculture”, dont la croissance est projetée à +7,4 %. Cette expansion reposerait sur plusieurs leviers stratégiques, à savoir l’intensification agricole, l’aménagement de nouvelles superficies rizicoles et la réhabilitation des périmètres irrigués, la réduction des pertes aux stades récolte et post-récolte, ainsi que le renforcement des services de proximité destinés à professionnaliser les filières.