Catégorie : Économie
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MANIFESTATION ÉCONOMIQUE – Des rencontres stratégiques pour propulser les pépites du Sud de Madagascar
Les idées locales à la rencontre des leviers de croissance nationaux. Près de 400 personnes participeront aux “Rencontres du secteur privé Sud” (RSPS) organisées par Miarakap à Taolagnaro. Ce grand rendez-vous qui aura lieu la semaine prochaine réunira les acteurs publics, privés, financiers et techniques, autour des dynamiques et perspectives de développement économique des régions du Sud de Madagascar.Ces rencontres se veulent un carrefour d’opportunités, où les entrepreneurs du Sud sortent de leur isolement pour se connecter à un écosystème complet. Le directeur général de Miarakap, Emmanuel Cotsoyannis, fait par d’une descente massive sur place des équipes du ministère de l’Industrie et du développement du secteur privé et de l’Economic development board of Madagascar (EDBM). Ceci pour permettre à ces entrepreneurs d’accéder directement aux décideurs pour comprendre les réformes et les incitations à l’investissement.“Bien qu’ils soient particulièrement nombreux et dotés d’idées innovantes, beaucoup se heurtent à un manque d’accompagnement pour concrétiser leurs ambitions. Cet événement leur offrira un soutien multidimensionnel, incluant des programmes de formation, un meilleur accès au financement, ainsi que l’identification de nouveaux débouchés commerciales”, avance la directrice générale du développement du secteur privé, Lala Disaine.L’objectif est également de les orienter sur le parcours entrepreneurial et les étapes clés de la création de valeur. La Chambre de commerce et d’industrie France-Madagascar (CCIFM) figure alors parmi les bras technique et normatif qui y apportera ses expertises. Ce réseau d’affaires pilotera plusieurs conférences autour notamment des exportations, indique sa responsable formation et service d’appui aux entreprises, Onjaniaina Randrindra.Miarakap procèdera par ailleurs à l’inauguration de son hub entrepreneurial « Akao » Taolagnaro, en marge de ces rencontres. Ce hub ambitionne de devenir un lieu de référence pour l’accompagnement des entrepreneurs, la mise en relation des acteurs économiques, et le développement d’initiatives innovantes contribuant à la transformation économique du territoire. -

INNOVATION – GazNika décroche la 2ᵉ place du Grand Prix international de l’Orange Summer Challenge 2025
Des jeunes malgaches brillent en argent. La startup malgache GazNika vient de remporter la deuxième place du Grand Prix international Orange Summer Challenge (OSC) 2025, organisé par le réseau Orange Digital Center. L’annonce a été faite lors d’une cérémonie tenue à Casablanca (Maroc), suivie en direct depuis l’Orange Digital Center à Soarano à Antananarivo.
Sélectionnée parmi 14 startups issues d’Afrique et du Moyen-Orient, GazNika a représenté Madagascar dans cette édition placée sous le thème “Startup for Good”. Le projet, positionné sur la green-tech, développe une solution intégrée de production et de distribution de biogaz à partir de déchets organiques, visant une énergie propre, accessible et économiquement viable, dans une logique d’économie circulaire.
Grâce à ce classement, GazNika bénéficie d’un accompagnement spécifique et d’un soutien financier total de 16 000 euros, dont 11 000 euros dédiés au développement de la startup et 5 000 euros offerts aux jeunes talents impliqués dans le projet.
“Porter GazNika à ce niveau international est une immense fierté. Ce prix est un encouragement à aller encore plus loin et à croire pleinement en l’innovation malgache”, confie Zoniaina Natacha, ingénieure en électromécanique et porteuse du projet, saluant l’accompagnement d’Orange Digital Center.
Organisé dans 14 pays, l’Orange Summer Challenge est un programme d’appui à l’entrepreneuriat responsable, soutenu par plusieurs partenaires internationaux, dont Amazon Web Services, Meta, le Programme des nations unies pour le développement, Dar Blockchain et The Hashgraph Association.
Pour la deuxième année consécutive, Madagascar figure sur le podium de l’OSC international. Après la victoire de Plastikoo en 2024, la performance de GazNika confirme la visibilité croissante des initiatives innovantes portées par la jeunesse malgache.
“Ces succès témoignent de la qualité de l’encadrement et de l’accompagnement proposés par Orange Digital Center”, souligne Lalaina Andrianalison, directrice RSE, ODC et Mécénat chez Orange Madagascar.
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SECTEUR EXTRACTIF – Plus de 3 000 demandes de permis miniers à traiter pour le BCMM
Le processus est lancé. Le Bureau du cadastre minier de Madagascar (BCMM) s’attaque depuis lundi au traitement des demandes en instance de permis miniers. Plus de 3 000 demandes bloquées depuis 2009 seront traitées et évaluées, indique le directeur général par intérim de cet organisme, André Lovasoa Arison.La gestion de ces dossiers en instance s’inscrit dans une dynamique de relance du secteur, impliquant des réformes structurelles. Contrairement à l’ancien régime où le dépôt d’un simple programme de travail suffisait généralement à l’obtention du titre, le cadre réglementaire actuel impose désormais une évaluation rigoureuse des dossiers.Le ministère des Mines indique que de nouveaux critères et outils avaient été introduits, même pour les dossiers déposés avant ces réformes. Ce département parle notamment d’études de préfaisabilité qui sont obligatoires pour la transformation d’un permis de recherche en permis d’exploitation ou encore l’obligation pour les entreprises minières de soumettre un plan de Responsabilité sociale et environnementale (PRSE). Sans parler des canevas standardisés ou de la mise en place du Fonds minier pour le développement social et communautaire (FMISC).Le processus de traitement et d’évaluation de ces milliers de demandes est donc désormais pleinement opérationnel. Et les délais d’exécution seront optimisés pour assurer une diligence raisonnable, rassure le DGpi du BCMM. Le délai cible entre le dépôt de la demande et l’octroi du permis est de 60 jours ouvrables. Une fois que le dossier d’instruction est complété auprès du BCMM, il est transmis à la direction générale des mines pour évaluation technique. Seuls les dossiers conformes et complets font l’objet d’un traitement final. -

TEXTILE – La prolongation de l’Agoa comme sursis stratégique pour les entreprises franches malgaches
Une « bouffée d’oxygène » dans un climat économique global tendu. Voilà comment le président du Groupement des entreprises franches et partenaires (GEFP), Hery Lanto Rakotoarisoa, définit la prolongation d’un an de la Loi sur la croissance et les opportunités en Afrique (Agoa). Contacté au lendemain de la ratification officielle de cette disposition dans le cadre du budget américain, il a accepté de s’exprimer sur le sujet ce mercredi.
Pour Hery Lanto Rakotoarisoa, cette mesure qui revêt un caractère rétroactif à compter de septembre 2025 permet déjà aux entreprises malgaches ayant avancé le paiement des surtaxes douanières pour leurs exportations vers les Etats-Unis d’en obtenir le recouvrement. Mais ce sursis réglementaire devrait également offrir “une fenêtre stratégique indispensable”, explique-t-il, en rappelant que la préparation d’une campagne d’exportation nécessite un cycle d’anticipation d’au moins douze mois.
“L’objectif est désormais de permettre à un maximum d’opérateurs de renouer avec leurs portefeuilles clients historiques et de sécuriser le maintien de leurs activités de production à Madagascar, malgré un contexte opérationnel complexe”, avance le président du GEFP.
Mais il insiste sur la pérennisation des activités sur le long terme. Une viabilité qui repose, selon ses explications, sur deux piliers internes majeurs, dont le premier est la clarification du cadre juridique. Selon Hery Lanto Rakotoarisoa, il est impératif de statuer de toute urgence sur le maintien et l’évolution du régime des Zones Franches. Le second pilier concerne la sécurité des investissements. Le président du GEFP soutient en effet que la prospection commerciale restera vaine sans une définition claire et stable des “règles du jeu” fiscales et incitatives.
Bien que l’Agoa ait été renouvelé d’un an, le manque de visibilité actuel persiste pour ce groupement, car les entreprises ont été impactées de manières diverses durant la période d’incertitude passée. Aussi, pour restaurer la compétitivité du secteur, des mesures de soutien concrètes s’imposent. C’est notamment le cas du remboursement par l’État des arriérés de crédits de TVA dus aux entreprises franches. En matière de stabilité législative, une confirmation officielle du cadre des affaires est tout autant nécessaire pour rassurer les donneurs d’ordres.
L’ambassade de Madagascar à Washington se dit par ailleurs pleinement mobilisée auprès des législateurs américains et des parties prenantes clés pour promouvoir une refonte stratégique et une modernisation du programme Agoa. Il s’agit d’une démarche qui s’inscrit dans un objectif commun qui est d’élargir les opportunités commerciales et consolider un partenariat économique durable et mutuellement bénéfique entre Madagascar et les États-Unis, indique l’ambassade. -

IMPORT-EXPORT – Le déficit commercial de Madagascar franchit la barre des 2 000 millions de dollars en 2025
L’année 2025 avait été marquée par un creusement significatif du déficit commercial de Madagascar. Il était passé de 1590,3 millions de dollars en 2024 pour atteindre 2 037 millions de dollars l’année dernière. Son poids dans le Produit intérieur brut (PIB) du pays avait alors bondi de 9% à 10,6%. C’est Banky Foiben’ny Madagasikara (BFM) qui en avait fait part lors de la présentation de son Rapport sur la Politique monétaire, ce mardi.La balance commerciale malgache s’est ainsi largement dégradée en seulement douze mois. Madagascar continue de voir ses revenus à l’exportation diminuer, tandis que ses dépenses pour les produits importés s’envolent.Pour les exportations, elles ont globalement reculé de 3,5% pour s’établir à 2 484 millions de dollars. Un repli qui était principalement porté par l’effondrement de la filière vanille, dont les recettes avaient chuté de 45,4%. Le girofle avait également enregistré un recul de 8,6%. Tout comme le nickel qui avait pâti d’une dépréciation des cours mondiaux malgré une hausse de la production. Malgré une bonne performance des entreprises franches et du cobalt, le dynamisme de ces secteurs n’avait pas suffi à colmater les brèches.Car de l’autre côté, les importations de Madagascar avaient poursuivi leur ascension avec une hausse globale de 8,7 %, portée par la quasi-totalité des secteurs d’activité. Une dynamique qui avait été particulièrement marquée par une hausse de 23,9% des achats de produits alimentaires, dont une envolée spectaculaire pour les importations de riz. Une situation qui s’est exacerbée avec le coût des matières premières importées par Madagascar qui s’est accru de 20%, dû notamment à l’inflation des prix internationaux plus qu’à l’augmentation des volumes commandés. -

COMMERCE – Feu vert de Trump pour la prorogation d’un an de l’Agoa qui exige “un meilleur accès aux marchés” pour les Américains, selon l’USTR
C’est acté. Le président américain Donald Trump a procédé mardi à la signature de la loi budgétaire HR 7148 autorisant le financement de certains départements des Etats-Unis. Celle-ci prolonge également la Loi sur la croissance et les opportunités en Afrique (Agoa) jusqu’au 31 décembre 2026, avec effet rétroactif au 30 septembre 2025.
C’est le meilleur scénario que pouvait espérer les pays bénéficiaires de cet accord commercial préférentiel du côté de la Maison-Blanche. Initialement expiré à la fin du mois de septembre, un premier projet de loi avait été voté par la Chambre des représentants à la mi-janvier 2026 pour proposer l’extension de trois de l’Agoa, jusqu’en 2028. Le texte avait toutefois fait l’objet d’un compromis de dernière minute entre la Maison Blanche et les Démocrates du Sénat.
Un paquet budgétaire avait alors été élaboré, suivi de l’adoption par le Sénat d’une version modifiée de la loi HR 7148. Cette version intégrait le renouvellement de l’Agoa pour une durée plus courte d’un an, afin de l’aligner sur la volonté de révision du programme par l’administration Trump. C’est seulement lundi, après un bref shutdown que la Chambre des représentants a voté cette version proposée par le Sénat. Le Président Trump l’a signé mardi pour rendre l’extension d’un an de l’Agoa officielle et rétroactive.
Mais la position américaine est claire. “L’Agoa pour le XXIe siècle doit exiger davantage de nos partenaires commerciaux et offrir un meilleur accès aux marchés pour les entreprises, agriculteurs et éleveurs américains afin de s’appuyer sur les bénéfices qu’elle a historiquement apportés à l’Afrique et aux États-Unis”, déclare Jamieson Greer, représentant américain au Commerce (USTR). “Nous devons également veiller à ce que le programme renforce le commerce américano-africain et travaillerons avec le Congrès au cours de l’année à venir pour moderniser le programme afin de s’aligner sur la politique commerciale America First du président Trump”, ajoute-t-il.
L’USTR annonce alors travailler avec les agences concernées dans les prochains jours. Ce, afin de mettre en œuvre toute modification apportée à l’Annexe tarifaire harmonisée des États-Unis à la suite de la législation réautorisant l’Agoa.
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POLITIQUE MONÉTAIRE – BFM maintient la rigueur avec un taux directeur à 12%, les banques commerciales réclament des leviers de relance
Le Comité monétaire de Banky foiben’i Madagasikara (BFM) avait décidé de maintenir son taux directeur à 12%. L’autorité monétaire indique avoir pris cette décision, estimant que ce niveau est “approprié” pour atteindre l’objectif d’inflation de 5% à moyen terme et préserver un cadre macroéconomique propice à la stabilité économique. La décision de politique monétaire a été exposée par BFM devant les représentants du secteur privé, mardi.La Banque centrale opte pour ce statu quo, bien qu’elle ait rapporté une inflation en net recul et une monnaie stabilisée. Elle explique qu’assouplir prématurément la politique monétaire pourrait raviver les tensions sur les prix, fragiliser le pouvoir d’achat de l’ariary ainsi que compromettre les perspectives de croissance. BFM se veut d’ailleurs prudente face aux pressions inflationnistes qui subsistent et la fragilité de la désinflation. Elle note en effet des distorsions entre l’offre globale et le niveau de surliquidité du marché.Selon le rapport de la Banque centrale, cette surliquidité avait atteint un niveau “exceptionnellement élevé” au début de l’année 2026, expliquée notamment par des entrées importantes de devises liées à des projets de développement en fin d’année 2025. Or économiquement, trop de liquidités disponibles dans le système bancaire peuvent entraîner une distribution excessive de crédits. Ce qui risque d’augmenter la masse monétaire plus vite que la production et de relancer ainsi l’inflation.Le défi est alors de s’assurer que cet argent serve à financer l’économie réelle plutôt que de rester bloqué dans les facilités de la banque centrale ou de nourrir la spéculation. BFM avait ainsi encouragé les établissements bancaires à orienter ces excédents de liquidité vers le financement de l’économie.Les banques commerciales indiquent digérer le maintien à 12% du taux directeur. “Nous ne le considérons pas comme prohibitif. Mais nous estimons qu’il y a possibilité de libérer davantage de la liquidité pour mettre à disposition les opérateurs économiques les moyens dont ils ont besoin, surtout après les chocs du dernier trimestre, pour assister à une vraie relance”, soutient Hugues Bonshe Makalebo, président de l’Association professionnelle des banques (APB) de Madagascar.A en croire les explications de cette association, la surliquidité n’est pas répartie de manière égale. Des instruments différenciés avaient alors été suggérés afin de donner plus de moyens aux banques qui ont réellement la “volonté de financer”. La résilience du secteur bancaire pourrait être renforcée avec des assouplissements qui permettraient à certains de disposer des moyens pour continuer à financer l’économie, lance son président.BFM dit être en mode “observation” de la conjoncture et des dialogues publics-privés pour la relance des entreprises nationales. Les banques veulent, pour leur part, être proactives pour que la reprise, prévue pour le deuxième trimestre, commence dès maintenant. -

INTERNET – Le programme Smart Village pour soutenir l’inclusion numérique et désenclaver les zones les plus reculées
Antananarivo, 3 Février, 12h05 – “L’accès à Internet ne doit pas être un privilège mais plutôt un droit”. Mahefa Andriamampiadana, ministre du Développement numérique, des postes et des télécommunications (MNDPT), insiste sur l’importance de l’inclusion numérique, au cours d’une émission spéciale diffusée sur la chaîne audiovisuelle publique, lundi soir. “Beaucoup trop de personnes n’ont pas accès à Internet”, déplore-t-il dans son intervention.Outre la baisse des prix de la connexion, il souligne alors que l’inclusion numérique fait partie des priorités de son département. C’est dans ce sens qu’il a mis en avant le programme Smart Village et le dispositif Rapid Rural Transformation (RRT) récemment déployés dans les régions Androy et Anosy, notamment sur l’axe Vohitsova-Antanimora.A entendre le ministre, près de 10 000 personnes bénéficient de ces actions d’inclusion numérique mises en œuvre dans le Grand Sud de Madagascar. Six sites sont actuellement opérationnels dans ces deux régions.Présentés comme des centres communautaires numériques, les Smart Villages regroupent des guichets de services publics destinés à rapprocher l’administration des populations rurales enclavées. Le projet est mis en œuvre en partenariat avec le Programme alimentaire mondial (PAM). “L’objectif est de briser l’isolement des zones rurales et de placer l’inclusion numérique au cœur du développement régional”, souligne le ministre.Sur le plan technique, la connectivité repose sur un système hybride associant Internet par satellite et énergie solaire hors réseau. Cette configuration vise à garantir un accès continu aux services numériques, y compris dans les localités dépourvues de réseau électrique. Les infrastructures installées permettent notamment l’accès à des services administratifs dématérialisés, à l’information économique et aux outils de communication.Dans le cadre de la modernisation de l’administration locale, 11 entités clés, parmi lesquelles des districts, des hôpitaux, des établissements scolaires, des services de gendarmerie, des communes et des services agricoles, ont été dotées d’équipements informatiques. L’objectif affiché est d’automatiser certaines démarches administratives et d’améliorer le reporting des services déconcentrés de l’État.La pérennisation du dispositif constitue également un axe du programme. Des agents “Smart Village” ont bénéficié, les 23 et 24 janvier, de formations portant sur un nouveau modèle de gestion visant l’autonomie financière et opérationnelle des hubs numériques. Il s’agit alors de permettre la continuité des services au-delà de la phase de déploiement initial.Au-delà des services administratifs, le programme intègre des volets économiques et sociaux. L’accès à l’énergie solaire permet, par exemple, l’installation d’équipements de conservation frigorifique pour les produits halieutiques et carnés, facilitant leur commercialisation. Des dispositifs d’e-cooking ont également été introduits dans certaines cantines scolaires, avec pour objectif de réduire la consommation de bois de chauffe et les dépenses alimentaires.D’après les indicateurs communiqués par le ministère pour la période 2024-2025, plus de 1 200 jeunes ont été formés aux compétences numériques, tandis qu’une augmentation d’environ 20 % des activités commerciales et des micro-services a été observée autour des hubs. Le projet a également conduit à la création d’emplois locaux liés à la gestion et à l’animation des sites.“La suppression de la fracture numérique reste une priorité du ministère”, insiste Mahefa Andriamampiadana, en soulignant que ces initiatives visent à inscrire la modernisation des services publics et l’inclusion numérique dans une dynamique durable au bénéfice des populations du Grand Sud. -

INDUSTRIE EXTRACTIVE – Une dizaine d’opérateurs nationaux et internationaux dans les grandes mines déjà en lice, selon l’administration
Antananarivo, 3 Février, 10h00 – Un pipeline de projets en ébullition. L’administration minière indique compter au moins une dizaine de sociétés minières souhaitant développer des projets d’envergure à Madagascar. Il s’agit non seulement de compagnies étrangères mais également d’investisseurs nationaux qui entendent opérer dans le secteur, confie le secrétaire général du ministère des Mines, Georges Rasamimanana, durant l’annonce de la reprise officielle du traitement des demandes de permis miniers, lundi.“Nous encourageons vivement les opérateurs professionnels à investir dans ces grands projets. Le secteur minier étant caractérisé par des investissements à haut risque, notre priorité est d’attirer des acteurs dotés d’une expertise technique éprouvée”, lance de responsable de l’administration minière.Bien que l’attractivité minière de Madagascar suscite de nombreuses sollicitations de la part d’investisseurs potentiels, le ministère des Mines s’assure d’opérer un filtrage rigoureux et une évaluation stratégique des dossiers face à cet afflux de demandes pour des projets structurants. “Notre rôle est de garantir que chaque implantation industrielle se traduise par des bénéfices tangibles et durables pour l’économie nationale. Nous confirmons aujourd’hui que le pipeline de grands projets en phase d’installation est particulièrement porteur”, soutient le directeur de cabinet du ministère, Joaquim Paraina.Par ailleurs, concernant les modalités d’attribution de permis miniers, le directeur général des mines, David Ratsimbazafy, fait part de la délimitation de Zones d’étude géologique. Il s’agit de périmètres pour lesquels l’État dispose déjà de données techniques précises sur le potentiel minéral et que les opérateurs peuvent exploiter par voie de mise en concurrence ou d’appel d’offres.Ces appels d’offres ciblent prioritairement des projets d’envergures. Cette disposition permettrait à l’État de négocier une participation active au capital des sociétés exploitantes, afin de favoriser l’émergence de grandes mines, expose David Ratsimbazafy. Il fait notamment référence au potentiel offert par la zone de chrome d’Andriamena, qui fait partie de ces zones d’étude géologique que les opérateurs peuvent exploiter. “L’État ne cherche pas à monopoliser les ressources, mais à encadrer les partenariats entre opérateurs privés et investisseurs pour développer des projets structurants”, rassure-t-il.L’administration douanière indique avoir déjà finalisé l’ensemble des instruments juridiques et techniques visant à professionnaliser le secteur pour maximiser les retombées locales. Une rigueur qui se manifeste notamment par l’étude de préfaisabilité qui est désormais impérative et alignée sur les standards internationaux. Il y a également le Plan de responsabilité sociétale et environnementale qui est une exigence obligatoire pour assurer la durabilité des sites après exploitation. -

NOTATION FINANCIÈRE – Madagascar regagne la confiance de S&P Global Ratings, qui lève sa “surveillance avec implication négative”
L’alerte est levée. S&P Global Ratings indique avoir levé en ce mois de janvier “la mise sous surveillance avec implication négative” qui pesait sur la note souveraine de Madagascar. Une décision que cette agence de notation financière a prise après avoir observé la situation au pays ces trois derniers mois, après l’événement qu’elle qualifie de “coup d’Etat” au mois d’octobre 2025. S&P Global Ratings estime que malgré le changement de régime, l’administration continue de travailler, Madagascar continue de payer ses créanciers et le calme est globalement revenu.
S&P Global Ratings avait placé à “B-/B” ses notes de crédit souverain à long et court terme en devises locales et étrangères attribuées à Madagascar vers mi-octobre. Et la Grande île était également placée sous “CreditWatch”, c’est-à-dire sous surveillance, avec des implications négatives. S&P Global Ratings avait parallèlement revu à la baisse de “B” à “B-” son évaluation de transfert et de convertibilité de Madagascar. A l’époque, ces notes avaient été attribuées à Madagascar par rapport au contexte et à l’incertitude entourant la transition politique et son impact élevé sur l’économie.
Après observation, S&P Global Ratings indique avoir constaté “une continuité administrative pleinement assurée après la prise de pouvoir par les militaires”. L’agence note que le service de la dette a été honoré, les activités commerciales et les projets ont pour l’essentiel repris, et les bailleurs de fonds maintiennent leur engagement envers le pays. Elle déduit alors que “si les perspectives institutionnelles et politiques à moyen terme nous semblent fragiles, les pressions à court terme se sont atténuées. En conséquence, nous confirmons nos notes de crédit souverain “B-/B” pour Madagascar et levons la surveillance avec implication négative, reflétant une stabilisation de l’environnement politique. La perspective est stable”.
La note B- est toutefois un signal de grande fragilité. Elle reconnaît que Madagascar honore ses engagements aujourd’hui, mais avertit que le pays dispose de très peu de marge d’erreur face aux chocs climatiques, politiques ou économiques. Une perspective stable signifie pour sa part que malgré une situation encore fragile, les risques immédiats ont été écartés et qu’aucun changement de note n’est prévu à court terme.
S&P Global Ratings prévoit que les notes de Madagascar pourraient être abaissées si les tensions politiques venaient à s’exacerber, entraînant une nouvelle instabilité qui compromettrait la capacité de Madagascar à assurer le service de sa dette. L’émergence de tensions sur la liquidité, pèserait également sur notre évaluation de la solvabilité du souverain. Mais ces notes pourraient également être relevées si le déficit budgétaire se réduit au-delà des prévisions, soutenu par une hausse des recettes publiques, et si la position extérieure du pays s’améliore, avance-t-elle.
S&P Global Ratings est une agence de notation de crédit. Elle fait partie des “Big Three”, aux côtés de Moody’s et Fitch Ratings. Ces trois agences dominent le marché mondial et leurs analyses font la loi sur les marchés financiers internationaux.