Catégorie : Économie

  • COMMERCE – Explosion des importations de biens de consommation en dix ans, selon les données de la Douane

    COMMERCE – Explosion des importations de biens de consommation en dix ans, selon les données de la Douane

    190% de hausse en dix ans. Entre 2015 et 2024, les importations de biens de consommation ont connu une hausse marquée, selon les statistiques issues du système de la Douane. Durant cette période, la valeur des importations classées dans la catégorie “autres biens”, qui regroupe principalement des produits manufacturés destinés à la consommation finale, est passée d’environ 1 900 milliards d’Ariary à plus de 5 400 milliards d’Ariary.

     

    D’après les données du commerce extérieur compilées par la Douane, la valeur totale des importations a progressé plus rapidement que celle des exportations sur la période. En 2024, les importations ont atteint près de 21 900 milliards d’Ariary, contre 11 700 milliards d’Ariary d’exportations, contribuant à l’aggravation du déséquilibre commercial.

     

    La répartition géographique des échanges, telle que présentée dans les tableaux statistiques douanières, montre une forte concentration des importations de biens manufacturés en provenance de l’Asie. La Grande Chine, l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (Asean) et l’Inde-Pakistan figurent parmi les principaux fournisseurs du pays. Cette configuration accroît la dépendance de l’économie nationale aux chaînes d’approvisionnement extérieures et rend les prix intérieurs plus sensibles aux variations des coûts logistiques et des taux de change.

     

    Sur le plan macroéconomique, la hausse soutenue des importations de biens de consommation, mise en évidence par les données douanières, contribue à l’élargissement du déficit commercial et à la pression sur les réserves en devises. Cette tendance pose la question de la capacité de l’économie à réduire durablement sa dépendance aux produits importés sans un renforcement significatif de la production industrielle locale.

  • PROMOTION DES INVESTISSEMENTS – Le magistrat Andrianaina Rabarisoa préside le Conseil d’administration de l’EDBM

    PROMOTION DES INVESTISSEMENTS – Le magistrat Andrianaina Rabarisoa préside le Conseil d’administration de l’EDBM

    Du changement dans la gouvernance de l’Economic development board of Madagascar (EDBM). Le pilotage stratégique de l’agence nationale de promotion des investissements est désormais confié à un Conseil d’administration renouvelé, placé sous la présidence du magistrat Andrianaina Rabarisoa. Une restructuration opérationnelle dès ce lundi.

    Andrianaina Rabarisoa, magistrat de l’ordre administratif, remplace ainsi Joël Randriamandranto à la présidence de ce Conseil d’administration. En tant que conseiller technique du président de la Refondation de la République, la nomination de ce magistrat, très actif au sein de différentes associations et organisations de la société civile, suggère une volonté de l’Etat d’accélérer les réformes structurelles pour le climat des affaires.

    La composition du Conseil d’administration de l’EDBM reste à 22 membres, répartis entre les instances étatiques et les organisations professionnelles. L’Etat y est représenté par 12 membres, issus notamment du Secrétariat général de la Primature ainsi que 10 ministères clés. Ces derniers couvrent les secteurs vitaux pour l’investissement, à savoir l’économie, la justice, l’agriculture, l’industrie, l’énergie, le tourisme et le numérique.

    Le secteur privé occupe pour sa part 10 sièges. On y compte les groupements patronaux, intégrant les leaders des grandes fédérations comme le Groupement des entreprises de Madagascar (GEM), le Groupement du patronat de Madagascar (Fivmpama), le Syndicat des industries de Madagascar (SIM) et le Groupement des entreprises franches et partenaires (GEFP).

    La représentativité du secteur privé est renforcée par l’intégration de filières stratégiques. Des organisations clés telles que la Confédération du Tourisme de Madagascar (CTM), la Chambre des mines, le Syndicat malgache de l’agriculture biologique (Symabio) pour l’agriculture biologique, ainsi que la Fédération des chambres de commerce et d’industrie de Madagascar (FCCIM) pour les Chambres de commerce, siègent désormais au Conseil pour porter la voix des secteurs spécialisés. Et le Conseil d’administration est complété par des profils stratégiques issus de la société civile et du secteur privé pour apporter une caution technique.

    La liste complète des membres du Conseil d’administration de l’EDBM :
    Pour le secteur public:
    Andrianaina Rabarisoa : Président du Conseil d’administration (Présidence de la République)
    Heritiana Joël Razafimanantsoa: Secrétaire Général du Gouvernement (Représentant du Premier Ministre).
    Christine Razanamahasoa : Ministre des Affaires étrangères.
    Fanirisoa Ernaivo : Garde des Sceaux, Ministre de la Justice.
    Dr. Herinjatovo Aimé Ramiarison : Ministre de l’Économie et des finances.
    Ruffin Sambany : Secrétaire général du ministère chargé du Foncier.
    José Nirina Rasatarimanana : Ministre de l’Agriculture et de l’élevage.
    Andriniaina Rasoarahona : Ministre de l’Industrialisation et du développement du secteur privé.
    Soatiana Bety Léonne Florent : Ministre du Travail, de l’emploi et de la fonction publique.
    Ny Ando Jurice Ralitera : Ministre de l’Énergie et des hydrocarbures.
    Lucie “Lily” Vololoniaina Rafaralahy : Ministre du Tourisme et de l’artisanat.
    Mahefa Andriamampiadana : Ministre du Développement numérique, des postes et des télécommunications.

    Pour le secteur privé
    Hery Lanto Rakotoarisoa : Président du GEFP (Groupement des Entreprises Franches et Partenaires).
    Joséphine Andriamamonjiarison : Conseiller au sein du GEM (Groupement des Entreprises de Madagascar).
    Lahiniriko Tojosoa Pierrot Razafimahefa : Président de la CTM (Confédération du Tourisme de Madagascar).
    Wing Wilfrid Laou-Po : Président de la FCCIM (Fédération des CCI de Madagascar).
    Rivo Rakotondrasanjy: Président du Fivmpama (Groupement du patronat de Madagascar).
    Heriniaina Ramboatiana : Vice-Président du Symabio (Syndicat Malgache de l’Agriculture Biologique).
    Tiana Rasamimanana : Président du SIM (Syndicat des Industries de Madagascar).
    Mejamirado Razafimihary : Associé, représentant la CMM (Chambre des Mines de Madagascar).
    Sahondra Rabenarivo : Personne ressource (Expertise en réforme du climat des affaires).
    Rivonavalona Andriamanalina: Personne ressource (Expertise en investissements privés).

  • DÉVELOPPEMENT – Le GEM propose une feuille de route pour la relance du secteur énergie

    DÉVELOPPEMENT – Le GEM propose une feuille de route pour la relance du secteur énergie

    Transformation structurelle, c’est en ce sens que le Groupement des entreprises de Madagascar (GEM) a soumis aux autorités, lors des récentes assises économiques, un plan de modernisation visant à stabiliser le système électrique national. Ce document identifie l’énergie comme le levier central de la croissance et de la compétitivité. L’organisation suggère alors des investissements immédiats pour réduire les coûts de production, qui freinent actuellement l’industrie. L’objectif affiché est de produire des résultats tangibles dès 2026 en restructurant le mix énergétique, favorisant ainsi un environnement plus favorable pour l’ensemble des opérateurs économiques.
     
    Ce plan stratégique prévoit un déploiement massif de 160 MW d’énergie solaire sur une période de douze mois. Le programme se décompose en 100 MW destinés à la Capitale et 60 MW pour les provinces, pour un investissement total estimé entre 135 et 180 millions d’euros. Cette transition vise à substituer la production thermique, particulièrement coûteuse et dépendante des importations, par des sources renouvelables locales. En stabilisant l’alimentation des centres régionaux, cette initiative entend assurer une meilleure continuité de service, indispensable au fonctionnement régulier des entreprises nationales.
     
    La modernisation des infrastructures de transport et de distribution constitue un autre axe prioritaire des recommandations du GEM. Le secteur privé propose d’allouer jusqu’à 200 millions d’euros pour réduire les pertes techniques et améliorer la qualité de la tension électrique sur le réseau. Parallèlement, le développement de mini-barrages et de réseaux décentralisés doit favoriser l’accès à l’énergie dans les zones reculées. Ces solutions locales sont conçues pour soutenir l’électrification productive, notamment dans les secteurs de l’agriculture et des PME, piliers de la dynamique économique territoriale.
     
    Sur le plan institutionnel, la réussite de ces propositions dépend de mesures d’accompagnement spécifiques de la part de l’État. Le secteur privé préconise une fiscalité incitative, incluant l’exonération des taxes à l’importation sur les équipements liés à la transition énergétique. Le redressement structurel de la Jirama et la mise en place de garanties financières sont également jugés essentiels pour attirer les investisseurs internationaux. Cette approche globale, telle que présentée durant les rencontres économiques, vise à lever les verrous énergétiques pour faire du secteur un moteur durable de l’émergence nationale.
  • DEVISES – Les réserves de change de Banky foiben’i Madagasikara à 3,4 milliards de dollars à mi-janvier 2026

    DEVISES – Les réserves de change de Banky foiben’i Madagasikara à 3,4 milliards de dollars à mi-janvier 2026

    Les réserves officielles de change détenues par Banky foiben’i Madagasikara (BFM) vers la moitié de ce mois de janvier s’élevaient à 3,4 milliards de dollars. Ce qui représentait selon l’autorité monétaire 6,7 mois d’importation. Le Gouverneur de la Banque centrale, Aivo Andrianarivelo, avait fait part de cette situation des réserves lors de la signature des conventions cadres relatives à la protection des sites et à l’escorte des fonds de BFM, mercredi dernier.

     

    Aussi, même en cas de choc économique majeur entraînant une suspension totale des flux de devises vers le pays, ce stock permettrait de couvrir les importations de biens et services de Madagascar pendant 6,7 mois. Cet indicateur de couverture, qui frôle désormais les sept mois d’importations, témoigne, selon Aivo Andrianarivelo, de la résilience de l’économie nationale. Et la capacité de la Banque Centrale à accumuler de telles réserves confirme la solidité des fondamentaux économiques actuels.

     

    BFM rapporte par ailleurs une progression significative de ses réserves de changes par rapport à l’exercice 2025 qui s’établissait à 2,3 milliards de dollars. Pour son Gouverneur, cette croissance est le résultat direct des interventions stratégiques de la Banky Foiben’i Madagasikara sur le Marché interbancaire de devises (MID), où ses rachats réguliers avaient permis de consolider durablement cette épargne de précaution.

  • VIGNETTE – L’administration fiscale annonce le report de l’application de la taxe sur les véhicules motorisés

    VIGNETTE – L’administration fiscale annonce le report de l’application de la taxe sur les véhicules motorisés

    Reportée. Initialement prévue pour le 31 janvier 2026, l’échéance de l’application de la taxe sur les véhicules motorisés est repoussée à une date qui reste à définir. Cette annonce a été faite par Daniel Rainizafy, chef de service de la comptabilité et de l’appui technique au sein de la direction générale des impôts (DGI), lors d’une intervention, la semaine dernière, sur la télévision nationale. Selon ce responsable, ce délai supplémentaire vise à permettre la finalisation des derniers réglages techniques nécessaires au bon fonctionnement du système de perception avant son déploiement à l’échelle nationale.

    En conséquence, les opérations de contrôle routier initialement programmées pour la fin du mois de janvier sont suspendues. “Les autorités compétentes ont reçu pour consigne de ne pas exiger la vignette lors des vérifications sur la voie publique jusqu’à nouvel ordre”, précise Daniel Rainizafy. Celui-ci ajoute que ce report concerne l’ensemble des moyens de transport motorisés, incluant les voitures particulières, les deux-roues, ainsi que les engins ferroviaires, nautiques et aériens. La DGI communiquera ultérieurement le nouveau calendrier officiel pour permettre aux usagers de se mettre en règle sans précipitation.

    La loi de finances initiale de 2026 réinstaure la vignette qui avait été suspendue depuis 2006. Le nouveau barème prévu prend en compte l’âge du véhicule, sa puissance fiscale et son mode de propulsion. Les tarifs s’échelonnent de 5 000 à 340 000 ariary selon les catégories. Un véhicule à essence de faible puissance peut, par exemple, être taxé entre 15 000 et 115 000 ariary. Les motorisations hybrides ou électriques sont également intégrées au dispositif, avec des montants variant selon leur puissance, tout comme les bateaux de plaisance et les aéronefs immatriculés.

    Le paiement de cette redevance demeure obligatoire pour tous les propriétaires, qu’ils utilisent leur véhicule à des fins privées ou professionnelles. Toutefois, certaines catégories spécifiques comme les ambulances, les camions de pompiers et les véhicules administratifs bénéficient d’une exemption totale. La DGI rappelle que des sanctions, allant d’amendes forfaitaires à la saisie du matériel en cas de récidive, sont prévues pour les contrevenants. Les contribuables sont donc invités à suivre les prochaines annonces pour s’acquitter de leur obligation dès l’ouverture de la nouvelle période de collecte.

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  • ADMINISTRATION – La Douane déplore un manque d’effectifs, le ministère des Finances mise sur l’optimisation des ressources existantes

    ADMINISTRATION – La Douane déplore un manque d’effectifs, le ministère des Finances mise sur l’optimisation des ressources existantes

    Un effectif à renforcer. Le directeur des Ressources et de la formation de l’administration douanière, José Rabetokotany, sollicite une augmentation des ressources humaines de la direction générale des Douanes (DGD). Ce responsable estime que des postes budgétaires supplémentaires sont nécessaires au sein de cette direction générale afin d’accroître ses capacités opérationnelles et d’assurer le plein accomplissement des missions qui lui sont dévolues. La situation a été exposée lors de la célébration de la Journée internationale des Douanes, ce lundi.

    Pour le ministre de l’Economie et des finances, Herinjatovo Ramiarison, il convient de prioriser l’optimisation des ressources déjà présentes, dans la mesure où celles-ci sont déjà rémunérées pour l’exécution des missions de l’administration douanière. “Il est donc juste et cohérent de les affecter aux postes correspondants à leurs compétences”, lance-t-il.

    Selon ce membre du Gouvernement, la démarche consiste d’abord à évaluer précisément les besoins face aux ressources disponibles, afin d’identifier les éventuels sureffectifs et de procéder aux réorganisations nécessaires. Ce n’est qu’à l’issue de cet arbitrage que nous pourrons établir notre plan de recrutement définitif, lance-t-il.

    Au regard du Plan stratégique 2025-2029, l’administration douanière affiche un effectif de 1 132 personnes, présentant un ratio de 800 hommes pour 332 femmes. Le ministre Herinjatovo Ramiarison préconise une gestion optimale et une rationalisation de ses effectifs existants. Et ce, tout en révélant l’inactivité de certains agents au sein de l’administration douanière. À cet effet, la question du redéploiement des anciens hauts cadres de la douane se pose, afin de garantir la continuité de leurs missions régaliennes antérieures.

  • MIKE VAN AKKOOI, DIRECTEUR GÉNÉRAL PAR INTERIM DE VARA MADA : “En expliquant clairement les retombées bénéfiques, nous obtiendrons le soutien nécessaire à la réussite du projet”

    MIKE VAN AKKOOI, DIRECTEUR GÉNÉRAL PAR INTERIM DE VARA MADA : “En expliquant clairement les retombées bénéfiques, nous obtiendrons le soutien nécessaire à la réussite du projet”

    Le projet minier de Toliara amorce une phase de transformation stratégique majeure. Suite au rachat du projet par le groupe américain Energy Fuels, son Directeur général par intérim, Mike Van Akkooi, détaille la nouvelle feuille de route de l’entreprise lors d’un entretien exclusif le jeudi 22 janvier. Désormais porté par l’exploitation des terres rares et de la monazite, le projet, rebaptisé Vara Mada, ambitionne de devenir une exploitation multigénérationnelle, s’appuyant notamment sur les standards internationaux les plus rigoureux en matière de responsabilité environnementale et d’intégration sociale. Entre négociations d’un accord d’investissement avec le gouvernement et volonté de restaurer un dialogue de confiance avec les communautés locales, le dirigeant de l’entreprise minière revient sur les défis et les opportunités de ce projet. Interview.

     

    Pourriez-vous faire le point sur l’état d’avancement actuel du projet Vara Mada?
    Le projet est encore aux premiers stades de son développement. Ma mission prioritaire consiste actuellement à instaurer un dialogue de confiance avec les communautés locales et à finaliser un accord d’investissement avec le gouvernement afin de permettre la progression de nos activités. Nous devons achever nos études d’impacts environnementales et sociales (EIES), garantir l’adhésion des populations locales, et obtenir la validation de nos plans pour l’octroi des permis environnementaux définitifs. Il reste donc des étapes cruciales avant le démarrage opérationnel du projet.

    Pensez-vous que le projet puisse aboutir malgré les contestations à Madagascar ?
    J’en suis convaincu, sinon je ne serais pas ici. Nous sommes conscients du passif contentieux lié à ce projet. Cependant, nous apportons des normes internationales de classe mondiale, un engagement communautaire renouvelé basé sur l’écoute, et la crédibilité d’une entreprise responsable. En expliquant clairement les retombées bénéfiques pour la région de Toliara et pour Madagascar, nous obtiendrons le soutien nécessaire à la réussite du projet. La confiance se mérite par le temps, la communication et la transparence. En tant que société américaine, nous appliquons partout, en Australie, au Brésil, aux États-Unis, les standards de la Société financière internationale (SFI), qui constitue la référence absolue pour les projets miniers mondiaux. Une mise en œuvre rigoureuse de ces normes à Madagascar générera des bénéfices tangibles pour toutes les parties prenantes.

    Vous avez récemment actualisé vos études de faisabilité. Les perspectives sont-elles plus favorables ?
    Absolument. Lors de l’acquisition par Energy Fuels, le projet portait sur les sables minéralisés lourds. L’intégration de la monazite a considérablement accru l’envergure et la viabilité économique du site. Nous prévoyons désormais une mine multigénérationnelle avec une durée de vie d’au moins 40 ans, voire bien au-delà. De plus, la monazite servira à la production de terres rares, essentielles à la transition énergétique (moteurs électriques, éolien), conférant au projet une importance stratégique mondiale.

    Où en est l’actualisation de l’étude d’impact environnemental (EIE) ?
    Le projet dispose actuellement d’une étude d’impact environnemental datant de 2019. Il est désormais nécessaire d’actualiser cette étude. Nous devons collecter environ 15 mois de données de base saisonnières afin de garantir l’exhaustivité de nos inventaires, avant de réévaluer et de mettre à jour les plans d’atténuation spécifiques au projet. En nous appuyant sur les conclusions de l’étude de 2019, nous avons déjà apporté de nombreuses modifications à la conception technique du projet pour renforcer la protection environnementale des zones sensibles situées à proximité du site, et nous poursuivrons cette démarche. Ainsi, 15 mois d’études complémentaires sont encore nécessaires avant de pouvoir finaliser ces documents et les soumettre à l’examen du gouvernement.

    Pouvez-vous justement détailler le cycle d’exploitation que vous prévoyez ?
    Il est important de noter que l’exploitation des sables minéralisés est l’une des formes d’extraction ayant le plus faible impact environnemental : aucun produit chimique ni explosif n’est utilisé. Les résidus de traitement ne contiennent aucun élément contaminant, contrairement à l’or ou au cuivre qui peuvent impliquer du cyanure ou de l’arsenic. L’extraction se fait par blocs successifs : nous retirons la couche arable, extrayons les minéraux qui constituent environ 5 à 6 % du volume, puis nous remblayons immédiatement avec le sable et la terre d’origine avant de procéder à la reforestation. Grâce à nos botanistes et aux meilleures pratiques internationales, nous visons à restaurer un écosystème indigène de meilleure qualité que l’état initial, souvent dégradé par la production de charbon de bois et l’érosion.

    Quel est votre calendrier pour le démarrage des travaux ?
    Tout dépend de la signature de l’accord d’investissement et de la finalisation de l’EIE. Une fois l’accord conclu, nous intensifierons nos investissements régionaux : formation et recrutement local via notre centre dédié, amélioration des infrastructures et renforcement des investissements sociaux.

    Quelles sont les modalités fiscales prévues ?
    Nous ne sollicitons aucun régime fiscal dérogatoire. Nous opérons dans le cadre du système fiscal en vigueur car il est primordial que l’État et la population perçoivent leur juste part des bénéfices. Contrairement à de grands projets miniers qui attendent souvent 10 ans avant d’être bénéficiaires, nous avons structuré ce projet pour payer des impôts dès la première année d’exploitation. L’accord d’investissement sera d’ailleurs public et transparent.

    Quelle est votre politique en matière d’emploi ?
    Notre ambition est de maximiser l’emploi local. Bien que les mines requièrent une expertise spécifique, nous visons à terme un taux de 95 % d’emplois nationaux grâce à nos programmes de formation. C’est un projet à très long terme, pouvant durer un siècle, offrant des opportunités sur plusieurs générations.

    Pourquoi avoir changé le nom en Vara Mada ?
    Le nom devait refléter nos valeurs et notre respect pour les populations locales. Notre slogan, “Nous pouvons élever une génération si nous bâtissons ensemble”, illustre cette philosophie. Notre logo symbolise trois flèches, les communautés, le gouvernement et l’entreprise, convergeant vers un objectif commun de progrès partagé.

  • TRANSPORT AÉRIEN – “Les techniciens savent ce qu’il faut faire pour faire bénéficier ces avions à la population”, estime le ministre Juste Raharisone

    TRANSPORT AÉRIEN – “Les techniciens savent ce qu’il faut faire pour faire bénéficier ces avions à la population”, estime le ministre Juste Raharisone

    “Pourquoi la population ne devrait-elle pas bénéficier de ces avions de l’Etat”? Le ministre des Transports et de la météorologie, Juste Crescent Raharisone, dénonce la polémique relative à l’utilisation des avions achetés par l’Etat pour les Forces armées. “Si le ministère en charge de la Défense nationale ne peut les utiliser parce que ses besoins ne sont pas élevés, pourquoi ne pas les mettre à disposition de la population”, se demande-t-il dans une vidéo publiée vendredi soir par le ministère, en réaction aux débats suscités par le déploiement d’avion appartenant à l’Etat pour assurer la nouvelle desserte Est Nord de Madagascar Airlines.

     

    Pour le ministre, “de nombreux techniciens du ministère, de Madagascar Airlines et de l’Aviation civile de Madagascar ont examiné et étudié le sujet”, et “ils savent ce qu’il faut faire pour faire bénéficier ces appareils à la population”. Il souligne que l’objectif est d’en finir avec les difficultés auxquelles les habitants des régions non desservies par des vols réguliers sont confrontés au quotidien. Dans sa déclaration, Juste Crescent Raharisone rappelle que l’Etat a acheté trois avions et que “le premier est déjà au pays tandis que les deux autres ne sont pas encore arrivés”.

     

    Dans l’optique des autorités, ce sont les deux aéronefs non encore arrivés sur la Grande île qui seront mis à disposition de la compagnie aérienne nationale pour desservir les nouvelles lignes à mettre en place. Plutôt que d’être remis à l’armée comme le premier avion, ces avions “achetés par l’Etat”, comme il le rappelle, sont prévus être immatriculés dans le cadre des procédures d’immatriculation au niveau de l’ACM, confient des sources concordantes. Les vols réguliers ne devraient être commercialisés que lorsque les démarches seront terminées.

     

    Le vol inaugural du jeudi 22 janvier, pour sa part, a été opéré par la compagnie Zébu Air. L’avion de l’Armée, lui, a transporté la délégation officielle conduite par le président de la Refondation, le Colonel Michaël Randrianirina. “En tant que chef de l’Etat, il a le droit de prendre cet avion”, conclut le ministre en charge des Transports.

  • ASSISES RÉGIONALES – Les filières viande rouge, riz et arachide comme piliers de l’économie des quatre régions de la province de Toliara

    ASSISES RÉGIONALES – Les filières viande rouge, riz et arachide comme piliers de l’économie des quatre régions de la province de Toliara

    Des avantages comparatifs à transformer en une réussite commerciale durable. Les régions d’Atsimo Andrefana, de Menabe, d’Androy et d’Anosy composant la province de Toliara disposent de forts potentiels économiques et productifs fondés sur l’agriculture et l’élevage. Les analyses et échanges qui ont eu lieu lors des Assises régionales pour la relance économique axées sur l’agribusiness ont permis aux acteurs d’identifier trois filières porteuses à forte valeur stratégique, en l’occurrence celles de la viande rouge, du riz et de l’arachide.

     

    Le diagnostic des Assises avait permis d’identifier ces filières, dont la montée en puissance est jugée essentielle pour l’économie nationale. Avec un cheptel de 1 121 054 têtes réparti sur les quatre régions, la filière viande rouge s’impose comme le pilier historique et social de la province de Toliara.

     

    Par ailleurs, sa capacité de production rizicole estimée à 357 149 tonnes par an, concentrée notamment dans les régions Menabe et Atsimo Andrefana, est essentielle pour sa souveraineté alimentaire. La production d’arachide s’élevant à 30 000 tonnes par an dans les Menabe et Androy représente pour sa part un levier majeur pour l’industrie locale de transformation.

     

    Ces filières constituent ainsi les piliers de l’économie de ces quatre régions du Sud de la Grande île. Leur passage à l’échelle supérieure exige toutefois de briser les verrous structurels, ont reconnu les participants aux assises.

     

    D’autres chaînes de valeur présentant des atouts spécifiques selon les régions viennent ensuite renforcer le potentiel de cette partie de l’île. Il a notamment été évoqué les cas du coton, du niébé, de la patate douce, du maïs, de l’oignon, de la baie rose, du miel et du manioc. Comme exposé lors de ces Assises, ces productions bénéficient déjà d’une base productive locale et d’un marché intérieur dynamique.

     

    Plusieurs blocages structurels majeurs freinent encore le développement de l’agribusiness dans le Sud, notamment l’impact du changement climatique sur les ressources en eau, un enclavement lié au déficit d’infrastructures et un accès restreint au financement. Ces contraintes, couplées à un manque d’innovation technique, maintiennent une agriculture trop orientée vers l’autoconsommation. Ce qui a pour effet de limiter la transformation locale et la structuration des circuits commerciaux.

     

    Plusieurs recommandations ont alors été émises durant ces Assises pour inverser cette tendance. Elles se sont surtout articulées autour d’une professionnalisation des filières tournée vers le marché. Elles visent à sécuriser les revenus et à créer des emplois, à travers des mécanismes commerciaux transparents, le renforcement des chaînes de valeur et l’adoption de feuilles de route spécifiques.

  • CONVENTION – Un partenariat Inviso Group – ESSA pour soutenir et accompagner les futurs ingénieurs agronomes

    CONVENTION – Un partenariat Inviso Group – ESSA pour soutenir et accompagner les futurs ingénieurs agronomes

    Renforcer la formation des élèves-ingénieurs agronomes. Soutenir les recherches dans le domaine de l’agriculture et de l’élevage. Accompagner l’insertion professionnelle des étudiants en agronomie. Inviso Group et l’Ecole supérieure des sciences agronomiques ont signé vendredi une convention de partenariat destinée à à rapprocher le monde universitaire et le secteur privé en vue de promouvoir la recherche appliquée, l’innovation et l’employabilité des jeunes diplômés. L’accord, conclu pour une durée initiale d’un an renouvelable, a été signé par le président-directeur général d’Inviso Group, Danil Ismaël, et le directeur de l’ESSA, le professeur Hery Razafimahatratra.

     

    Selon les termes de l’accord qui consiste en un “échange de moyens et d’expertises visant à renforcer l’employabilité des étudiants et à valoriser l’innovation en milieu rural”, Inviso Group s’engage à attribuer trois dotations d’une valeur de 10 millions d’ariary chacune aux trois meilleurs diplômés de l’ESSA afin de soutenir leur insertion professionnelle ou le lancement de projets entrepreneuriaux. Le groupe prévoit également la fourniture de matériels et d’intrants pour la mise en place d’une pépinière pédagogique, ainsi que la réhabilitation de la buvette de l’école.

     

    Le partenariat prévoit également l’accueil d’étudiants de l’ESSA au sein des filiales d’Inviso Group pour des stages, travaux pratiques et projets de recherche appliquée dans les secteurs de l’agribusiness, de l’industrie et des technologies. L’ESSA s’engage alors à faciliter l’accès à son vivier de talents et à son réseau d’anciens diplômés. L’établissement participera également, en partenariat avec Inviso Group et d’autres institutions, à un projet de création d’un centre de formation agricole dans le sud de Madagascar.

     

    À travers cette convention, les deux parties entendent ainsi contribuer au développement de l’entrepreneuriat agricole, à la professionnalisation des jeunes diplômés et à la modernisation du secteur agricole à Madagascar. “L’agriculture est un levier central du développement et de la sécurité alimentaire”, rappelle Danil Ismaël. Pour lui, “un pays capable de nourrir sa population dispose d’un socle essentiel pour sa souveraineté économique”. Se félicitant du partenariat, le Professeur Hery Razafimahatratra, conclut que “le renforcement des liens entre l’Université et le secteur privé permet d’adapter les formations aux besoins réels du marché du travail”.