Antananarivo, 29 Octobre, 8h15 – Le rapport Where To Invest in Africa 2025/26 de la Rand Merchant Bank (RMB) positionne Madagascar parmi les pays africains offrant un potentiel d’investissement moyen, mais encore freiné par des défis structurels. Avec un taux de croissance projeté à 3,8 % par le Fonds monétaire international (FMI) pour 2025, l’économie nationale progresse à un rythme modéré, soutenue par les services, l’agriculture d’exportation et le tourisme. Cependant, les lourdeurs administratives, l’insuffisance des infrastructures et la dépendance aux aides extérieures continuent de peser sur l’attractivité du pays pour les investisseurs étrangers.
Dans le classement RMB, l’Île Maurice conserve la première place grâce à sa stabilité, sa gouvernance et son environnement fiscal favorable. À l’opposé, des pays comme le Soudan figurent parmi les derniers, fragilisés par l’instabilité politique et la crise économique. Madagascar au 22e rang sur 31 pays analysés, se situe entre ces deux extrêmes, présentant un profil d’investissement à risque modéré mais à fort potentiel dans certains secteurs, notamment l’énergie renouvelable, les mines et les services numériques. Les efforts récents pour moderniser les cadres législatifs et renforcer la transparence suscitent un intérêt croissant, bien que prudent.
Sur le plan macroéconomique, la stabilité reste fragile. L’inflation, estimée autour de 8 %, et un déficit budgétaire proche de 5 % du PIB témoignent d’un contexte encore tendu. Les autorités misent sur les partenariats public-privé et les réformes énergétiques, à travers des projets comme Volobe et Sahofika, pour renforcer la croissance. La dépréciation du franc et la volatilité des prix mondiaux représentent toutefois des risques persistants. La confiance des investisseurs dépendra de la capacité du pays à garantir une meilleure gouvernance et une exécution rigoureuse des projets publics.
À moyen terme, Madagascar dispose de leviers de développement significatifs s’ils sont correctement exploités. L’amélioration de l’accès à l’énergie, la digitalisation des services publics et la promotion d’un tourisme durable pourraient accroître la compétitivité du pays dans la région. Si les réformes structurelles se poursuivent et que la stabilité politique est maintenue, la Grande Île pourrait renforcer sa position dans les futurs classements d’attractivité économique en Afrique. Pour l’heure, elle reste un marché prometteur, mais encore à consolider avant de devenir une destination d’investissement pleinement sécurisée.
Antananarivo, 28 Octobre, 10h35 – L’Etat coupe les vannes. La quasi-totalité des dépenses non essentielles pour le reste de l’année budgétaire 2025 est suspendue. C’est le Premier ministre Herintsalama Rajaonarivelo qui avait transmis cette instruction ferme à la ministre de l’Economie et des finances, afin de garantir la priorité aux salaires et aux fonctions vitales de l’Etat.
Ainsi, le Chef du gouvernement donne consigne au Grand argentier de “bloquer” toutes les lignes budgétaires du budget de l’Etat, comme les budgets des ministères ou les fonds spéciaux, ainsi que les budgets des établissements publics. Ce qui fait que plus aucun nouvel engagement ne devrait être autorisé sur ces lignes. Les dépenses vitales et obligatoires ne sont toutefois pas concernées par ce gel.
Dans ces dépenses vitales et obligatoires qui restent autorisées, il y a les salaires des fonctionnaires, les subventions des enseignants FRAM et les indemnités des chefs fokontany. Il y a également les pensions, les indemnités, les bourses ou encore le secours au décès. Les dépenses pour les bois de cuisson et l’alimentation des détenus, des cheptels de l’Etat et des forces armées y sont aussi tenues en compte.
Puis il y a les engagements incontournables, notamment pour le remboursement de la dette publique, les dotations au Centres de santé de base (CSB), les transferts pour le secteur de l’Energie ou encore les projets d’investissement dans les secteurs de l’eau et de l’Énergie qui sont financés sur fonds internes.
L’instruction transmise par le Premier ministre souligne par ailleurs le fonctionnement normal pour les budgets des Collectivités territoriales décentralisées (CTD). Le mandatement et le paiement des dossiers déjà engagés avant cette instruction peuvent être poursuivis, précise ce document. C’est également le cas des financements extérieurs. Les opérations d’exécution budgétaire correspondantes peuvent être poursuivies, indique le Chef du Gouvernement.
Nous sommes ici à Mangatany, district d’Arivonimamo, région de l’Itasy, sur le site où est construite une centrale solaire. Selon les informations, ce site est prévu produire de l’électricité d’une puissance de 9,5MWc pour le réseau interconnecté d’Antananarivo quand il sera terminé. Je suis avec Rado Andriamampandry et nous allons avoir une rencontre et un entretien avec le directeur général de la Jirama, Ron Weiss.
Nous sommes ici à Mangatany. Je voudrais vous demander quand est-ce que les premiers mégawatts crête de ce site de Mangatany seront injectés sur le réseau interconnecté d’Antananarivo?
Comme vous pouvez le voir lors de votre visite ici, nous progressons déjà très bien et nous avons déjà installé de nombreux panneaux. Nous avons déjà installé 3,8 mégawatts de panneaux, et au total, nous en aurons 9,5 mégawatts sur ce site. Cela fait partie de notre plan visant à augmenter la production à Antananarivo, et la première mise en service aura lieu d’ici un mois et demi. Dans un mois et demi, nous connecterons les 5 premiers mégawatts, puis nous poursuivrons avec le reste des mégawatts prévus sur ce site.
Où en sont justement les projets de centrales solaires dans le plan que vous avez mis en place pour la Jirama?
Comme vous le savez, la demande en électricité à Antananarivo est bien supérieure à la production sur le Réseau interconnecté d’Antananarivo. Pendant de nombreuses années, aucune nouvelle infrastructure, aucune nouvelle centrale électrique n’a été construite à Madagascar, notamment à Antananarivo. Andekaleka a été construite il y a 40 ans. De nouvelles unités y ont été ajoutées au fil du temps, mais de nombreuses années se sont déjà écoulées et elles ne couvrent plus les besoins. Pour Antananarivo en particulier, une centrale solaire a été implantée à Ambatolampy mais cela remonte à plusieurs années. L’augmentation des infrastructures produisant de l’énergie fait partie du plan de redressement de la Jirama, et surtout les infrastructures produisant de l’énergie renouvelable pour réduire l’utilisation du gasoil et du fuel.
Ce site a une capacité de 9,5 mégawatts, mais nous prévoyons d’installer dans les meilleurs délais plus de 200 mégawatts de solaire à Antananarivo. Ce site s’inscrit donc dans notre plan à moyen terme pour mettre fin au délestage. Il fait également partie de notre stratégie visant à améliorer la situation financière de la Jirama, en réduisant l’utilisation de carburant et donc le coût de l’électricité grâce aux énergies renouvelables. Et tous les travaux que vous voyez ici sont réalisés par des Malgaches, par le personnel de la Jirama. Pas par des entreprises sous contrat.
En parlant justement de la réduction de délestage. Les Malgaches revendiquent la fin du délestage. Pouvez-vous donner un délai pour mettre fin, ou du moins pour réduire au maximum, le délestage? Pour le Réseau interconnecté d’Antananarivo, mais aussi pour l’ensemble du réseau dans tout Madagascar?
Notre plan est divisé en trois phases : le court terme, le moyen terme et le long terme. À court terme, nous allons faire venir des générateurs fonctionnant au fuel le plus rapidement possible. Nous travaillons avec les nouveaux dirigeants [du pays]. Et une fois qu’elle aura donné son approbation de notre plan, quelques jours plus tard, les générateurs arriveront à Antananarivo. C’est une solution à court terme, juste pour résoudre la crise de délestage que nous connaissons actuellement. Et il y a une autre solution sur laquelle nous travaillons. Nous sommes en négociation avec les grandes usines, comme le Cotona ou la Star etc. Nous travaillons aussi en collaboration avec GEM et SIM. Pendant la saison sèche, lorsque la production est insuffisante, ces usines fonctionneront avec leurs propres générateurs et seront déconnectées du réseau. La semaine prochaine, nous aurons une grande réunion avec de nombreuses entreprises à ce sujet, afin d’avancer sur cette proposition.
À moyen terme, notre solution consiste à installer beaucoup de panneaux solaires et de batteries, comme nous le faisons ici. Nous avons identifié des terrains et nous installons site après site. Et à long terme, notre solution repose sur les grands barrages hydroélectriques comme Ranomafana, Sahofika ou Volobe.
L’une des missions qui vous ont été confiées est de mettre en place le plan de redressement de la Jirama. Cela a été fait et a reçu l’approbation des autorités. Est-ce que ce plan connaîtra des changements avec les nouveaux dirigeants?
Je pense qu’il est trop tôt pour répondre à cette question. Il nous a fallu plus d’un an pour obtenir l’approbation du plan de redressement financier. J’espère que les nouveaux dirigeants approuveront ce plan et ne le modifieront pas. Je pense que c’est un bon plan et nous avons déjà commencé à le mettre en œuvre. Mais ils ont bien sûr le droit de le réexaminer et de donner leur avis et leurs orientations en conséquence. Je pense qu’une fois le gouvernement en place, et en particulier le ministre de l’Énergie, il sera le premier à examiner le plan et à nous donner des orientations sur la marche à suivre.
Il y a certains principes de base qui sont valables pour tous les pays, pas seulement pour Madagascar. Nous devons réduire la consommation de carburant, car le carburant est trop cher. Nous devons installer des centrales solaires avec des batteries de stockage, car c’est une énergie propre et la mise en œuvre est rapide.
Nous devons continuer avec les barrages hydroélectriques qui sont de très bonnes solutions, mais il ne faut pas s’attendre à des résultats immédiats. Cela prend du temps et nous ne pouvons pas attendre leur aboutissement.
Et tous les éléments du plan qui concernent le fonctionnement interne de la Jirama doivent continuer : la réduction des pertes, le remplacement des vieilles machines qui causent de nombreux problèmes dans toutes les régions. Nous achetons actuellement plus de 100 groupes électrogènes pour l’ensemble des régions. Nous espérons que nous serons autorisés à poursuivre le plan de redressement financier tel qu’il a été convenu.
Vous avez parlé des groupes électrogènes mais aussi de la réduction de l’utilisation des carburants. Où en sommes-nous avec le groupe de 105MW pour Ambohimanambola qu’il faut transporter de Toamasina?
Le projet de 105 MW est un projet géré par le ministère de l’Énergie. Le gouvernement m’avait promis que ce projet serait prêt pour cette saison sèche. J’ai insisté à plusieurs reprises pour que la mise en œuvre de ce projet démarre. J’ai parlé avec le président, avec le Premier ministre, avec le ministre et avec l’équipe du ministère. J’ai envoyé des lettres, mais malheureusement, jusqu’à aujourd’hui, le projet n’a pas encore démarré. Une partie des pièces a pu être transportée de Toamasina vers Antananarivo.
Mon estimation personnelle est qu’il faudra encore du temps pour achever ce projet. Mais je pense qu’il vaut mieux poser la question au ministre de l’Énergie, car c’est lui qui en est responsable. Je voudrais revenir au plan de redressement qui a été approuvé par les autorités. Mais qu’en est-il de l’adhésion de vos collaborateurs? Parce que ce sont eux qui vont le mettre en oeuvre avec vous.
Ce n’est pas un plan politique. C’est un plan purement technique. Les employés bénéficieront des résultats de ce plan, car la Jirama se trouvera dans une bien meilleure situation. Dans le plan, nous ne touchons pas à leurs avantages. Nous ne licencions aucun employé. Et d’après mon expérience au Rwanda, une fois que l’entreprise a été redressée, nous pouvons améliorer les conditions des employés. Donc, je pense que les employés devraient être satisfaits et soutenir ce plan.
Est-ce que nous pouvons espérer un équilibre financier rapide avec ce plan?
C’est l’un des principaux objectifs du plan. Nous voulons atteindre un équilibre opérationnel. Nous voulons réduire nos coûts. Et le plan aborde différents aspects relatifs à la réduction des coûts. Nous voulons aussi augmenter nos revenus. Par exemple, en réduisant les pertes que nous subissons entre la production et la distribution. Mais le plan ne concerne pas uniquement l’équilibre opérationnel. Il vise aussi à apurer les dettes passées, les grosses dettes que nous devons sur le marché.
Avez-vous une estimation de l’atteinte de cet équilibre opérationnel?
Le plan s’étale sur cinq ans. En réalité, nous avons commencé en 2024, avant même son approbation officielle. Nous atteindrons l’équilibre complet en 2029. Mais cela ne veut pas dire que nous allons souffrir jusqu’en 2029. Nous constatons déjà des améliorations dans plusieurs domaines.
D’abord, la plupart des fournisseurs de la Jirama, pas les producteurs indépendants (IPP), pas les fournisseurs de carburant, pas les grands fournisseurs, mais tous les autres fournisseurs sont désormais payés à temps. Ce n’était pas le cas auparavant.
Pour les IPP et les fournisseurs de carburant, comme cela représente des montants très importants, nous sommes encore en discussion avec le gouvernement. Mais tous les autres fournisseurs, les prestataires en nettoyage, en sécurité, ou en matériel, etc. sont désormais payés à temps. Et le montant total des arriérés les concernant est passé de 120 milliards d’ariary à 77 milliards, et nous continuerons à réduire jusqu’à solder complètement ces dettes.
Et parlant des dettes. Le sujet des contrats passés par la Jirama est une question récurrente. Est-ce que tous les contrats de la Jirama avec les autres entreprises, ses fournisseurs, que ce soit en matière de production d’électricité, de fourniture de carburants sont équitables? Est-ce que des faveurs sont accordées à certains prestataires?
Nous avons déjà renégocié de nombreux contrats. Et nous avons signé, ou re-signé, de nouveaux contrats plus favorables à la Jirama. Ce n’est pas encore terminé, nous continuons ce travail. Mais nous avons déjà révisé plus de 50 % des contrats. Et concernant la deuxième question, je veux être très clair. Tant que je serai directeur général, la Jirama ne favorisera aucun entrepreneur ou fournisseur. Tout sera fait par appels d’offres, ou selon des accords parfaitement équitables. Les conditions seront les mêmes pour tous les fournisseurs. Et cela ne s’applique pas qu’à mon niveau. C’est une instruction que j’ai donnée même aux niveaux hiérarchiques inférieurs de la Jirama. Et si je découvre un cas de favoritisme, de corruption ou de pot-de-vin, j’agis immédiatement et de manière très sévère. La Jirama n’est pas encore totalement assainie, je dois être honnête. Je reçois encore des plaintes de citoyens disant que des employés leur demandent de l’argent pour un branchement ou pour d’autres services. Mais nous ne le tolérons pas, et nous intervenons dès que nous avons des renseignement. C’est la même chose pour tout vol d’argent, de carburant ou d’électricité.
Quels sont les avantages que nous avons obtenus après ces renégociations? Le prix du kilowattheure a baissé de combien? Autrement dit, quelles sont les économies réalisées grâce à la renégociation de ces contrats ?
Oui, nous avons toutes les données à ce sujet. En fait, cela fait partie de notre plan de redressement financier. Il y a un chapitre consacré à la renégociation des contrats. Nous avons une présentation complète qui montre, contrat par contrat, les prix avant et après négociation. Et les économies réalisées grâce à ces renégociations font partie du plan de réduction de nos coûts.
Antananarivo, 27 Octobre, 16h15 – Les litchis de Madagascar devraient arriver plus tôt sur les marchés européens pour cette année. Selon une source auprès du ministère de l’Industrialisation et du commerce, les primeurs seront de retour cette année. D’après notre source, les premiers envois par avion sont programmés dès la première ou la deuxième semaine du mois de novembre. “La campagne pour les primeurs débutent 10 jours avant les campagnes par bateau”.
La Primature a communiqué samedi que la campagne pour la filière litchi de cette année sera ouverte entre le 15 et le 20 novembre. Le marché est ouvert à tous les opérateurs malgaches, qu’il s’agisse des grandes sociétés exportatrices ou encore des moyennes entreprises.
L’année dernière les exportateurs ont eu du mal à remplir les bateaux. Pour cette année, la production est bonne. La qualité des fruits dépendra de la pluviométrie des semaines à venir.
Antananarivo, 27 Octobre, 7h30 – Madagascar continue de vivre au-dessus de ses moyens par rapport au reste du monde. L’écart entre ses dépenses en importations et ses recettes d’exportations pourrait encore se creuser, estime la Banque africaine de développement (BAD). Le déficit de la balance extérieure de la Grande île devrait se détériorer pour atteindre 6,1% de son Produit intérieur brut (PIB) et 6,4% en 2026, avance cette institution panafricaine dans l’Aperçu régional de l’Afrique Australe qu’elle vient de livrer.
L’Etat malgache devrait pour sa part enregistrer un creusement de son déficit budgétaire, à hauteur de 3,9% du PIB du pays pour 2025. L’État dépenserait ainsi plus d’argent qu’il n’en récolte en impôts et taxes, selon ce niveau avancé par la BAD.
Par ailleurs, après avoir maintenu une croissance économique stable de 4,2% en 2024, la BAD estime que cette croissance devrait se tasser à 3,8 % en 2025 pour Madagascar, avant de remonter légèrement à 4 % en 2026. Pour ce qui est de l’inflation, elle devrait s’atténuer pour atteindre 7 % cette année et 6,7 % l’année prochaine, selon toujours les prévisions de la BAD.
Antananarivo, 26 Octobre, 12h05 – Quand le choc force la transformation. Le Cercle de réflexion des économistes de Madagascar (Crem) estime qu’il est “temps de bâtir une souveraineté économique”. Ce groupe de réflexion s’est exprimé face à la presse ce vendredi, devant la phase de refondation que traverse le pays, en insistant notamment sur les sources de financement qui devront être affectées pour son redressement.
Pour le Crem, la clé du financement du développement réside dans la bonne gouvernance et la mobilisation des ressources internes. Et la souveraineté économique prônée par ce groupe devrait être fondée sur plusieurs facteurs. Patrick Randriamisata, qui est administrateur du Crem, parle d’une gouvernance exemplaire couplée par une gestion publique efficiente, la lutte active contre la corruption et la valorisation des capacités productives locales et des talents nationaux.
Ces économistes recommandent également l’internalisation du financement de l’économie, via notamment des instruments financiers comme les Bons du trésor par adjudication. Ils proposent par ailleurs le développement d’un marché boursier national pour les entreprises publiques, afin de stimuler l’investissement et la transparence.
Le Crem estime d’ailleurs que toute démarche de changement au pays doit mettre le bien être du peuple malgache au cœur des priorités. La préservation des intérêts économiques de la Nation, la protection des ressources et la consolidation de la stabilité économique doivent, selon lui, constituer les fondements de toute réforme politique.
Le fait qu’un économiste soit placé à la tête de l’Exécutif constitue en tout cas déjà un élément majeur pour assurer une vision plus prospective de la conjoncture économique future, lance le Dr Hubert Rafaliarisoa, vice-président du CA du Crem. Ceci suggère que la politique économique qui sera menée au cours des deux prochaines années devrait être fondée et articulée autour des besoins du pays, lance-t-il.
“Cette approche nécessite d’examiner attentivement les dépenses publiques du pays et d’identifier les canaux de financement nécessaires pour faire fonctionner la machine administrative et répondre efficacement aux aspirations de la population”, conclut-il.
Antananarivo, 26 Octobre, 10h45 – Pour une répartition juste et équilibrée des opportunités. Le Premier ministre Herintsalama Rajaonarivelo avait été catégorique sur le fait que la répartition des quotas d’exportation de litchi se fera désormais sur une base totalement équitable. Et cette disposition devra déjà s’appliquer dès la campagne 2025, selon ce qui a été convenu entre le Chef du Gouvernement et les représentants du Groupement des exportateurs de litchis, au Palais de Mahazoarivo, ce samedi.
Cette répartition de quotas ne devrait pas seulement être équitable. Elle devrait également bénéficier à tous les différents opérateurs de la filière litchi, sans distinction. “L’objectif est de permettre à toutes les entreprises, petites comme moyennes, de bénéficier pleinement de cette campagne d’exportation, dans un souci d’équité et de dynamisme du secteur”, selon le Bureau du Premier ministre qui a rapporté cette rencontre.
Il avait néanmoins été rappelé aux exportateurs leur obligation de se conformer strictement aux normes et réglementations techniques, ainsi qu’aux règles régissant le rapatriement des devises. Le respect de ces régulations est jugé indispensable pour garantir la sécurité et l’efficacité des opérations d’exportation, tout en protégeant les intérêts économiques du pays et la réputation de Madagascar sur les marchés internationaux, d’après ce qui avait été exposé lors de cette rencontre.
Les échanges ont également porté sur les conditions logistiques et réglementaires nécessaires pour le succès de la campagne 2025 de litchi, prévue du 15 au 20 novembre. Le Premier ministre avait alors défini la priorité du Gouvernement qui est de renforcer la sécurité durant la campagne de récolte, de faciliter et d’accélérer les procédures de traitement et de l’acheminement des produits afin d’alléger le chargement à bord des navires.
Cette démarche de soutien aux opérateurs économiques est un pilier essentiel de la stratégie nationale de relance économique, souligne le Premier ministre. Cette stratégie est axée sur la création d’emplois, la valorisation de la production locale et l’amélioration des conditions de vie de la population malgache.
Antananarivo, 24 Octobre, 15h15 – Le président de la Refondation de la République de Madagascar, le Colonel Michaël Randrianirina, fait part du démarrage imminent du dépannage des quatre groupes de la CTA 2 d’Ambohimanambola. La remise en service de ces infrastructures énergétiques permettra d’injecter 20 MW supplémentaires sur le Réseau interconnecté d’Antananarivo (RIA), d’ici 45 jours, annonce le Chef de l’Etat à Iavoloha, ce vendredi, en marge d’une rencontre avec les diplomates.
Une livraison de pièces de rechange pour ces groupes est déjà attendue pour les prochaines 48 heures, afin de lancer les travaux. Le Colonel Michaël Randrianirina indique qu’il aurait fallu 3 milliards d’ariary pour l’Etat pour s’en procurer. En tout cas, l’achat de ces pièces pour la remise en service de la CTA 2 est, selon lui, la solution identifiée à très court terme pour atténuer le délestage.
Ces unités sont censées fournir environ 20 MW supplémentaires pour le RIA, une fois opérationnelles. Le président de la Refondation de la République de Madagascar note toutefois que le déficit de production actuel est de 30MW. “Ceci met en évidence l’ampleur du défi auquel nous sommes confrontés”, lance-t-il.
L’Etat indique alors être à la recherche de solutions complémentaires à court terme pour combler ce déficit résiduel de 30 MW. Et ce, pour réduire graduellement le manque de production jusqu’à arriver, à terme, à la fin du délestage. Le Colonel Michaël Randrianirina indique par ailleurs disposer de solutions à long terme qui devraient permettre d’obtenir des résultats probants en matière d’approvisionnement en eau et en électricité d’ici environ six mois.
Antananarivo, 24 Octobre, 9h45 – Le rapport Global Investment Risk and Resilience Index 2025, publié par Henley & Partners et AlphaGeo, dresse un classement mondial des pays selon leur niveau de risque et leur capacité de résilience face aux crises économiques, politiques et climatiques. Madagascar y obtient un score de risque total de 45,73 sur 100, et un score de résilience de 33,97 sur 100, ce qui le place au rang de 196e sur 216 pays.
Dans cette évaluation, un score de risque plus bas est synonyme de stabilité, tandis qu’un score de résilience plus élevé reflète la capacité d’un pays à rebondir après un choc. Ces résultats situent la Grande Île dans la moyenne inférieure du continent africain.
Pour Madagascar, ces chiffres traduisent une vulnérabilité structurelle persistante malgré des atouts notables. Le pays reste confronté à des faiblesses institutionnelles, à un déficit d’infrastructures et à une dépendance élevée à certains secteurs comme l’agriculture et les matières premières. Ces éléments augmentent son exposition aux risques économiques et environnementaux.
Toutefois, la note de résilience montre aussi un potentiel d’amélioration, notamment grâce aux réformes engagées dans le domaine de la gouvernance économique et à la montée progressive d’investissements dans l’énergie, le tourisme et les infrastructures.
Les implications économiques de ce classement sont multiples. Pour les investisseurs étrangers, Madagascar demeure un environnement où les opportunités existent, mais où les risques doivent être soigneusement évalués. Un score de risque supérieur à 40 indique que le pays nécessite encore un encadrement solide et des garanties de sécurité juridique et politique avant de pouvoir attirer massivement des capitaux. À l’inverse, un renforcement de la résilience, soutenu par des politiques publiques plus stables et une meilleure gestion des ressources, pourrait faire de Madagascar un marché plus attractif à moyen terme.
Enfin, ces résultats doivent être perçus comme un signal d’alerte et un levier d’action pour les autorités. Ils invitent à accélérer les réformes structurelles, à moderniser les infrastructures, à renforcer la transparence et à soutenir la diversification de l’économie. En utilisant ce type d’indice comme outil de pilotage, Madagascar pourrait améliorer son image auprès des investisseurs internationaux et gravir les échelons dans les prochaines éditions du classement.
Antananarivo, 23 Octobre, 20h30 – Vers un ajustement des tarifs internet ? Face à l’appel de certains usagers sur les réseaux sociaux, l’Autorité de régulation des technologies de communication (Artec) indique qu’elle a contacté l’ensemble des opérateurs afin d’explorer rapidement des ajustements tarifaires pouvant bénéficier aux consommateurs.
Cette initiative s’inscrit dans le prolongement des actions entamées fin 2024, qui avaient déjà conduit à une première révision des prix. L’objectif affiché de l’ARTEC est de favoriser un accès à Internet plus juste et abordable, tout en respectant son rôle de médiateur entre le public et les opérateurs de télécommunications.
Depuis avril 2024, un prix plancher légal a été fixé pour l’Internet mobile à 0,95 USD par gigaoctet, soit environ 4 153 Ariary. Une mesure qui a impacté les gros consommateurs de data mobile ainsi que les usagers des forfaits réseaux sociaux. Ils ont fait face à une hausse des prix.
L’Artec précise que sa mission ne consiste pas à fixer directement les tarifs appliqués par les opérateurs. Son rôle est celui d’un facilitateur et d’un médiateur, visant à encourager des pratiques tarifaires justes et durables. L’institution réaffirme sa volonté de rendre l’Internet mobile plus accessible et équitable, tout en soutenant le développement numérique du pays et la modernisation des infrastructures de télécommunication.