Catégorie : Économie

  • CONJONCTURE ÉCONOMIQUE – Le FMI évoque une inflation en baisse mais qui demeure à un niveau élevé pour Madagascar

    CONJONCTURE ÉCONOMIQUE – Le FMI évoque une inflation en baisse mais qui demeure à un niveau élevé pour Madagascar

    Antananarivo, 12 Septembre, 14h45 – L’inflation demeure têtue. Malgré une tendance baissière, le niveau de l’inflation à Madagascar reste élevé, notent les services du Fonds monétaire international (FMI). Ceux-ci ont effectué une visite à Madagascar pour évaluer entre autres les développements économiques récents et les perspectives sur la Grande île.

    Comme indiqué par Constant Lonkeng, chef de mission du FMI pour Madagascar, l’inflation globale s’est établie à 7,9% en glissement annuel au mois de juillet. Elle s’est ralentie par rapport au 8,2% pour le mois de juin rapportée par la Banky foiben’i Madagasikara (BFM) dans sa dernière note de conjoncture économique.

    C’est surtout la hausse du prix du riz sur le marché local qui avait alimenté l’inflation ces derniers temps, l’éloignant de l’objectif de 5% que s’est fixé la BFM à moyen terme. Néanmoins, l’inflation sous-jacente, excluant les produits à prix volatils du panier de consommation, avait poursuivi sa décélération, pour s’établir à 7,3 %. Ce qui, pour la BFM, reflète les effets cumulés des précédents resserrements monétaires.

    La Banky foiben’i Madagasikara table alors sur une décélération graduelle du rythme de l’inflation, qui devrait s’établir autour de 7,8 % à la fin de l’année 2025. Il devrait ensuite suivre une trajectoire alignée sur l’objectif de 5,0 % à moyen terme.

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  • NÉGOCIATIONS – Madagascar se propose en fournisseur de minerais critiques des Etats-Unis

    NÉGOCIATIONS – Madagascar se propose en fournisseur de minerais critiques des Etats-Unis

    Antananarivo, 12 Septembre, 10h05 – La Grande Île abat ses cartes : ses gisements de minerais critiques. C’est un “atout” qui avait été mis en avant par la délégation malgache de haut niveau, qui s’est récemment déplacée aux Etats-Unis pour une mission de plaidoyer sur la reconduction de la Loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique (Agoa). Et “Madagascar en a en abondance pour répondre aux besoins des Américains en ce minerais”, expose le ministre des Mines, Herindrainy Rakotomalala.

    “Nous pensons, dans le cadre des négociations sur l’Agoa, que les minerais critiques que possède Madagascar peuvent être notre atout dans ces discussions”, souligne ce membre du Gouvernement. Le ministre Herindrainy Rakotomalala souligne alors que la Grande île peut fournir ces ressources essentielles au progrès technologique et aux secteurs de la défense des Etats-Unis. Et ce, au bénéfice des deux pays, explique-t-il.

    Madagascar possède d’importants gisements de minerais critiques tels que les terres rares, le graphite, le cobalt, le nickel et le manganèse. Il s’agit de ressources indispensables à la production de technologies modernes, des batteries pour véhicules électriques aux composants électroniques ou encore aux équipements de défense.

    Il serait ainsi question pour les autorités malgaches de proposer une coopération mutuellement bénéfique. Et ce, tout en espérant par exemple le renouvellement de l’Agoa pour le secteur du textile et d’autres exportations, en échange d’un accès privilégié aux minerais critiques dont les États-Unis pourraient avoir besoin.

    Cette mission avait mobilisé des représentants du secteur public et du secteur privé malgaches. Elle consistait à renforcer les efforts déjà déployés contribuant à garantir que l’Agoa continue de profiter au commerce entre les Etats-Unis et Madagascar.

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  • EXÉCUTION BUDGÉTAIRE – Plus de dépenses que de recettes pour l’État au premier semestre, rapporte le FMI

    EXÉCUTION BUDGÉTAIRE – Plus de dépenses que de recettes pour l’État au premier semestre, rapporte le FMI

    Antananarivo, 12 Septembre, 6h55 – L’État malgache a dépensé plus d’argent qu’il n’en a collecté durant les six premiers mois de 2025. Constant Lonkeng fait part de ce déficit budgétaire, à l’issue de la visite effectuée par les services du Fonds monétaire international (FMI), qu’il a dirigée à Madagascar jusqu’à mercredi.

    Faire le point sur l’exécution du Budget 2025 était l’une des missions menées par cette équipe du FMI qui s’est rendue au pays. Constant Lonkeng avait alors rapporté que “les dépenses publiques exécutées sur base engagement de Madagascar ont excédé la collecte des recettes fiscales au cours du premier semestre de l’année”.

    Le ministère de l’Economie et des finances (MEF) ne livre pas de détails sur cette situation pour le moment. Le fichier du compte-rendu de l’exécution budgétaire, partagé par la direction générale du Budget et des finances sur son site web depuis la fin du mois de juillet est d’ailleurs corrompu et ne peut être téléchargé jusqu’à l’heure où nous mettons sous presse cet article.

    Les autorités auraient néanmoins activé des plans de contingence, indique le Chef de mission du FMI pour Madagascar, Constant Lonkeng. Et, ce pour leur permettre de rester en ligne avec le budget dans les mois à venir, explique-t-il.

    A part le point qu’ils ont fait sur l’exécution du budget 2025, les services du FMI avait également effectué leur visite à Madagascar pour évaluer les développements économiques récents et les perspectives, discuter des contours de la loi de finance de 2026 et de faire aussi le point sur les progrès réalisés dans le cadre des engagements au titre des programmes du pays appuyés par le FMI.

    Sur ce dernier sujet, Constant Lonkeng avait avancé qu’une évaluation formelle de la performance et des perspectives de Madagascar aura lieu dans le cadre des prochaines troisièmes revues de la Facilité élargie de crédit (FEC) et de la Facilité sur la résilience et la durabilité (FRD). Il avait alors annoncé que son équipe sera de retour à Antananarivo plus tard cette année dans ce contexte. La Présidence de la République avait, de son côté, déjà indiqué que cette troisième revue de ces deux programmes devra se tenir vers la fin du mois d’octobre.

  • ENERGIE – Les blocs-moteurs et les alternateurs pour la centrale de 105MW d’Ambohimanambola à convoyer depuis Toamasina dans deux semaines

    ENERGIE – Les blocs-moteurs et les alternateurs pour la centrale de 105MW d’Ambohimanambola à convoyer depuis Toamasina dans deux semaines

    Antananarivo, 11 Septembre, 8h05 – Un nouveau compte à rebours. Le Conseil des ministres annonce le début du transfert des sept blocs moteurs, ainsi que des sept alternateurs et des trois transformateurs à destination de la centrale thermique de 105MW d’Ambohimanambola, dans deux semaines. A en croire le compte-rendu de la réunion hebdomadaire de l’Exécutif, les travaux de renforcement des ponts de la route nationale RN2 qui vont supporter les lourdes charges de ces “équipements gigantesques et sensibles” sont en cours de finalisation.

     

    Il reste encore des procédures administratives à régler, mais “le président de la République a demandé l’engagement particulier des ministres concernés à alléger les questions de paperasse qui retardent la réalisation du projet”, souligne le communiqué du Conseil des ministres. Le document ne donne pas de détails sur ces procédures administratives mais les consignes données sont d’accélérer le transport des équipements de façon à commencer au plus tôt l’implantation de la centrale.

     

    Le chef de l’Etat a également insisté sur la nécessité d’une information publique relative au transport des équipements. “La circulation sera perturbée au passage du convoi des équipements”, précise encore le communiqué du Conseil des ministres. Il s’agira de transférer de Toamasina à Ambohimanambola sept blocs moteurs de 70 tonnes chacun, de sept alternateurs de 64 tonnes chacun et de trois blocs-moteurs de 50 tonnes chacun. Les blocs moteurs étaient arrivés au port de Toamasina depuis début 2024 tandis que les alternateurs et les transformateurs y ont débarqué en juin dernier.

  • INFRASTRUCTURES – Le câble sous-marin djiboutien Dare1 s’étend à Madagascar

    INFRASTRUCTURES – Le câble sous-marin djiboutien Dare1 s’étend à Madagascar

    Antananarivo, 10 Septembre, 20h30 – Mahajanga et Toliara bientôt connectés avec l’extension annoncée du câble Djibouti Africa Regional Express-1 ( Dare1). Opérationnel depuis 2021 entre Djibouti, la Somalie et le Kenya, le système offrira désormais un nouveau corridor numérique jusqu’en Afrique du Sud. Cette expansion stratégique, avec un tronçon d’environ 3 200 à 3 500 km, comprendra des atterrissages en Tanzanie, au Mozambique et, bien sûr, à Madagascar avant d’atteindre Mtunzini en Afrique du Sud.

    Le chantier devrait débuter en 2026, avec une mise en service prévue en 2028, d’après le calendrier partagé par Djibouti Telecom, l’un des membres du consortium promoteur du projet. Cette initiative répond à un besoin vital de renforcement de la résilience digitale dans la région, suite aux coupures simultanées des câbles Eassy et Seacom en mai 2024 qui avaient grandement perturbé les communications. En diversifiant les points d’accès et en multipliant les interconnexions, Dare1 vient ainsi sécuriser l’avenir numérique des pays de l’océan Indien et de l’Afrique australe.

    Pour le pays, l’arrivée de Dare1 à Mahajanga et Toliara marque une opportunité majeure. Ces points d’atterrissage offriront une bande passante plus robuste, une latence réduite et une meilleure continuité de service. Ces améliorations seront essentielles pour soutenir les services numériques en plein essor, allant de l’éducation à distance à la télémédecine, en passant par les usages professionnels liés à l’externalisation ou à l’innovation technologique.

  • MOUVEMENT DE MARCHANDISES – Une nouvelle zone de dédouanement pour remplacer celle d’Antanimena en projet

    MOUVEMENT DE MARCHANDISES – Une nouvelle zone de dédouanement pour remplacer celle d’Antanimena en projet

    Antananarivo, 10 Septembre, 18h30 – Un chantier en perspective. La direction générale des douanes (DGD) annonce la création d’une nouvelle zone de dédouanement à Antananarivo. Celle-ci servira à remplacer celle d’Antanimena qui n’assure plus convenablement ses fonctions en plein centre-ville, à cause de son accessibilité pour les camions, comme expliqué par le directeur général des douanes, Ernest Zafivanona Lainkana, la semaine dernière.

    La DGD avait fait part de ce projet, classé prioritaire, durant la présentation de son Plan de normalisation des ports et zones non occupées. Ce plan prévoit la création d’une zone de dédouanement et d’un dépôt sécurisé sur la RN2, avec scanners, parkings, magasins, aires de visites et stockage. Cette nouvelle zone de dédouanement sera installée sur une zone de plus de 3ha et sera construite en tenant compte des infrastructures nécessaires, soutient le responsable de ce projet.

    Il s’agit, selon ses explications, d’un dispositif de relais capable d’absorber le volume des conteneurs acheminés à Antananarivo d’une part. Mais cette infrastructure servira également à seconder le port de Toamasina, de l’autre, afin que les conteneurs puissent être évacués rapidement pour la suite des dédouanements dans une zone dotée d’infrastructures permettant un contrôle efficace des opérations, ajoute-t-il.

    Comme expliqué par l’administration douanière, lorsque les marchandises, dès leur arrivée au bureau des douanes, ne font pas l’objet d’une déclaration en détail réglementaire, elles peuvent être déchargées dans des endroits désignés à cet effet. Et ce pour y séjourner sous contrôle douanier en attendant le dépôt de la déclaration en question.

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  • ADMINISTRATION – Une vaste campagne de recensement des retraités de la caisse publique lancée

    ADMINISTRATION – Une vaste campagne de recensement des retraités de la caisse publique lancée

    Antananarivo, 10 Septembre, 17h15 – Les pensions passent au crible. Le ministère de l’Économie et des finances mène une vaste campagne de recensement des retraités de la fonction publique à travers la direction générale du budget et des finances. Cette opération vise à actualiser la base de données nationale des pensionnés, afin de confirmer l’existence des bénéficiaires et d’assurer une meilleure transparence dans la gestion des finances publiques.

    Ce recensement s’inscrit dans une démarche amorcée depuis 2021, qui consiste à digitaliser progressivement les procédures, conformément à la politique générale de l’État. L’objectif est de renforcer la bonne gouvernance en améliorant la fiabilité des données et en luttant efficacement contre la corruption.

    D’après les chiffres communiqués, Madagascar compte actuellement 144 125 retraités bénéficiant d’une pension auprès de la caisse publique. Le processus de recensement s’est déroulé par étapes, selon les différents modes de paiement.

    Entre mai et juin derniers, ce sont les retraités percevant leur pension via les banques et la “Paositra Money” qui ont été recensés. Les mois de juillet et août ont ensuite été consacrés aux pensionnés vivant à l’étranger. Désormais, l’opération se concentre sur les bénéficiaires utilisant les bons de caisse, une catégorie qui regroupe encore 128 595 retraités, selon la direction du solde et des pensions.ù

    Durant les mois de septembre et octobre, les agents de recensement se déploient ainsi dans le district d’Antananarivo et ses environs, ainsi qu’au niveau des chefs-lieux des 22 régions. Les retraités percevant leur pension par bon de caisse, ainsi que les bénéficiaires de pensions de veuvage, sont invités à se rendre sur leurs lieux habituels de retrait.

    La présence de la personne concernée est exigée afin de garantir l’authenticité des informations. Cette étape permet également de mettre à jour les coordonnées et documents nécessaires pour faciliter les futurs paiements et éviter toute anomalie dans le processus.

    Le Directeur de la solde et des pensions, Jafetra Andrianarivo , précise toutefois que des mesures particulières sont prévues pour les pensionnés dans l’incapacité de se déplacer. Dans ces cas, une procuration peut être présentée, accompagnée des informations de contact et de domicile. Les agents effectueront alors une descente pour vérifier la situation.

    Munis de leur carte d’identité et de leur carte de pension, les retraités n’auront besoin que de quelques minutes pour compléter la procédure. Pour les autorités, cette campagne se veut avant tout un gage de fiabilité et d’équité, tout en assurant une meilleure gestion des fonds publics.

  • PARTENARIAT – La troisième revue des programmes FEC et FRD prévue pour la fin du mois d’octobre, annonce la Présidence de la République

    PARTENARIAT – La troisième revue des programmes FEC et FRD prévue pour la fin du mois d’octobre, annonce la Présidence de la République

    Antananarivo, 10 Septembre, 14h45 – Un nouveau rendez-vous est fixé. La troisième revue des programmes sur la Facilité élargie de crédit (FEC) et sur la Facilité de la résilience et de la durabilité (FRD) devrait se tenir vers la fin du mois d’octobre. Un calendrier avancé, à l’issue d’une séance de travail que le président de la République Andry Rajoelina a eu avec la mission du Fonds monétaire International (FMI) dirigée par Constant Lonkeng Gouana, mardi.

    Cette délégation du FMI est à Madagascar pour effectuer une visite technique de suivi. Le déplacement a pour objectif de faire le point sur l’avancement de ces deux programmes pour la préparation de cette troisième revue, indique la direction de la communication de la Présidence de la République. La rencontre a alors permis d’identifier les points nécessitant des ajustements et de renforcer la coordination entre les autorités nationales et le service du FMI, rapporte ce département.

    L’état d’avancement de ces programmes, par rapport aux conditions quantitatives et aux repères structurels, fait l’objet de revues par le Conseil d’administration du FMI. Cette revue s’effectue généralement tous les six mois et ses conclusions conditionnent le décaissement des prochaines tranches de financement.

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  • RAPPORT – Madagascar dans le top 10 des pays les plus touchés par la pauvreté et la dégradation des sols

    RAPPORT – Madagascar dans le top 10 des pays les plus touchés par la pauvreté et la dégradation des sols

    Antananarivo, 10 Septembre, 10h15 – Une situation délicate. Madagascar figurerait parmi les 10 pays où le pourcentage de la population vivant à la fois dans la pauvreté et exposée aux effets de la dégradation des sols est le plus élevé. 11 millions de personnes en seraient concernées, selon un rapport de la Banque mondiale publié en ce mois de septembre.

    Dans ce rapport intitulé « Reboot development : The economics of a Livable planet », la plupart des pays confrontés à la même situation que Madagascar se trouvent en Afrique. Dans la liste partagée par la Banque mondiale, on recense le Malawi, le Mozambique, le Burundi, la République démocratique du Congo, la Zambie, leYémen, le Niger, le Rwanda et la Tanzanie.

    Mais ce rapport fournit également la liste des 10 pays avec le pourcentage élevé de la population vivant à la fois dans la pauvreté et exposée à d’autres facteurs de stress environnementaux comme les risques liés à l’eau et la pollution atmosphérique dangereuse. Et l’extrême pauvreté qui est tenu en compte dans ce document était encore celui du moins de 2,15 dollars par jour, ajusté en fonction de la parité de pouvoir d’achat de 2017.

    Ce rapport « Reboot Development: The Economics of a Livable Planet » explore comment les ressources fondamentales que sont la terre, l’air et l’eau peuvent continuer à permettre la prospérité humaine. Ce, en favorisant la santé, l’alimentation, l’énergie et les opportunités économiques.

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  • SECTEUR EXTRACTIF – Plaidoyer pour une alliance stratégique vers l’émergence de minerais critiques « Made in SADC »

    SECTEUR EXTRACTIF – Plaidoyer pour une alliance stratégique vers l’émergence de minerais critiques « Made in SADC »

    Antananarivo, 10 Septembre, 8h45 – S’approvisionner en nickel à Madagascar. L’acheminer via le Mozambique ou la Tanzanie. Se procurer ensuite du manganèse au Gabon. Il y a suffisamment de matières pour la République démocratique du Congo, avec ses abondantes mines de cobalt, pour monter une usine de précurseurs. Ce pays pourrait produire cette usine trois fois moins cher que dans un pays où les métaux requis ne seraient pas disponibles localement ou dans des pays proches.

    La Conférence des Nations-Unies sur le commerce et le développement (Cnuced) a exposé les avantages d’une régionalisation de l’approvisionnement en minerais critiques. Pas moins de deux pays de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), dont Madagascar, tireraient profit de ce schéma.

    Dépendance vis-à-vis du marché extérieur

    La réalité est toutefois toute autre pour les pays membres de cette Communauté régionale qui, pour la plupart, exportent sous forme brute leurs minerais en dehors du Continent. Cette exportation de minéraux critiques sans valeur ajoutée, avait été soulevée lors de la huitième édition de la Semaine de l’industrialisation de la SADC 2025 à Antananarivo.

    Il y était exposé que bien que la SADC soit dotée de vastes gisements de minéraux critiques essentiels à la transition mondiale vers l’énergie verte, la plupart des pays d’Afrique australe continuent de les exporter sous forme brute. Ce qui constitue non seulement un manque de valeur ajoutée, de développement industriel et de création d’emplois locaux mais renforce également les déséquilibres commerciaux et la dépendance vis-à-vis des marchés extérieurs.

    Alors, comment l’Afrique qui dispose de 30% des minerais critiques nécessaires pour la nouvelle transition énergétique du monde pourrait-elle tirer pleinement profit de son potentiel ? Puisque la plupart de ces minerais se trouvent dans la SADC, comment cette communauté régionale qui en est donc le hub du Continent, parviendra-t-elle aussi à mettre en place des programmes qui contribueront à faire de ces minerais des éléments constitutifs d’un avenir durable et résilient ? Ce sont des questions soulevées notamment par Tapiwa Samanga, le Président directeur général de l’organisation sud africaine Technologies Association of South Africa (PtSA).

    Un bloc fort en valeur

    L’administration minière malgache avait par exemple déjà exposé la possibilité pour Madagascar de développer localement la filière batterie, avec la disponibilité sur place de divers minerais. La Grande île dispose notamment du graphite pour l’anode ainsi que du nickel, du manganèse et du cobalt pour la cathode. Le ministre de l’Industrialisation et du commerce, David Ralambofiringa, avait toutefois souligné les défis que Madagascar doit relever pour y parvenir, que ce soit en matière financière, logistique ou en compétences humaines. Ce qui devrait donner place à des alliances stratégiques.

    “En ayant les réserves pour couvrir l’ensemble des besoins en termes de minerais critiques, est-ce que nous ne pourrions pas nous mettre d’accord régionalement pour les valoriser ensemble”, lance-t-il. Ce membre du gouvernement malgache remet alors en question la réelle volonté des pays membres de la SADC à avancer dans ce sens ou à se donner le moyen d’y parvenir.

    Le Pr Abel Alfred Kinyondo, de l’Université de Dar es Salaam (UDSM) reste tout autant persuadé que chacun des pays de la SADC ne peut aller seul dans cette vision. Ce scientifique suggère alors aux membres de la Communauté d’avancer en bloc, tout en valorisant les compétences locales formées dans la sous-région.

    La secrétaire exécutive adjointe en charge de l’intégration régionale de la SADC, Angele Makombo N’Tumba, rassure que des projets conjoints commencent à se mettre en place pour promouvoir la régionalisation. Et ce qui ne pourra qu’être profitable pour les pays qui s’y engagent, ne serait-ce qu’en termes d’emplois ou de valeurs ajoutées.

    Terres de convoitise

    Alors que les pays Africains paraissent pour le moment peu enthousiastes à l’idée de collaborer entre eux, les grandes puissances économiques, elles, se sont déjà lancées dans des opérations de séduction. Les Etats-Unis, qui par l’importance de certains minerais stratégiques, avaient par exemple décidé de les exempter de droit de douane, dans ses nouvelles dispositions douanières en vigueur. La gestion durable des ressources, la transition énergétique et la coopération dans le secteur minier avait d’ailleurs été au cœur des discussions durant le premier Forum de dialogue entre hauts fonctionnaires de la SADC et des États-Unis à Antananarivo.

    Le Japon avait exprimé la même ambition. A l’issue de la neuvième Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (Ticad9), chefs d’État et de gouvernement et délégations du Japon et des États membres de l’Union africaine, préconisaient “un partenariat juste et équitable qui soutienne la transformation locale et la valorisation de ces ressources en Afrique”. Dans la Déclaration de Yokohama de la Ticad 9, il est souligné que ce partenariat devrait garantir que les bénéfices profitent aux économies africaines et contribuent à l’industrialisation, notamment par le transfert de technologies à des conditions mutuellement convenues et la création de coentreprises avec des entreprises japonaises.

    A Madagascar, le président français Emmanuel Macron avait aussi fait part du souhait de la France d’être un “partenaire” de le Grande île dans la valorisation de ses terres rares et de ses minerais stratégiques. Un souhait qu’il avait exprimé lors de l’entretien élargi qu’il avait eu avec le président Andry Rajoelina au mois d’avril de cette année. Emmanuel Macron avait souligné que la France pourrait avoir un partenariat en matière de terres rares, de minerais stratégiques avec Madagascar, en développant des filières pour les valoriser. Le patron de l’Elysée avait pris comme exemple la valorisation de ces ressources dans la filière photovoltaïque, dont toutes les composantes premières pour la développer est disponible à Madagascar.

    Un train à prendre

    La course aux minerais et métaux critiques, rares ou stratégiques s’accélère partout dans le monde. Et c’est une opportunité à saisir pour les pays d’Afrique australe, dont Madagascar. C’est « un train à prendre », d’après la Chambre des mines de la Grande île. Mais pour mettre Madagascar sur la carte du monde en tant que destination phare des investisseurs directs étrangers sur les minerais critiques, la disponibilité des ressources abondantes ne suffit pas, souligne cette association des industriels miniers du pays.

    “Madagascar aura à gagner en développant les infrastructures routières, portuaires et énergétiques desservant les zones hôtes des projets tout en améliorant en même temps le climat d’investissement en général. Le rétablissement de la confiance des investisseurs ne peut se faire que par une gouvernance basée sur la transparence, la prévisibilité et la cohérence des décisions publiques”, lance-t-elle.