Catégorie : Économie

  • SECTEUR EXTRACTIF – La divulgation au public des bénéficiaires effectifs des entreprises extractives à Madagascar se prépare

    SECTEUR EXTRACTIF – La divulgation au public des bénéficiaires effectifs des entreprises extractives à Madagascar se prépare

    Antananarivo, 12 Juillet, 9h55 – Qui sont derrière les activités minières au pays et qui en bénéficient ? Leur identité devra être connue du public, avec le protocole d’accord qui vient d’être signé entre la direction générale des Impôts (DGI) et l’Initiative pour la transparence des industries extractives (Itie) Madagascar, mercredi. Ce protocole est établi entre les deux parties en vue de la divulgation des informations sur la propriété effective et les données financières des entreprises minières, en conformité avec la norme Itie.

    La propriété effective ou le bénéficiaire effectif c’est la ou les personnes physiques qui exercent en dernier lieu un contrôle effectif, portant sur au moins 5% des actions ou parts sociales d’une entreprise extractive. Procéder à leur divulgation contribuera donc à réduire les risques de corruption, selon ce qui était avancé lors de la signature de ce protocole d’accord.

    Le directeur général des impôts, Germain, annonce alors la publication prochaine du registre central des bénéficiaires effectifs des entreprises minières. Une disposition qui devrait améliorer la collecte des recettes fiscales auprès de ceux qui bénéficient des revenus tirés de ces activités minières, lance-t-il.

    Mais au-delà de la divulgation de ces propriétés effectives, le protocole d’accord devra également permettre la publication systématique des paiements fiscaux effectués par les entreprises extractives, indique le directeur exécutif de l’Itie Madagascar, Sergio Clerc Marc . Il y a également l’engagement des deux parties à faciliter la transmission des données, qui est essentielle notamment pour l’élaboration de rapport sur Madagascar, ajoute-t-il.

    C’est une étape importante qui vient d’être franchie. Cette collaboration entre l’Itie Madagascar et la DGI devra promouvoir la bonne gouvernance, prévenir les flux financiers illicites, et assurer une répartition équitable des revenus issus des ressources naturelles.

  • DIGITALISATION – Un terminal de paiement électronique pour 7 000 habitants à Madagascar

    DIGITALISATION – Un terminal de paiement électronique pour 7 000 habitants à Madagascar

    Antananarivo, 12 Juillet, 7h45 – Alors que Madagascar s’ouvre progressivement aux paiements numériques, un chiffre interpelle : un seul terminal de paiement électronique (TPE) est disponible pour 7 000 habitants. Dans un pays où plus de 63 % des transactions s’effectuent encore en présentiel, cette pénurie d’équipements menace de ralentir sérieusement la dynamique de digitalisation engagée.

     

    Présentée par Visa, l’étude “Comprendre le paysage des paiements à Madagascar” a mis en lumière un paradoxe frappant car les usages physiques dominent encore largement, mais les infrastructures permettant des paiements numériques ne suivent pas. Avec une telle densité de TPE, si tous les consommateurs voulaient aujourd’hui régler leurs achats par carte, les files d’attente seraient tout simplement ingérables. “Le manque de terminaux disponibles freine l’acceptation, surtout chez les petits commerçants qui n’ont ni les moyens ni la formation pour les utiliser”, reconnaît Christian Mbonampeka, Visa Country Manager pour les îles de l’océan Indien.

     

    Le constat est d’autant plus préoccupant que le potentiel est là. Le mobile money, par exemple, connaît un taux d’utilisation de 73 % avec une notoriété de 100 % pour MVola selon l’étude de Visa sur un échantillon de 300 personnes. Et bien que le taux de bancarisation reste faible (18 %), la population, jeune et connectée, manifeste un intérêt croissant pour les solutions de paiement modernes. Pourtant, les cartes de débit ne représentent encore que 3,25 % des moyens de paiement utilisés.

     

    Face à cette situation, Visa et ses partenaires appellent à des mesures concrètes : faciliter l’accès aux terminaux via des subventions, former les commerçants à leur usage, et promouvoir des solutions hybrides comme les cartes virtuelles et les paiements via mobile. Car sans un renforcement de l’infrastructure, notamment dans les zones à forte densité commerciale, l’inclusion financière reste une promesse lointaine.

     

    L’étude recommande également un alignement des efforts entre régulateurs, banques, fintechs et opérateurs mobiles, afin de créer un écosystème propice à l’adoption de ces technologies. “Il est urgent de faire tomber les barrières techniques, économiques et culturelles qui freinent encore l’adoption des paiements électroniques”, martèle Evrard Nezeko, Senior Client Consulting Manager chez Visa.

     

    Dans cette course vers une économie digitale inclusive, le renforcement de l’infrastructure de paiement ne doit plus être une option. C’est la condition sine qua non pour démocratiser les services financiers.

  • INFRASTRUCTURES – 211,5 millions de dollars supplémentaires de la Banque mondiale dont une partie pour l’acquisition de ponts modulaires

    INFRASTRUCTURES – 211,5 millions de dollars supplémentaires de la Banque mondiale dont une partie pour l’acquisition de ponts modulaires

    Antananarivo, 12 Juillet, 6h40 – Du financement pour mieux affronter les situations d’urgence. Le projet Connecter Madagascar pour une croissance inclusive (PCMCI) vient de bénéficier d’un financement additionnel de 211,5 millions de dollars de la part de l’Association internationale de développement (IDA). Une partie de cette enveloppe sera affectée dans l’acquisition et le déploiement de ponts modulaires dans les zones très vulnérables aux chocs climatiques et à l’isolement, indique la Banque mondiale dans un communiqué, jeudi.

     

    Initialement financé à hauteur de 400 millions de dollars, le PCMCI visait à améliorer la connectivité, la résilience et la gestion des routes principales dans certaines zones rurales de Madagascar, notamment dans le Sud. Ce financement additionnel élargit la portée de ce projet, avec un nouveau volet dédié à la solidité et résilience des ponts. Il soutiendra entre autres la réhabilitation et la construction des ouvrages endommagés par les cyclones récents, dont notamment les ponts de Mahavavy et d’Ifasy sur la route nationale RN6, et celui de Manambery sur la RN5a.

     

    Mais ce projet assurera aussi la disponibilité de ponts modulaires qui seront prépositionnés en réserve afin de permettre une intervention d’urgence rapide en cas de catastrophe. Ces investissements visent ainsi, selon la Banque mondiale, à prévenir l’isolement prolongé, à maintenir une connectivité vitale et à protéger les communautés face aux événements météorologiques extrêmes.

     

    “En renforçant les ponts stratégiques et en disposant de ponts modulaires en réserve, ce financement supplémentaire aidera le gouvernement à réagir rapidement, à garantir le maintien des liens vitaux et à protéger les communautés vulnérables contre les impacts croissants des chocs climatiques”, soutient le représentant résident de la Banque mondiale à Madagascar, Atou Seck. Et cet appui est essentiel, estime le ministre des Travaux publics, Richard Rafidison. “Ce financement supplémentaire nous permettra d’intervenir encore plus rapidement en cas d’urgence, tout en investissant dans des solutions durables et adaptées au climat, comme les ponts modulaires”, lance-t-il.

  • INDUSTRIE – L’ambassadeur de Chine à Madagascar encourage les industriels malgaches à exporter leurs produits vers la Chine 

    INDUSTRIE – L’ambassadeur de Chine à Madagascar encourage les industriels malgaches à exporter leurs produits vers la Chine 

    Un potentiel à exploiter. C’est le constat dressé par l’ambassadeur de Chine à Madagascar, Ji Ping, lors d’une visite qu’il a effectuée à l’usine de la chocolaterie Amcho, du groupe Inviso jeudi. C’était aussi l’occasion pour le diplomate chinois de saluer non seulement le savoir-faire et le sérieux des industriels malgaches mais aussi la qualité des usines malgaches.

     

    Ces qualités étant très recherchées sur le marché chinois, l’ambassadeur Ji Ping invite les entreprises malgaches à s’y positionner davantage, en allant au-delà de l’exportation de matières premières pour privilégier les produits transformés. Une opportunité pour des entreprises comme Amcho, qui mise sur la transformation locale du cacao afin de créer plus de valeur ajoutée.

     

    La suppression des droits de douane sur 100 % des produits malgaches, en vigueur depuis décembre dernier, constitue une mesure préférentielle adoptée par la Chine pour ouvrir plus largement son marché aux exportations de Madagascar. Ce levier devrait renforcer la compétitivité de la Grande Île à l’international.

     

    Les exportations malgaches vers la Chine sont d’ailleurs en progression constante, avec une hausse estimée à 13,8 %. Parmi les produits les plus demandés figurent notamment le girofle et les produits de la mer, comme les crevettes.

  • RÉFORMES POLITIQUES ET INSTITUTIONNELLES – Madagascar moins performant dans la gestion budgétaire et la qualité de l’administration publique dans la CPIA 2025

    RÉFORMES POLITIQUES ET INSTITUTIONNELLES – Madagascar moins performant dans la gestion budgétaire et la qualité de l’administration publique dans la CPIA 2025

    Antananarivo, 11 Juillet, 14h45 – Madagascar avait une nouvelle fois été moins performant dans l’indicateur “gestion et institution du secteur public” dans l’Evaluation des politiques et des institutions nationales pour l’Afrique ou le CPIA 2025 de la Banque mondiale. La note obtenue par la Grande île dans cet indicateur est de 2,6 sur 6 selon ce qui est rapporté dans ce document publié jeudi.

    Cet indicateur figure parmi les quatre domaines dans lesquels chaque pays est noté dans le cadre de la CPIA. Il s’agit, notamment, de “la gestion économique”, “les politiques structurelles”, “les politiques en faveur de l’inclusion sociale et de l’équité”, et “la gestion et les institutions du secteur public”. La notation se fait sur une échelle de 1 à 6, allant de “faible” à “élevé”.

    Dans l’indicateur “gestion et institution du secteur public”, qui évalue entre autres les droits de propriété et la gouvernance fondée sur les règles, la qualité de la gestion budgétaire et financière, l’efficience de la mobilisation des recettes ou encore la qualité de l’administration publique, la note obtenue par la Grande île est de 2,6 sur 6. Elle s’aligne à la moyenne de l’Afrique de l’Est et australe mais est en dessous de la moyenne de l’IDA en Afrique subsaharienne et de la moyenne des pays emprunteurs de l’IDA qui sont toutes à 2,9 sur 6.

    Dans ce même indicateur, les notes de Madagascar dans les “droits de propriété et gouvernance fondée sur les règles”, la “qualité de la gestion budgétaire et financière”, la “qualité de l’administration publique”, la “transparence, redevabilité et corruption dans le secteur public” sont toutes à 2,5 sur 6. Sa note est de 3,5 sur 6 pour “l’efficience de la mobilisation des recettes”, détaille le rapport sur le CPIA.

    C’est dans l’indicateur “gestion économique” que Madagascar enregistre sa meilleure performance, avec une note de 3,7 sur 6. Cet indicateur tient compte des “politiques monétaires et des changes” et la “politique et la gestion de la dette” dans lequel la Grande île a obtenu des notes de 4 sur 6. La note du pays sur sa politique budgétaire est pour sa part de 3 sur 6.

    Pour les deux autres indicateurs, la note de Madagascar est de 3,3 sur 6 pour “les politiques structurelles” et de 3,4 sur 6 pour ce qui est “des politiques en faveur de l’inclusion sociale et de l’équité”.

    Avec ces quatre indicateurs combinés, la note globale de Madagascar s’établissait une nouvelle fois à 3,3 sur 6. C’est la même note que Madagascar a obtenue dans le CPIA depuis 2017. L’évaluation porte annuellement sur la qualité des réformes politiques et institutionnelles dans les pays d’Afrique subsaharienne bénéficiaires de l’aide de l’Association internationale de développement (IDA). Pour le CPIA 2025, c’est l’année civile de 2024 qui est évaluée.

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  • FINANCES – Les particuliers et les institutions de microfinance “exonérés” de TVA sur les intérêts des crédits bancaires, selon le Conseil des ministres

    FINANCES – Les particuliers et les institutions de microfinance “exonérés” de TVA sur les intérêts des crédits bancaires, selon le Conseil des ministres

    Antananarivo, 11 Juillet, 6h20 – Le Conseil des ministres étend l’exonération de TVA sur les intérêts des crédits aux prêts contractés auprès des institutions de microfinance. Si l’on en croit le compte-rendu de la réunion de l’Exécutif qui a eu lieu jeudi, cette taxe ne s’appliquera ni aux particuliers sur leurs crédits à la consommation ni à ceux qui ont emprunté auprès des institutions de microfinance.

    Le communiqué du Conseil des ministres délocalisé à Sainte Marie parle d’une “directive présidentielle” inscrite dans la circulaire d’application de la TVA à 20% sur les intérêts appliqués aux emprunteurs. “Conformément aux directives du Président de la République, cette taxe ne s’appliquera pas aux particuliers (crédits à la consommation) ni aux institutions de microfinance”, peut-on lire dans le communiqué. Cette circulaire qui “définit les instructions données par le président de la République” a été approuvée jeudi.

     

    Comme déjà annoncé par la ministre de l’Economie et des finances, la circulaire en question “entre en vigueur immédiatement après cette approbation”. Conformément au principe de la non-rétroactivité des lois, elle ne devrait pas s’appliquer aux crédits signés avant l’entrée en vigueur de la loi de finances en janvier 2025.

     

    N’entrant en vigueur que ce vendredi avec l’approbation de sa circulaire d’application, la TVA de 20% sur les intérêts des crédits concernés ne devrait pas non plus s’appliquer aux prêts accordés avant le 11 juillet 2025. Les banques ne devraient donc plus avoir l’obligation de collecter les taxes qui ne l’avaient pas été avant cette date comme elles l’avaient initialement appréhendé.

  • ELECTRIFICATION RURALE – Le Fonds Decim débloque sa première subvention pour Alaotra Mangoro

    ELECTRIFICATION RURALE – Le Fonds Decim débloque sa première subvention pour Alaotra Mangoro

    Antananarivo, 10 Juillet, 11h20 – Une lueur s’allume pour les fokontany isolés d’Alaotra Mangoro. Le Fonds du projet de Connectivité numérique et énergétique pour l’inclusion à Madagascar (Decim) a récemment accordé une subvention de plus de 2,2 millions de dollars américains à Jiro Kanto, une entreprise spécialisée dans l’électrification rurale, afin de relancer un projet de mini-réseau hydroélectrique dans les districts d’Amparafaravola et d’Ambatondrazaka.

    Cette initiative, qui devrait toucher environ 18 500 bénéficiaires répartis dans 13 fokontany, marque une avancée concrète vers l’accès universel à l’énergie dans les zones enclavées de Madagascar. Pour Jiro Kanto, filiale du groupe iED, acteur international de l’énergie renouvelable présent en Afrique depuis les années 80, ce soutien du guichet “nouveaux mini-réseaux” du Fonds Decim représente un tournant majeur. La société reprend le flambeau d’un réseau développé par la société BETC Nanala entre 2014 et 2019 autour du lac Alaotra, endommagé par le passage dévastateur du cyclone Batsirai en 2022.

    Sur le terrain, les préparatifs sont déjà en cours. Une mission a récemment été dépêchée sur le site de Maheriara pour inspecter la zone prévue pour la future centrale hydroélectrique, rencontrer les équipes locales et évaluer les besoins. Pour le Fonds Decim, géré par Bamboo Capital Partners et alimenté par une enveloppe de 97 millions de dollars américains grâce à la Banque mondiale, cette première subvention concrétise sa mission qui est d’accélérer la transition énergétique via des projets décentralisés et durables.

    Avec un délai d’exécution de 24 mois, le projet de Jiro Kanto s’inscrit dans une stratégie plus large de relance du secteur privé énergétique malgache. “L’accès à l’énergie, c’est la base du développement. Cela nous permettra d’ouvrir des ateliers, d’avoir des frigos pour conserver les produits, et pourquoi pas, des écoles éclairées”, témoigne un entrepreneur de Bembary joint au téléphone. Entre espoir et détermination, les foyers d’Alaotra Mangoro scrutent déjà l’arrivée des premiers câbles.

  • JIRAMA – Bras de fer entre syndicats et ministère de l’Energie et des hydrocarbures

    JIRAMA – Bras de fer entre syndicats et ministère de l’Energie et des hydrocarbures

    Les syndicalistes de la Jirama regroupés autour du mouvement « Tambaben’ny mpiasan’ny Jirama » sont entrés en grève générale ce mercredi. Un mouvement qui devrait encore s’intensifier en cas d’insatisfaction de leur revendication. Face aux services essentiels que ces agents assurent, le ministère de l’Energie et des hydrocarbures les appelle de nouveau au dialogue.

     

    La tension monte. Les agents syndiqués de la Jirama ont mis leur menace à exécution. Ils sont officiellement entrés en grève ce mercredi. Les syndicalistes parlent d’une « grève générale ».
    Avec la même revendication : la suppression des nouveaux statuts de la Jirama.
    Ces agents de la Jirama indiquent ne s’arrêter que lorsque cette revendication sera satisfaite.

    « Si cette réquisition tombe, c’est son droit (au ministre) de la mettre en œuvre. Mais les employés suivront-ils la réquisition du ministre ? Si elle est présentée comme une menace ou une intimidation, les travailleurs sont déjà déterminés à ne pas se laisser intimider. En tant que service public, la Jirama s’efforce d’aider la population. Mais la grève continue malgré tout. Concernant la réquisition qui exigerait que tous les employés reprennent le travail, la majorité a déjà décidé : les agents ne reprendront pas tant que leurs revendications ne seront pas satisfaites. Tous les employés sont unis pour s’opposer à ce nouveau statut. Quant au service minimum, une décision a déjà été prise à ce sujet. Sauf en cas d’urgence grave mettant véritablement en danger la population, la Jirama n’interviendra pas. », a déclaré un représentant du « Tambaben’ny mpiasan’ny Jirama »

    Du côté du ministère de l’Energie et des hydrocarbures, des “incompréhensions” sont évoquées. Le ministre Olivier Jean-Baptiste tente de rassurer tant bien que mal sur son contenu. Il regrette que les syndicats n’aient pas répondu à son invitation au dialogue.

    « D’après ce que nous avons entendu, il semblerait qu’ils ne comprennent pas bien, et craignent que cela mène à une privatisation ou à des licenciements. Je tiens à réaffirmer ici que le nouveau statut de la Jirama ne prévoit ni privatisation, ni licenciement. Ce statut vise uniquement à améliorer la situation actuelle, afin que la Jirama puisse réellement entrer dans une phase de redressement en profondeur. », annonce Olivier Jean-Baptiste
    Ministre de l’Energie et des hydrocarbures.

    En principe, une rencontre devait avoir lieu aujourd’hui (mardi) à 16h30, pour discuter avec les grévistes qui envisagent de faire grève. Cependant, ils ne sont pas venus, malgré une convocation officielle. Les portes du ministère de l’Énergie et des Hydrocarbures restent toujours ouvertes au dialogue, à l’échange et à la clarification de tous les points qui leur paraissent flous. »

  • EKLOU KODJOVI : “Nos actions préalables étaient essentiellement sur la Jirama et les carburants”

    EKLOU KODJOVI : “Nos actions préalables étaient essentiellement sur la Jirama et les carburants”

    La deuxième revue des programmes de Facilité élargie de crédit (FEC) et de Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD) en faveur de Madagascar a été bouclée par le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) le jeudi 3 juillet. Le représentant résident de cette institution de Bretton Woods, Eklou Kodjovi, apporte des explications sur cet examen qui a permis à Madagascar d’obtenir un décaissement immédiat d’environ 107 millions de dollars au titre de ces deux programmes. Interview.

    Madagascar a passé avec succès la deuxième revue de ces programmes en cours avec le FMI.
    Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international s’est penché sur son dossier le 3 juillet.
    La revue du programme de Facilité élargie de crédit (FEC) a permis le décaissement de 50 millions USD.
    Celle du programme de Facilité pour la résilience et la durabilité a permis de décaisser 56 millions USD.
    Le déblocage de ces fonds a toutefois nécessité le respect de certains critères de performance.
    Eklou Kodjovi est le représentant résident du FMI à Madagascar.

    Comment devons-nous interpréter la décision du Conseil d’administration du FMI ?

    “Tout d’abord, je voudrais commencer par féliciter les autorités à Madagascar suite à la conclusion des deuxièmes revues dans le compte de la FEC et de la FRD. Comme vous le savez, ceci donne lieu immédiatement à un décaissement de 107 millions de dollars. Dans le contexte du programme, la performance ou les résultats de Madagascar sont jugés satisfaisants”.

    Sur quels critères se base cette performance que le FMI juge satisfaisante?
    “Spécifiquement, dans le cadre de cette revue, la plupart des repères structurels ont été satisfaits. Nous avons eu essentiellement deux actions préalables. Comme vous le savez, à Madagascar, la loi sur la concurrence veut que l’administration des prix soit faite de façon semestrielle. Donc, on avait une première action préalable sur l’administration des prix des produits pétroliers et le décret de mise en œuvre qui l’accompagne. Et on avait une deuxième action préalable sur l’adoption du plan de redressement de la Jirama qui, nous pensons, est un très bon pas dans la bonne direction”.

    Que pensez-vous justement du plan de redressement financier de la Jirama qui est adopté?
    “C’est vraiment important, cette réforme. Dans la mise en œuvre de cette action préalable, dans la mise en place de ce plan de redressement, les autorités ont bénéficié d’un appui de la Banque mondiale. Nous avons eu les experts sectoriels de la Banque mondiale qui ont appuyé ce plan en donnant des recommandations. Nous espérons encore une fois que mettre en place ce plan rapidement va permettre de mettre la compagnie sur une trajectoire de soutenabilité ou de viabilité financière.

    Ce plan reflète-t-il les réformes que vous attendez ?
    “Comme je viens de l’expliquer, le plan a bénéficié vraiment de l’appui des experts sectoriels de la Banque mondiale, prenant en compte différents facteurs tels que comment créer les incitations pour que les IPPs (les producteurs indépendants d’énergie), puissent continuer à investir. Vous savez, les autorités ont même aussi pris des engagements dans le contexte du budget de 2025 d’investir un peu plus dans le solaire, d’appuyer un peu dans sa transition dans le mix énergétique pour pouvoir produire de l’énergie à un coût beaucoup plus raisonnable que là où il est maintenant”.

    Qu’en est-il du mécanisme d’ajustement des prix des carburants ?
    “L’idée ici, c’est d’essayer au mieux que les prix à la pompe reflètent un peu les fluctuations sur les marchés internationaux. Évidemment, dans la formation du prix à la pompe, on a plusieurs éléments. On a des éléments de taxation, on a le taux de change. Tous ces éléments-là sont pris en compte. Pour Madagascar, le mécanisme qui est mis en place a quand même ce qu’on peut appeler des filets de sécurité pour éviter qu’il y ait des changements trop brusques dans les prix, permettant un peu de protéger les consommateurs. Donc on a mis des bornes de plus ou moins de 200 ariary par litre et les changements ne vont pas dépasser ces mesures-là et donc limiter les fluctuations qu’on peut avoir d’un mois à l’autre”.

    Des hausses successives du prix du pétrole lampant avaient été constatées. N’est-ce pas finalement les ménages vulnérables qui utilisent ce produit qui sont principalement impactés par cette mesure ?

    “Pour que ces réformes soient un succès, on a trois principaux critères. Le premier critère, c’est le mécanisme lui-même. Comment est-ce que le mécanisme lui-même est designé ? Comment il est mis en place ? Et donc je viens de mettre en lumière en fait cette marge qu’on a. Deuxièmement, il y a la communication, donc l’explication de pourquoi est-ce qu’on fait la réforme, pour que les consommateurs commencent à comprendre un peu mieux le lien entre le développement sur les marchés internationaux et les prix à la pompe. Troisièmement, il y a les mécanismes de compensation. C’est à ça que vous faites allusion en ce moment. Et pour les ménages vulnérables, notre compréhension, c’est que le pétrole lampant est beaucoup utilisé pour l’éclairage, surtout en milieu rural. Et donc nous avons été rassurés de savoir que les autorités ont déployé en plus des kits solaires, justement pour l’éclairage, en combinaison avec des mécanismes de transfert monétaire avec l’appui de la Banque mondiale”.

    Donc au final, qu’est-ce qui est attendu avec ces deux mesures ?

    “Sur le plan de redressement de la Jirama, il va falloir rapidement avoir un plan de mise en œuvre qui, nous espérons aussi, va permettre de réduire sa dépendance vis-à-vis du budget général et créer un peu plus d’espace budgétaire. Il s’agit de la même chose pour le mécanisme d’ajustement automatique des prix des carburants. Nous pensons que la mise en œuvre continue de ce mécanisme permettra aussi de dégager des marges dans le budget pour justement les réallouer vers les dépenses de développement qui sont importantes, mais aussi de réduire les risques budgétaires qui sont associés à ces subventions”.

    Vous avez par ailleurs toujours insisté sur l’importance de mesures crédibles pour améliorer le recouvrement des recettes intérieures. Est-ce que Madagascar a avancé dans ce sens ?

    “Mobiliser des recettes fiscales domestiques, c’est important. Mais en plus, nous sommes dans un contexte, comme je l’ai mentionné tout à l’heure, où nous avons un contexte extérieur qui renforce l’urgence de continuer à faire des efforts en matière de recettes fiscales.
    “Et donc, dans le contexte de Madagascar, les autorités ont commencé à faire des efforts que nous pensons qu’il est important de continuer à soutenir, notamment les efforts qui ont été faits en matière de rationalisation des dépenses fiscales. Et donc, dans le contexte du programme, on a un objectif d’augmenter les recettes fiscales en pourcentage du PIB de 2,4 points de pourcentage d’ici les 3 ans du programme. Et donc, ces efforts-là, nous espérons pouvoir contribuer à atteindre cet objectif.

  • Les agents de la Jirama annoncent pour ce mercredi une grève générale que le gouvernement qualifie d’illégale

    Les agents de la Jirama annoncent pour ce mercredi une grève générale que le gouvernement qualifie d’illégale

    Antananarivo, 9 Juillet, 6h15 – “Tous les lieux de travail seront fermés ce mercredi à partir de 7h30”. Les agents de la Jirama mettent leur déclaration du 1er juillet à exécution. Indiquant n’avoir reçu aucune réponse à leur requête formulée en assemblée générale, ils annoncent une grève générale à l’échelle nationale ce mercredi.

     

    “Nous avons demandé une annulation des statuts de la Jirama élaborés sur la base de la loi sur les sociétés commerciales mais nous n’avons eu aucune réponse”, souligne le porte-parole du mouvement dans une déclaration à la presse mardi. Ils réitèrent, en même temps, leur “appel à une rencontre avec le président de la République en vue de trouver une solution”.

     

    Le ministère de l’Energie et des hydrocarbures dénonce, pour sa part, une “grève illégale qui n’a pas respecté les procédures requises”. “Même si le droit de grève est reconnu, il y a une procédure à respecter, celle du préavis de grève”, souligne Olivier Jean-Baptiste, ministre de l’Energie et des hydrocarbures dans une déclaration sur la chaîne de télévision publique.

     

    Dans son communiqué vidéo, le ministre indique que ni son département ni celui en charge du Travail n’ont reçu de préavis de grève de la part des agents syndiqués. Il met également en avant le fait que “les services de la Jirama sont des services essentiels” pour expliquer qu’ils “ne doivent pas être interrompus, que ce soit dans la production, le transport ou la distribution”.

     

    A en croire le ministre, une réunion devait avoir lieu mardi au ministère, mais les syndicats ne seraient pas venus malgré une invitation officielle qui leur a été adressée. “Les portes du ministère sont ouvertes pour que l’on puisse apporter des explications”, souligne-t-il. Il craint que “les employés de la Jirama ne comprennent pas les enjeux des nouveaux statuts et du plan de redressement”.