Catégorie : Politique

  • L’Exécutif central prend en main la validation de l’utilisation des ristournes minières provenant d’Ambatovy destinées aux communes 

    L’Exécutif central prend en main la validation de l’utilisation des ristournes minières provenant d’Ambatovy destinées aux communes 

     

     

    Antananarivo, 11 Mai, 7h20 – Toute décision sur l’utilisation des ristournes minières provenant d’Ambatovy doit désormais passer par le président de la République. Suspendue depuis plusieurs mois, l’utilisation de ces ristournes devrait ainsi reprendre mais sous le contrôle étroit de l’Exécutif, en particulier du président de la République. Celui-ci a été très « ferme sur la reprise de l’utilisation de ces fonds mais sur des projets qui auront des impacts directs sur les populations », indique le communiqué du Conseil des ministres de mercredi.

     

    Pour être sûr que les projets aient des retombées sur les habitants des communes impactées, le président de la République a décidé de valider lui-même les projets prioritaires. Selon la mesure prise mercredi par le Conseil des ministres, tous les projets de développement à financer par ces ristournes et envisagés par les communes bénéficiaires doivent « être soumis au chef de l’Etat et obtenir son aval ».

     

    A en croire le compte-rendu de la réunion hebdomadaire de l’Exécutif, les communes soumettent des propositions. Celles-ci doivent d’abord être évaluées et étudiées par un comité d’appui à la gouvernance des collectivités territoriales décentralisées composé de deux représentants de la présidence, de quatre ministres et du gouverneur. Les projets passés par le filtre de ce comité issu de l’Exécutif central sont ensuite classés par priorité et présentés au président de la République pour validation.

     

    Le communiqué du Conseil des ministres de mercredi justifie cette décision par le fait que les ristournes minières versées par la compagnie Ambatovy n’ont pas été utilisées à bon escient pendant plusieurs années. « Elles n’ont pas été investies dans des projets bénéficiant directement à la population et n’ont donc pas eu des impacts sur le développement des communes bénéficiaires », souligne le communiqué de l’Exécutif central.

     

    Le gouvernement rappelle l’existence d’un comité de supervision de l’utilisation des fonds, mais indique qu’en raison du nombre pléthorique de ses membres et de la lourdeur que cela a entraîné, ce premier comité n’a jamais pu travailler. C’est ainsi que le Conseil des ministres annonce « la mise en place d’une nouvelle méthode de travail sur consigne présidentielle » avec le nouveau comité composé de sept personnes désignées par le chef de l’Etat. Outre les deux représentants de la présidence et le gouverneur, le comité est composé de la ministre en charge des Finances, du ministre en charge des Mines, du ministre de l’ Intérieur et de la décentralisation et du ministre coach de la région où sont implantées les communes concernées.

     

    Outre la décision relative aux projets à financer, le comité d’appui à la gouvernance des collectivités décentralisées se charge également de conseiller les maires sur la budgétisation des projets à travers une « mercuriale des prix » afin de limiter les coûts des projets. Dans son rapport publié en 2022, la Cour des comptes a noté « des gaspillages et des irrégularités dans l’utilisation des ristournes ». Cette situation avait concerné 11,4% des 28 milliards d’ariary affectés à la construction d’infrastructures par les collectivités décentralisées, avait indiqué la Cour des comptes. Celle-ci avait estimé à 3 milliards d’ariary ces gaspillages et ces irrégularités.

  • VIE POLITIQUE – Début des consultations régionales en vue de la grande rencontre nationale organisée par le FFKM à la fin du mois de mai

    VIE POLITIQUE – Début des consultations régionales en vue de la grande rencontre nationale organisée par le FFKM à la fin du mois de mai

    Antananarivo, 10 Mai, 6h45 – Le conseil œcuménique des églises chrétiennes de Madagascar (FFKM) peaufine ses préparatifs en vue de sa grande rencontre nationale « fihaonambe ». Le conseil finalise actuellement la préparation des consultations régionales qui vont débuter à la fin de ce mois de mai. “Les consultations régionales débuteront à la fin du mois de mai et devraient être conclues à la fin du mois de juin” indique une source autorisée auprès du FFKM.

    ⭕Les consultations régionales seront menées sur l’ensemble des 35 régions du FFKM. Chaque consultation devrait durer trois jours. Le premier jour est destiné à consulter les démembrements de la FFKM pour renforcer ces derniers. “Il s’agit notamment de mettre en place les structures ‘andrimaso’ qui auront pour mission de surveiller le déroulement des élections”, explique notre interlocuteur. Le troisième jour est destiné à la consultation en soi qui verra la participation des entités politiques, de la société civile ou encore les représentants de l’Etat auprès des diverses régions.

    ⭕Après les consultations régionales, le FFKM compte rassembler toutes les parties prenantes pour la consultation nationale. Cette rencontre nationale devrait se tenir vers la fin du mois d’août ou au plus tard en début septembre. Le but affiché de la consultation nationale est selon la FFKM de se concerter pour trouver des solutions aux problèmes auxquels la nation fait face au niveau social, économique et politique.

  • EVALUATION – Andry Rajoelina défend ses performances devant les missionnaires du FMI

    EVALUATION – Andry Rajoelina défend ses performances devant les missionnaires du FMI

     

    Antananarivo, 9 Mai, 9h15 – Le président de la République Andry Rajoelina dresse un bilan positif de son mandat et présente les grands chantiers en cours devant la délégation du Fonds monétaire international (FMI). Les missionnaires de cette institution de Bretton Woods sont à Madagascar pour mener la quatrième revue du programme Facilité élargie de crédit et se sont entretenus avec l’équipe présidentielle dimanche dernier.

    Devant les missionnaires dirigés par le directeur du département Afrique du FMI Abebe Aemro Selassie, le locataire d’Iavoloha aurait insisté sur les efforts déployés par le gouvernement malgache ces quatre dernières années. Ces efforts témoignent d’un Etat qui se rapproche toujours plus de la population à travers ses réalisations, indique la direction communication de la présidence qui a rapporté la rencontre.

    La construction des infrastructures sociales dans l’ensemble de l’île comme les écoles, les universités ou encore les hôpitaux a été mise en avant durant la rencontre. Tout comme celle d’autres infrastructures qui sont en cours, telle que l’autoroute Antananarivo-Toamasina ou le lancement des travaux de construction du pipeline d’Efaho. Le directeur du département Afrique du FMI, Abebe Aemro Selassie, aurait alors salué particulièrement les efforts de l’Etat Malgache et ses réalisations malgré la pandémie. Il aurait toutefois insisté sur la nécessité pour les autorités du pays de redoubler d’efforts dans le développement de l’agriculture.

    Ce n’est pas la première fois que ce responsable du FMI rencontre des autorités malgaches. Son équipe avait discuté avec une délégation conduite par la ministre de l’Economie et des finances Rindra Rabarinirinarison en marge des Assemblées annuelles du FMI et du groupe de la Banque mondiale à Washington au mois d’octobre. La réunion avait été une occasion pour les deux parties de discuter des réformes sur le cadre juridique et institutionnel, la gestion du patrimoine, la digitalisation de l’exécution budgétaire et des procédures de passation de marchés, le renforcement du contrôle des finances publiques ainsi que la transparence et la bonne gouvernance à Madagascar. Mais Abebe Aemro Selassie avait surtout insisté sur l’importance pour Madagascar « d’avoir un programme bien défini et soutenu, et accompagné de politique de réformes », selon le rapport du ministère des Finances sur cette rencontre à Washington.

    Ce cadre du FMI s’est déplacé cette fois-ci dans le cadre de la quatrième revue du programme sur la Facilité élargie de crédit (FEC). Les missionnaires du FMI s’intéresseraient surtout à l’exécution budgétaire ou encore le recouvrement des recettes, dont celles à collecter auprès des compagnies pétrolières. Et puisque Madagascar serait déjà éligible pour bénéficier du Fonds fiduciaire pour la résilience et la durabilité (FFRD), cette rencontre entre les autorités malgaches et la délégation du FMI est une préparation pour ce programme dont les négociations devront avoir lieu en octobre et en novembre, d’après ce qu’a communiqué la Présidence.

  • LIBERTE DE LA PRESSE – Lalatiana Rakotondrazafy dénonce le classement 2023 de RSF et évoque un « travail bâclé et infondé »

    LIBERTE DE LA PRESSE – Lalatiana Rakotondrazafy dénonce le classement 2023 de RSF et évoque un « travail bâclé et infondé »

    Antananarivo, 8 Mai, 6h30 – Un travail « tendancieux ». « Un classement bâclé et infondé ». La ministre de la Communication et de la culture, Lalatiana Rakotondrazafy, a dénoncé vendredi le classement mondial de la liberté de la presse 2023 publié par Reporters sans frontières (RSF). Elle a même parlé de « mauvaise foi » de l’organisation qui, selon elle, n’a pas pris en compte les révisions de la loi sur la communication apportées en 2020. « Il s’agit d’un vrai déni de la loi 2020-006 qui a supprimé toutes les dispositions considérées comme liberticides contenues dans la loi 2016-029 », soutient-elle dans son émission hebdomadaire « Tsy ho tompon-trano mihono » sur les chaînes audiovisuelles publiques.

     

    La ministre regrette que « RSF et son correspondant à Madagascar n’aient pas fait le travail de recoupement et d’investigation suffisant pour établir le classement ». Elle déplore que son nom et celui du président de la République aient été particulièrement cités dans les explications du classement en tant que propriétaires de médias et contribuant à la concentration des médias sur la Grande île. « Nous n’avons qu’un seul organe de presse, et RSF nous reprochent de dominer le secteur », soulève-t-elle en rappelant que « beaucoup d’hommes politiques de l’opposition, dont des candidats éventuels à la présidentielle ont aussi leur organe de presse ». Pour la ministre, le classement de RSF ne peut s’expliquer que par sa « tendance à ne pas aimer les détenteurs actuels du pouvoir ».

     

    Dans son classement annuel de 2023, RSF classe Madagascar 101ème avec une note de 56,6 sur 100. Ce classement représente un recul de trois places par rapport à celui de 2022 où la Grande île était classée 98ème avec une note de 58,02 sur 100. Pour l’indicateur législatif soulevé par la ministre, le classement de Madagascar est passé de 93 en 2022 à 94 en 2023, et la note a régressé de 64,47 en 2022 à 60,69 en 2023.

     

    Même si RSF reconnaît que « depuis la dépénalisation, en 2016, des délits de presse, il est assez rare qu’un journaliste se retrouve en prison pour des faits relevant de l’exercice de ses fonctions », il souligne que « la réforme de 2020 du Code de la communication prévoit des amendes en cas de “diffusion de fausses nouvelles”, d’“outrage” et de “diffamation ». Il rappelle également que « le code donne la possibilité aux autorités de fermer des médias ou d’arrêter des programmes susceptibles de troubler l’ordre public ».

     

    RSF a aussi pris en compte la non-effectivité de nouvelle Autorité nationale de régulation de la communication médiatisée (ANRCM), ou encore la non-adoption de la loi sur l’accès à l’information public et de la loi sur les défenseurs des droits de l’homme et les lanceurs d’alerte. Mais « ces deux textes n’ont rien à avoir avec l’exercice de la fonction de journaliste », réplique la ministre.

     

    Outre l’indicateur législatif, le classement RSF prend aussi en compte les indicateurs politique, économique, social et sécuritaire. La plus mauvaise note est attribuée à l’indicateur économique (36,71) et la meilleure note à l’indicateur sécuritaire (78,39). L’indicateur législatif est en deuxième position, tandis que l’indicateur politique, en quatrième position, n’obtient pas la moyenne (49,03). L’indicateur social, lui, est crédité d’une note de 58,46.

     

    Le contrôle des médias publics par l’Etat et la mainmise des hommes politiques sur les médias sont considérés par RSF comme autant de facteurs plombant le pluralisme et la liberté des journalistes. RSF évoque également « la précarité de la presse malgache qui a des conséquences désastreuses sur la qualité de l’information et l’indépendance des médias », ainsi que « la tendance à l’autocensure due principalement aux lignes éditoriales imposées par les hommes politiques propriétaires de médias, et à l’interdiction de critiquer les annonceurs ».

     

    Pour établir son classement, RSF se base sur un « relevé quantitatif des exactions commises envers les journalistes et les médias » et effectue « une étude qualitative fondée sur les réponses de centaines d’experts de la liberté de la presse sélectionnés par RSF (journalistes, universitaires, défenseurs des droits humains) à une centaine de questions.

     

    Photo : Capture d’écran TVM

  • ASSEMBLÉE NATIONALE – Le code minier et la loi sur les investissements à Madagascar en adoption à l’Assemblée nationale dès la semaine prochaine

    ASSEMBLÉE NATIONALE – Le code minier et la loi sur les investissements à Madagascar en adoption à l’Assemblée nationale dès la semaine prochaine

     

     

    Antananarivo, 7 Mai, 12h40 – Une grosse semaine attend les députés. D’après l’ordre du jour adopté à Tsimbazaza jeudi, l’Assemblée nationale va se pencher sur deux projets de loi pour les 15 premiers jours de la session parlementaire. Il s’agit du code minier et du projet de loi sur les investissements.

     

    Sauf changement, les députés auront deux jours pour examiner en séance plénière le code minier. Ce texte prévoit plusieurs nouvelles nouvelles dispositions dont l’introduction de la notion de «cahier de charges minières» avant l’octroi de permis minier, la réduction de moitié des limites de la superficie totale couverte par les permis miniers. A cela s’ajoute la révision à 5% du total des Droits et taxes spéciaux sur les produits miniers (DTSPM) qui est pour le moment de 2% . Les députés vont discuter tout cela le 11 mai avant son adoption prévue le lendemain, c’est-à-dire, le 12 mai.

     

    Les députés vont se retrouver à Tsimbazaza pour l’adoption du projet de loi sur les investissements le 15 mai sauf changement. A travers ce texte, le gouvernement veut instaurer et maintenir un environnement favorable à l’investissement. L’objectif est d’assurer un traitement juste et équitable entre les investisseurs nationaux et étrangers par rapport à leur investissement, si l’on tient compte du rapport du conseil des ministres du 9 mars dernier.

     

    Les membres du bureau permanant réuniront pour la deuxième fois, le mardi 16 Mai afin de définir l’ordre du jour des prochaines réunions à l’Assemblée nationale. Outre l’adoption de ces deux lois, il est attendu durant cette session l’adoption du projet de loi de finances rectificative et la séance de face à face avec le gouvernement.

     

  • AFFAIRE RAISSA – Landy Randriamanantenasoa assure de l’indépendance de la justice dans les verdicts qu’elle prononce 

    AFFAIRE RAISSA – Landy Randriamanantenasoa assure de l’indépendance de la justice dans les verdicts qu’elle prononce 

     

     

    Antananarivo, 6 Mai, 10h27 – La ministre de la Justice réplique. Landy Randriamanantenasoa s’exprime sur les suspicions de corruption qui pèsent sur certains responsables au sein de la justice et dénoncées par la détenue Raïssa Razaivola après sa condamnation. « La parole vole et l’écrit reste. Il ne suffit pas de l’évoquer (la corruption) car tout le monde peut également le faire. Il faut apporter des preuves car c’est quelque chose d’ignoble », lance la Garde des sceaux lors d’une interview partagée par TNTV Fianarantsoa, sur Facebook vendredi.

     

    La ministre de la Justice ne souhaite pas limiter son intervention sur un cas individuel. « [La corruption] n’est pas tolérable (…) Il n’y aura pas de traitement spécial car il s’agit de dossier impliquant Raïssa Razaivola. Mais c’est valable pour tout le monde », avance-t-elle.

     

    Raïssa Razaivola, une détenue dont les échanges téléphoniques avec certains interlocuteurs ont fait le buzz sur les réseaux sociaux. Elle avait pointé du doigt des responsables au sein de la justice à sa sortie de la salle d’audience, au palais de la justice, à Anosy jeudi. Elle avait réclamé « la restitution de son argent », selon ses dires, après sa condamnation à sept ans de travaux forcés pour tentative de meurtre. Elle avait également fait part de l’existence d’un chantage à son encontre, expliquant, selon elle, la lourde sanction qu’elle a reçue.

     

    Landy Randriamanantenasoa rappelle que tout justiciable « peut interjeter appel s’il n’est pas satisfait du verdict rendu par la justice ». « Les normes de la justice restent inchangés : une justice impartiale, équitable et qui juge en toute indépendance », avance-t-elle.

     

    Photo : Ministère de la Justice

  • DROITS HUMAINS – Des experts des Nations unies tirent la sonnette d’alarme sur la situation carcérale à Madagascar

    DROITS HUMAINS – Des experts des Nations unies tirent la sonnette d’alarme sur la situation carcérale à Madagascar

     

    Antananarivo, 5 Mai, 6h15 – Une situation alarmante. Le sous-comité des Nations Unies pour la prévention de la torture exprime son inquiétude face à la surpopulation carcérale dans les prisons malgaches. En visite sur la Grande île du 16 au 27 avril, la délégation dirigée par Juan Pablo Vegas, déplore une « extrême surpopulation dans les prisons, avec près de 1000% dans certaines d’entre elles ». Le chef de la délégation indique que cela « nécessite une action immédiate de la part des autorités malgaches ».

    Les experts du sous-comité se sont rendus sur 30 sites à travers le pays. Ils ont visité des prisons, des postes de police et de gendarmerie mais aussi des « toby » et des établissements psychiatriques. Ils ont mené des entretiens confidentiels et individuels avec des personnes privées de liberté, des fonctionnaires de l’administration pénitentiaire et de la police, ainsi que du personnel de santé. Ils en ont conclu que Madagascar doit reconsidérer sa politique pénale. Selon le rapport du sous-comité, il s’agit d’adopter « des mesures urgentes dont des alternatives à l’emprisonnement à la vue des prisons emplies d’individu en détention préventive afin de désengorger les lieux de détention ».

    Comme pour confirmer la situation de surpopulation carcérale, le ministère de la Justice avait indiqué à l’issue d’une récente visite ministérielle à la prison d’Ambalatavoahangy, à Toamasina, que « 1 327 individus y sont détenus alors que le site a une capacité d’accueil de 350 personnes ». Sans donner des détails précis, le ministère avait en même temps reconnu dans son communiqué « le nombre important de prévenus parmi ces détenus ». Il avait souligné que « le traitement des dossiers judiciaire doit être accéléré », tout en insistant sur le fait que « personne ne peut libérer un détenu en dehors des procédures légales ».

    Outre l’accélération du traitement des dossiers des prévenus, la construction de nouvelles prisons fait partie des actions engagées par le ministère en vue de désengorger les établissements pénitentiaires.

  • REPORTERS SANS FRONTIÈRES – Madagascar recule au classement mondial de la liberté de la presse

    REPORTERS SANS FRONTIÈRES – Madagascar recule au classement mondial de la liberté de la presse

    Antananarivo, 3 Mai, 15h38 – En baisse. La note de Madagascar en matière de liberté de la presse continue de baisser. De 58,02 sur 100 en 2022, elle est descendue à 56,66 cette année. Avec cette note, le classement de la Grande île recule. Elle passe de la 98ème place à la 101ème place du classement annuel de Reporters sans frontières. Elle se trouve parmi les pays à situation problématique dont les points sont compris entre 55 et 70. Elle s’approche de plus en plus des pays considérés comme à situation difficile.

    Les notes de Madagascar sont en baisse sur presque tous les indicateurs. La plus mauvaise note, 36,71 sur 100, est obtenue sur les critères economiques même si celle-ci est en hausse par rapport à celle de l’année dernière, 35,08 sur 100. Le classement sur cet indicateur a néanmoins reculé, passant de la 126ème place à la 139ème. RSF évoque, entre autres, « la précarité de la presse malgache qui a des conséquences désastreuses sur la qualité de l’information et l’indépendance des médias ». L’organisation évoque également un « niveau de concentration des médias qui crée des positions dominantes », ainsi que les salaires très faibles des journalistes, les rendant vulnérables à la corruption et à la pratique du “felaka”, ou encore les obligeant à « cumuler des petits boulots », et les amenant à se retrouver « en situation de conflit d’intérêt en travaillant en parallèle auprès de responsables politiques »

    La note sur les critères sécuritaires est également en hausse, passant de 73,47 sur 100 en 2023, à 78,39 sur 100 en 2023, tout comme le classement qui passe de la 69ème à la 75ème place. RSF note dans son rapport que « les attaques physiques demeurent très rares » à Madagascar, mais des journalistes sont souvent « publiquement pris à partie par des responsables politiques ou sont victimes de campagnes de dénigrement sur les réseaux sociaux ».

    Sur l’indicateur politique où la note est en dessous de la moyenne, 49,03 sur 100 contre 52,58 sur 100 en 2022, RSF soulève le « contrôle des médias publics par l’Etat qui a le pouvoir de nommer ou démettre leurs principaux responsables », ou encore la « mainmise des hommes politiques sur les médias, ce qui plombe le pluralisme et la liberté des journalistes ».

     

  • La loi de finance rectificative, le code minier et la loi sur les investissements parmi les principaux textes à débattre au Parlement

    La loi de finance rectificative, le code minier et la loi sur les investissements parmi les principaux textes à débattre au Parlement

    Antananarivo, 3 Mai, 6h55 – La session ordinaire du Parlement qui vient de s’ouvrir ce mardi devrait être studieuse. Trois projets de loi d’envergure au moins attendent les députés et les sénateurs. Christine Razanamahasoa, présidente de l’Assemblée nationale parle, entre autres, du projet de loi de finance rectificative, du projet de code minier et du projet de loi sur les investissements.

     

    Il est notamment attendu, dans le projet de budget rectificatif, une hausse du budget de la Commission électorale nationale indépendante. Le projet de code minier propose, de son côté, une hausse des redevances et ristournes qui seront exigées aux opérateurs miniers, le gouvernement envisageant de les faire passer de 2% à 5%. Le projet de texte sur les investissements, lui, entend proposer un cadre légal plus attractif et plus incitatif aussi bien aux investisseurs internationaux que locaux.

     

    Les dossiers relatifs à la mise en accusation de certains anciens hauts responsables de l’Etat font également partie des affaires sur lesquelles l’Assemblée nationale est attendue au cours de cette session. Depuis trois ans, les séances relatives à l’adoption des résolutions de mise en accusation sont cependant boudées par les députés et le quorum nécessaire au vote n’a jamais été atteint. Les travaux de la Haute cour de justice s’en trouvent ainsi bloqués.

     

     

  • INFRASTRUCTURES – Andry Rajoelina désigné lauréat du Super prix du grand bâtisseur

    INFRASTRUCTURES – Andry Rajoelina désigné lauréat du Super prix du grand bâtisseur

    Le Président Andry Rajoelina a été désigné lauréat du Super prix du grand bâtisseur –  Trophée Babacar Ndiaye « pour ses engagements et ses investissements dans les infrastructures de mobilité de la Grande île ». 

     

    Antananarivo, 30 Avril, 7h50 – Une reconnaissance internationale pour le président de la République. L’organisation The Africa Road Builders attribue à Andry Rajoelina son Super prix grand bâtisseur – Trophée Babacar Ndiaye, annonce samedi la presse africaine. Le comité de sélection du trophée s’est appuyé sur le rapport du réseau Médias pour les infrastructures et la finance en Afrique pour arrêter son choix. Il s’est notamment basé sur certaines réalisations inaugurées par Madagascar pour désigner son lauréat.

     

    Dans le communiqué rapporté par Press Afrik, il est souligné que « le comité de sélection a particulièrement noté la livraison de la rocade d’Iarivo (…), l’agrandissement de l’aéroport d’Ivato (…), et le renforcement des connectivités en milieu rural ». Autant d’infrastructures qui, selon le porte-parole du comité de sélection rapporté par Press Afrik, témoignent du « leadership personnel » du chef d’Etat malgache, ainsi que de « ses engagements et investissements pour doter Madagascar d’infrastructures de mobilité en parfaite adéquation avec les objectifs du développement durable ».

     

    Le caractère inclusif des infrastructures citées est particulièrement mis en avant par le comité. Celui-ci parle, par exemple, de « l’intégration de voies piétonnes et cyclistes aux côtés des voies motorisées ainsi que des arrêts de bus sécurisés et des points de dépôt d’ordures » sur la rocade d’Iarivo qui en devient ainsi « une route résolument au service de la population ». Il évoque également la « prise en compte des personnes à mobilité réduite, l’amélioration des parkings, ainsi que la signalisation piétonne bien visible » au nouvel aéroport d’Ivato. « Le renforcement des connectivités de transport en milieu rural augmente indubitablement la productivité agricole et améliore l’économie et la vie des populations », ajoute enfin le comité.

     

    Le prix devrait être remis à Andry Rajoelina le 26 mai 2023, en marge des Assemblées Annuelles de la Banque africaine pour le développement (BAD) à Sharm el Sheikh en Egypte, où il est invité par le comité de sélection. Le Trophée Babacar Ndiaye, du nom d’un ancien président de la BAD, récompense « les projets ambitieux et concrets ayant un réel impact sur la mobilité des populations ». Il est organisé par Acturoutes, une plateforme d’information sur les infrastructures et le réseau routier en Afrique, et par l’organisation Médias pour les infrastructures et le financement en Afrique, un réseau de journalistes africains spécialisés dans les infrastructures routières. Ses précédents lauréats sont, entre autres, la présidente tanzanienne Samia Suluhu Hassan (2022), le président nigérian Muhammadu Buhari (2021), le président égyptien Abdel Fatah Al Sisi (2020) ou encore le président gambien Adama Barrow (2019).

     

    Photo : Presidence de la République