Catégorie : Opinions

  • VANF ONLINE – Vainqueurs apatrides

    VANF ONLINE – Vainqueurs apatrides

    Tandis que dans «Nous, Vous, îles», nous applaudissions l’agressivité sans violence du chauvinisme aux Jeux des îles, voilà que l’IAAF (Fédération internationale d’athlétisme) a inventé le chauvinisme sans drapeau ni hymne nationaux. Ce pays de nulle part est un concept au nom barbare : «Athlète neutre autorisé» ou ANA.

    Suite à la suspension de la Fédération russe d’athlétisme, pour des cas répétés de dopage de ses athlètes, l’IAAF a proposé à des athlètes russes désireux de participer à ses compétitions d’en faire la demande à titre individuel. En cas de victoire, ces athlètes n’arboreraient pas le drapeau russe tandis que l’on jouerait l’hymne de l’IAAF.

    Aux championnats d’Europe d’athlétisme, j’ai pourtant vu une athlète russe retenir ses larmes sur la plus haute marche du podium : était-elle émue de sa victoire ou pleurait-elle de ne pouvoir associer à cette victoire les couleurs et la musique de son pays ?

    Dans aucun pays, on ne lève ni met en berne le drapeau de l’IAAF. Et aucun écolier de tous les pays ne s’exerce à colorier un drapeau de l’IAAF. Dans aucune langue, on ne met un point d’honneur à connaître par cœur les paroles d’un hymne IAAF auquel personne ne s’identifiera.

    Aux mondiaux de biathlon de 2017, au lieu de l’hymne russe actuel, c’est la version d’entre 1990 et 2000, du temps de la CEI, qui a retenti. Les vainqueurs russes avaient alors entonné eux-mêmes le «vrai» hymne. Aux JO de Londres en 2012, il y eut confusion des drapeaux coréens lors d’un match de football féminin opposant la Corée du Nord à la Colombie. En 2018, aux championnats d’Asie de football des moins de 19 ans, c’était cette fois l’hymne de Corée du Nord qu’on entendit avant un match de la Corée du Sud contre la Jordanie. Preuve que la symbolique du drapeau est une affaire d’État : avant les JO d’Hiver en Corée du Sud (2018), il avait fallu une dispense spéciale de la justice sud-coréenne avant que le drapeau nord-coréen soit hissé au village olympique. Parce que les deux pays sont toujours techniquement en guerre, après l’armistice de 1953. Depuis deux ans cependant, les deux Corée multiplient les équipes mixtes. Pour la petite histoire, Madagascar avait renoncé aux JO de 1988 en Corée du Sud, parce que le régime de Didier Ratsiraka aurait préféré que les Jeux soient organisés par les deux Corée ensemble.

    Il vaut mieux deux drapeaux que pas de drapeau du tout. Deux délégations supportrices qui donnent de la voix que ce silence embarrassé. Les vainqueurs neutres font de drôles de vainqueurs. Et l’image gros plan de leur joie neutre un drôle de spectacle. Ces vainqueurs apatrides sont véritablement des orphelins.

  • VANF ONLINE – JIOI : Nous, Vous, Îles

    VANF ONLINE – JIOI : Nous, Vous, Îles

    Les Jeux des îles sont nos mini-Jeux Olympiques, a bien résumé le Ministre mauricien des sports. À cette petite réserve que 20% des disciplines peuvent ne pas être olympiques. Et que le handball ou le tennis ont été écartés. Et que la pétanque ne figure à l’agenda que quand les Jeux font escale à Madagascar (champion du Monde 1999 et 2016). Pour ces dixièmes JIOI, quatorze sports (un sport se décompose en plusieurs disciplines, comme le Ski qui en compte six) sont au programme : athlétisme, badminton, basketball, beachvolley, boxe, cyclisme, football, haltérophilie, judo, natation, rugby, tennis de table, voile, volleyball.

    La Charte des Jeux des îles se fixe des objectifs généreux : «instaurer l’amitié et la compréhension mutuelle entre les peuples des îles de l’Océan Indien, établir une solidarité entre les îles». Madagascar, Comores, Maldives, Maurice, Mayotte, Réunion, Seychelles : les sept îles de notre région de l’Océan Indien aiment à s’appeler «sœurs», et, comme dans toutes les réunions famille, des querelles surviennent régulièrement.

    Les Malgaches n’ont pas oublié le geste de cette officielle réunionnaise, Catherine Paoli, arracher brutalement le drapeau malgache que s’apprêtait à déployer l’athlète Marthe Rasilinirina, médaillée d’or aux 3000 mètres steeple. C’était le mardi 4 août 2015. Elle avait appliqué bêtement des règlements amendés in extremis qui prétendaient interdire toute manifestation de nationalisme (cf. Chronique VANF, «Les Jeux des îles chauvines», L’Express de Madagascar, 10 août 2015). Interdiction absurde et inapplicable : que seraient des joutes internationales sportives sans chauvinisme ! Hymnes nationaux, couleurs des pays, participent à cette ambiance particulière d’agressivité joyeuse, exutoire salutaire à des pulsions plus bellicistes qui, «deux fois en l’espace d’une génération», avaient embrasé l’Europe et fait quarante-cinq millions de victimes sur tous les continents .

    Comoriens et Mahorais doivent également chaque fois se demander comment se dérouleront leurs «retrouvailles». Les Comores (et les Nations Unies) refusent que Mayotte soit Département français, mais les Mahorais leur chantent volontiers La Marseillaise au nez, tandis que les milliers de kwassa-kwassa qui quittent les Comores pour rejoindre clandestinement Mayotte semblent démontrer que les Mahorais auraient fait le bon choix aux référendums de 1974, 1976, 2000 et 2009. En 2015, les Comores avaient quitté les Jeux parce que Mayotte avait défilé derrière le drapeau français lors de la cérémonie d’ouverture : c’est que, consultée, la population mahoraise avait accepté que leur île devienne le 101ème Département français (depuis 2011).

    À ces dixièmes JIOI, c’est la quatrième participation de Mayotte dont la candidature à l’organisation des JIOI 2027 a été acceptée par les autres îles du Conseil international des Jeux, malgré le refus, prévisible, des Comores qui, par ailleurs, se plaignent de ne pas être pris au sérieux quand elles se proposent d’organiser les JIOI 2023… Au football, ce 18 juillet 2019, les Hippocampes de Mayotte ont battu les Coelacanthes des Comores 2-0…

  • 4×4 DES DÉPUTÉS, UN NOUVEAU SCANDALE EN VUE ?

    4×4 DES DÉPUTÉS, UN NOUVEAU SCANDALE EN VUE ?

    À peine élus, les députés version 2019, commencent déjà à faire parler d’eux et pas en bien : les députés demandent des 4×4. Pour rappel, cette demande avait déjà créé un tollé général dans l’opinion publique, lorsque leurs prédécesseurs avaient exigé le même avantage. En 2018, Madagascar était classé 4ème pays le plus pauvre du monde ! Quelle est donc la logique des députés, représentants du peuple, avec l’argent du peuple ? Ha oui c’est vrai, on a oublié, le peuple se déplace dans les meilleures conditions, va dans les meilleurs hôpitaux, peut envoyer ses enfants dans les meilleurs écoles, accède à la culture, mange à sa faim, a l’eau courante et l’électricité, bref la belle vie au quotidien…

    « Austérité », la promesse d’un quinquennat. Un mot qui devrait être inscrit dans la Constitution et la loi de finances, tant qu’on est un pays sous-développé (terme aujourd’hui diplomatiquement supprimé, mais réalité de la Grande île) ! Mais le pire c’est que nos élus rêvent certainement d’un gros Toyota V8, ou d’un véhicule Ford exceptionnel, ce à la charge, sur le dos, et au détriment de la population. Comment un porte-parole d’un pays classé parmi les plus pauvres du monde, peut-il circuler l’âme en paix dans un gros 4×4 vitres fumées, en ignorant la misère qui l’entoure ? Bonne question… enfin si on a le sens de la moralité !

    Gageons également que le 4×4 restera 95% du temps à Antananarivo ! Donc à part faire des démonstrations de puissance, dans des véhicules ostentatoires, ce dans les embouteillages avec les warnings à contresens, ou sur les parkings des hôtels de luxe, les véhicules seraient sous utilisés. Mesdames, Messieurs les élus, vous voulez un véhicule ? Roulez en Karenjy svp ! Au moins là vous démontrez votre redevabilité à Madagascar, et donnerez un début de crédibilité dans cet acte patriotique. Karenjy, la seule marque malagasy de véhicule, à moins que vous avez honte ? Vous donnerez une chance unique à notre industrie automobile, en appuyant l’investissement en matériel de passer à un autre niveau, de créer des emplois et de la richesse pour notre pays. Et puis cela pourrait faire tache d’huile pour les ministères et tous les organismes étatiques !

    PS : Oui pour la Karenjy, mais sous conditions : plaque rouge obligatoire, justification des kilométrages et du carburant consommé pour les visites dans les circonscriptions électorales uniquement, le reste non remboursé.

  • VANF ONLINE – Député de…Madagascar ???

    VANF ONLINE – Député de…Madagascar ???

    Député de sa circonscription ou Député de Madagascar ? Dans la première Constitution de la République malgache, celle du 29 avril 1959, la définition était laconique : «Les membres de l’Assemblée Nationale sont élus pour cinq ans au suffrage universel direct. Ils portent le titre de députés» (article 19). La Constitution du 31 décembre 1975, et surtout la pratique de la Deuxième République (1975-1991), ne faisaient de l’Assemblée Nationale Populaire (ANP) qu’un organe de ratification, l’essentiel du pouvoir législatif étant exercé par le Président de la République en CSR (Conseil suprême de la révolution). Le «mandat national» de ces députés d’une assemblée subsidiaire ne faisait guère illusion.

    C’est donc en définitive la Constitution du 19 août 1992 qui introduit la notion de «député de Madagascar» (article 66). À cette époque, la difficulté des élections législatives avait été de concilier la règle d’un député au moins pour chacun des 111 Fivondronana avec le regroupement en une seule circonscription des Fivondronana ayant moins de 75.000 habitants. Le professeur de droit Charles Cadoux avait pu parler de «système, inspiré de préoccupations très électoralistes et régionalistes» (La Constitution de la Troisième République malgache, revue Politique Africaine, n°52, décembre 1993, p.65).

    Le concept de «Député de Madagascar» est largement une fiction. Je doute qu’un député d’Avaradrano sache les intérêts des habitants de l’Anosy, et qu’un élu d’Antsohihy connaisse quoi que ce soit à des préoccupations localisées dans le Menabe. Que sait l’électeur de Vangaindrano d’un député élu par les habitants d’un arrondissement d’Antananarivo-Renivohitra ? Que sais-je, habitant d’Antananarivo-Renivohitra, d’un député élu à mille kilomètres de mon quotidien ? Déjà, à Antananarivo-Renivohitra, et malgré l’existence d’un «Grand Tana» journalistique et cathodique, je sais bien peu sur les candidats à Ambohimanga, Ilafy, Alasora, Antsahadinta ou Ambohidratrimo, territoires pourtant organiques de l’Imerina Efa-toko (Avaradrano, Vakinisisaony, Ambodirano, Marovatana) d’Andriamasinavalona (17ème siècle).

    La Constitution française de 1958, dont les Constitutions malgaches successives ont hérité des «gros œuvres», ignore le concept de «député de France». Les présidents français passés par la case parlementaire étaient député de Corrèze (Jacques Chirac et François Hollande), député des Hauts-de-Seine (Nicolas Sarkozy), député du Puy-de-Dôme (Valéry Giscard d’Estaing) ou député du Cantal (Georges Pompidou). En Angleterre, pays-mère du Parlement, les élus sont des «MP», membres du Parlement. Exactement le titre parlementaire que portent également les élus indiens de la «plus grande démocratie du monde» (aux élections législatives d’avril 2019, l’Inde comptait 900 millions d’électeurs).

    C’est l’Assemblée en corps qui est «nationale», l’addition de toutes les représentations locales coïncidant avec, et faisant pendant, à celle du Président de la République, élu national. Chaque député l’est de sa circonscription, de toute sa circonscription, mais que de sa circonscription. Depuis 1993, la «fiction» d’un député de Madagascar n’apporte aucune valeur ajoutée démocratique tandis qu’elle confère un prestige subreptice à une légitimité très localisée.

    Les députés de l’ANP étaient des figurants sans prétention ni pouvoirs. Les députés depuis 1993, pourtant tout aussi fantoches sur les grandes lois qui ont fait l’honneur parlementaire en d’autres pays, se sont arrogés divers privilèges et davantage encore d’immunités, avec les scandales que l’on sait depuis vingt-cinq ans.

  • MANDELA’S DAY – 18 JUILLET 2019

    MANDELA’S DAY – 18 JUILLET 2019

    Ce jeudi 18 juillet nous célébrons la journée internationale de Nelson Mandela, avec comme leitmotiv la promotion d’une culture de paix. Pendant 67 ans, Mandela a lutté contre les injustices sociales, pour l’égalité, pour la réconciliation et la diversité culturelle, l’engagement d’une vie entière à essayer de pousser les murs. Pourtant son combat ne semblent pas être suivi par les leaders que ce soit à Madagascar, ou dans ailleurs dans le monde…

    Oui, il existe bien une société civile engagée, mais nous savons tous que changer le monde doit commencer par le haut de la pyramide. Des initiatives se mettent également en place à Madagascar, portant les idées de Madiba, et dénonçant entre autres les diverses formes de discrimination qui peuvent exister dans la Grande île, mais encore une fois, celles-ci visent par exemple à sensibiliser les jeunes en zone urbaine, mais ne toucheront jamais une génération entière. Pourquoi ? C’est à l’État de transmettre, par tous les moyens de sensibilisation en sa possession, les valeurs portées par MANDELA’S DAY.

    Un homme, un « Zoulou blanc », Johnny Clegg lui avait dédié une chanson « Asimbonanga », un chanteur qui avait un idéal de paix comme Madiba, aujourd’hui nous lui rendons également hommage. Les deux amis sont maintenant au paradis, puissent leurs valeurs rayonner dans le monde. RIP Johnny Clegg. https://www.youtube.com/watch?v=BGS7SpI7obY

  • VANF ANTRANONKALA – Fotsy, Mena, Maitso

    VANF ANTRANONKALA – Fotsy, Mena, Maitso

    «Miloko telo soratra ny sainam-pirenena malagasy ankehitriny dia ny fotsy mitsangana manaraka ny hazo ary ny mena sy ny maitso mitsivalana mifanongoa, ny mena ambony». Nandritra ireny «Alefa Barea» ireny dia nipoitra ombieny ombieny ny sainam-pirenena malagasy. Jejo nitanisa ny lokon’ny sainam-pirenena ny olona maro. Saingy.

    Saingy. Ny sasany nandiso ny fanoratana ny MAITSO, nataony hoe maintso. Saika ho fanitsiana io fotsiny no niheverako ity lahatsoratra ity, saingy revo tamin’ny loko aho dia nanita-kevitra. Fanitaram-pahalalana.

    Fahiny, ny hazo sy ny zavamaniry teo am-pelatanana ihany no nangalan’ny Ntaolo ny loko ho ampiasainy. Ny hazo antsoina hoe aika no ahazoana ny Manga (indigo). Ny Fotsy, hono, azo amin’ny laloto na amin’ny nonoka. Ny Mainty masahana amin’ny vodi-voahirana (tatamo) na amin’ny ravin’ampongabendanitra. Miara-tanehina amin’ny fota-mainty koa ny hoditry ny rotra na ny ravi-maitson’ny lalona na ny vodi-herana dia miteraka ranomainty fandomana kofehy. Mba hahazoana ny Maitso dia mangàna aloha ny kofehy vao atsoboka anaty ranon-tamotamo. Ny tamotamo mandranoka ny Mavo. Ny vovoky ny hazo vandrika no anaovana ny Vony. Ny Mena alaina amin’ny nato, hozo, harongana, amontana, vahona.

    Ny Vony raha haroana mena tanora dia manjary Haboka. Tsy niandry ny «quadrichromie» ny olona taloha dia nahay nampifangaro loko roa hahazoana loko fanintelony hafa.

    Mainty = mavo + manga (cyan) + mena (magenta).
    Mainty = cyan + mena
    Mainty = magenta + maitso
    Mainty = indigo + mavo
    Manga = cyan + magenta
    Maitso = mavo + manga
    Mena = manga + mavo

    Ny jaky, nitafian’Ny Andriamanjaka taloha, mivolona-ràn’omby lavo sorona an-kianja, no mifandraika amin’ny magenta. Ny elo mena, an’Ny Andriamanjaka irery ihany, jaky mena sa mena midorehitra tahaka ny volon’ny fodilahimena ? Ny lambamena, anarany fotsiny, fa tsy voatery miloko mena.

    Ny lanitra mangamanga. Ny voatabiha (tabiha sy rehareha) mena. Ny volo antitra fotsy. Ny volo tanora mainty. Ny volo tanora anefa maitso volo ihany koa. Ny mainty izany maitso. Indraindray koa ny manga milaza mainty : zazamanga, ohatra.

    Ny feo mety ho fotsy, raha mivalana. Manga kosa raha mahay mihira. Ny manga amin’Ambohimanga sy Analamanga fahiny : manga midika hoe tsara, sa manga maizin’ny ala mbola nandrakotra ny vohitra, sa manga sanga ?

    Ny tany fanao trano manga, misy koa vony : ny tany fotsy, na tany ravo, dia tany sokay fandalorana rindrindra na fanaovana bakoly. Ny ranomena fitsaboana, ny rano mainty fanoratana. Ny biby misy vorompotsy, ombimanga, vandana ka kary…

    Indro fomba fiteny dimy maha fanina ny Vahiny amin’ny fomba fisainantsika. 1) Amin’ny fiteny MAINTI-molaly, ny raiamandreny lehibe no antsoina hoe FOTSI-volo. 2) Ny FOTSImbary dia izay vary voatoto, na dia vary MENA aza. 3) Mamotsifotsy Fotsy volo = maniratsira raiamandreny. 4) Hajao ny FOTSY volo amin’ny Tany na dia efa olo-MANGA mbola MAITSO volo aza ny tena. 5) Sora-tononina saro-tononina : Fototsofin’Ifotsy, FOTSY ; Ifotsy, FOTSY foto-tsofina…Ifotsy eto dia ny zanakavavy mazava hoditra.

    Fanina ny Vahiny na ireo Gasy tsy zatra intsony, satria tena nandaitra ny politikan’ny teny tamin’i Gallieni moa ny Gasy nanimba ny Fanagasiana. Fanina, indrindra raha mbola zarazaraina indray ny hevitra hoe mety ho tsara ny fotsy (fotsivolo = raiamandreny, fotsy kotro = tany masaka, lonaka, mahavokatra), mety ho ratsy ihany koa (fotsy feo = mamalan-kira, fotsy rora = tsy misy mihaino)…

    Mivolon-dronono, rahompotsy, vovohan-dandihazo, diavolana, oram-panala : manopy fotsy avokoa ireo. Izay Fotsifotsy, tsy tena fotsy, fa mivolon-dronono. Ny Fotsy fiaka : tsy tena fotsy madio fa somary mavo na haboka tanora. Ny Fotsy mavo dia fotsy mifangaro vony tanora. Fotsy mangatsakatsaka (tena fotsy madio), fotsy botsiaka (fotsy botsiaka), fotsy mangatsohatso (fotsy mazava), fotsy manjopiaka (fotsy mangirana ka mamiratra nony tarafin’ny hazavana), fotsy ranoiray (fotsy tsy misy pentina). Hafahafa noho iretsy voalohany kosa ireto manaraka ireto : fotsy vasoka, fotsy mangavoka, fotsy bobo, fotsy botsatsaka, fotsy hatsatra.

    Fa na izaho koa aza fanina raha ho tanisaina eto daholo ny volon’ny omby : sada, sadabe, sadamanga, sadamaitso, sadamavo, sadamena, sadavolavita… Fanina tanteraka Mompera Dubois (Monographie des Betsileo, 1938, pp.482-487) ka nataony hoe «Daltoniens angamba ireto Betsileo ireto»…

    Ho fahafinaretan’ny maso sy ny sofina, satria mihira ny teny gasy, indro tononkalo roa hifanaovam-beloma an-doko.

    Ny maso variana mandinika mora
    Ny fomba firentin’ny loko niely
    Ny mena dorehitra zary tanora
    Dia toy ny takolak’ireo zazakely
    Ny volomparasy nanombana manga
    Toa lamba fitafin’ny zanak’andriana
    Ny jaky nisoratra soa vangavanga
    Dia loko tsy hita amin’ny sora-jandiana

    («Rakotoko», Ny Avana 1891-1940)

    Voleo voninkazo eo ambonin’ny lohako
    Fotsy sy Mavo ary Manga sy Mena
    Ny Fotsy ho marik’ilay fahadiovana
    Fotsy madio, fa tsy azo lotoina
    Ny endriny Mavo ny fofony manitra
    Dia fivavahana ataoko any an-danitra
    Ny Manga ho marik’ilay fihafiana
    Niaraha-nitondra ny zava-mangidy
    Ny Mena no taratry ny Afo tsy maty
    Mirehitra lava ao anatin’ny foko

    («Rehefa maty aho», Jasmina Ratsimiseta, 1890-1946)

  • VANF ANTRANONKALA – Mitroatra izy, mimà

    VANF ANTRANONKALA – Mitroatra izy, mimà

    Rabearivelo Jean-Joseph (1901-1937) dia sady nanoratra tononkalo tamin’ny teny gasy no amin’ny teny frantsay. Samy fatratra ny fahaizany ireo teny roa tonta ireo ka sarotra fantarina iza no nosoratany mialoha ary iza kosa no dika-teny.

    Liana tamin-java-baovao Rabearivelo, isan’izany ny nianarany teny espaniola ihany koa, saingy tsy afaka tsy ho zanaky ny taonjato faha-19 vao nivalona, satria vao roapolo taona monja no nahafoana ny Fanjakan’Andriana no namoaka ny tononkalo voalohany fantatra fa azy izy, tao amin’ny gazety-boky «Vakio ity», ny taona 1915.

    Ny olon-dehibe nanabe azy sy niresaka taminy, nampita ny lovantsofina, inoana fa taiza hiringirin’ny taonjato niainan-dry Ranavalona III (teraka 1861) sy Rainilaiarivony (maty 1896). Dia izany feon’ny teny taloha izany, izany kalon’ny tonony fahagola izany, izany hain-tenin’ny Ntaolo izany, no nandrafitra ny sainy ary namandrahany (cf. Fandraka) ho tsakoina mandrak’ankehitriny.

    Tsy tazako tao anaty asa-soratr’i Rabearivelo ny teny tsy afaka am-bavan’ny maro ankehitriny, Barea, izay faritan’ny Firaketana hoe : «BARE na BARIA : ombimanga na ombihaolo tsy misy mpiandry fa mitoetra any Bongolava». «BARIA na BARE : ombidia, ombimanga. Amin’ny Antankarana any Vohémar, ny baria na varia, dia vala, fahitra, ary ny omby ompiana ao am-bala na fahitra dia atao hoe omby am-baria».

    Ho fanitaram-pahalalana, ireto misy tononkalon-dRabearivelo naha tsipalotro ny teny Omby. Misy volana iray, «JININJA», tsy mahazatra antsika ankehitriny intsony : jinja idiran’ny tsofoka -in. Ny dikany, azo takarina amin’ny fanazavana nentin-dry Mompera Abinal sy Malzac ao amin’ny Dictionnaire (1888) mikasika ny «Jinja-andry» : marika voasikotra amin’ny andrin-trano, ka hanarahana ny fitombon’ny zaza na hitadidiana zava-nitranga. Ilay antsy, sady fijinjana vilona ihany no «fanoratana» amin’ny hazon’ny andry afovoany, na amin’ny vatolampy :

    OMBALAHY

    Vokoka toy ny vohitr’Imerina
    Mierinerina eny an-tendrombohitra,
    Na nojininja tamin’ny vatolampy ;
    Misy trafo toy ny lohatrano
    Sokirin’ny volana eo amin’ny tany,
    Inty ny ombalahy mahery
    Jaky toy ny volon-drany.

    Tany hay, tany hay
    Inona no ampatsiahivinao azy ao anaty tapa-torimasony ?
    Moa ve ny namany tsy misy trafo
    Ary mena toy ny vovoka
    Izy, tompon’ny tany tsy misy olona ?
    Sa ny razany nafahin’ny tantsaha
    Dia noroahiny ho any am-bohitra, mirava-boasary masaka,
    Mba ho vonoina ho hasin’Andriana ?

    ZÉBU

    Voûté comme les cités d’Imerina
    En évidence sur les collines
    Ou taillées à même les rochers ;
    Bossu comme les pignons
    Que la lune sculpte sur le sol,
    Voici le taureau puissant
    Pourpre comme la couleur de son sang.

    Désert, désert,
    Qu’évoques-tu dans son demi-sommeil ?
    Est-ce les siens qui n’ont pas de bosse
    Et qui sont rouges comme la poussière
    Que soulève leur passage,
    Eux, les maîtres des terres inhabitées ?
    Ou ses aïeux qu’engraissaient les paysans
    Et qu’ils amenaient en ville, parés d’oranges mûres,
    Pour être abattus en l’honneur du Roi ?

    Mahalasa saina ny omby kisarian-dRabearivelo eto : tsy misy trafo hoy izy, mena toy ny vovoka hono, ary indrindra, tompon’ny tany tsy misy olona. Ombihaolo, tsy misy trafo… Barea ? Ny omby malaza, omby volavita, fanatitra isaky ny Tendrombohitra roambinifolo anefa, rehefa androm-Pandroana, malaza indrindra noho ny trafony fanolotra : raha «nahita» ny omby hono Ralambo, dia ny tsiron’ny trafon’ny jamoka no naharevo azy ka nampihinan-kena ireo mety ho Hindou teo aloha…

    NY OMBY FOTSY

    Aleoko manonona azy hoe : Omby fotsy, toy ny Arabo
    Tovolahy jamba tany am-paritry ny mazava izy
    Ka tsy nahita hosafosafoina ny tandrony tany ;
    Saingy izao teraka izao ny voninkazon’ny tanin’ahitry ny alina
    Ary mirongatra miraotra azy toy ny vatotr’ombivavy ny volana
    Ka mihiratra ny masony ary toa matanjaka noho ny ombimanga
    Sy ny omby dia izay matory any an-Kaintsika izy

    LE BŒUF-BLANC

    Je préfère l’appeler Bœuf-blanc, comme les Arabes.
    Étant un ephèbe aveugle dans les régions du jour,
    Il n’a pu rien y caresser avec ses cornes ;
    Mais, maintenant que des fleurs naissent aux prairies de la nuit
    Et que la lune les broute en bondissant comme une taure,
    Ses yeux recouvrent la vue, et il paraît plus fort que les bœufs bleus
    Et les bœufs sauvages qui dorment dans nos déserts

    Eto dia mbola voatanisa ny omby dia, monina an-tany hay, tsy misy olona. «Fahitra manandrona ny hariva», «onin’ny fahazavana», «vinan’ny kita-mitsilopy» : ity omby fotsy ity, sao mba omby jamba, omby fotsy maso ?

    Tsy mahazatra ny fanoratan-dRabearivelo amin’ny amboaran-tononkalo «Sari-Nofy, Presque Songes» (1934) sy «Nadika tamin’ny alina, Traduit de la nuit» (1935) satria tsy miady rima fa manaraka kosa ny gadon’ny Hainteny.

    Ho fahafinaretan’ny sofina, vakio am-bava, tonòny ho re, ity tononkalo manaraka ity fa ho henonao tokoa ny tsiron’ny voankazo nangalarina tany amin’ny tanimbolin’ny alina ary ho azonao an-tsaina izany molo-jazavavy mainty manga mitsako voarohy :

    TERAK’ANDRO

    Efa nahita ny mangiran-dratsy mangala-boankazo
    Tany amin’ny tanimbolin’ny alina va hianao ?
    Inty izy miverina avy any,
    Eny amin’ny lalan-kely atsinanana
    Rako-tenina mivelatra :
    Misoliti-dronona ny tenany manontolo,
    Toy ny zaza nobiazin’ny omby taloha.

    NAISSANCE DU JOUR

    Avez-vous déjà vu l’aube aller en maraude
    Au verger de la nuit ?
    La voici qui en revient
    Par les sentes de l’Est
    Envahies des glaïeuls en fleurs :
    Elle est tout entière maculée de lait
    Comme ces enfants élevés jadis par des génisses.

  • VANF ANTRANONKALA – Nisinda ny tampi-maso

    VANF ANTRANONKALA – Nisinda ny tampi-maso

    Ny fanentanana ve voatery ho ireny horakoraka maivan-doha sy hiakiaka tsy misy lohany tsy misy vodiny ireny sa mba fanehoana ny kanto, ravahana hira mba tena hira, araka ny famaritana ao amin’ny Rakibolana : Hira = feo mirindra mahafinaritra. Mirindra, mahafinaritra, fa tsy mankarenin-tsofina fotsiny ary mainka manorisory.

    Saika mba hanaraka ny fitsenàna ny Ekipam-pirenena ihany aho, omaly, saingy vao nahita ny korontana teny Ivato dia efa kivy. Kivy amin’ny tsy fahaizan’ny Gasy mba mandamin-javatra. Ilay «salon d’honneur» nibosesehan’ny havan’ny havan’ny havan-dranona. Ny «officiels», tsy mahay mijanona amin’ny maha «officiels» azy fa mibahana maka sary, mamihina ny mpilalao, latsa-dranomaso tahaka ny any amin’ny fetim-pianakaviany.

    Nanampy trotraka ny «fanentanana» bontolo tetsy amin’ny «podium» Mahamasina ka naleoko nihodina nanao zavatra hafa. Ny andro rahateo, nandroso ho hariva, tsy ifankahitan-tava intsony, na ny mpitsena, na ny tsenaina. Taitra tamin’ny torimaso anefa aho, raha nigadona ny sasak’alina, fa toa misy feon-tafondro tao alatrano. Hay moa afomanga indray tetsy Mahamasina : fa tsy tamin’ny telo folakandro ve ny fiaramanidina no nigadona teny Ivato ka adin’ny sivy aty aoriana, anatin’ny haizim-pito, vao mifanatri-tava anaty ambiaty…

    Fotoana nantenain-kanirina, kanjo nampivandravandra. Z’inona no mba hafatra ho tanana omaly. Mendrika zavatra hafa tsara lavitra noho ireny ny zava-bita tany Egypta.

    Ny sarin’i Madagasikara hitan’izao tontolo izao farany dia ireny sary nahasodoka tany Alexandrie ireny. Ny sarin’i Madagasikara manaraka, hiparitaka maneran-tany, dia ireny korontandrotana omaly ireny. Tampi-maso tsy naharitra ilay «fahagagana» tany Egypta. Miverina amin’ny laoniny ny zava-drehetra : korontana, hitsa-kitro, fifanosehana, savorovoro, hiakiakan-tsahona.

  • VANF ANTRANONKALA – Tongasoa an-Tanindrazana !

    VANF ANTRANONKALA – Tongasoa an-Tanindrazana !

    Ivato, Laniera, Tsarasaotra, Alarobia, Ankorondrano, Antanimena, Analakely, Ambohidahy, Mahamasina. Tongasoa an-Tanindrazana ry zalahy a !

    Maromaro aminareo no tsy Gasy Ray sady Gasy Reny saingy nisafidy ho Gasy ianareo na noho ny Ray misy razana Gasy na noho ny Reny misy razana Gasy. Tongasoa an-Tanindrazana rehefa nahavita be ho an’ny voninahi-pirenena, nampiakatra avo ny reharehan’ny vahoaka manontolo ary nampiray fo olona an-tapitrisa samy hafa.

    Dingana manaraka sahady isika izao, dia ny fanadiovana ifotony ny FMF (Fédération malgache de football) mba tsy ho fahagagana sy kisendrasendra ary tsy ampoizina lava izao no iainan’ny kitra malagasy. Dingana manaraka hifantenana sahady izay handimby anareo, satria izany no lalam-piainana ka tsy misy maharitra mandrakizay. Dingana manaraka hanomanana ny hilaharan’i Madagasikara any amin’ny Amboara Eran-Tany.

    Andriatsima Faneva, Nicolas Dupuis, Dimitri Caloin : samy efa nanakiana mazava ny fomba fiasa kitoatoa am-polon-taona maro ao amin’ny FMF, izay nentina nitantantana hatramin’izay ny kitra malagasy. To-teny ianareo ankehitriny, noho ny fahagagana vitanareo na dia tsizarizary aza ny fitaovana na dia tsy tomombana aza ny fikarakarana, ka vakio bantsilana etsy Mahamasina, imason’ny olona marobe hitsena anareo ary mba ho henon’ny Malagasy rehetra amin’ny lafivalon’ny Nosy.

    Farany, fanontaniana tsetsatsetra tsy aritra : raha ianao, kapiteny Andriatsima Faneva Ima, iza no heverinao mendrika hitantana ny FMF ?

  • VANF ONLINE – Alefa Madagasikara

    VANF ONLINE – Alefa Madagasikara

    La gueule de bois survient au lendemain de fêtes bien arrosées. Avec les symptômes d’un mal-être général, mais heureusement passager. Les Malgaches, après un petit mois à y croire, ont-ils la migraine après cette élimination face à la Tunisie ?

    Tous les superlatifs avaient été convoqués. La moindre critique décrétée taboue. L’heure était à la ferveur, le moment à la communion, les cœurs à l’adoration. L’espace de vingt jours (22 juin-11 juillet), le temps de disputer cinq matches, l’équipe nationale de football avait été élevée au rang de dieu : tee-shirts, casquettes, porte-clés, étaient proposés partout comme autant d’icônes de l’orthodoxie baréa-enne.

    Quelque chose s’était produit dont nous ne savons toujours pas quoi. Ni comment. Ç’avait été réel, et pourtant si terriblement improbable. Gommée la diversité des origines ethniques, oubliée la disparité des conditions sociales, transcendé le clivage des générations. Cela a un nom : un Miracle. Alléluia, Hosanna, Amen. Alléluia ! Hosanna ! Amen !

    Le retour sur Terre ne fut pas trop brutale. Après la défaite, des milliers de gens se sont encore spontanément retrouvés pour célébrer ensemble le parcours des «Barea», même si le reste du monde retiendra plus simplement Madagascar : Madagascar qui joue au football, Madagascar qui ne joue pas trop mal au sport le plus populaire du monde.

    Les tee-shirts des dernières campagnes électorales, présidentielle ou législative, ont disparu, supplanté par des maillots plus ou moins authentiques aux trois couleurs du drapeau national. Au lendemain de la qualification pour les quarts de finale, j’avais même croisé un gars qui s’était fait faire une combinaison alternant le Blanc, le Rouge, le Vert. Sur son passage, les gens saluaient joyeusement «Alefa Barea», «Alefa Madagasikara». Ce jour-là, d’ailleurs, un lundi, pas mal de monde s’était donné le mot pour s’afficher en blanc, ou avec une touche de rouge, ou une tâche de vert.

    Davantage encore que lors du 26 juin, le drapeau national était arboré partout. Ce qui me rassure un peu. Je me suis toujours demandé si le «Alefa Barea» signifiait également «Alefa Madagasikara»…