Catégorie : Opinions

  • VANF ONLINE – Il faut nettoyer la FMF

    VANF ONLINE – Il faut nettoyer la FMF

    «Nettoyer la Fédération» : ce sont les mots du capitaine de l’équipe de Madagascar. Et il parle d’expérience : dix-sept ans avec l’équipe nationale malgache. Dix-sept ans comme témoin impuissant de tant de turpitudes et beaucoup d’incompétences. Aujourd’hui, avec la légitimité du parcours à la CAN, Faneva Ima Andriatsima «balance».

    Dans le journal L’Équipe (07 juillet 2019), il raconte : «On voulait avoir le minimum, un petit hôtel correct, une bonne bouffe et un minimum d’équipements. J’ai connu le temps où l’on dormait dans un hangar avec des lits superposés. Et les maillots…Pour les qualifications de cette CAN 2019, on joue au Soudan (9 juin 2017). On n’avait pas de maillots d’entraînement, ce qui n’est pas grave. Mais, le jour du match, (les maillots) étaient différents ! Après notre victoire (3-1), j’ai appelé la Fédé : «On ne peut pas jouer avec des maillots ou des shorts différents et des chaussettes trouées !».

    «Je dois quelque chose à ce maillot», confesse le doyen de la sélection. Mais, personne n’aurait pensé qu’il s’agissait de maillots dépareillés et de chaussettes rapiécées…

    Faneva Andriatsima n’est pas le seul à briser l’omerta. Sur RMC/BFM (09 juillet 2019), Dimitry Caloin se confie à son tour : «Ça n’a pas toujours été aisé pour nous. On a même traversé des moments difficiles avec notre Fédération». Le coach lui-même, Nicolas Dupuis, confirme : «Je tire la sonnette d’alarme. Aujourd’hui, l’équipe nationale est l’arbre qui cache la forêt. Si on ne se remet pas au travail (à la Fédération), alors, dans deux ans, il n’y aura plus d’équipe… Il y a beaucoup de choses à changer à Madagascar» (Ouest-France, 10 juillet 2019).

    Le Capitaine Faneva Andriatsima, dont la FMF voulait se débarrasser (en même temps que le coach), dénonce de petits riens qui font la grande différence : des accompagnateurs de la FMF (fédération malgache de football) qui touchent la prime de 400 euros due aux joueurs…

    Madagascar est un pays pauvre. Au moins, on sait que la FMF n’en est pas coupable. Toujours est-il que le lot des pays pauvres est de se retrouver à la périphérie du ballet des nations. Situation symbolisée par un terminal du bout du monde, à Roissy-Charles de Gaulle et des vols de minuit au départ d’Ivato. Comme si se retrouver à 10.000 kilomètres du premier hub familier ne suffisait pas, les joueurs malgaches devaient encore se fatiguer d’une correspondance à une autre : «Pour se rendre à Madagascar, on devait passer par l’île Maurice, Addis-Abeba ou la Turquie. On ne demande pas de première classe mais d’avoir un vol direct au moins».

    On sait que la CAN rapporte à chaque équipe entre 600.000 (premier tour) et 4.000.000 euros (au vainqueur final) : il faut espérer que les dividendes de cette CAN profitent équitablement aux 23 méritants qui ont su créer cette ferveur populaire sans précédent. Mais, que ces dividendes servent également à mettre en place une organisation assainie et des structures pérennes pour donner des perspectives sérieuses au football malgache et booster régulièrement le «moral de la nation».

  • VANF ANTRANONKALA – Miasa jamba rafozana

    VANF ANTRANONKALA – Miasa jamba rafozana

    Niasa jamba rafozana ny fitondrana teo aloha. Maromaro ihany ny zava-bita tamin’ny andron-dRajaonarimampianina, saingy iza no mahatadidy izany, na nahalala akory aza, tamin’ny fotoan’androny ?

    Ny fantson-drano any Androy, vava asa tamin’ny fitondrana teo aloha, fa ho tokanana zava-bitan’ny fitondrana ankehitriny. Nitavozavoza loatra mantsy. Nampiteny ny moana tamin’ny tsy fanapahan-kevitra sy fihambahambana. Sarotra ny hanome tsiny an-dRajoelina raha hainy loatra ny serasera izay nanomezana fondro an-dRajaonarimampianina.

    Fantson-drano any Androy, hitsin-dalana Andranobevava-Nanisana-Ambohibe-Ambohimangakely, lalamben’ny Francophonie, fiantsonana vaovao eny amin’ny seranam-piaramanidin’Ivato, etsetra, etsetra. Sanatrian’ny vava ka valalan’amboa satria na ny «tompony» aza nanadino nitanisa azy. Tsy dia ny hatsiaka no itafian-damba, fa ny henatra ny olona, kanefa, indrindra amin’ny politika, tsy ny hafa no hisahirana hanafy izay manao fanahy iniana hihanjaka. Ny tena nahagaga tamin’ireny serasera nandeha ila ireny dia ny fisian’i Tsilavina Ralaindimby tao an-dapa : sangany tamin’ny serasera Itompokolahy saingy nosembanan’ny «boay kely» samy dedaka naka ranondranony tamin’ny «tompony». Nifandrovi-tsihy samy nanao izay saim-pantany, ny sasany nianavaratra, ny hafa nianatsimo.

    Ireny, Andry Rajoelina tonga tany Egypta mihitsy nijery baolina. Niara-nitotorebika tamin’ny mpilalao avy eo. Serasera. Vazivazin’ny «pelouse» ny hoe raha Rajaonarimampianina, niahotrahotra teo, dia efa vita ihany ny baolina vao tapa-kevitra hihazakazaka eny Ivato… Lesona : izay atao, kalio tsara, ary ampahalalao ho zava-bita fanta-bahoaka. Raha tsy izany miasa jamba rafozana.

  • VANF ONLINE – Faire savoir

    VANF ONLINE – Faire savoir

    Rappeler que certaines réalisations avaient été initiées à l’époque de Hery Rajaonarimampianina, c’est reprocher implicitement à Andry Rajoelina d’en faire la récupération. Mais, qu’est-ce que la politique, sinon de la récupération ?

    Que le pipeline dans l’Androy apparaisse comme la première réalisation du régime d’Andry Rajoelina au lieu de rester dans les mémoires comme la dernière de celui de Hery Rajaonarimampianina n’en souligne que cruellement la communication désastreuse des années 2014-2018. Il serait paradoxal d’en vouloir à Andry Rajoelina de faire ce que justement on reproche à Hery Rajaonarimampianina d’avoir négligé.

    Pipeline de l’Androy, rocade Andranobevava-Ambohimangakely, route de la Francophonie, nouveaux terminaux à l’aéroport d’Ivato, etc. Personne n’attribuera aucune réalisation à qui que de droit si les principaux intéressés eux-mêmes s’oublient. Et ce ne fut pas le moindre paradoxe d’un régime qui avait compté à la direction de sa communication «le meilleur d’entre nous», Tsilavina Ralaindimby, unanimement salué par la profession, et au-delà, à son décès prématuré. Mais, une direction officielle n’avait pas empêché la multiplication de sous-directions plus rivales que complémentaires, des officines parasites et rebelles à une cohérence d’ensemble.

    Andry Rajoelina était dans la tribune présidentielle du match-couperet contre la RD Congo. Les réseaux sociaux ont également abondamment relayé sa célébration avec les joueurs malgaches dans les vestiaires d’Alexandrie. Un coup de com. Peut-être qu’auparavant, il y avait du savoir-faire, mais il aura définitivement manqué le faire savoir.

     

  • DRESSAGE DE LÉOPARDS

    DRESSAGE DE LÉOPARDS

    ? DRESSAGE DE LÉOPARDS

    CAN 2019 : Madagascar VS RDC, un vrai dressage de léopards ! Enfin ça c’était pendant le match, un match difficile plein de suspens, où nos adversaires ont donné leur sang pour l’emporter. Mais… le résultat est là, les Barea de Madagascar l’ont emporté ! Sans rancune Messieurs !

    Place à l’humour ! Miaou ! Miaou ! Et puis le sport, le vrai, c’est d’accepter le résultat sans chercher la polémique, et crier au scandale, comme on a pu le lire, selon les propos du capitaine Youssouf Mulumbu « Nous avons été éliminés par l’arbitre aujourd’hui »-« Il était irrespectueux contre nous. Il était arrogant [ndlr : l’arbitre] ». On voit bien que c’est une attitude indigne d’un capitaine… en attendant le notre, le magnifique N°9, l’incroyable capitaine Andriatsima Faneva Ima, le magnifique, l’humble, le rassembleur, le stratège, a donné une vraie leçon de dressage aux léopards, par son but ! Merci Barea ??? !! ?

  • VANF ONLINE – Il n’est pas interdit d’imiter la réussite

    VANF ONLINE – Il n’est pas interdit d’imiter la réussite

    Madagascar en quarts de finale. Le miracle malgache continue en Égypte. Miracle en effet quand on sait que Nicolas Dupuis, le coach de Madagascar disait qu’il n’y avait pas de championnat à Madagascar et qu’on ne faisait pas jouer les meilleurs joueurs malgaches en sélectionnant uniquement des joueurs locaux.

    L’Égypte, pays hôte, a été éliminée dès les huitièmes de finale. Le sélectionneur mexicain fut aussitôt limogé tandis que le président de la fédération égyptienne de football présentait sa démission. Cette double réaction peut paraître excessive, mais l’Égypte, septuple vainqueur de la Coupe d’Afrique (1957, 1959, 1986, 1998, 2006, 2008, 2010) n’a pas, comme Madagascar, l’habitude d’éliminations successives tandis que l’équipe technique est indéfiniment reconduite et que les dirigeants de la Fédération s’arcboutent à leur poste.

    Il est important de ne pas confondre un onze qui mouille son maillot avec une Fédération incapable de donner une lisibilité, préalable à la visibilité, au football malgache. Comment se retrouver dans l’improvisation permanente du football malgache quand on a l’habitude de l’organisation minutieuse des grands championnats européens : ce n’est pas en Espagne, en Angleterre, en Allemagne, en Italie, aux Pays-Bas, en France, ni au Portugal, qu’un tout nouveau club, né du «pillage» des joueurs d’une autre équipe, pourrait s’inscrire immédiatement en Première Division ; ou que la définition même d’une Première Division, censément représenter l’élite du pays, serait à géométrie variable.

    Quand on entend les accusations de corruption que Lionel Messi a lancées contre les organisateurs de la Copa America, oui, je continue de penser que la meilleure compétition demeure la Ligue des Champions de l’UEFA : elle fait s’affronter des clubs historiques, qui alignent les meilleurs joueurs du monde, originaires de tous les continents ; elle convoque les meilleurs arbitres, habitués au haut niveau des principaux championnats ; elle se décentralise, favorisant la construction de stades dans chaque ville, fidèle en cela à la philosophie de la «Coupe des villes des foires», l’ancêtre de la Coupe de l’UEFA devenue Ligue Europa.

    Il n’est pas trop tard, il n’est pas interdit de s’inspirer de modèles qui ont démontré un cycle vertueux.

    *Pendant ce temps, le Brésil bat le Pérou (3-1) en finale de la Copa America (CONMEBOL). Les USA battent les Pays-Bas (2-0) en finale de la Coupe du monde féminine (FIFA). Les USA et le Mexique vont s’affronter en finale de la Gold Cup (CONCACAF).

  • VANF ANTRANONKALA – UEFA : soa fianatra

    VANF ANTRANONKALA – UEFA : soa fianatra

    Tafakatra amin’ny ampaha-efa-dalana i Madagasikara. Mitohy ihany ny «Fahagagana» any Egypta. «Fahagagana» satria «tsy manana Championnat mazava ny kitra eto Madagasikara», hoy ilay Frantsay Nicolas Dupuis, mpanazatra an’i Madagasikara. Tarika inona moa no hatsangana raha tsy misy akory championnat marim-pototra ? Raha zatra manaraka ny «Ligue des Champions» UEFA, dia fanina tanteraka vao mba mijery ny fitantanana ny baolina kitra eto an-toerana.

    Any Angletera, Espana, Alemaina, Italia, Holanda, Frantsa, Portugal, mantsy dia mazava tsara inona sy iza no «Division Voalohany» ary mipetrapetraka tsara ny kalendary. Any amin’ireny firenena ireny koa moa ny Tanan-dehibe tsy mifarana amin’ny Renivohi-Pirenena sy ny Renivohi-Paritany ihany fa maro dia maro ny Tanàna mahavita tena, mahatsangana ny kianjany, mahakolo ny ekipany. Londres, ohatra, Renivohitr’i Angletera, manana ekipa miisa enina milalao amin’ny «Premier League», ary ekipa fanta-daza hatraty Madagasikara fa tsy hoe ekipa-pokontany : Arsenal, Chelsea, Tottenham, West Ham, Fulham, Crystal Palace.

    Tsy any amin’ireny firenena ireny no hisy ekipa vao teraka androany, avy nividy manontolo ny mpilalao rehetran’ny ekipa iray hafa bankiropitra, anefa avy hatrany dia hilahatra hifaninana amin’ny «Division 1». Amin’ny baolina kitra, ny lanja-miakatra dia isa mijotso : 5 vao 4 vao 3 vao 2 vao 1. Ny isan’ny tarika amin’izany «Division Voalohany» izany dia voafetra : roapolo raha betsaka ho an’ny firenena manontolo, fa tsy roapolo isaky ny Faritra. Soa Fianatra.

    Raraka i Egypta mpampiantrano ny CAN. Natsahatra amin’ny asany avy hatrany ilay mpanazatra. Nametra-pialana nanaraka izay koa ny filohan’ny Federasiona baolina kitra. Mety hoe te-ho-deraina tafahoatra, saingy Egypta tsy zatra resy lava : efa impito ireo no nandrombaka ny CAN (1957, 1959, 1986, 1998, 2006, 2008, 2010), ka lalao famaranana fara-faharatsiny no tanjona isaky ny mifaninana. Napetraka ny rafitra hahatanteraka izany tanjona izany, nomena ny fitaovana rehetra nilainy, samy nifofotra tamin’ny tandrify azy ny isan’andraikitra : asa an-taonany izany, fa tsy kisendrasendra ; mitaky fandavan-tena izany fa tsy mendim-boninahitra fotsiny ; mitsinjo ny lavitra izany fa tsy varian’ny ambany maso fotsiny.

    Lehibe ny zava-bitan’ny Ekipa-pirenena malagasy any amin’ny CAN. Ny tsy faha-tomombanan’ny FMF, tsy helok’izy iraika ambin’ny folo lahy milalao amin’ny fony manontolo ary mampihetsi-po vahoaka roapolo tapitrisa aty Anivon’ny Riaka. Fa aoka kosa ny zava-bitan’izy roapolo lahy any Egypta tsy ho sandohan’ny FMF ho fahombiazany. Soa ho fianatra ny fomba fiasan’ny UEFA : mety tsy ho tratra avy hatrany ny zava-bitany, saingy raha tsy mianatra ny fomba fiasany isika, tsy hahazo zava-bita mihitsy mandrakizay.

    Sanatria ka hisy hisavika izao «Fahagagana» any Egypta izao, ka tsy hanova na inona na inona indray, na vina na olona na fomba fiasa, ao amin’io FMF io.

    *Isika jamban’ny ampaha-valon-dalana any Egypta : lasan’i Brazil indray (fanintsiviny izao) ny Copa America (CONMEBOL). Lavony tamin’ny antsasa-dalana i Lionel Messi sy Argentina (2-0). Resiny tamin’ny famaranana i Peru (3-1).
    *Isika jamban’ny CAN : USA sy Meksika no hiady ny famaranana ny Gold Cup (CONCACAF) rehefa kelikely.
    *Fifaninana fahatelo tapitra ny 7 jolay, ny Tompon-daka eran-tany amin’ny baolina kitra vehivavy (FIFA) : resin’ny USA mazava i Holanda (2-0).

  • EN POLITIQUE, RIEN NE SE PERD, TOUT SE TRANSFORME

    EN POLITIQUE, RIEN NE SE PERD, TOUT SE TRANSFORME

    « Tsy mitaingina soavaly maty »… ou ne pas monter sur un cheval mort… Un adage fort de sens en politique à Madagascar, et les législatives ne semblent pas faire exception à la règle.

    À la peine la besogne de la HCC finalisée, que des anciens proches et défenseurs du bleu HVM, fraichement élus députés, mais initialement étiquetés comme indépendants, également accompagnés d’autres indépendants, montrent leur souhait de créer un groupe parlementaire, visant à soutenir la majorité du Président de la République, Andry Rajoelina. Il faut rappeler que le TGV a raflé la mise des législatives, lui donnant donc déjà la majorité parlementaire avec ou sans ces transfuges politiques.

    Ces derniers seraient, selon leurs dires, convaincus par le programme d’Émergence pour Madagascar. Sans leur jeter la pierre, la raison du plus fort est toujours la meilleure, mais cela démontre une fois de plus, qu’en politique, rien ne se perd, tout se transforme à Madagascar…

  • VANF ONLINE – Independence Day

    VANF ONLINE – Independence Day

    Le 4 juillet 1776, les treize États Unis d’Amérique déclaraient leur indépendance vis-à-vis de la Grande-Bretagne.

    «The Unanimous Declaration of the thirteen united STATES Of AMERICA : When in the Course of human events, it becomes necessary for one people to dissolve the political bands which have connected them with another (…) We hold these thruths to be self evident that all men are created equal, that tey were endowed by their Creator with certain unalienable Rights, among these are Life, Liberty and the pursuit of Happiness»…

    Lorsque dans le cours des événements humains, il devient nécessaire pour un peuple de dissoudre les liens politiques qui l’ont attaché à un autre (…) Nous tenons pour évidentes par elles-mêmes les vérités suivantes : tous les hommes sont créés égaux, ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur (traduction française de Thomas Jefferson lui-même).

    Les trois pierres de la fondation américaine seront complétées avec l’adoption de la Constitution et la «Déclaration des Droits». Les premiers mots de la Constitution offrent l’exemple de texte à portée universelle qui, par sa portée générique, ne peut que faire l’unanimité autour d’aspirations de bon sens : Justice, Sécurité intérieure, Défense commune, Bien-être général, Liberté : «We The People of the United States, in order to form a more perfect Union, establish Justice, insure domestic Tranquility, provide for the common defence, promote the general Welfare, and secure the Blessing of Liberty to ourselves and our Posterity».

    Quant aux dix premiers amendements à la Constitution, réunis sous l’appellation Bill of Rights et ratifiés ensemble le 15 décembre 1791, ils ne comprendront pas à l’origine l’abolition de l’esclavage, introduit seulement par le treizième amendement ratifié le 6 décembre 1865, huit mois après la fin de la guerre de sécession : «Ni esclavage ni servitude involontaire n’existeront aux États-Unis». Thomas Jefferson (1743-1826) lui-même, troisième président américain en 1801, était l’héritier d’une plantation familiale de 1000 hectares et 200 esclaves. Pour la petite histoire, il eut plusieurs enfants avec une esclave Sally Hemings qu’il emmena avec lui à Paris en 1784-1789.

    De même, la proclamation de l’égalité des Hommes sembla ne pas concerner les Indiens qualifiés de «sauvages sans pitié, dont la manière bien connue de faire la guerre est de tout massacrer, sans distinction d’âge, de sexe ni de condition», dans la Déclaration même d’indépendance et qui, à l’époque encore du Quatorzième amendement, ratifié le 9 juillet 1868, demeuraient exclus du recensement.

    Au-delà du mythe forgé autour des «Pères Fondateurs», les États-Unis auront surtout eu la chance de pouvoir compter sur des patriotes conscients d’agir non seulement pour leur temps, mais pour les siècles à venir. Les «Pères Fondateurs» furent des personnes d’une éminente valeur personnelle : George Washington, en ayant l’humilité de refuser le titre de «roi», ancra le jeune État américain dans sa forme républicaine ; scientifique reconnu, Benjamin Franklin (1706-1790) fut l’inventeur du paratonnerre et des lunettes à double foyer ainsi que le fondateur de la première université municipale des États-Unis. En 1743, il sera également fondateur de la première société savante des colonies américaines, l’American Philosophical Society.

    Pour sa part, Thomas Jefferson, futur Président des États-Unis, fut le principal auteur de la Déclaration d’Indépendance tandis qu’Alexander Hamilton, James Madison et John Jay étaient les rédacteurs des 85 articles réunis sous le titre de «The Federalist Papers» et publiés pendant le débat autour de la ratification de la Constitution des États-Unis. Théoriciens, ils auront l’occasion de donner vie à un texte dont ils ont exposé les «motifs» : Alexander Hamilton (1757-1804) sera le premier Secrétaire au Trésor, James Madison (1751-1836) le quatrième président des États-Unis en1809 et John Jay (1745-1829) le tout premier Président de la Cour Suprême. Il est remarquable que les premiers gouvernants américains aient été ceux-là même qui «philosophèrent» la Déclaration d’indépendance et la Constitution des États-Unis : conjonction rare dans l’histoire que les penseurs aient l’occasion de donner eux-mêmes l’exemple par leurs actes, attitude et comportement.

    George Washington (1732-1799), premier président américain, fut le général en chef de l’armée révolutionnaire. Sous sa présidence, la rivalité idéologique entre le «ministre des Finances» Alexander Hamilton et le «ministre des Affaires étrangères» Thomas Jefferson aboutira au système des deux-partis toujours en vigueur deux siècles plus tard. Une autre «tradition» américaine, celle du deux-mandats, sera actée de facto quand George Washington refusera d’accomplir un troisième mandat présidentiel.

    On avait pu parler de «Dynastie de Virginie», quatre des cinq premiers présidents américains étant natifs de cet État, et même sept des douze premiers. La Virginie était alors l’État avec le plus fort contingent de population anglaise. Ce qui ne sera pas sans conséquence sur l’anglophonie des États-Unis bien que la plus large ethnie soit, depuis cette époque et jusqu’à nos jours, celle des Allemands. «Un Américain est un Allemand qui parle anglais», plaisante-t-on dans un pays dont 46 millions de citoyens se déclaraient d’origine allemande en 2016.

    Moins connue est l’appartenance maçonnique des principaux leaders américains de cette époque de la Fondation. George Washington demeura Vénérable de sa Loge «Alexandrie n°22» même après son élection à la présidence de la République en 1789. Benjamin Franklin sera d’abord Grand Maître Provincial de Pennsylvanie (juin 1734) avant de devenir Vénérable (mai 1779-mai 1781) de la Loge «Neuf Sœurs» pendant son séjour en France. James Monroe (cinquième président américain en 1817) et Andrew Jackson (septième président américain en 1829) étaient également des Francs-Maçons. C’est la sous la présidence d’un autre initié, Andrew Johnson (dix-septième président américain en 1865), que fut adopté le Treizième Amendement abolissant l’esclavage, dans les textes. Pour son abolition dans les mentalités, ce sera une autre histoire qui divisa longtemps encore la société américaine avec des séquelles bien contemporaines.

  • CONSONANCE ÉTRANGÈRE

    CONSONANCE ÉTRANGÈRE

    Madagascar un pays officiellement ségrégationniste ? « Certificat de Nationalité Malagasy pour les noms à consonance étrangère » peut-on lire sur le site officiel de la Police Nationale pour les demandes de passeports. Comme l’actualité est à la CAN, prenons quelques cas de noms à « consonance étrangère », par rapport l’idée que l’on peut s’en faire à Madagascar, pour l’exemple : Melvin Adrien / Romain Métanire / William Gros / Jeremy Morel etc. Ces héros de l’équipe nationale MALAGASY seront donc mis à l’index, comme dans la période de l’apartheid en Afrique du Sud, lors d’une demande de passeport ? Bonne question…

    Mais la vraie question est de savoir sur 27 millions, combien de vazaha zanatany, karana, sinoa, ont la ô combien trop précieuse nationalité malagasy ? Finalement une larme dans un océan, car le code de la nationalité ne leur est pas favorable (absence de droit du sol), pourtant ils sont visés par ce texte. Pourquoi donc pousser le vice jusqu’à s’acharner sur un patronyme à défaut de le faire à la face du client ? Pour la définition de la ségrégation, on peut lire dans le Larousse : « Processus par lequel une distance sociale est imposée à un groupe du fait de sa race, de son sexe, de sa position sociale ou de sa religion, par rapport aux autres groupes d’une collectivité » ; la notion de « race » serait donc à retenir, car selon la demande administrative cela ne serait que sous-entendu… ils ne sont pas de la race malagasy.

    Prenons le cas d’un descendant de paysans malagasy. Sans papiers officiels sur plusieurs générations, quand lui aura réussi, et voudra demander un passeport, à aucun moment personne ne lui demandera de prouver sa nationalité malagasy par sa filiation, à aucun moment on ne mettra en doute qu’il est administrativement malagasy, même si pourtant il ferait défaut de le prouver. Donc oui Madagascar est un pays officiellement ségrégationniste.

    Comme l’heure est à la fête, terminons sur une note positive liée aux Barea de Madagascar. Puisse la richesse de vos noms à « consonance étrangère », apporter de la joie à tous les malagasy, sans distinction aucune, là où les politiques ont trébuché et où l’administration a bâti un mur entre les citoyens d’un même pays.

  • VANF ONLINE – Madagascar et le reste du monde

    VANF ONLINE – Madagascar et le reste du monde

    Au football, la décence veut qu’on ne soit jamais meilleur que le Brésil. Pendant longtemps, jouer et gagner contre le Brésil en Coupe du Monde constituait le Graal de tout footballeur. Même si, avec ses joueurs formatés dans les clubs européens, le Brésil fait désormais moins rêver, le titre de France Football vaut adoubement : « Madagascar, c’est le Brésil ! ».

    Madagascar, c’est surtout une île dont les insulaires sont ataviquement réticents à l’Autre tout en se regardant anxieusement dans les yeux d’autrui. Après la victoire de l’équipe nationale contre le Nigéria, ce fut une fiévreuse revue de presse des meilleurs titres internationaux qui parleraient de Madagascar :

    « Madagascar poursuit son conte de fées » (Le Monde), « Rookies Madagascar are under no illusion » (New York Times), « Icreible pero cierto : Madagascar gana a Nigeria y pasa a octavos como lider » (Marca), « Miracolo Madagascar » (Gazzetta dello sport)…

    Et ce cri « Le monde entier parle de Madagascar » : revanche ou soulagement ? Côté radieux, Madagascar, c’est baobabs, orchidées, ou lémuriens ; et côté sombre, les clichés et caricatures d’une misère crasse, sur un sous-sol de richesses mirifiques…

    Sur BBC, en décembre 2018, le capitaine de l’équipe malgache avait confié : « We’re more than a movie ». C’est pourtant vrai que le reste du monde avait encore pu confondre Madagascar avec un dessin animé d’animaux qui n’existent même pas sur l’île.

    Notre île a toujours été trop aux larges des grands circuits maritimes, peu fréquentée par les géographes de l’Antiquité ce qui, longtemps, lui vaudra un contour fantaisiste, un emplacement approximatif, et un nom par hasard, à l’insu de ceux qui l’habitaient depuis un millénaire. Entre « Le Devisement du monde » de Marco Polo (1298) et le dessin animé de DreamWorks, (2005), il se sera écoulé sept cents ans d’autres malentendus.

    La soudaine notoriété de Madagascar, grâce à son équipe de football, révèle par l’absurde ce que nous avons oublié toutes ces années : le soft power. La « Diplomatie économique » était devenue un leitmotiv, dont on attend encore une réelle valeur ajoutée depuis sa proclamation dans les années 2002-2006. Parce qu’elle n’aura même pas permis de mettre un nom sur une si Grande île, ni même d’associer un nom connu à une île perdue dans les profondeurs des classements justement économiques.