Catégorie : Opinions

  • VANF ANTRANONKALA – Ho atao inona izy, sa inona no atao ho azy ?

    VANF ANTRANONKALA – Ho atao inona izy, sa inona no atao ho azy ?

    Lafo no nividianan’ny tompontrano eny amin’ny lotissement Soavina-Tanjombato ny fahanginana, filaminana ary fahadiovana. Rariny loatra raha noroahiny tsy hisaodisaody tao amin’ny lotissement ny taxibe : iza kosa moa no hiara-monina amin’ny taxibe sy ny korontandrotany, ny loto vadin-koditra aminy, ary ny tabataban’ny mpanerany ? Ho an’ny «madinika» anefa izany dia efa fanavakavahana. Fijery tsy hitovy mihitsy.

    Vidiantsika lafo ankehitriny ny tsy nisian’ny fandrindram-bahoaka mazava teto. «Telo sy efatra ihany» hoy ilay hiran’ny Iraimbilanja : ahoana ihany, fandrindram-piterahana sa fitaraindrainana fa tsy ampy olona any ambanivohitra tany lava volo ? Fiaina tsy nitovy sahady : ny Raiamandreny sy ireo fianakaviana tapa-kevitra hampiana-jaza ary handefa azy amin’ny lavitra indrindra amin’ny fianarana ambony, dia nihanina tamin’ny isan-jaza roa na telo fa tsy nanao tera-bitro.

    Tsy vitan’ny maneso hoe «miteraka indroa isan-taona» anefa. Tsy azo hodian-tsy hita ireo olona ireo : mitombo isa anefa mihena fivelomana. Ho an’ny sasany amin’izy ireo, dia tsy nihodina ny kodiaran-tsarety hatramin’ilay Didy nanafoanan’ny Résident Général Hippolyte Laroche ny fanandevozana, tamin’ny 27 septambra 1896. Tamin’ny andron-dRanavalona II, dia efa nisy fanafahana andevo masombika : tamin’ny 1874 sy tamin’ny 1877. Naiditra ho Mainty Enin-dReny izy ireny, fanapahan-kevitra nampifangaro zavatra. Velon-komana ve ny taranak’ireny afaka tamin’ny 1874, 1877, 1896 ireny ? Sa mbola «zanak’andevo tsy maha-te ho tia, mizara vary amin’ny zanak’alika», araka ny hiran’i Bekoto-Mahaleo ?

    Tsy azo hodian-tsy hita ihany koa ny olana ara-toekarena goavana mianjady eto amin’ny firenena efa am-polo taona maro. Mitombo isan’andro ny mahantra. Tamin’ny 1972, norangitina harangaranga ny hoe «Madinika», «Fanjakan’ny Madinika» : nanatsara ve sa mainka nanampy trotraka ny fahasahiranana sy ny fanavakavahana izany paika politika izany ?

    Ambadiky ny fanontaniana hoe «manana ny toerany hilahatra amin’ny fiaran’Antananarivo ve ny sarety», misy fiainana fianakaviana marobe : «manana ny toerany anaty fiaraha-monina ve IZY mpitarika sarety». Tsy ho vita mora, ary tsy hisy fahagagana. Raha nanao sonia ilay Didy tamin’ny 1896 i Laroche, tsy nametraka rafitra sosialy na ekonomika haha-olona ireo andevo nohafahana. Iza no tompon’ireny sarety ireny, iza no mampanofa ireny sarety ireny : isan’ny fanontaniana tsy azo hodian-tsy hita. Ankoatra ny hoe «Sarety sa halatra ?». Ny Fiaraha-monina mihitsy no hadinkadinina eto : ho atao inona, sa inona no ho atao, ho an’ireo olona ireo ?

  • VANF ONLINE – Ces gens-là…

    VANF ONLINE – Ces gens-là…

    Les propriétaires des résidences dans le lotissement de Soavina avaient payé cher le droit d’un quant-à-soi tranquille, ordonné et propret. Ils ont fort logiquement et légitimement banni les taxibe de leur lotissement. N’entravant d’ailleurs aucune prétendue servitude de passage autre que celle du «hitsin-dalana» (couper court) doublé de «mamantam-bonona» (parasitisme). Dans aucun art, une file de taxibe ne pourrait être nominée à un concours de beauté paysagère. Aussi, dans leur paysage, les gens n’avaient pas voulu de moches taxibe, pilotés par des chauffeurs capables de porter une chemise-cravate sur un short et une paire de tongs. Leur paysage, ils n’avaient pas voulu non plus l’encombrer d’aide-chauffeurs dépenaillés, bruyants et envahissants. Bien sûr, d’un point de vue des «madinika», c’étaient de gros méchants riches racistes et ségrégationnistes.

    Faute d’une politique démographique cohérente (entre planning familial et statistiques de sous-densité au kilomètre carré dans les no man’s land de l’arrière-pays), la population a augmenté sans maîtrise ni prévisions. Première fracture : les gens, qui ont préféré optimiser l’éducation longue d’une paire ou d’une triade d’enfants, n’ont pas contribué à ce boom démographique.

    Cette population populeuse existe, cependant. Dans le cycle, qui peut devenir vicieux, d’un accroissement numérique inversement proportionnel aux revenus, à l’espace vital et aux ressources disponibles. Pour certains, la situation ne fait que s’aggraver depuis l’arrêté du 27 septembre 1896 abolissant l’esclavage sans mesures socio-économiques d’accompagnement. Le Résident général français, Hippolyte Laroche, auteur de l’arrêté (sic), estimait à 22.916 le nombre d’esclaves sur une population tananarivienne de 43.028 habitants : que sont leurs descendants devenus ? Plusieurs décennies de crise économique ont également laminé la classe moyenne et grossi les rangs du prolétariat : comment tous ces gens survivent-ils ?

    Les véhicules à traction humaine, pousse-pousse ou charrettes à bras, ont opéré un retour massif ces dernières années. Ils encombrent une circulation automobile elle-même déjà saturée, et font désordre dans un paysage citadin. Si la modernité (automobile) et l’archaïsme (charrette) cohabitent déjà difficilement, la situation peut dégénérer en confrontation ouverte de classes sociales antagonistes : bourgeoisie contre prolétariat, «mpanan-karena» versus «madinika». Deuxième fracture.

    La solution n’est pas aussi simpliste que l’abrogation hâtive et «pirate» (un télégramme ministériel du 25 septembre avait enjoint Laroche de transmettre ses pouvoirs) de 1896, d’ailleurs dénoncée par le général Gallieni dès qu’il s’installa comme Gouverneur Général. On ne fera pas disparaître les charrettes d’un arrêté péremptoire. Derrière, il y a la réalité, quotidienne, de familles entières qui vivent d’expédients, toujours préférables d’un point de vue «sécuritaire», aux rapines. La solution durable, et pas rapide, est à trouver en amont des charrettes, récifs contondants de l’iceberg social malgache.

  • CULTURE DE PIRATE

    CULTURE DE PIRATE

    Parfumerie, médicaments, pièces auto, produits d’hygiène, alimentation, cigarettes, décoration, alcool, habillement, mode, cosmétiques, nouvelles technologies, etc. Tous ces domaines sont touchés par notre « culture de pirate » et même le maillot des Barea pour la CAN 2019 ne fait pas exception à la règle.

    « Pauvreté et manque de pouvoir d’achat » diront les défenseurs de cette tendance généralisée à Madagascar. Une logique sociale et économique dirigée vers le bas donc, qui prend le pas sur le respect de la loi. Mais ce qui reste le plus paradoxale dans cette démarche, c’est que finalement le consommateur est toujours victime, malgré le fait de croire à une bonne affaire, car tout repose toujours sur du « Business ».

    Des fortunes se construisent avec la « piraterie » à Madagascar, dans des circuits parallèles, loin des contrôles des ministères et des impôts, alors que pendant ce temps, trop souvent, des entreprises légales sont visitées à de multiples reprises. À qui profite le crime ? Soyons réalistes, les industriels locaux, l’État au travers des impôts et taxes, le consommateur, les investisseurs, les importateurs légaux, l’emploi, etc, tout le monde y perd… même les Barea !

  • VANF ONLINE – Novlangue, langage sans pensée

    VANF ONLINE – Novlangue, langage sans pensée

    «1984», c’était il y a soixante-dix ans. Six ans avant qu’IBM France n’introduise dans le milieu informatique le mot «ordinateur», proposé par Jacques Perret, professeur de philologie latine à la Sorbonne, et qui allait vite devenir un nom commun.

    C’était, implicitement, contre IBM, et son monde de Big Data digne du Big Brother de George Orwell, qu’Apple a conçu la publicité du Macintosh, vue par 90 millions téléspectateurs lors du troisième quart-temps du Super Bowl XVIII, le 22 janvier 1984.

    Sur un écran grisâtre, on y voyait Big Brother himself mettre à l’index «la peste des vérités contradictoires». Avant que le monde coloré d’Apple ne fracasse cette uniformité militaro-carcérale : «Pourquoi 1984 (24 janvier) ne sera pas comme 1984 (le roman)».

    Si cette publicité pour Apple est considérée comme la meilleure publicité de tous les temps, le roman de George Orwell (1903-1950) figure également parmi les plus grands monuments de la littérature mondiale. Dans ce monde dystopique d’Océania, l’administration totalitaire forge un langage anti-langue, le «Newspeak», traduit par Novlangue, heureuse trouvaille qui allait également devenir générique, et qu’il sera difficile à «Néo-parler», nouvelle traduction introduite en 2018, de supplanter.

    Le Novlangue a pour «solution finale» l’anéantissement de la pensée : moins de mots pour toujours moins de concepts ; moins de subtilités et toujours plus de place au manichéisme ; moins de réflexion jusqu’à la disparition de l’idée d’idée elle-même. Un bureaucrate, dont la tâche est de mutiler une encyclopédie pour la réduire à l’échelle Dubois-Buyse de CM1, le confirme : «Nous détruisons chaque jour des mots, des centaines de mots. Nous taillons le langage jusqu’à l’os (…) le véritable but du Novlangue est de restreindre les limites de la pensée (…) À la fin, nous rendrons littéralement impossible le crime par la pensée, car il n’y aura plus de mots pour l’exprimer».

    Réduire les gens à fonctionner à l’affect, dans un monde binaire sans demi-mesure : pour ou contre. Mantra des pensées uniques : celui de la Place du 13 mai et de ses slogans réducteurs, par exemple. Celui également du monde décrit par Franz Kafka (1883-1924), dans un roman prémonitoire des totalitarismes hitlérien ou stalinien. Attention, «Le Procès» (1925) commence par une arrestation faisant suite à une diffamation sur fond de société de délation.

    La langue de bois trie et élimine les mots politiquement non corrects. Poli, chaque mot s’ajuste au millimètre dans un discours formaté. La langue compromise, le Novlangue est compromis : le balayeur devient technicien de surface ; l’handicapé est désormais une personne à mobilité réduite ; l’homosexualité se cache derrière une «préférence sexuelle».

    Les mots traditionnels sont abandonnés à leur trop cruelle précision. Les promesses d’un homme politique passent tout de suite pour des «ambitions» : qu’il envisage seulement d’enrayer l’extrême-pauvreté, et on écrira qu’il s’y «attaque» déjà. Les immigrés sont désormais des «migrants» dont il est interdit de préciser la race ou l’ethnie, concepts surannés dont il est prouvé qu’elles n’existent pas. Les voyous venus de banlieues, en découdre avec la police, sont des «sauvageons» ou des «jeunes» issus de «quartiers difficiles» qu’il faut éviter d’encore «stigmatiser». Penser autrement, c’est-à-dire finalement parler vrai, serait d’un tel «archaïsme». Et cette grille de lecture archaïque, cependant en cohérence avec des différences évidentes de couleur de peau ou de type de cheveu, renvoie au «communautarisme».

    Les mots avaient un sens, celui de la pensée qu’ils exprimaient. Désormais, ils font sens parmi des éléments de langage. La perversion organisée du Novlangue passe par son appauvrissement pour faire simple, et communiquer avec le plus grand nombre : une masse critique du strict minimum.

  • VANF ANTRANONKALA – Roambinifolo, tsy fanisa

    VANF ANTRANONKALA – Roambinifolo, tsy fanisa

    Antranonkala Faha Roambinifolo, androany Roambinifolo Jiona. Ndao ho atokana amin’ny Roambinifolo miverimberina amin’ny Kolontsaintsika : Roambinifolo, fanoratra misary teny tokana, na azo soratana sy vakiana koa hoe Roa Ambin’ny Folo.

    Ny teny «Fara-Hafatra» nataon’Andrianampoinimerina, rehefa hiamboho izy ny taona 1810, ankeviny teo amin’ny faha fitopolo taonany, no ahitana azy miavaka. Hoy ary Ny Ombalahibemaso : «Ity Fanjakantsika ity dia finari-bavan’Andriamasinavalona, ka napetrany tamin’Andriantsimitoviaminandriana sy Andriambelomasina, ary napetraky ny Roa amin’ny Folo Manjaka amiko sy hianareo». Ery ambany, William Edward Cousins, Misioneran’ny London Misionary Society, nanangona izany kabary izany, dia nitondra izao fanazavana izao : «Amin’ny teny hoe «Roa Ambin’ny Folo Manjaka», sy «Roa Ambin’ny Folo Vavy» sy «Tendrombohitra Roa Ambin’ny Folo» sy «Sampy Roa Ambin’ny Folo», ny hoe «Roa Ambin’ny Folo» dia tsy mba filazana isan-javatra marina loatra, fa teny fanajana enti-milaza ny zavatra momba ny Mpanjaka».

    Mahavaka-saina ny fikasana hanova ny fomba fanisana nentin-drazana, mba hifandraika amin’ny fanoratana «ordinateur» ankehitriny, raha toa ka «masina» tahaka izany ny teny hoe «Roa Amby ny Folo» (araka ny nanoratana azy ao amin’ny bokikely «Livra Voalohan’ny Fianara-Marika», natontan’ny Misionera Katolika tamin’ny 1878). Toa manimba sofina sahady izany hoe «Tendrombohitra folo roa amby» izany.

    «Iry Tendrombohitra tomandavana / soa malomaloka, mavamavana / topazo maso fa raha tazanina / manerinerina mahamanina», hoy «Ny vazon’ny lavitra» nosorotan’Ny Avana Ramanantoanina an-tsesitany : nankaiza indrisy, nankaiza ny vohitra tsy manerinerina intsony ? Mampalahelo mantsy ny mahita ny vohitra manodidina an’Antananarivo trongisina sy aetry, hangalana (sa hangalarana) ireny ranontany hanotofona an’i Betsimitatatra ireny. Etsy ampototr’Ambohidava ohatra, vodivonan’Andriamambavola isan’ny «Roambinifolo» lahy nampanjaka an’Andrianampoinimerina (sy Ranavalona I taty aoriana), lavaka goavambe, hantsana lalina, avela ho koahin’ny ranonorana rehefa vita ny nilana azy.

    Ny Tendrombohitra Roambinifolo no naha Imerina an’Imerina : asa, Fokonolona iza, sa Fanjakana aiza, no tokony hizaha an’Iharanandriana, lalovan’ny arabe mankany Ambatolampy sy Antsirabe. Misy mikiky mantsy ny avaratra atsinanany ao. Izay Didy aman-Dalàna toa tsy ahoan’ny olona tato ho ato : aleo hakarina ho fady sy hampanarahana ozona ho aron’ny vozony.

  • VANF ONLINE – Roambinifolo, plus que Douze

    VANF ONLINE – Roambinifolo, plus que Douze

    C’est la douzième livraison, en ce douzième jour de juin. Prétexte à digresser sur ce nombre «Roambinifolo» (douze) qui tient une si grande place dans notre Culture.

    Les dernières volontés du roi Andrianampoinimerina, alors qu’il sentait proche la fin, en 1810, mettent particulièrement en valeur ce nombre «Roambinifolo», surtout que William Edward, Missionnaire de la London Misionary Society, qui les a éditées, y a adjoint une précieuse notule. Le roi, qui avait gagné le surnom de «Ny Ombalahibemaso» (taureau-aux-grands-yeux), y évoque ses ancêtres royaux depuis Andriamasinavalona (lequel avait «tourné le dos» un siècle plus tôt) en invoquant les Douze-qui-ont-régné. Et W.E. Williams de préciser qu’il ne faut pas, dans les expressions consacrées «Roa Ambin’ny Folo Manjaka» (Les Douze-qui-ont-régné), «Roa Ambin’ny Folo Vavy» (Les Douze épouses royales), «Tendrombohitra Roa Ambin’ny Folo» (Les Douze collines sacrées), «Sampy Roa Ambin’ny Folo» (Les Douze idoles d’État), voir «Douze» comme une énumération comptable, mais bien comprendre «Roambinifolo» comme cachet de la chose royale.

    Comment, dans ces conditions, arriver un jour à nous convaincre d’abandonner cette écriture «à l’envers» incompatible avec la graphie «à l’endroit» d’un écran de machine à calculer : «folo roa amby» sonne si faux surtout parce qu’il attente à une sacralité euphonique associée à une légitimité historique.

    «Je vous salue (aussi), montagnes éternelles / immuables témoins de notre âge aboli», déclame Jean-Joseph Rabearivelo. C’est une civilisation qui s’écroule, l’âge étant déjà aboli, et les témoins de moins en moins immuables : dans une absurdité sans nom, nous arasons nos «montagnes éternelles» pour en remblayer les rizières. Et la plaie est d’autant plus douloureuse quand les bulldozers laissent un «lavaka» à vif, comme au pied de la colline d’Ambohidava, ancien fief d’Andriamambavola, un des «Roambinifolo» qui aidèrent Andrianampoinimerina à «faire» l’Imerina.

    Les «Douze Collines» font l’Imerina. Pourtant, au pied d’Iharanandriana, j’aperçois des griffures sacrilèges que personne ne semble voir depuis la RN7 vers Ambatolampy et Antsirabe. Si les textes et codes n’impressionnent plus personne, l’instauration d’un «fady» (tabou) dûment protégé par un «ozona» (malédiction) pourrait protéger la Culture par la Culture.

  • VANF ANTRANONKALA – Sahan’ny Biby : Hajao ny fahanginana

    VANF ANTRANONKALA – Sahan’ny Biby : Hajao ny fahanginana

    Pentekôsta, Alatsinain’ny Pentekôsta : feno olona hiditra ao amin’ny Sahan’ny Tsimbazaza. Hatreo aloha tsy misy olana loatra na dia velom-panontaniana ihany aza hoe : «Misy ve ao toeram-pivoahana ara-dalàna, ary raha misy, ampy ireto olona an-jatony ireto ve izany sao ny dobon’ny voay, na ny tambohon’ny lambo, na tokotanin’ny gidro, indray no hanateran’ny olona maloto ?

    Fa ity no tena olana kosa : heno hatraty amin’ny lalana mihazo an’ny Soanierana ny tabataba ao anatin’ny Saha. Olona an-jatony aloha raha samy miteny, tsy dia mahagaga raha tonga hatrany amin’ny arabe ny monomonona. Fa ny sonorisation mandefa «hira» mitatatata, manafintohina mihitsy.

    Saha fonenan’ny biby efa ho lany tamingana ao Tsimbazaza ao. Izany hoe ny olombelona no mivahiny mamangy any aminy. Porofon’izany, tahaka ny tompon-trano rehetra, ny sokatra, ny vorona, ny fosa, ny voromahery, ny boloky, mijanona matory ao Tsimbazaza fa ny olombelona no roahina hody any aminy ary arindrina ny vavahady.

    Andraikitr’io PBZT (Parc Botanique et Zoologique) io ny mitaiza ny olona hahay hanaja ny zavamaniry sy ny biby. Voalohany amin’izany fanajana azy izany ny tsy fanelingelenana azy amin’ny feo mahery : any anaty ala tena fonenany any, tsy misy hira maredona, tsy misy «animation» amin’ny «hauts-parleurs».

    Isan’ny karakaraina ao Tsimbazaza ao koa ny fampivadiana ny biby mba hanan-taranaka satria ahiana ho lany tamingana noho ny doro-tanety sy ny tavy manimba ny ala ary ny fanatapatapahana ny hazo tsy am-piheverana. Mety amin’ny «éthologie», izany hoe ny fomba amam-panaon’ireo biby ireo ve ny tabataba, hanapaka ny ainy, ary hahamomba azy mandrakizay ?

    Fitaizana no nanokafana io Saha io ho an’ny mpitsidika : raha mahafaly ny mahita ireto ankizy tonga ao, mahasadaikatra ny fitaizana ho azony raha omena ho ohatra ho azy ny tatatata ampoto-tsofin’ny biby. Aiza moa ny ankizy sasany no tsy hitoratoraka ny alika mpirenireny amin’ny tapa-biriky. Soa ho an’iza ? Kely mitoraka alika, lehibe mampijaly omby. Ny fitaizana voalohany ho olombanona angamba miainga amin’ny fanajana ny biby aloha.

  • VANF ONLINE – Silence : Zoo !

    VANF ONLINE – Silence : Zoo !

    Pentecôte, lundi de Pentecôte : des milliers de gens se ruent au Parc de Tsimbazaza. Déjà, une première inquiétude : des toilettes aux normes, en nombre suffisant et judicieusement placées, sont-elles à la disposition de tous ces visiteurs, dont certains y passent la journée, pour éviter que la mare du crocodile ne serve d’urinoir ou que quelqu’un n’aille déféquer dans l’enclos des sangliers ?

    Autre problème de taille : la musique, ou ce qui en tient lieu, qu’on entend assourdissante jusqu’à la route qui mène à Soanierana, en surplomb du Parc. Ce «Parc Botanique et Zoologique» a d’abord été conçu comme refuge des animaux les plus emblématiques de ce pays, mais malheureusement en voie de disparition, par la faute de l’homme. Ce sont bel et bien les humains qui se rendent chez les animaux de ce zoo, et comme tout visiteur bien élevé, ces visiteurs humains devraient montrer plus d’égards envers ces animaux qui leur offrent l’hospitalité.

    Un zoo est destiné à offrir à ces animaux en captivité les conditions propices à leur éthologie naturelle. Que je sache, aucune forêt, aucun habitat animal, ne comporte cet instrument finalement barbare qu’est un haut-parleur. La reproduction ex situ constitue également le principal but du «Département Faune» : le traumatisme de ce vacarme est propre à stériliser à jamais n’importe quelle espèce.

    Je songe à tous ces enfants que leurs parents ont eu la bonne idée de conduire au zoo. Pourtant, quelle éducation à respecter les animaux leur offre-t-on avec le spectacle lamentable d’une humanité vuvuzélienne aux portes d’animaux qui n’en peuvent mais…

    Pas étonnant que les mêmes gamins martyrisent gratuitement des chiens dans la rue. Et qu’adultes, certains passent leurs nerfs sur les zébus qu’ils conduisent à l’abattoir. Dire que, peut-être, l’éducation future du Malgache passera par un meilleur comportement déjà au zoo.

  • VANF ANTRANONKALA – Fivavahana lafivalo

    VANF ANTRANONKALA – Fivavahana lafivalo

    Karana sy Banyans : lohatenin’ny boky nosoratan’i Sophie Blanchy tamin’ny 1995. Karana no Silamo, Banyans kosa no Hindo. Tsy dia ahoan’ny Gasy loatra izany fa dia ataony safobemantsina Karana fotsiny. Asa anefa, iza no nahatsikaritra, iny Alarobia namaranan’ny Silamo ny Ramadany iny, fa ninia niasa ny mpanefy firavaka tetsy Antaninarenina, izay Hindo avokoa. Tany India tanindrazan’izy ireo, na Silamo na Hindo, ny fivavahana Hindoisma no talohan’ny fivavahana Silamo. Heverina aza fa Brahmana nivadika finoana no nihavian’ny Silamo Bohra.

    Efa latsa-paka amin’ny Malagasy ny fankalazana ny Noely, manaraka kalandary gregoriana. Iraisantsika amin’ny olona rehetra any New York ka hatrany Tokyo izany. Ity taona 2019 ity no nampidirana fety silamo tao amin’ny kalandary gasy. Maninona koa moa raha omena vahana tahaka izana ny fivavahana Hindo Brahma-Shiva-Vishnou, fahatelo be mpandala indrindra manerantany, ka hankalazaina ny Divali ? Ara-tantara mantsy dia fantatra fa nisy kalandary indiana teto (Asara, ets.), nialoha ny kalandary arabo (Alahamady, ets.), izay lefin’ny kalandary tandrefana (Janoary, ets.).

    Ary ny Sinoa ? Efa hatramin’ny taonjato faha-19 koa ireo no Gasy. Hanankarena kokoa hatrany isika raha hankalazaina eto ny Taom-Baovao sinoa, izay sady Kolontsaina no harena mety hisintona mpizahantany.

    Tany amin’ny taona 1940, Jean-Baptiste Razafintsalama, mompera jesoita niala, dia namoaboafy ny mety ho firazanana bouddhiste amin’ny filôzôfia malagasy : tsy nisy porofo ara-siantifika tena nandresy lahatra anefa nentiny. Mitovy amin’izany ihany koa ireo izay mivoy ankehitriny fa misy firazanana jiosy ny Gasy : mbola maivana hatreto ny porofo ara-siantifika.

    Noely kristiana, Eid Mubarak silamo, Divali hindo, Bainian sinoa : ary ny Taom-baovao malagasy ? Mbola ady voninahitra. Mifangaro sy mifampihantsy ny taom-bolana sy ny vola-masoandro… Dia mbola izany aloha ankatoky ny fankalazana ny 26 jiona, niverenan’ny Fiandrianam-pirenena.

  • VANF ONLINE – Religions de tous les pays

    VANF ONLINE – Religions de tous les pays

    Karana et Banyans. Le titre d’un livre très documenté de Sophie Blanchy publié en 1995. Dans son acception, les Karana étaient les Musulmans, tandis que Banyans désignait les Hindous. Les Malgaches ignorent généralement ce distinguo. Pourtant, l’autre mercredi 5 juin, jour férié accordé aux Musulmans pour la levée du Ramadan, les joailleries-bijouteries d’Antaninarenina, tenues par des Hindous, avaient décidé de travailler. Dans l’Inde, dont sont originaires les Karana établis à Madagascar depuis le 18ème siècle, l’Hindouisme avait précédé l’Islam, et l’on dit que les Bohra seraient les descendants de Brahmanes convertis.

    Les Malgaches ont pris l’habitude de célébrer le Noël chrétien, fête arrimée sur le Nouvel An grégorien, un calendrier au demeurant compris de New York à Tokyo en passant par Dehli. Depuis cette année 2019, une date musulmane est venue s’ajouter à la liste des jours fériés. Il n’y a aucune raison à ce que la religion de Brahma-Shiva-Vishnou, troisième religion en nombre au monde, ne bénéficie pas de la même reconnaissance, avec la célébration du Divali. À Madagascar, un ancien calendrier indien avait précédé le calendrier arabisé qui sera lui-même supplanté par l’actuel calendrier occidental.

    Encore plus inclusivement, la vaste communauté chinoise, dont les premiers arrivants avaient été recensés à Tamatave au 19ème siècle, enrichirait notre culture tout court, et notre culture générale, des multiples incidences liées au Nouvel An chinois et de la valeur-ajoutée commerciale et touristique que les enfants de l’Empire du Milieu savent apporter.

    Dans les années 1940, l’ancien prêtre jésuite Razafintsalama avait quitté la Compagnie pour se consacrer, sous le pseudonyme de Dama-Ntsoha, à démontrer l’existence d’un substrat bouddhiste dans la culture malgache. Aucune étude scientifique sérieuse n’est venue étayer sa thèse. Actuellement encore, des militants d’une origine juive des Malgaches s’activent sans non plus en apporter des preuves scientifiques.

    Et UN Nouvel An bien malgache ? À la confluence des précédentes considérations, c’est l’imbroglio. Le nouvel an solaire agraire se le dispute au nouvel an lunaire monarcho-politique. À l’orée du 26 juin, célébration du retour de l’indépendance, ça devient une faute historique.