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  • GOUVERNEMENT – Mamitiana Rajaonarison nommé Premier ministre de la Refondation

    GOUVERNEMENT – Mamitiana Rajaonarison nommé Premier ministre de la Refondation

    Un nouveau locataire pour Mahazoarivo. C’est Mamitiana Rajaonarison qui prend la tête du deuxième gouvernement de la Refondation, un peu moins d’une semaine après la dissolution du gouvernement Herintsalama Rajaonarivelo. Sa nomination a été annoncée ce dimanche au Palais d’Etat d’Iavoloha, par le président de la Refondation, le Colonel Michaël Randrianirina.

     

    Avant cette désignation en tant que chef du gouvernement, Mamitiana Rajaonarison occupait depuis avril 2021 le poste de directeur général du Service de renseignement financier (Samifin), l’organisme chargé notamment de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme à Madagascar. Administrateur civil de formation, cet ancien officier supérieur de la Gendarmerie a également travaillé pendant plus de 12 au sein du Bureau indépendant anti-corruption où il a été successivement investigateur, chef de service investigateur et directeur de la branche du Bureau à Toliara.

  • TEXTILE – Madagascar projette de relancer la filière coton dans son plan de relance économique 

    TEXTILE – Madagascar projette de relancer la filière coton dans son plan de relance économique 

    Transformer l’or blanc en moteur de croissance. Après des décennies de déclin, Madagascar prévoit de relancer sa filière coton pour promouvoir la chaîne de valeur textile. Il s’agit d’une mesure qui devrait permettre l’augmentation de la production locale de cette matière première, afin de rendre possible la création d’unités textiles lourdes mais aussi pour créer une plus grande valeur ajoutée dans les produits exportés. Cette disposition a été présentée lors des Assises pour la relance économique de Madagascar, mardi.

     

    C’est le ministère de l’Agriculture et de l’élevage qui est en charge de la mise en œuvre de cette mesure, en misant sur une intégration verticale. Il s’agit de reconnecter les producteurs locaux de cotons aux industriels nationaux pour contribuer à l’autonomie en matière première de la filière textile.

     

    Pour concrétiser cette ambition, le plan de relance avance trois leviers opérationnels immédiats. Il y a d’abord la distribution de semences performantes aux planteurs pour améliorer leur rendement. Vient ensuite le renforcement de leur encadrement technique pour moderniser leurs pratiques culturales au plus près du terrain. Et enfin, la stratégie tient compte du volet financier, qui s’assure de faciliter l’accès aux financements pour les planteurs de coton pour permettre l’extension des surfaces cultivées.

     

    Madagascar mise ainsi sur une industrialisation textile à forte valeur ajoutée. Avec la création sur place d’unités textiles lourdes, ce projet de relance cherche non seulement à transformer localement le coton mais il entend aussi maximiser les recettes d’exportation. Et ce, tout en stabilisant les revenus des communautés rurales dans les zones productrices.

     

    C’est un levier stratégique pour l’économie qui peut s’activer, si ce n’est qu’avec l’intégration de la filière coton dans le cadre de la Loi sur la croissance et les opportunités en Afrique (Agoa). En relançant la production locale de fibre, pourrait en effet satisfaire aux règles d’origine strictes imposées par les États-Unis.

     

    Ce principal client de Madagascar exige souvent que les vêtements soient fabriqués à partir de fils et de tissus produits régionalement pour bénéficier d’une exonération totale de droits de douane. La relance de la filière coton contribuera d’ailleurs à réduire la dépendance aux importations de tissus étrangers de la Grande île et renforcer de ce fait sa balance commerciale.

     

    Madagascar a vu sa production de coton régresser de manière structurelle depuis des décennies. Cette dégradation s’est manifestée par la réduction de volume de production, la baisse de rentabilité pour les producteurs ou encore les défaillances de paiement des opérateurs industriels. Cette fragilisation a entraîné un mouvement de désengagement des exploitants, entraînant une reconversion agricole vers des cultures vivrières comme le manioc et la patate douce.

  • COMMERCE ET CONSOMMATION – Des dispositions exceptionnelles pour éviter la destruction totale des stocks de riz endommagés à Toamasina

    COMMERCE ET CONSOMMATION – Des dispositions exceptionnelles pour éviter la destruction totale des stocks de riz endommagés à Toamasina

    Trier les bons grains de l’ivraie. Ce ne sont pas tous les stocks de riz endommagés à Toamasina suite au cyclone Gezani qui seront automatiquement détruits. Les opérateurs économiques affectés par ce sinistre peuvent demander au ministère du Commerce et de la consommation d’effectuer des tris afin d’identifier et séparer les lots potentiellement sains et les lots manifestement avariés. Ce département a publié une note sur cette mesure exceptionnelle, vendredi.

     

    Mais les agents du commerce doivent procéder avant tout au scellage de tous les produits stockés dans les entrepôts affectés à Toamasina. Ceci dans un souci de sécurisation des marchandises mais également afin de prévenir toute manipulation non autorisée. Mais pour éviter que le riz sain ne se dégrade dans ces entrepôts, les opérateurs peuvent obtenir une autorisation de transfert livrée par le ministère, dont le transport avec des camions scellés vers des lieux de stockage aux normes est strictement contrôlé.

     

    C’est là que l’opérateur économique concerné peut adresser une demande formelle de triage, pour éviter que toute sa marchandise ne soit automatiquement détruite. Cette opération s’effectuera sac par sac en présence des agents du commerce et des représentants des associations de protection des consommateurs, précise le ministère du Commerce.

     

    Des prélèvements seront ensuite effectués sur des échantillons représentatifs des lots jugés sains pour être transmis à l’Agence de contrôle de la sécurité sanitaire et de la qualité des denrées alimentaires (ACSSQDA). C’est cette agence qui effectuera l’analyse et délivrera le certificat de leur consommabilité pour leur mise sur le marché. Les lots avariés et impropres à la consommation seront pour leur part détruits.

     

    Le ministère du Commerce et de la consommation indique avoir pris ces dispositions exceptionnelles afin d’assurer la protection des consommateurs contre les produits impropres à la consommation. Mais elles ont également été prises dans le but d’accompagner les opérateurs économiques qui ont été affectés par le passage du cyclone Gezani.

  • GESTION MUNICIPALE – Un manque à gagner de 750 millions ariary paralyse la Commune d’Antananarivo

    GESTION MUNICIPALE – Un manque à gagner de 750 millions ariary paralyse la Commune d’Antananarivo

    La Jirama en cause. Le fonctionnement des services essentiels de la capitale traverse une zone de fortes turbulences financières. En marge de ses déclarations relatives aux récentes décisions du Conseil d’État sur les élections municipales, Harilala Ramanantsoa lève le voile sur un différend budgétaire majeur opposant la Commune urbaine d’Antananarivo (CUA) à la Jirama. Ce blocage financier, persistant depuis octobre dernier, fragilise directement la capacité d’intervention de la municipalité dans ses missions régaliennes, souligne-t-elle.

    Le cœur du litige repose sur le non-versement des redevances liées à l’assainissement et aux eaux usées, collectées par la société d’État mais non reversées à la commune. Selon les précisions de la maire déchue, les arriérés accumulés s’élèveraient désormais à la somme de 750 millions d’ ariary. Ce déficit de trésorerie impacte l’ensemble de la chaîne logistique de la ville, créant un effet domino sur les dépenses opérationnelles et la maintenance des infrastructures de base nécessaires au bien-être des administrés.

    Dettes et créances mutuelles

    Du côté de la Jirama, des responsables indiquent toutefois que le montant exact de la dette reste à clarifier. Selon eux, un rapprochement des comptes entre les deux institutions serait nécessaire afin d’établir précisément les sommes dues, d’autant que la compagnie affirme également disposer de créances envers la commune. Il s’agirait notamment de factures restées impayées, pour lesquelles des relances auraient déjà été adressées par le service commercial de l’entreprise aux responsables communaux, dans l’objectif d’organiser une rencontre et d’examiner conjointement les dettes respectives.

    Ainsi, l’enjeu de ce recouvrement dépasse la simple comptabilité pour toucher à l’urgence sanitaire de la ville. La collecte des déchets ménagers se retrouve en première ligne de cette crise de financement. Sans ces fonds, la Commune d’Antananarivo peine à couvrir les charges logistiques et les besoins matériels indispensables à l’évacuation des ordures.

  • ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR – L’Université de l’Itasy se dote d’un village pour ses enseignants

    ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR – L’Université de l’Itasy se dote d’un village pour ses enseignants

    Université modèle à Madagascar. L’Université de l’Itasy, située à 5 km de Soavinandriana, se distingue par ses infrastructures conformes aux normes et ses nombreuses innovations au bénéfice des étudiants. Le village des professeurs, composé de 31 logements destinés aux enseignants, en fait partie.

     

    Cette infrastructure a été inaugurée le 13 mars par le président de la Refondation de la République de Madagascar, le Colonel Michaël Randrianirina, à l’occasion de l’ouverture officielle de l’année universitaire 2025-2026 pour l’ensemble des universités et Instituts supérieurs de technologie (IST) du pays. Ce village facilitera la communication entre les étudiants et les enseignants, sans oublier l’amélioration des conditions de ces derniers.

     

    Approvisionnement en eau et électricité

     

    Outre le village des professeurs, l’Université de l’Itasy disposera de deux véhicules supplémentaires pour le transport des étudiants. S’y ajoutent des équipements pour l’approvisionnement en eau et en électricité, offerts par les autorités afin de soutenir le développement de l’établissement.

     

    L’Université de l’Itasy compte 2 027 étudiants inscrits dans cinq domaines de formation : l’art et lettres / sciences humaines, les sciences de l’ingénieur, les sciences de la société, les sciences de la santé, ainsi que les sciences et technologies.

     

    Valeurs et éducation citoyenne

     

    Lors de son intervention, le Colonel Michael Randrianirina a affirmé que “la cérémonie est un moment marquant pour le renforcement de la qualité de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, considéré comme un pilier essentiel pour la formation de ressources humaines hautement qualifiées, capables de contribuer au développement”.

     

    Le chef de l’Etat a également rappelé que “la connaissance seule ne suffit pas”. Il est indispensable de la compléter par des valeurs et une éducation citoyenne, afin de former des individus responsables et intègres, estime-t-il. “Les personnes instruites mais dépourvues de valeurs peuvent représenter un danger pour la société. Nous devons évoluer et nous améliorer continuellement”, affirme-t-il.

     

    L’université d’Itasy à Soavinandriana a été créée en 2015, en tant qu’établissement annexe de l’Université d’Antananarivo. Elle est devenue une université autonome depuis 2019.

     

    Photo : PRRM

  • MOBILITÉ URBAINE – 75 paires de feux tricolores automatisés à installer dans la ville d’Antananarivo

    MOBILITÉ URBAINE – 75 paires de feux tricolores automatisés à installer dans la ville d’Antananarivo

    Antananarivo revient aux feux tricolores pour réglementer la circulation. Les mâts de signalisation lumineuse feront petit à petit leur apparition dans la Capitale malgache. Les premiers dispositifs sont déjà installés depuis peu sur l’avenue de l’Indépendance. Le paysage de la circulation va ainsi changer de visage.

    Selon une source auprès de la commune urbaine d’Antananarivo (CUA) qui souhaite garder son anonymat, 75 paires de feux tricolores ont été livrés depuis le mois de juillet 2025, juste après le Sommet de la Commission de l’océan Indien. Ils seront installés au niveau de 75 emplacements, notamment les grandes avenues de la ville, les entrées et sorties des camps militaires et de la police, les abords des écoles et des églises ainsi que les zones régulièrement touchées par les embouteillages.

    Bien que certains feux tricolores soient déjà installés, dont ceux de l’avenue de l’Indépendance, ils ne sont pas encore en service. “Les tests techniques ont été réalisés, mais la mise en fonctionnement nécessite encore des travaux”, explique notre source. Chaque dispositif doit en effet disposer d’une connexion, d’un réseau et d’une alimentation électrique indépendants.

    À l’origine, les équipements livrés étaient des feux piétons à bouton d’appel. Mais les techniciens ont estimé que ce système risquait d’être utilisé de manière abusive. “Nous avons travaillé plusieurs mois pour transformer le dispositif en véritables feux tricolores automatisés”, précise notre source. Le fonctionnement devrait ainsi être centralisé, sous la supervision des autorités compétentes, notamment la CUA et les forces de l’ordre, afin d’éviter tout dysfonctionnement.

    Par ailleurs, les autorités envisagent des campagnes de sensibilisation destinées aux automobilistes, aux usagers des deux-roues et aux piétons, afin de réhabituer la population à l’utilisation des feux de signalisation dans la capitale.

  • INSTITUTIONS – L’Union africaine se dit “préoccupée par la destitution du Premier ministre” malgré un accueil favorable du programme de la Refondation

    INSTITUTIONS – L’Union africaine se dit “préoccupée par la destitution du Premier ministre” malgré un accueil favorable du programme de la Refondation

    Des inquiétudes exprimées malgré des points de satisfaction. Le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine (CPS) se dit “profondément préoccupé” par la destitution du Premier ministre et de son gouvernement le 9 mars 2026. Elle n’en salue pas moins la feuille de route de la Refondation dont elle souhaite la réalisation en 24 mois, comme cela a été prévu.

    Le CPS de l’Union africaine estime que la décision de mettre fin aux fonctions du gouvernement pourrait avoir “un impact négatif sur le processus de transition politique en cours à Madagascar”. Il exprime ses inquiétudes dans un communiqué adopté le 10 mars lors de sa 1335ᵉ réunion consacrée à la situation de Madagascar.

    Inclusif et pluraliste

    Dans son communiqué, le Conseil de paix et de sécurité invite alors les autorités malgaches à tenir compte de toutes les forces politiques du pays dans la formation du prochain gouvernement. Il dit “encourager les autorités à veiller scrupuleusement à ce que le processus de transition soit inclusif, pluraliste, multipartite, progressiste et transparent, dans le respect des droits de l’homme et de l’Etat de droit”.

    Le CPS insiste notamment sur la participation des femmes, des jeunes et de l’ensemble des parties prenantes dans le “dialogue national en vue de trouver une solution consensuelle aux défis auxquels le pays est confronté”. Il en appelle également à la “libération de tous les détenus politiques”.

    Respecter le délai de 24 mois

    Malgré ces préoccupations, le Conseil affirme “accueillir favorablement le Programme de refondation de la République de Madagascar”, annoncé en fin février et remis à la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC). Il se félicite également du lancement de la concertation nationale, conduite par le Conseil œcuménique des Églises chrétiennes de Madagascar (FFKM), qui doit aboutir à l’élaboration d’une nouvelle Constitution et à la mise en place d’un comité de pilotage chargé de coordonner le processus.

    Pour l’instance panafricaine, le calendrier de 24 mois fixé pour le retour à l’ordre constitutionnel doit être scrupuleusement respecté. Les autorités sont encouragées à coopérer pleinement avec l’Union africaine et la SADC pour aller en ce sens.

     

    Photo : African Union

  • JUSTICE – Un réseau d’avocats se mobilise face à la chute des témoignages des femmes et des poursuites judiciaires

    JUSTICE – Un réseau d’avocats se mobilise face à la chute des témoignages des femmes et des poursuites judiciaires

    Un réseau pour défendre les femmes et pour protéger leurs droits en milieu judiciaire. Ils sont 19 avocats spécialisés en droits liés à la santé sexuelle et reproductive à constituer le réseau “Miaro”. Issus des régions Analamanga, Boeny et Atsinanana, ils participent à un projet initié par le mouvement Nifin’Akanga. Leur première rencontre, tenue le 11 mars, a permis aux membres de faire connaissance et de bénéficier d’une formation initiale dispensée par l’équipe d’Ahaki.
     
    “Les affaires liées à l’avortement continuent d’arriver devant les tribunaux, contrairement à certaines idées répandues. Toutefois, les témoignages et les poursuites judiciaires tendent à diminuer ces dernières années”, indique le mouvement Nifin’Akanga. Selon les données compilées dans le cadre du projet Miaro, au moins 40 affaires ont été recensées devant les tribunaux au cours des dix dernières années. Ce chiffre ne représente toutefois qu’une partie des cas, rendus visibles grâce aux premières initiatives de numérisation des archives judiciaires.
     
    Les plaintes et les poursuites restent pourtant rares. “Plusieurs obstacles freinent les victimes. Porter plainte nécessite de nombreuses preuves et donc aussi des moyens financiers. La victime doit également affronter une lourde charge psychologique et sociale”, explique Mbolatiana Raveloarimisa, cofondatrice du mouvement Nifin’Akanga. Certaines victimes redoutent en particulier la stigmatisation. “Lors de certains procès publics, elles doivent raconter leur histoire devant une assistance parfois moqueuse, ce qui constitue une véritable torture psychologique”, ajoute notre interlocutrice.
     
    Le réseau d’avocats spécialisés ambitionne alors de renforcer l’accompagnement des victimes et d’améliorer l’accès à la justice. Les victimes auront également un accompagnement psychologique pour mieux témoigner et faire valoir leurs droits dans des conditions plus dignes et sécurisées. Le projet Miaro vise d’ailleurs à analyser la jurisprudence dans plusieurs régions et renforcer les capacités des acteurs judiciaires.
  • COMMERCE – Colère des riziculteurs de l’Alaotra face à l’effondrement des prix du riz local

    COMMERCE – Colère des riziculteurs de l’Alaotra face à l’effondrement des prix du riz local

    L’Alaotra en ébullition. Des syndicats de producteurs des districts d’Amparafaravola et d’Ambatondrazaka ont mené un mouvement d’envergure jeudi. Dès 11h00 du matin, les manifestants ont paralysé la circulation au niveau de Vohidiala, bloquant les axes routiers pour exprimer leur détresse face à l’effondrement des cours du riz qu’ils produisent.

    C’est sur un déséquilibre financier jugé critique que se base leur mouvement. Alors que ces producteurs estiment à 2 100 ariary par kilo le prix indispensable pour couvrir leurs charges et assurer leur survie, les cours actuels du paddy se sont effondrés à 1 000 ariary, d’après leur témoignage sur place. Même l’intervention de la State Procurement of Madagascar (SPM), qui propose aux producteurs un prix d’achat à 1 700 ariary, reste en deçà du seuil de rentabilité.

    Mais la situation est encore gravement exacerbée par la concurrence du riz importé, dont le prix est inférieur à celui du riz local. Le Chef de région par intérim de l’Alaotra Mangoro, Elire Joseph Rabemananjara, explique cette cherté de la production locale par plusieurs facteurs structurels. Il cite entre autres la vétusté des infrastructures hydroagricoles qui limite les rendements, le coût élevé des intrants, ou encore le poids du surendettement des paysans via les microcrédits.

    40 000 tonnes de paddy dormiraient alors actuellement dans les stocks de la région, faute de débouchés. Mais le risque de surproduction est désormais réel à l’approche de la nouvelle récolte prévue dans moins de deux mois. “Si les stocks actuels ne sont pas évacués avant l’arrivée du riz nouveau, l’économie de la région fera face à une menace systémique”, alerte le chef de région.

    Les agriculteurs lancent alors un appel pressant à l’endroit de l’Etat. Ils ont lancé un ultimatum de 48 heures aux autorités pour soumettre une solution concrète permettant d’aligner les prix d’achat sur la réalité des coûts de revient. Sans une réponse satisfaisante d’ici l’expiration de ce délai, les actions de blocage reprendront avec une intensité démultipliée, avertissent-ils.

    Pour le Chef de région, la seule solution viable consiste à augmenter massivement les capacités de financement de la SPM afin de libérer ces stocks dans les plus brefs délais. Le rythme actuel de collecte de la SPM, limité à 50 tonnes par semaine, est jugé dérisoire.

    Le ministère du Commerce et de la consommation indique que les convois de la SPM sont déployés à Ambatondrazaka et Tanambe pour procéder à la collecte des stocks de riz auprès des producteurs et des collecteurs locaux. Selon le dispositif logistique établi, chaque cargaison acheminera un chargement de 50 tonnes à destination d’Antananarivo. Pour ce département, l’objectif de cette mesure d’urgence est de soutenir les riziculteurs et de stabiliser la filière face à la forte volatilité des cours du paddy qui fragilise actuellement le secteur

  • PRÉVISIONS AGRICOLES -Madagascar reste parmi les pays africains nécessitant une assistance alimentaire externe en ce mois mars selon la FAO

    PRÉVISIONS AGRICOLES -Madagascar reste parmi les pays africains nécessitant une assistance alimentaire externe en ce mois mars selon la FAO

    L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) estime que 41 pays dans le monde nécessitent actuellement une assistance alimentaire externe, dont 31 en Afrique. Madagascar reste parmi ces pays africains dans cette situation, selon le rapport mondial triennal sur les Perspectives de récoltes et situation alimentaire de la FAO, publié en ce mois de mars.
     
    Les conflits et l’insécurité demeurent globalement les principaux moteurs de l’insécurité alimentaire aiguë sévère, tandis que les chocs climatiques viennent accentuer la précarité dans plusieurs régions. Pour Madagascar, la dégradation de la situation repose spécifiquement sur deux facteurs, dont des conditions météorologiques défavorables et des prix alimentaires élevés.
     
    Selon la dernière analyse du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), on estime que 1,8 million de personnes seront confrontées à une insécurité alimentaire aiguë de niveau Phase 3 (Crise) entre février et avril 2026. Une prévalence qui reste inchangée par rapport à l’année précédente. Les effets des récents cyclones, les inondations ainsi que les conditions de sécheresse persistantes dans le sud au début de l’année devraient également constituer les principaux facteurs de stress, expose la FAO.
     
    Madagascar et le Mozambique ont été les pays les plus durement touchés par les fortes précipitations de cette saison, avec des pluies diluviennes en décembre 2025, note la FAO. Cette situation s’est aggravée par les cumuls pluviométriques substantiels apportés par les cyclones tropicaux Fytia et Gezani en janvier et février 2026.
     
    Dans les régions septentrionales de Madagascar, où se situent certaines zones clés de production rizicole, les précipitations enregistrées entre novembre 2025 et janvier 2026 étaient également supérieures de plus de 40 % à la moyenne de longue durée. Inversement, des précipitations déficitaires et tardives étaient enregistrées dans certaines parties du Sud et de l’Ouest du pays depuis le début de la campagne. Aussi, la FAO anticipe une probabilité accrue d’une production céréalière nationale inférieure à la moyenne pour l’année 2026.