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  • TOURISME LOCAL – Les opérateurs malgache font face au défi du pouvoir d’achat

    TOURISME LOCAL – Les opérateurs malgache font face au défi du pouvoir d’achat

    L’ouverture de la 11e édition du salon “Tsenaben’ny Fizahantany” (TBF), ce jeudi au Jardin d’Antaninarenina, intervient dans un contexte où l’accessibilité financière devient le levier principal de croissance du secteur. Si l’intérêt des nationaux pour la découverte de leur pays progresse, comme en témoigne la hausse de fréquentation dans les parcs nationaux passée à 77 209 visiteurs en 2025, la barrière du prix reste l’enjeu majeur pour transformer cette curiosité en consommation réelle.
     
    Pour cette édition, les 24 exposants présents, dont neuf tour-opérateurs et six établissements hôteliers, ont dû adapter leurs offres à la réalité économique des ménages. L’objectif affiché par l’Office national du tourisme de Madagascar est de proposer une gamme de produits “bons plans” spécifiquement conçus pour le marché local. Cette stratégie se traduit par des formules de voyages organisés et des tarifs préférentiels pour les prochaines vacances de Pâques, tentant ainsi de rendre les circuits touristiques plus inclusifs.
     
    La participation de la compagnie nationale Madagascar Airlines et des offices régionaux souligne une volonté de structurer une offre formelle capable de rivaliser avec le secteur informel, souvent privilégié pour son coût moindre. En ciblant 7 500 visiteurs, les organisateurs espèrent prouver que le tourisme n’est plus un luxe réservé à une élite, mais un produit de grande consommation accessible. Cette plateforme d’échanges doit permettre aux opérateurs de mieux cerner les attentes d’un public malgache exigeant, tout en valorisant des destinations régionales dont la diversité reste méconnue.
  • TÉLÉCOMMUNICATIONS – Orange Madagascar confirme l’origine malveillante des perturbations sur son réseau

    TÉLÉCOMMUNICATIONS – Orange Madagascar confirme l’origine malveillante des perturbations sur son réseau

    Confirmation. L’opérateur télécom Orange Madagascar affirme que les perturbations majeures observées sur ses services depuis le 13 février 2026 sont d’origine malveillante. Dans un communiqué publié jeudi, l’entreprise indique que deux de ses sites techniques situés à Antananarivo et à Toamasina ont été visés par un incident cyber. Elle affirme, par ailleurs, que ses “équipes sont mobilisées pour finaliser le rétablissement complet de ses services”.

    Selon l’opérateur, l’origine malveillante des perturbations a été confirmée après les premières analyses techniques. Une revendication concernant cet incident a également été publiée en ligne, souligne-t-il. L’entreprise indique alors en “prendre acte”, tout en soulignant que les investigations se poursuivent afin d’établir avec précision les circonstances et les responsabilités.

    Dès la détection des premières anomalies, les équipes techniques ont activé les protocoles de sécurité prévus pour ce type de situation, indique Orange Madagascar. Ces mesures ont notamment consisté à isoler les zones affectées, renforcer la protection des systèmes non touchés et mettre en place une cellule de gestion de crise. Ces opérations ont été menées en coordination avec les experts en cybersécurité du Groupe Orange, précise-t-il.

    L’entreprise indique également avoir mobilisé ses équipes pour que les services essentiels puissent rapidement reprendre. Et elle affirme que la grande majorité des services essentiels est désormais rétablie et fonctionne normalement. Les équipes techniques restent par ailleurs mobilisées pour finaliser leur rétablissement complet, poursuit-elle.

    Dans son communiqué, Orange Madagascar souligne que ce type d’incident touche aujourd’hui de nombreuses organisations à travers le monde et rappelle que la priorité reste la continuité et la sécurité des services pour ses clients.

  • COOPÉRATION SUD-SUD – Un front commun pour réveiller le potentiel Madagascar-Tunisie

    COOPÉRATION SUD-SUD – Un front commun pour réveiller le potentiel Madagascar-Tunisie

    Un partenariat qui ne demande qu’à s’épanouir. Bien qu’en progression, les relations commerciales entre Madagascar et la Tunisie restent modestes. Elles laissent toutefois entrevoir un potentiel de développement important, d’après ce qui a été exposé durant la signature de la convention de collaboration entre la Chambre de commerce Tunisie-Madagascar (CCTM) et l’Economic Development Board of Madagascar (EDBM), mardi. Une alliance qui vise à dynamiser les flux économiques et à multiplier les opportunités d’investissement entre les deux pays.
     
    Les échanges bilatéraux entre Madagascar et la Tunisie demeurent pour le moment marginaux. Ils représentaient moins de 0,3% du commerce extérieur des deux pays en 2024. Avec 2,39 millions de dollars d’exportations vers la Tunisie contre 12,09 millions de dollars d’importations, la balance commerciale de la Grande île reste déséquilibrée, révélant un potentiel économique encore largement sous-exploité.
     
    Intérêt mutuel
     
    Le cadre est néanmoins déjà posé. D’un côté, une expertise industrielle tunisienne mature, et de l’autre, un réservoir de ressources et d’opportunités de transformation à Madagascar. Et cette complémentarité va s’appuyer sur ces flux commerciaux existants qu’il convient désormais de consolider dans une dynamique de coopération Sud-Sud, lance la directrice générale de l’EDBM, Josielle Rafidy. L’intérêt est mutuel, souligne-t-elle, en indiquant que des opérateurs tunisiens sont déjà implantés à Madagascar, et d’autres manifestent une réelle volonté d’y investir.
     
    L’EDBM avait d’ailleurs déjà mené une mission de prospection en Tunisie l’année dernière. Ce qui avait permis de promouvoir les secteurs stratégiques de la Grande Île et de confirmer l’attractivité de la destination auprès des investisseurs tunisiens.
     
    Nouveaux projets
     
    Dans cet élan, une mission économique Tunisienne à Madagascar, organisée par la CCTM se tiendra du 30 mars au 4 avril. Ce déplacement mobilise plusieurs entreprises et acteurs économiques tunisiens souhaitant explorer les perspectives de coopération et de partenariat avec le secteur privé malgache. Ce qui devra favoriser les rencontres entre opérateurs économiques et encourager l’émergence de nouveaux projets d’investissement et de coopération industrielle entre les deux pays.
     
    “Notre objectif est clair : dépasser le stade des protocoles d’accord pour aboutir à des partenariats opérationnels et pérennes”, lance le président de la CCTM, Ben Romdhane Mohamed Lhabib. À ce jour, plus de 20 participants officiels tunisiens sont déjà inscrits, et il est prévu d’atteindre une quarantaine de délégués. Un chiffre significatif pour cette mission économique inaugurale, soutient-il.
  • ACCÈS AUX TERRES – Le foncier comme verrou stratégique à débloquer pour libérer les investissements

    ACCÈS AUX TERRES – Le foncier comme verrou stratégique à débloquer pour libérer les investissements

    Et si la terre n’était plus une barrière administrative mais un levier financier ? C’est le changement de paradigme qui avait émergé de la conférence sur la transversalité du secteur foncier, organisée ce mercredi par la direction des services fonciers. Les acteurs, tant publics que privés, ayant participé à cette rencontre, ont été unanimes sur le fait que la sécurisation foncière constitue le verrou stratégique qu’il faut débloquer pour transformer le potentiel malgache en croissance réelle.

     

    La problématique foncière est un des paramètres qui doivent être pris en considération pour tout opérateur envisageant d’investir dans le développement agricole, d’après ce qu’avait avancé le secrétaire exécutif de la Plateforme nationale riz, Masezamana Ny Hasinambinintsoa. Et la sécurisation des droits réels immobiliers revêt une importance stratégique, particulièrement pour la filière rizicole, a-t-il soutenu.

     

    Stabilité du statut juridique

     

    Ce spécialiste expose par exemple que deux leviers permettent d’accroître les rendements, en matière de production. Il parle d’une part de l’intensification culturale sur les parcelles existantes, par le biais de l’optimisation des intrants et l’adoption de techniques agricoles innovantes. Et d’autre part, l’extension des surfaces exploitées, qui nécessite impérativement une consolidation des droits de propriété ou de jouissance.

     

    Danil Ismaël, président directeur général du groupe Inviso, adhère à cette réflexion en soutenant la complexité des investissements en l’absence de titre foncier. “Tout investisseur privé exige, au préalable, une sécurisation foncière pérenne du périmètre dédié à son projet”, insiste-t-il, en martelant que “la stabilité du statut juridique des terres est le gage de la sécurité des investissements”. Une collaboration étroite entre les services fonciers et le ministère de l’Agriculture et de l’élevage s’avère donc essentielle.

     

    Processus de numérisation

     

    Le taux de dématérialisation des données et informations foncières s’établit à 30 % à l’heure actuelle, indique le directeur général des Services fonciers, Vonjy Razafindratsimba. Il estime que les contraintes opérationnelles rencontrées par les investisseurs et l’ensemble des secteurs usagers du foncier devraient être levées, une fois ce processus de numérisation finalisé. Le ministère de tutelle s’attache, par ailleurs, à assurer un accompagnement personnalisé auprès de chaque investisseur, afin de leur fournir l’intégralité des données nécessaires à la sécurisation de leurs engagements financiers.

  • YANTO SIANIPAR, ADMINISTRATEUR GENERAL DE MADAGASCAR OIL – “L’investissement dans des champs techniquement complexes requiert de la prévisibilité et des infrastructures”

    YANTO SIANIPAR, ADMINISTRATEUR GENERAL DE MADAGASCAR OIL – “L’investissement dans des champs techniquement complexes requiert de la prévisibilité et des infrastructures”

    Relancer la production locale pour transformer le paysage énergétique malgache : c’est le pari de Madagascar Oil. Mais comment la compagnie compte-t-elle réussir là où les tentatives précédentes ont freiné ? Éléments de réponse avec son Administrateur Général, Yanto Sianipar, qui précise ici les contours techniques et financiers de ce redémarrage.

     

    Vous parlez de relance du projet Tsimiroro, en quoi diffère-t-elle des tentatives précédentes?
    Il ne s’agit plus d’un simple redémarrage. C’est une réactivation stratégique reposant sur des fondations techniques solides, une restructuration financière et des capacités opérationnelles renforcées. Tsimiroro est un champ dont le potentiel a été prouvé. Notre phase pilote a confirmé la faisabilité technique et la viabilité économique de l’exploitation de cette ressource. Nous passons désormais du stade pilote au développement du champ. La première phase comprend la remise en production des puits existants, le forage de puits additionnels et la mise à niveau des installations d’injection de vapeur et de production.

    Quels ont été les principaux facteurs qui ont influencé le calendrier de développement du projet ces dernières années ?
    Plusieurs facteurs expliquent ce délai. L’instabilité de notre situation locale, ainsi que la faiblesse des cours du pétrole à l’époque. Il y a trois ans, les prix étaient très bas. S’y est ajoutée la pandémie de COVID-19, qui a entravé les mouvements transfrontaliers, impactant le transport et la mobilité de notre personnel. Le cumul de ces problématiques a retardé notre mise en production jusqu’à ce jour.

    Qui sont les partenaires derrière Madagascar Oil et sur quel type d’expertise internationale le projet s’appuie-t-il ?

    Madagascar Oil est opérée par le Groupe Benchmark. Benchmark est une compagnie énergétique internationale soutenue par des actionnaires américains et indonésiens. Avec une vision d’investissement à long terme, ils possèdent une vaste expertise dans le développement de gisements complexes de pétrole lourd à travers le monde. Benchmark est reconnu comme l’un des rares spécialistes mondiaux de l’exploitation des huiles lourdes, alliant une expertise technique éprouvée à une solide capacité financière. Le groupe a développé avec succès trois actifs majeurs de pétrole lourd, comme illustré dans la vidéo : le premier au Kazakhstan, le deuxième en Azerbaïdjan et le troisième en Californie. La valeur combinée de ces trois actifs dépasse les 4 milliards de dollars US. Ainsi, l’expérience internationale et la profondeur technique de Madagascar Oil pour faire avancer ce développement durable sont en parfaite adéquation avec les standards de l’industrie mondiale.

    Où en est Madagascar Oil sur le plan de sa structure juridique et financière après les évolutions de début 2024 ?

    Madagascar Oil a finalisé avec succès sa restructuration financière au début de l’année 2024. Cette restructuration a été formellement approuvée par la Cour Suprême des Bahamas, suite à un processus rigoureux d’audit juridique et financier. Cette démarche a permis d’apurer intégralement l’endettement antérieur de la société et de renforcer sa structure de capital, offrant ainsi une assise financière solide pour la relance des opérations. Madagascar Oil avance désormais vers un nouveau plan de développement avec la reprise de la production et la première phase d’extension sur des périmètres similaires. »

    Quels sont les objectifs de volume de production visés à court et moyen terme sur le champ ?

    Permettez-moi de commencer par la remise en service de nos puits existants. Nous disposons de 25 puits sur le champ après la phase pilote. Nous allons exploiter ces 25 puits pour atteindre une production d’environ 300 à 500 barils par jour. Par la suite, nous forerons davantage de puits, jusqu’à 150 au cours des deux prochaines années. La production sera alors portée à 3 000 barils par jour.

    Au-delà de l’aspect technique, quelles sont les conditions cadres que vous jugez essentielles pour assurer la pérennité de l’exploitation ?

    Pour un succès à long terme, les conditions structurelles suivantes demeurent essentielles. Premièrement, la stabilité du Contrat de partage de production (CPP). Deuxièmement, la mise en œuvre des dispositions de l’Article 55 du Code pétrolier. Et troisièmement, la réhabilitation de la Route nationale 1 Bis, cruciale pour notre logistique. L’investissement dans des champs techniquement complexes requiert de la prévisibilité et des infrastructures. Nous sommes déterminés à travailler étroitement avec les autorités nationales, particulièrement le Ministère des Mines, pour garantir une production commerciale stable et durable.

    Quelle est votre stratégie pour gérer les contraintes logistiques actuelles sur le réseau routier ?

    Nous prévoyons des programmes de remise en état de la route, et non une reconstruction complète. L’objectif est de stabiliser la voie pour que notre flotte de camions puisse acheminer nos produits de Tsimiroro vers Tsiroanomandidy. Il s’agit d’un tronçon de 220 kilomètres de pistes secondaires. Au-delà, nous disposons d’un réseau routier de qualité de Tsiroanomandidy vers les autres destinations. Notre priorité est donc d’identifier le programme de remise en état le plus efficient. Réhabiliter, pas reconstruire. C’est notre plan d’action. Parallèlement, nous sollicitons naturellement l’attention du gouvernement sur ces nouvelles conditions. Nous savons que l’État dispose d’un plan stratégique pour les infrastructures routières à Madagascar, et nous espérons que ce tronçon pourra être amélioré. »

    Quel impact l’arrivée de votre production locale pourrait-elle avoir sur le marché énergétique malgache ?

    Notre production locale de pétrole malgache sera extrêmement compétitive pour nos clients, car son prix sera plus avantageux que celui du pétrole importé. Nous savons que des industries locales sont aujourd’hui demandeuses de notre fuel lourd (HFO). Nous souhaiterions que la Jirama utilise notre produit. Actuellement, la consommation de la Jirama se situe entre 3 000 et 4 000 barils par jour. Si nous produisons 3 000 barils par jour, nous aiderons la Jirama à obtenir un prix très compétitif pour ses centrales thermiques.

     

  • INFRASTRUCTURES – Le ministère des Travaux publics renforce le contrôle des “travaux d’entretien” de la RN7 entre Antananarivo et Antsirabe

    INFRASTRUCTURES – Le ministère des Travaux publics renforce le contrôle des “travaux d’entretien” de la RN7 entre Antananarivo et Antsirabe

    Le ministère des Travaux publics se veut ferme. Il indique assurer une surveillance étroite des “travaux d’entretien périodique” actuellement en cours sur la route nationale RN7. “Le contrôle qualité effectué par le ministère est rigoureux”, indique-t-il dans un communiqué publié mardi.
     
    Une équipe technique du ministère, conduite par le directeur de cabinet Christian Ramanankavana, s’est rendue sur le terrain pour inspecter l’avancement des travaux et vérifier la conformité des réalisations aux normes techniques. Cette descente s’inscrit dans le cadre du suivi rapproché mis en place par le MTP afin d’assurer la qualité des infrastructures en cours de réhabilitation.
     
    A en croire le ministère, les travaux de revêtement en enrobé sont en cours dans la localité de Behenjy, sur la voie en direction d’Antananarivo, ainsi qu’à l’entrée d’Ilempona. Parallèlement, les travaux de mise en place de la couche de base se poursuivent entre Andranomanelatra et Antsirabe, une étape jugée essentielle pour renforcer la structure de la chaussée avant la pose du revêtement final.
     
    Selon le ministère, ces interventions visent à améliorer la qualité de la route, faciliter la circulation des personnes et le transport des marchandises, tout en renforçant la sécurité des usagers sur cet axe très fréquenté reliant la capitale à la région du Vakinankaratra.
     
    Les autorités appellent par ailleurs les usagers de la route à la prudence lors de leur passage dans les zones de chantier et à respecter la signalisation ainsi que les consignes mises en place sur place pendant la durée des travaux.
  • CORRUPTION – Des réformes à engager dès maintenant pour lutter contre la capture de l’état

    CORRUPTION – Des réformes à engager dès maintenant pour lutter contre la capture de l’état

    “Prévenir la capture de l’État : comment transformer la vie des citoyens malgaches”. Tel était le thème d’une conférence organisée le 10 mars à Ankorondrano par Transparency Initiative Madagascar (TI-MG) et l’Université de Sussex, avec l’appui de l’ambassade du Royaume-Uni à Madagascar. Près de 200 participants, issus du gouvernement de la Refondation, de partis politiques, d’organisations de la société civile et de la génération Z, ont pris part aux échanges.
     
    L’objectif de la rencontre était d’identifier des pistes de solution pour prévenir cette forme de corruption de haut niveau, caractérisée par la captation des institutions et des ressources publiques par un cercle restreint d’individus influents.
     
    Détournements massifs
     
    Selon Ketakandriana Rafitoson, la capture de l’État est déjà profondément enracinée à Madagascar. Elle résulte de détournements massifs perpétrés sous plusieurs régimes successifs. Mialisoa Randriamampianina de TI-MG confirme que ce phénomène reste bien présent sous le régime de la Refondation. “Elle se manifeste par la concentration du pouvoir entre les mains d’un petit groupe, voire d’une seule personne, que ce soit au niveau des idées, des décisions ou des ressources financières”, explique-t-elle.
     
    Parmi les pratiques dénoncées figure notamment l’influence de certains opérateurs économiques sur le processus législatif. Selon les intervenants, des parlementaires seraient parfois soudoyés afin d’orienter les lois en faveur d’intérêts particuliers et de préserver des situations de monopole dans certains secteurs.
     
    Mise en scène
     
    Dans le domaine de la politique, les élections figurent parmi les points sensibles à la capture de l’État. “Nous assistons parfois à des scrutins qui ressemblent davantage à une mise en scène qu’à une véritable expression de la volonté populaire”, déclare Ketakandriana Rafitoson, évoquant notamment les contestations qui ont entouré les élections de 2023.
     
    Face à ces dérives, TI-MG appelle à des réformes immédiates. Parmi les pistes avancées figurent l’exclusion des élites politiques recyclées ainsi que la révision de certaines lois jugées aujourd’hui utilisées pour écarter des concurrents, notamment dans le secteur économique.
     
    Solutions malgacho-malgaches
     
    “Nous devons engager ces réformes dès maintenant et poser une question essentielle, autant aux citoyens qu’aux dirigeants. Sommes-nous réellement prêts à changer, ou vivons-nous encore dans une forme de confiscation du pouvoir ? La décision doit être prise dès aujourd’hui, car si nous nous trompons à ce stade, il sera très difficile de redresser la situation par la suite”, lancent les responsables.
     
    De son côté, l’ambassadeur britannique, Patrick Lynch, souligne l’importance d’un dialogue inclusif et des solutions venant des Malgaches face à la capture de l’Etat. “Il ne revient pas à la communauté internationale de décider de l’avenir du pays. Nous devons veiller à ce que les acteurs internationaux ne deviennent pas partie prenante du problème”, confie-t-il.
  • GOUVERNEMENT – Herintsalama Rajaonarivelo accepte “sans réserve” son départ après quatre mois de mission en tant que Premier ministre

    GOUVERNEMENT – Herintsalama Rajaonarivelo accepte “sans réserve” son départ après quatre mois de mission en tant que Premier ministre

    Une sortie qui se veut par la grande porte. Herintsalama Rajaonarivelo prend acte de la fin de ses fonctions de Premier ministre de la Refondation. Et c’est par la voie de la sérénité que le Chef du Gouvernement sortant salue cette décision du Colonel Michael Randrianirina, dans un communiqué publié ce mardi.

    Bien que court, le mandat de seulement quatre mois n’était pas de tout repos pour Herintsalama Rajaonarivelo. Entre réformes macroéconomiques et gestion des conséquences dévastatrices des cyclones Fytia et Gezani, c’est en eaux troubles que l’équipe gouvernementale a dû manœuvrer. L’ancien locataire de Mahazoarivo estime avoir “fait de son mieux”, avec cette équipe, pour le rétablissement de la confiance des partenaires, la réponse aux chocs, l’amélioration de la transparence ainsi que la prévisibilité du cadre macro-économique. Et ce, “avec des résultats palpables”, note-t-il.

    Remerciements

    Dans son communiqué, Herintsalama Rajaonarivelo exprime sa reconnaissance envers les forces vives de la Nation, dont le peuple malgache au premier rang. L’ancien Premier ministre rend un hommage singulier à la Gen Z, qu’il crédite “d’avoir libéré ce pays” et qui aurait “prodigué des conseils” ayant guidé l’action gouvernementale. Il souligne en passant l’unité nationale qui avait entouré sa mission, en remerciant les Chefs d’eglises du FFKM, la Communauté musulmane et les chefs traditionnels.

    Le Premier mon sortant salue parallèlement le soutien indéfectible du secteur privé; de même que l’engagement des fonctionnaires et membres du Gouvernement. Il met, par ailleurs, en avant l’importance de la solidarité internationale, rappelant le rôle clé des bailleurs de fonds et des organismes humanitaires durant son mandat.

    “J’accepte sereinement et sans réserve la décision du Président”, affirme-t-il. Et ce, en concluant sur un souhait de paix et d’harmonie pour Madagascar, et en formulant des vœux de plein succès pour son successeur.

  • AGRICULTURE – Les producteurs d’orge d’Amoron’i Mania et de Matsiatra Ambony lancent un appel de détresse face à la baisse de leurs revenus

    AGRICULTURE – Les producteurs d’orge d’Amoron’i Mania et de Matsiatra Ambony lancent un appel de détresse face à la baisse de leurs revenus

    Les demandes en baisse. Les cultivateurs d’orge des régions Amoron’i Mania et Matsiatra Ambony tirent la sonnette d’alarme face à la régression de leurs revenus pour la campagne 2026. Indiquant dépendre de cette culture pour subvenir aux besoins de leurs familles, ils appellent les autorités à se pencher sur l’avenir de cette filière agricole.
     
    Les producteurs évoquent une diminution de la demande d’orge, ce qui a contraint les exploitants à réduire les surfaces cultivées. Ils indiquent que si 1 200 hectares étaient encore exploités les années précédentes, la superficie est réduite à 850 hectares cette année. Ils regrettebt également que pour la première fois depuis sept ans, le prix d’achat de l’orge par l’industrie brassicole a reculé.
     
    Après avoir atteint 1 750 ariary le kilogramme en 2025, il est redescendu à 1 700 ariary en 2026, rompant ainsi la tendance observée depuis 2020. Pour de nombreuses familles rurales, cette baisse de revenus risque d’avoir des conséquences directes sur les conditions de vie. Les revenus tirés de l’orge permettaient notamment de financer la scolarité des enfants, voire les études universitaires, à en croire une mère de famille.
     
    Les responsables de la commune d’Ambovombe Centre, dans le district de Manandriana, craignent également une rupture de partenariat avec la société Malto avec la forte hausse des taxes sur la bière, passées de 290 ariary par litre en 2020 à 850 ariary aujourd’hui. Cette collaboration a pourtant contribué à plusieurs réalisations communautaires, notamment la réhabilitation d’écoles et la construction de barrages facilitant l’irrigation agricole, signalent-ils. Pour eux, cette augmentation des taxes renchérit le prix du produit final, et réduit la consommation et la demande en orge.
     
    Face à ces difficultés, les producteurs lancent un appel de détresse aux autorités compétentes afin de préserver une filière qui soutient les revenus des paysans et le développement rural.
  • FINANCE ET CLIMAT – Rindra Rabarinirinarison nommée directrice exécutive du Centre mondial sur l’adaptation

    FINANCE ET CLIMAT – Rindra Rabarinirinarison nommée directrice exécutive du Centre mondial sur l’adaptation

    L’expertise malgache au service de la résilience globale. Rindra Rabarinirinarison vient d’être nommée directrice exécutive du Centre mondial sur l’adaptation ou le Global center on adaptation (GCA) à Rotterdam, lundi. Elle succède au professeur Patrick Verkooijen à ce poste pour diriger l’organisation aux côtés de l’ancienne présidente de l’île Maurice, Ameenah Gurib-Fakim qui en est la nouvelle présidente de son Conseil d’administration.

    L’ancienne ministre malgache de l’Economie et des finances atterrit donc à la tête du Centre mondial sur l’adaptation, qui est une organisation internationale dédiée à l’accélération des mesures d’adaptation au changement climatique. Cette organisation soutient notamment le déploiement de solutions de résilience aux niveaux international et local, en collaborant étroitement avec les secteurs public et privé.

    Priorité sur l’Afrique

    Rindra Rabarinirinarison se dit déterminée “à relever le défi de diriger le CGA vers une nouvelle ère”. Mais bien que la portée du Centre soit mondiale, elle entend renforcer la priorité de l’Organisation sur l’Afrique. Pour ce faire, Rindra Rabarinirinarison s’engage à mettre son expertise en gestion économique et financière au service de la mobilisation de mesures d’adaptation à grande échelle. Elle invite alors les Nations à budgétiser l’adaptation climatique et saisir l’opportunité de marché mondiale de 4 000 milliards de dollars qu’elle représente.

    Le CGA se félicite de ces nominations qui placent un leadership féminin du Sud global dans sa gouvernance. L’organisation parle d’un début d’une nouvelle phase, qui continue d’accélérer l’action en faveur de l’adaptation climatique dans un paysage géopolitique en pleine mutation, avec un accent renforcé sur l’Afrique.

    Rindra Rabarinirinarison avait quitté Madagascar en octobre 2025. Ministre de l’Economie et des finances sortante à l’époque, elle n’avait pas assisté à la passation de service avec son successeur. Le secrétaire général du ministère de l’époque, Andry Ramanampanoharana, avait alors annoncé qu’elle avait pris de nouvelles fonctions à Washington.