Catégorie : Économie

  • TRANSFORMATION DIGITALE – L’application iSAVa officiellement lancée pour simplifier les démarches d’immatriculation des véhicules

    TRANSFORMATION DIGITALE – L’application iSAVa officiellement lancée pour simplifier les démarches d’immatriculation des véhicules

    Un nouvel outil numérique à disposition des propriétaires de véhicules. Le ministère de l’Intérieur et de la décentralisation, à travers le Centre immatriculateur de Madagascar (CIM), a officiellement lancé vendredi l’application iSAVa (Informations sur la situation administrative des véhicules), destinée à faciliter l’accès aux informations liées à l’immatriculation et à la situation administrative des véhicules.

     

    Accessible depuis tout appareil connecté à Internet, cette plateforme permet aux usagers de consulter rapidement les informations administratives relatives à leurs véhicules. L’application vise à rendre les démarches plus transparentes, plus rapides et plus fiables, notamment pour la vérification d’éventuelles oppositions, restrictions ou autres mentions administratives.

     

    Selon le directeur de cabinet du ministère, Célestin Rasolomaholy, ce lancement s’inscrit dans le processus de digitalisation de la gestion des véhicules engagé depuis 2022. Après une phase pilote menée à Fianarantsoa, le système a été progressivement déployé dans plusieurs centres immatriculateurs avant l’entrée en service de l’application, développée dans le cadre de cette réforme et opérationnelle depuis la fin de l’année 2025.

     

    Au-delà des services proposés aux usagers, iSAVa constitue également un outil d’appui pour les services de contrôle et les forces de sécurité. L’accès instantané aux données d’immatriculation doit permettre de faciliter les vérifications sur le terrain et de renforcer la lutte contre les infractions ainsi que contre l’utilisation de véhicules dans des activités criminelles.

     

    La plateforme a été développée en collaboration avec l’Unité de gouvernance digitale (UGD), avec l’appui du Projet de gouvernance digitale et de gestion de l’identité malgache (Prodigy) financé par la Banque mondiale. Son lancement national s’accompagne d’une campagne de communication et de sensibilisation destinée aux propriétaires de véhicules, aux acteurs du secteur des transports et aux médias. Les autorités ambitionnent d’atteindre plus de 76 730 utilisateurs actifs d’ici à la fin du mois de juin 2026.

  • ELECTRIFICATION RURALE – L’Ader recherche une banque locale pour gérer les financements externes du Fonds national de l’énergie durable

    ELECTRIFICATION RURALE – L’Ader recherche une banque locale pour gérer les financements externes du Fonds national de l’énergie durable

    Avis aux banques de la place. L’Agence de développement de l’électrification rurale (Ader) lance un appel à manifestation d’intérêt pour sélectionner un établissement de crédit chargé de gérer les ressources externes du Fonds national de l’énergie durable (FNED). Les financements concernés proviennent principalement des prêts, subventions et dons accordés par les partenaires techniques et financiers pour soutenir les projets d’électrification rurale.

     

    Selon les modalités prévues, le FNED fonctionnera sur un système de gestion distincte des ressources. Les fonds issus des redevances, contributions spéciales et frais d’instruction versés par les opérateurs resteront administrés directement par l’Ader afin de couvrir les dépenses liées à son fonctionnement. En revanche, les ressources extérieures destinées au financement des projets seront confiées à l’établissement de crédit qui sera retenu à l’issue de la procédure de sélection.

     

     

    L’institution financière choisie aura pour mission de gérer et de décaisser les fonds destinés à la réalisation des infrastructures d’électrification rurale. Ces financements doivent notamment contribuer au déploiement de réseaux électriques et de solutions utilisant les énergies renouvelables dans les zones rurales.

     

    Pour être éligibles, les candidats doivent être implantés à Madagascar depuis au moins cinq ans, être en règle vis-à-vis de leurs obligations fiscales et présenter une situation financière jugée satisfaisante. L’Ader exige également une expérience dans la gestion de financements mobilisés auprès de bailleurs internationaux ainsi que dans le financement de projets d’infrastructures.

     

    Parmi les critères techniques retenus figure également la capacité de l’établissement à décaisser au moins 50 milliards d’ariary par an. Cette exigence vise à garantir la disponibilité des ressources nécessaires à la mise en œuvre des projets financés par le FNED.

     

    La mobilisation des financements demeure l’un des principaux enjeux du secteur de l’électrification rurale à Madagascar, où de nombreux projets dépendent encore du soutien des partenaires techniques et financiers pour être réalisés.

     

    Photo : ADER Madagascar

  • FINANCEMENT – Madagascar et la France signent près de 60 millions d’euros pour l’aménagement urbain, la justice et l’aide budgétaire

    FINANCEMENT – Madagascar et la France signent près de 60 millions d’euros pour l’aménagement urbain, la justice et l’aide budgétaire

    Madagascar et la France ont signé, ce vendredi au ministère de l’Économie et des Finances, trois conventions de financement d’un montant total d’environ 60 millions d’euros. Ces financements, mobilisés à travers l’Agence française de développement (AFD), concernent le projet d’aménagement urbain Lalankely IV, le Projet d’appui à la justice à Madagascar (Pajma) ainsi qu’une aide budgétaire destinée à l’État malgache.

    Le projet Lalankely IV bénéficie d’une enveloppe de 31 millions d’euros pour financer des actions d’aménagement urbain et d’assainissement dans la capitale. Le Pajma est doté de 22 millions d’euros afin de soutenir le renforcement de l’État de droit et du système judiciaire. Une aide budgétaire de quatre millions d’euros complète ces financements.

    Selon le ministre de l’Économie et des Finances, Herinjatovo Ramiarison, ces projets devraient contribuer à la fois au développement économique et à l’amélioration des conditions sociales dans le pays. Il a précisé que les financements accordés au titre des projets Lalankely IV et Pajma combinent des prêts concessionnels et des dons.

    Pour l’ambassadeur de France à Madagascar, Arnaud Guillois, ces financements s’inscrivent dans l’appui apporté par la France aux objectifs de la “refondation”. Il a souligné que les projets retenus concernent des domaines “extrêmement concrets” et visent un bénéfice direct pour la population malgache.

     

  • COMMERCE EXTÉRIEUR – Le panier d’exportation de Madagascar s’élargit mais reste composé de produits à faible valeur ajoutée

    COMMERCE EXTÉRIEUR – Le panier d’exportation de Madagascar s’élargit mais reste composé de produits à faible valeur ajoutée

    Madagascar exporte davantage de produits qu’il y a dix ans, mais la nature de ses ventes à l’étranger évolue peu. Les produits exportés restent majoritairement des biens simples nécessitant peu de transformation, de technologie ou de savoir-faire spécifique. Entre 2013 et 2023, le nombre de produits exportés est pourtant passé de 3 028 à 3 869, soit une hausse de près de 28%, selon une étude de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced).

    Dans son « Évaluation rapide de la valeur ajoutée et de la diversification au sein et au-delà de la chaîne de valeur des minerais essentiels à la transition énergétique de Madagascar », la Cnuced souligne que le panier d’exportation malgache s’est élargi au cours de la dernière décennie. Entre 2013 et 2023, il est passé de 3 028 à 3 869 produits exportés, soit une croissance de près de 28% en dix ans.

    Par ailleurs, malgré cette progression, la diversification des exportations reste relativement faible, notamment par rapport à une moyenne mondiale de 6 557 produits par pays et à un maximum de 34 316, expose la Cnuced. Une situation qui s’explique par le fait que l’économie malgache peine à se moderniser.

    La nature des exportations n’a pas vraiment changé durant cette décennie. En 2023, les exportations de marchandises ont représenté environ 4 milliards de dollars, mais elles se sont concentrées sur trois secteurs principaux, à savoir les épices (20 %), le nickel (18 %) et le textile/habillement (13,5 %). De plus, Madagascar peine à commercer avec ses voisins, puisque seulement 6,7 % de ses exportations sont destinées au continent africain.

    Pour devenir plus compétitive et plus solide face aux crises, Madagascar ne peut plus se contenter de multiplier ses produits de base. Le véritable défi consiste désormais à transformer ses matières premières sur place et à développer des secteurs plus technologiques, permettant de vendre des produits à plus forte valeur ajoutée.

  • RESSOURCES HALIEUTIQUES – 75 % des entreprises crevettières menacées de fermeture en raison de la taxation de l’avitaillement des navires

    RESSOURCES HALIEUTIQUES – 75 % des entreprises crevettières menacées de fermeture en raison de la taxation de l’avitaillement des navires

    “La filière crevettière malgache au bord de la disparition”. Le Groupement des armateurs et des producteurs de crevettes de Madagascar (GAPCM) alerte sur un risque de fermeture massive de ses entreprises. A l’entendre, près de 75% de ses membres envisagent un arrêt progressif de leurs activités en raison de la taxation de l’avitaillement des navires de pêche, instaurée par la loi de Finances 2024.

    En soutien à cette organisation professionnelle, le Syndicat des industries de Madagascar (SIM) appelle l’État à rétablir rapidement le régime de franchise fiscale dont bénéficiait auparavant le secteur. À défaut, plusieurs opérateurs pourraient être contraints de cesser leurs activités dans les prochaines semaines, avertit le syndicat.

    La mesure contestée concerne la suppression de l’exonération de droits et taxes sur l’avitaillement des navires de pêche. Avant 2024, les armateurs pouvaient importer en franchise le carburant ainsi que les équipements et matériels nécessaires à l’entretien de leurs flottes. La fin de cet avantage fiscal a entraîné une hausse significative des coûts d’exploitation, notamment pour le carburant, considéré comme l’un des principaux postes de dépenses du secteur.

    Les opérateurs affirment avoir déjà alerté les autorités et les parlementaires sur les conséquences de cette réforme à la fin de l’année 2025. Selon eux, la situation financière des entreprises s’est progressivement dégradée au cours des 18 derniers mois, au point d’atteindre aujourd’hui un seuil critique.

    Le SIM estime qu’un maintien de cette taxation pourrait provoquer des fermetures d’entreprises, la suppression de milliers d’emplois et une baisse des recettes d’exportation. Le syndicat évoque également un risque de diminution des recettes fiscales et des redevances perçues par l’État ainsi que des répercussions sur les communautés côtières dépendantes de cette activité.

    D’après les chiffres avancés par la filière, la pêche crevettière représente environ 3 000 emplois directs et indirects. Elle génère plus de 22 millions d’euros de recettes d’exportation par an, verse près de 42 milliards d’ariary d’impôts et taxes ainsi qu’environ 12 milliards d’ariary de redevances de pêche chaque année. Le secteur produit également près de 10 000 tonnes de protéines destinées à la consommation.

  • CONSOMMATION – La friperie frappée d’un droit d’accise de 10%, selon le PLFR 

    CONSOMMATION – La friperie frappée d’un droit d’accise de 10%, selon le PLFR 

    Un changement fiscal pour le commerce à Madagascar. Jusqu’ici préservés des taxations spécifiques, les articles de friperie vont désormais être soumis à un droit d’accise au taux de 10%. À travers la mise en place de ce droit d’accise de 10%, l’État table sur des recettes supplémentaires de plus de 20 milliards d’Ariary pour renflouer les caisses publiques.

     

    Cette nouvelle mesure fiscale, inscrite dans le projet de loi de finances rectificative, est actuellement examinée par l’Assemblée nationale en travaux de commission depuis mardi. Cette décision est un tournant pour ce secteur de la consommation, puisque la taxe touchera une large gamme de produits de friperie importés. Elle concerne les vêtements, les accessoires de mode, les chaussures, ainsi que les couvertures et le linge de maison.

     

    Ce marché représente une opportunité budgétaire importante pour l’administration fiscale, car la friperie s’est imposée comme l’un des secteurs de consommation les plus dynamiques du pays. Les friperies sont des articles très prisés par les ménages malgaches, et l’activité économique liée à leur importation ne cesse de progresser au fil des ans. Les données statistiques compilées dans le tableau de bord économique de la douane,en témoignent.

     

    Environ 61 100 tonnes de ces produits ont été importées et mises à la consommation à Madagascar en 2024. La valeur CAF de ces marchandises s’élevait à 395,3 milliards d’Ariary. Par rapport à l’exercice 2023, une hausse de 13,78% en volume et de 25,53% en valeur des importations de friperies par Madagascar est à noter. En 2023, les friperies importées et qui avaient été mises à la consommation étaient de 53 700 tonnes pour un montant CAF de 314,9 milliards d’ariary

     

    L’application d’un droit d’accise de 10% risque de provoquer un effet de répercussion mécanique sur les prix de vente au détail. Les grossistes et détaillants, voyant leurs coûts d’importation augmenter, vont certainement ajuster leurs marges.

     

    Mais son introduction devrait aussi être une bouffée d’oxygène pour l’industrie et la confection locales. En augmentant le coût de revient des marchandises importées, cette taxe réduit l’écart de prix historique entre un vêtement de seconde main et un produit neuf fabriqué localement. Les petits ateliers de confection, les stylistes locaux et les fabricants de tissus espèrent capter une partie des acheteurs qui se détourneront de la friperie si celle-ci devient trop chère.

  • FISCALITÉ – L’État se dote d’un outil pour lutter contre les montages juridiques complexes

    FISCALITÉ – L’État se dote d’un outil pour lutter contre les montages juridiques complexes

    De l’opacité à la transparence. Le Registre central des bénéficiaires effectifs (RCBE) a été officiellement lancé ce mardi à Ivandry Antananarivo. Ce dispositif électronique a pour fonction de centraliser et de conserver les déclarations relatives aux personnes physiques qui détiennent ou exercent un pouvoir effectif au sein des structures juridiques du secteur privé à Madagascar. Par cette mise en œuvre, les autorités visent à instaurer une meilleure lisibilité des activités économiques et à garantir l’équité dans l’exécution des obligations fiscales des entreprises.

    “Cette mesure s’inscrit dans une volonté de lever les zones d’ombre qui entourent certaines structures juridiques. En exigeant l’identification des bénéficiaires effectifs, l’État se dote d’un outil pour lutter contre les montages juridiques complexes, souvent utilisés pour dissimuler des intérêts réels ou faciliter l’opacité financière”, explique le Premier ministre Mamitiana Rajaonarison. Ce registre constitue ainsi une réponse directe aux problématiques de fraude fiscale et de circulation de flux financiers illicites, renforçant par la même occasion l’intégrité du climat des affaires sur le territoire national.

    Le champ d’application de cette obligation est large et concerne l’ensemble des personnes morales du secteur privé, notamment les sociétés commerciales, les sociétés civiles, les coopératives, les groupements d’intérêt économique, les associations, les organisations non gouvernementales ainsi que les fondations. Le dispositif prévoit toutefois des exceptions à l’instar des entreprises individuelles, ainsi que les sociétés d’État dont le capital est détenu à 100 % par le secteur public et qui ne sont pas soumises à cette déclaration.

    Les déclarations s’effectuent exclusivement via la plateforme électronique dédiée, sans frais pour les entités concernées. Cette démarche doit être réalisée dès la création d’une structure, puis sur une base annuelle, ou en cas de modification des informations initiales. La Direction générale des impôts (DGI) appelle désormais l’ensemble des personnes morales concernées à se conformer à leurs obligations déclaratives dans les délais impartis.

  • FINANCEMENT – 13 510,1 milliards d’ariary injectés par les banques dans l’économie à fin mars 2026

    FINANCEMENT – 13 510,1 milliards d’ariary injectés par les banques dans l’économie à fin mars 2026

    Les concours bancaires totaux ont atteint 13 510,1 milliards d’ariary, à fin mars 2026. C’est la somme totale de tous les financements injectés par les banques de la place dans l’économie. Ce qui représente une croissance modérée de 10,3% en glissement annuel à la fin du premier trimestre, d’après la dernière Note de conjoncture économique publiée par la Banky foiben’i Madagasikara (BFM).

    Cette croissance est enregistrée après une légère progression en fin d’année 2025. Les banques ont surtout maintenu une approche prudente en matière de distribution de crédits, dans un contexte d’incertitude, note la Banky foiben’i Madagasikara.

    Concernant la répartition des encours des concours bancaires, les besoins de fonctionnement quotidien ont légèrement dominé, avec les crédits de trésorerie notamment à court terme qui représentent 40,3 % de l’ensemble. Ils sont suivis de très près par les investissements à plus long terme, portés par les crédits d’équipement qui comptent pour 38,1 % du total, tandis que l’immobilier représente une part plus modérée de 9,1 %.

    Pour ce qui est des bénéficiaires de ces financements, ce sont les entreprises privées non franches qui concentrent la majorité de l’argent prêté par les banques avec 56,6 % des encours. Le reste est principalement détenu par les ménages à hauteur de 38,4 %.

    Le ministère de l’Economie et des finances estime que la branche “Banque, assurances” devrait progresser de +10% cette année, au-dessus de la prévision de +9% de la loi des Finances initiale (LFI) 2026. Cette hausse reflèterait une reprise graduelle du financement de l’économie par le secteur bancaire au cours des prochains trimestres, expose ce département dans le Document de performance annexé au projet de loi des Finances rectificatives (PLFR) pour cette année budgétaire.

  • EXPORTATIONS – Antananarivo, Vatomandry et Toamasina forment le Top 3 des zones motrices du commerce extérieur de Madagascar

    EXPORTATIONS – Antananarivo, Vatomandry et Toamasina forment le Top 3 des zones motrices du commerce extérieur de Madagascar

    2,6 milliards de dollars. C’est la valeur des exportations malgaches en 2024. Mais une réalité territoriale ultra-concentrée se cache derrière cette performance macroéconomique, avec une activité concentrée dans trois zones, à savoir Antananarivo, Vatomandry et Toamasina. Un fait exposé dans l’Évaluation rapide de la valeur ajoutée et de la diversification au sein et au-delà de la chaîne de valeur des minerais essentiels à la transition énergétique, faite par la Conférence des Nations-Unies sur le commerce et le développement (Cnuced).

    Ce trio stratégique, composé d’Antananarivo (31,8 %), Vatomandry (21,2 %) et Toamasina (18,1 %), capte à lui seul plus de 71 % de la valeur globale des marchandises exportées durant cette période sous revue. Sur les 2,6 milliards de dollars générés par la Grande Île en 2024, la très grande majorité des flux commerciaux dépendait directement de l’activité combinée de ces trois poumons économiques, expose la Cnuced.

    Dans le détail, Antananarivo mène la danse avec 813,1 millions de dollars d’exportations, portées en grande partie par le secteur textile. Plus de la moitié des ventes était constituée par l’habillement et la bonneterie. Vatomandry suit avec 542,3 millions de dollars, une performance presque entièrement adossée au nickel. Quant à Toamasina, avec 464,5 millions de dollars, son panier est plus diversifié. Les épices en constituent près de la moitié, complétées par les huiles essentielles et les matières minérales.

    En dehors de ce trio de tête, Toliara se distingue avec 246,6 millions de dollars largement dominés par les minerais. Antalaha, pour 130,5 millions de dollars, misait pour sa part la quasi-totalité de ses revenus sur son produit phare que sont les épices.

    Au-delà des grands pôles, les zones de plus petite taille misent sur une spécialisation très marquée. C’est le cas de Mahajanga qui a engrangé 136,8 millions de dollars et de Sainte-Marie gagnant 3,2 millions de dollars, dont la force repose essentiellement sur les produits de la mer, mais complétés à Mahajanga par les pierres et métaux précieux. Antsiranana (120,1 millions de dollars) tire quant à elle sa richesse du cacao, qui représente la moitié de ses ventes, ainsi que des produits halieutiques.

    La filière des épices dicte par ailleurs la dynamique dans le Nord-Est. Elle constitue l’immense majorité des exportations de Sambava, avec 65,8 millions de dollars, soutenus par les extraits végétaux et la quasi-totalité de celles de Vohemar pour 14,8 millions de dollars.

  • BUDGET – L’État malgache engage 419 milliards d’ariary dans le projet de budget rectificatif pour le lissage des prix de carburant

    BUDGET – L’État malgache engage 419 milliards d’ariary dans le projet de budget rectificatif pour le lissage des prix de carburant

    Le gouvernement malgache mobilise un fonds important pour atténuer le choc pétrolier. Face à l’instabilité chronique des marchés énergétiques mondiaux, exacerbée par les tensions géopolitiques au Moyen Orient et les fluctuations de l’ariary, l’État a choisi d’anticiper le pire pour protéger le pouvoir d’achat des Malgaches. Le projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026 inscrit une prévision de 419 milliards d’ariary au titre du “ solde de lissage pour l’atténuation des chocs sur le prix des carburants”.

    En économie pétrolière, le lissage est un amortisseur. Lorsque les cours mondiaux du brut s’envolent, l’État utilise ce fonds pour subventionner temporairement l’écart entre le « prix réel » et le « prix affiché » à la pompe. À l’inverse, si les cours mondiaux baissent, l’État récupère la différence pour renflouer le mécanisme.

    “Pour le moment, nous n’avons pas procédé à une augmentation des prix des carburants”, souligne le Dr Herinjatovo Ramiarison en marge de la présentation du projet de loi de Finances rectificative à l’Assemblée nationale lundi. “Cette décision s’inscrit d’ailleurs dans les mesures visant à atténuer la hausse du coût de la vie […]. Partout dans le monde, les prix ont augmenté et vous pouvez constater les conséquences de cette situation. Nous avons choisi de ne pas augmenter les prix afin de préserver le pouvoir d’achat de la population. Cependant, qu’on le veuille ou non, l’État doit compenser cet écart”, explique-t-il.

    L’Exécutif reste néanmoins attentif à l’évolution des cours mondiaux. Le membre du gouvernement n’écarte pas d’éventuels ajustements si la tendance internationale ne s’améliore pas. “Si les prix baissent dans les prochains mois, tant mieux. Dans le cas contraire, nous devrons réévaluer la situation : maintenir les prix, les ajuster légèrement ou envisager un autre mécanisme d’absorption. C’est précisément pour cela qu’une enveloppe de 400 milliards d’ariary (NDLR 419 milliards) a été prévue afin d’anticiper et de couvrir ces charges”, soulève-t-il.

    Le prix des carburants est la clé de voûte de l’indice des prix à la consommation dans la Grande ile. Une hausse du supercarburant ou du gazole risque d’avoir une répercussion sur le coût de transport, qui impacte à son tour le prix des produits de première nécessité (PPN), notamment le riz et d’autres produits de première nécessité.

    À Madagascar, l’évolution des prix à la pompe devait être encadrée par un mécanisme d’ajustement automatique fondé sur deux principaux facteurs économiques à savoir les cours mondiaux des produits pétroliers du mois M-2 et la valeur de l’ariary face au dollar américain. Ce dispositif vise à refléter les réalités du marché international, tout en limitant les fluctuations mensuelles à une fourchette comprise entre -200 et +200 ariary. Les ajustements sont effectués chaque mois et les nouveaux tarifs sont généralement appliqués entre le 1er et le 5 du mois. Mais le gouvernement de la Refondation a décidé de suspendre la mise en œuvre de ce mécanisme avec la mise en place de l’état d’urgence énergétique décrétée en avril dernier.