Catégorie : Économie

  • RELANCE INDUSTRIELLE – Une ligne budgétaire spécifique consacrée au redressement de la Secren à inscrire dans la loi de finances rectificative

    RELANCE INDUSTRIELLE – Une ligne budgétaire spécifique consacrée au redressement de la Secren à inscrire dans la loi de finances rectificative

    Fin de l’attente. L’Exécutif approuve en Conseil des ministres l’inscription d’une ligne budgétaire d’urgence en faveur de la Société d’études, de construction et de réparation navale (Secren S.A.) dans le cadre de la Loi de finances rectificative. Cette mesure a pour objectif premier d’assurer la stabilisation de la gestion des activités du chantier naval d’Antsiranana. Par cette intervention directe, l’État finance les besoins immédiats de l’entreprise tout en cherchant à soutenir concrètement sa capacité productive industrielle.

    Depuis plusieurs années, le chantier naval subit les conséquences d’un sous-investissement chronique qui affecte directement son infrastructure lourde et limite sa compétitivité dans la zone de l’océan Indien. Cette situation entraîne des coûts fixes de maintenance élevés, plaçant la société dans une impasse de trésorerie. L’insuffisance de moyens financiers actuels entrave la modernisation nécessaire des cales sèches et des ateliers techniques, ce qui empêche l’entreprise de répondre aux besoins opérationnels indispensables pour maintenir son niveau d’activité habituel.

    Avec ce budget, l’objectif explicite est de restructurer l’entreprise pour passer d’une gestion de court terme à une logique de performance opérationnelle. Les fonds alloués doivent servir à sécuriser de nouveaux contrats internationaux de réparation navale, tout en assurant la pérennisation des emplois qualifiés au sein du secteur, en conditionnant le soutien financier aux résultats obtenus.

  • APPUIS A L’ENTREPRENEURIAT – Une fédération régionale des incubateurs de l’Océan Indien en projet

    APPUIS A L’ENTREPRENEURIAT – Une fédération régionale des incubateurs de l’Océan Indien en projet

    La co-création régionale comme moteur de l’innovation. Un projet de fédération régionale visant l’interconnexion des écosystèmes d’accompagnement des Comores, de Madagascar, de la Réunion, de Maurice et des Seychelles est en gestation. Soutenue notamment par la Commission de l’océan Indien (COI), l’initiative se distingue par une démarche participative inversée pour débloquer les verrous de l’entrepreneuriat insulaire. Un projet présenté par Jes Marden, membre du comité d’Incub’OI, lors du Dialogue régional des acteurs de l’accompagnement et du financement à l’entrepreneuriat, ce mardi.

    Plutôt que d’imposer une structure descendante, l’approche adoptée invite les incubateurs des îles de l’océan Indien à la co-construction de ce projet, afin d’en garantir l’appropriation collective. Cette méthodologie mise, selon Jes Marden, sur la complémentarité régionale, dans le but de transformer la fragmentation géographique en force économique. Ce qui permettra alors aux entrepreneurs de co-créer, en mutualisant les compétences, le mentorat et les ressources propres à chaque territoire, explique-t-il.

    Loin de se limiter à un simple réseau d’accompagnement, la fédération entend s’imposer comme une force de plaidoyer macro-économique. “La plateforme se positionnera ainsi en une force de proposition pour travailler avec l’État, pour travailler avec les financeurs et aussi les organisations internationales”, avance ce membre d’Incub’OI.

    Mise en réseau

    L’initiative bénéficie déjà d’un ancrage institutionnel fort. La Commission de l’océan Indien (COI) a formellement manifesté son intention de parrainer la démarche jusqu’à son terme. Pour le Dr Ibrahim Norbert Richard, secrétaire général de la COI, cette initiative s’aligne parfaitement avec la feuille de route de l’organisation intergouvernementale qu’il dirige. “Tous ces incubateurs font partie de notre stratégie. Notre objectif est de créer des filières régionales et de mettre en réseau l’ensemble des mécanismes qui promeuvent les initiatives des jeunes et lancent l’entrepreneuriat au niveau régional”, rassure-t-il.

    Plusieurs défis avaient été soulevés lors de ce Dialogue régional des acteurs de l’accompagnement et du financement à l’entrepreneuriat. La rigidité d’un système bancaire traditionnel inadapté au capital-risque et qui peine à comprendre et à financer les projets innovants y était principalement soulevé. À ce cloisonnement financier s’ajoutent l’isolement des écosystèmes insulaires et un accès inégal aux ressources selon les îles, pénalisant le développement des start-ups. D’autres défis comme le manque d’interopérabilité des jeunes créateurs d’entreprises ou encore le dialogue avec les institutions y étaient abordés.

     

  • EXPORTATION – Les arachides malgaches s’offrent un accès direct vers le marché chinois

    EXPORTATION – Les arachides malgaches s’offrent un accès direct vers le marché chinois

    Fini le transit obligatoire par des pays tiers. La Chine peut désormais s’approvisionner directement en arachides à Madagascar. Les deux pays ont procédé ce lundi à la signature officielle du protocole sanitaire et phytosanitaire pour l’exportation de ce produit de la Grande île vers l’Empire du milieu. Une suppression d’intermédiaires qui va non seulement réduire considérablement les coûts d’importation des clients chinois d’une part, mais qui aura également un impact positif et direct sur le prix d’achat payé aux paysans à Madagascar, de l’autre. Ce qui, pour le ministre de l’Agriculture et de la souveraineté alimentaire, Gaëtan Ramindo, représente une réelle opportunité à exploiter.

    Une opportunité inédite donc pour la filière, dont l’exportation directe vers la Chine n’avait pas été permise auparavant. En l’absence d’un tel accord, les opérateurs chinois n’avaient d’autre choix que de s’approvisionner via des pays tiers, sans aucune possibilité d’achat direct à Madagascar, rappelle le ministre. Cette barrière est désormais levée, permettant à la Chine de s’approvisionner directement sur le marché malgache, se réjouit le membre du Gouvernement de la Refondation.

    Ce nouvel accord bilatéral, conforme aux principes de l’Accord SPS de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), marque ainsi une reconnaissance internationale de la qualité de la production malgache. “La signature du protocole offre un cadre institutionnel plus stable, plus normé, et plus favorable à l’entrée des arachides malgaches aux marchés chinois. Elle marque également une étape importante dans la coopération bilatérale en matière d’agriculture et de commerce”, lance l’ambassadeur de la République populaire de la Chine, Ji Ping.

    Pour garantir la pérennité de ce corridor commercial stratégique, le gouvernement malgache, à travers le ministère de l’Agriculture et de la souveraineté alimentaire et la direction de la protection des végétaux (DPV), s’engage à respecter des standards phytosanitaires stricts. Cet engagement repose sur la garantie de produits exempts d’organismes nuisibles de quarantaine, l’alignement des infrastructures sur les normes internationales (NIMP), un contrôle renforcé incluant la surveillance des cultures et des tests d’aflatoxines conformes aux exigences chinoises (norme GB 2761), ainsi que sur l’application systématique de traitements de fumigation et de tri manuel.

    La production malgache d’arachides est estimée entre 60 000 et 70 000 tonnes par an. Pourtant, Madagascar dispose d’un potentiel d’exportation bien supérieur, sous réserve de débouchés commerciaux suffisants, souligne le ministre Gaëtan Ramindo. Actuellement, environ la moitié de cette production est destinée à l’exportation, se dirigeant notamment vers la Thaïlande, le Vietnam, l’Europe ainsi que d’autres pays partenaires. Si nos produits approvisionnent déjà de nombreux marchés, l’accent est mis aujourd’hui sur l’accord de partenariat pour l’exportation d’arachides vers la Chine.

    Les exportations d’arachides de Madagascar avaient atteint 35 700 tonnes, avec une valeur de 15,05 millions de dollars, rapporte l’ambassadeur Ji Ping. L’arachide en tant qu’importante culture de rente et produit d’exportation emblématique de Madagascar est étroitement liée aux moyens de subsistance de nombreux agriculteurs et jouent un rôle essentiel dans la promotion de l’emploi rural, l’augmentation des revenus des paysans, et l’expansion des exportations agricoles, fait remarquer le diplomate chinois. “J’adresse un appel ferme aux collecteurs et aux exportateurs : le ministère veillera scrupuleusement au respect de ce prix d’achat de l’arachide”, avertit le ministre Gaëtan Ramindo.

  • ECONOMIE – Plus de 90% des actifs financiers de Madagascar détenus par les établissements de crédit

    ECONOMIE – Plus de 90% des actifs financiers de Madagascar détenus par les établissements de crédit

    Une forte centralisation des flux. L’architecture financière de Madagascar se caractérise par une concentration majeure autour du secteur du crédit. Les banques, les établissements financiers et les institutions de microfinance concentrent à eux seuls plus de 90 % des actifs financiers nationaux, selon le récent rapport du Fonds monétaire international, consacré au Diagnostic de la gouvernance et des vulnérabilités à la corruption.

    Cette prédominance s’exerce au sein d’un marché de taille modeste, dont le volume global ne représente qu’environ 30 % du Produit intérieur brut (PIB) du pays. Dans cet écosystème restreint, la centralisation des acteurs du crédit est presque absolue, reléguant les compagnies d’assurance et les fonds de pension à la périphérie, avec chacun à peine 5 % du solde des actifs financiers de la Grande Île.

    13 banques et 3 établissements financiers captent à eux seuls 83% des actifs financiers du pays. Un segment qui se caractérise par une forte présence internationale. Car à l’exception de deux entités, toutes les banques sont détenues majoritairement par des capitaux étrangers. Six d’entre elles sont d’ailleurs des filiales directes de groupes étrangers. Quatre enseignes regroupent près de 85% des parts de marché.

    L’État conserve néanmoins des participations minoritaires dans quatre établissements. Ses parts au capital s’établissent à 32,58 % pour la BNI, 28,5 % pour la BRED et 9,37 % pour la BOA. Ce qui illustre son rôle d’actionnaire minoritaire au sein des principaux piliers bancaires du pays.

    17 institutions de microfinances qui portent 7 % des actifs financiers viennent compléter établissements de crédit. La plus récente de ces institutions, filiale de La Poste, a eu son agrément en juin 2024, rappelle ce rapport.

    Le système financier global se déploie par ailleurs au-delà du secteur bancaire traditionnel avec deux établissements de monnaie électronique et 23 bureaux de change. Cet ensemble interconnecté compose ce que la Loi Bancaire qualifie officiellement de “prestataires de services bancaires”.

  • CROISIÈRE – Le ministère du Tourisme rapporte une prévision de 40 escales à Madagascar de la compagnie Ponant pour la saison 2026-2027

    CROISIÈRE – Le ministère du Tourisme rapporte une prévision de 40 escales à Madagascar de la compagnie Ponant pour la saison 2026-2027

    Un grand ballet maritime à l’horizon. La compagnie de croisière française Ponant programme jusqu’à 40 escales pour la saison 2026-2027, s’étalant du mois de novembre au mois de mars. C’est le ministère du Tourisme et de l’artisanat qui fait part de cette fréquence de voyage, discutée lors des rencontres entre la ministre Lily Rafaralahy et des géants mondiaux de l’industrie de la croisière en France.

     

    La délégation malgache avait entamé les négociations avec les hauts dirigeants de Ponant. Spécialiste mondiale des croisières de luxe et d’expédition, cette compagnie se distingue par sa flotte de navires à taille humaine. En accueillant seulement 150 à 200 passagers par voyage, elle promettrait d’injecter une clientèle internationale à très fort pouvoir d’achat directement au cœur des destinations les plus préservées de la Grande Île.

     

    Des discussions ont parallèlement eu lieu avec MSC Cruises. Troisième armateur mondial et leader incontesté sur le marché européen, la compagnie italo-suisse prévoit d’aligner cinq escales majeures durant cette même période hivernale. Contrairement au modèle confidentiel de Ponant, MSC projette de mobiliser des paquebots de grande capacité, capables de débarquer entre 3 000 et 7 000 passagers par rotation.

     

    Mais l’accent avait été mis sur la mise aux normes des infrastructures maritimes afin d’accueillir ces géants de mers dans les meilleures conditions. MSC Cruises a surtout exprimé le besoin de moderniser les ports de Toliara et de Tolagnaro afin de répondre aux exigences techniques et de sécurité de ses navires. Elle se serait déclarée prête à soutenir ces aménagements via des partenariats publics – privés (PPP), avec pour objectif de pérenniser des escales hebdomadaires sur ces sites.

     

    L’aménagement de marchés artisanaux dédiés ainsi que l’installation de distributeurs automatiques de billets sur les sites d’accueil des croisiéristes avaient par ailleurs été avancés pour optimiser l’expérience client et maximiser les retombées économiques directes sur les communautés locales. Le tourisme de croisière constitue d’ailleurs un levier de fidélisation pour la destination Madagascar. Environ 60 % des croisiéristes reviennent ultérieurement pour un séjour prolongé dans les destinations qui les ont séduits, souvent accompagnés de proches ou de leur famille, indique le ministère du Tourisme.

     

    Le nombre total de croisiéristes s’étant rendus à Madagascar pour l’année 2025 s’élevait à 40 550 visiteurs. Ils représentaient environ 12,2 % du volume total des arrivées au pays, s’établissant à 330 909 touristes, rapporte ce département.

  • EAU ET ELECTRICITÉ – Le DG de la Jirama appelle les usagers à faire preuve de civisme économique

    EAU ET ELECTRICITÉ – Le DG de la Jirama appelle les usagers à faire preuve de civisme économique

    Sécurisation des infrastructures, rejet de la fraude et de la corruption, signalement des actes de sabotage et règlement régulier des factures. Le directeur général de la Jirama, le général Hajatiana Rasolomanana, appelle l’ensemble de ses collaborateurs et les usagers à faire preuve d’un civisme économique. Il estime cette collaboration essentielle au moment où la compagnie nationale d’eau et d’électricité aborde une transition de manière équilibrée. C’était dans son discours lors de l’ouverture de la célébration du 50ème anniversaire de la Jirama et de l’inauguration d’une station de traitement d’eau à Mandroseza, vendredi.

     

    Concernant l’offre de service, le Général Hajatiana Rasolomanana souligne qu’il est tout à fait légitime que les usagers exigent une fourniture d’eau et d’électricité fiable et de qualité. Mais il est également tout aussi juste que la Jirama dispose des moyens nécessaires pour accomplir cette mission. Le directeur général de la Jirama indique alors que la vente à perte que la compagnie effectue jusqu’à ce jour ne peut plus se poursuivre indéfiniment, notamment avec les tarifs de l’eau et de l’électricité appliqués aujourd’hui qui ne reflètent pas la réalité des coûts de production.

     

    La Jirama se doit pour l’heure d’assumer ses responsabilités. Mais le General Hajatiana Rasolomanana estime qu’il est impératif de réduire les pertes de réseau, de lutter fermement contre les fraudes et la corruption sous toutes leurs formes, de rationaliser nos dépenses opérationnelles, et de rehausser la qualité de notre service.

     

    C’est à la suite de ces efforts, et au moment opportun, qu’il sera procédé à un ajustement équitable et transparent des tarifs. La Jirama indique qu’elle agira avec la plus grande pondération avant la prise de cette disposition. Le DG de la Jirama expose alors sa vision. “Nous aborderons cette transition de manière équilibrée : sans asphyxier l’opérateur, ni pénaliser le pouvoir d’achat des ménages”, lance-t-il. Et c’est pourquoi il avait appelé chacun à prendre ses responsabilités. Car selon lui, chaque geste citoyen, du paiement de la facture à la protection de nos installations, est une contribution directe au redressement de la compagnie nationale.

  • TRANSPORT AÉRIEN – 22 appareils de cinq opérateurs locaux autorisés à effectuer des vols contre rémunération

    TRANSPORT AÉRIEN – 22 appareils de cinq opérateurs locaux autorisés à effectuer des vols contre rémunération

    Des autorisations limitées. A Madagascar, seuls 22 appareils sont officiellement autorisés à effectuer des vols commerciaux et des transports aériens contre rémunération. Cette flotte se répartit entre cinq opérateurs locaux, indique le dernier avis au public publié par l’Aviation civile de Madagascar (ACM).

     

    La compagnie nationale Madagascar Airlines se taille la part du lion sur les vols réguliers avec six ATR. Madagascar Trans Air domine pour sa part les vols à la demande intérieurs et internationaux, en termes de volume, avec 12 aéronefs à son compteur, essentiellement des monomoteurs et bimoteurs légers comme des Cessna, un Piper et des Beechcraft.

     

    Le reste de la liste est complété par HFF Travel Airways, qui aligne deux appareils dont un jet Cessna Citation 560 XL, et GS Aviation avec un unique Beechcraft King Air B200. Enfin, Madagascar Fly Alliance ferme la marche avec un unique Cessna 207A pour des vols à la demande exclusivement intérieurs.

     

    Selon le document officiel l’appareil immatriculé 5R-MLI (un Cessna 207A) est inscrit simultanément sous la bannière de Madagascar Trans Air et de Madagascar Fly Alliance. Par ailleurs, c’est le Cessna 208 Caravan qui s’impose comme le modèle roi avec six unités en service.

     

    Cette domination américaine est également renforcée par la présence de trois Beechcraft King Air et d’un Piper, portant le total des petits appareils de conception américaine à 15 unités. Face à ces monomoteurs et bimoteurs légers dédiés aux vols à la demande, le constructeur européen ATR parvient néanmoins à dominer le segment stratégique des lignes régulières, en alignant 6 avions. Il s’agit des cinq ATR 72-500 et l’ATR 72-600 sous les couleurs de Madagascar Airlines.

     

    La note de l’ACM se veut par ailleurs ferme, vis-à-vis des autres exploitants et propriétaires d’aéronefs privés. L’usage de ces appareils doit être fait à des fins strictement privées. Ceux-ci doivent ainsi être utilisés par leurs propriétaires, pour leur propre usage, et non en vue d’une rémunération de quelque nature que ce soit, insiste l’autorité de régulation de l’Aviation civile.

  • RECHERCHE SCIENTIFIQUE – Le projet “Biopelet” d’André Randrianirina remporte le Falling Walls Lab Madagascar 2026

    RECHERCHE SCIENTIFIQUE – Le projet “Biopelet” d’André Randrianirina remporte le Falling Walls Lab Madagascar 2026

    Lorsque le jury du Falling Walls Lab Madagascar rend son verdict ce vendredi à Ankorondrano, l’enjeu a immédiatement dépassé le cadre d’une simple compétition académique. Face à une vingtaine de projets innovants, le pitch d’André Randrianirina s’est imposé comme une réponse pragmatique à l’un des plus grands défis écologiques de la Grande Île car la déforestation massive liée à la dépendance au bois de chauffe et au charbon de bois. Cette victoire propulse désormais le jeune innovateur originaire de Fianarantsoa sur la scène internationale, où il représentera Madagascar lors de la grande finale mondiale en Allemagne. Le Falling Walls Lab, plateforme de pitch scientifique ouverte aux étudiants, chercheurs et jeunes professionnels, confirme ainsi son rôle de catalyseur d’idées capables d’apporter des solutions concrètes en matière de développement durable et d’environnement.

    La force de la proposition d’André Randrianirina, par ailleurs membre actif d’une association engagée dans la lutte contre les feux de brousse et la déforestation à travers la promotion des énergies renouvelables, réside dans son produit phare qui est le Biopelet. Cette innovation technologique permet de transformer la biomasse locale, en l’occurrence la simple herbe, en un combustible propre et hautement performant pour la cuisson domestique. L’approche se veut avant tout économique et incitative: pour encourager l’adoption massive de cette alternative et dissuader l’usage du charbon traditionnel, l’équipe a structuré ses coûts de production de manière à ce que le Biopelet reste financièrement plus accessible que les énergies polluantes actuellement disponibles sur le marché.

    Loin d’être un simple concept théorique, le projet est déjà pleinement opérationnel et démontre sa viabilité sur le terrain depuis plusieurs années. Initié en 2016 par l’équipe d’André, ce travail de recherche et développement continu s’est imposé comme une solution de transition incontournable en attendant l’émergence d’innovations encore plus lourdes pour supplanter définitivement la biomasse traditionnelle. À ce jour, pas moins de 25 écoles réparties dans les régions du Sud de Madagascar, de Fianarantsoa jusqu’à Toliara, utilisent quotidiennement le Biopelet pour la cuisson des repas dans les cantines scolaires. Selon le concepteur, l’impact social est immédiat et palpable car la satisfaction des communautés est générale, les enfants n’étant plus contraints de transporter du bois pour aller à l’école, tandis que la pression humaine sur les forêts résiduelles diminue d’autant.

    Le prochain front de cette initiative écologique et industrielle est désormais celui de l’essaimage et du passage à l’échelle nationale. Actuellement, la production de Biopelet reste localisée dans les unités industrielles de Sakaraha et d’Andranovory. L’ambition affichée par le lauréat est d’implanter des usines de production sur l’ensemble du territoire malgache. En démultipliant ces centres de transformation de l’herbe en énergie, Madagascar pourrait non seulement structurer une nouvelle filière verte génératrice d’emplois, mais aussi accélérer la protection de ses écosystèmes tout en garantissant un accès durable et abordable à l’énergie de cuisson pour les ménages et les institutions de la nation.

  • ACTIONNARIAT – Le Trésor public rapporte 147 milliards d’ariary de dividendes “acquis” des sociétés à participation de l’État en 2025

    ACTIONNARIAT – Le Trésor public rapporte 147 milliards d’ariary de dividendes “acquis” des sociétés à participation de l’État en 2025

    147 milliards d’ariary. C’est le montant total des dividendes injectés par les sociétés à participation publique dans les caisses du Trésor en 2025. C’est la part des bénéfices versée par les entreprises dans lesquelles l’État possède des actions dans leur capital. C’est Dorette Ratsiavahana, directrice générale du Trésor public, qui en a fait part à la presse, ce vendredi.

    Elle indique que le portefeuille public dénombre 56 sociétés à participation de l’État, dont 26 à participation majoritaire, le reste étant à participation minoritaire. L’État est d’ailleurs actionnaire unique dans 11 de ces entreprises. Toutefois, ce sont les sociétés à participation minoritaire qui génèrent le plus de dividendes pour l’État, comparativement aux sociétés à participation majoritaire, rapporte-t-elle.

    Pour Dorette Ratsiavahana, cela peut s’expliquer par un plus grand professionnalisme des dirigeants au niveau du Conseil d’administration (CA) et de la direction générale de ces sociétés. Elle souligne que le suivi et le contrôle ne reposent pas uniquement sur l’État, mais impliquent également les autres actionnaires.

    Si le Trésor public affiche ce bilan grâce aux entreprises à participation étatique, la performance réelle reste très inégalitaire. Les résultats financiers de cette année semblent suggérer que le modèle de gestion des 26 sociétés à participation majoritaire publique s’essouffle face à la rentabilité des participations minoritaires. Ce sont les structures où l’État est minoritaire qui renflouent le plus les caisses publiques.

    Il est d’ailleurs de notoriété publique que la gestion de ces entreprises d’État a stagné dans l’inefficacité pendant de nombreuses années. “C’est pourquoi il est primordial de renforcer le suivi et le contrôle rigoureux de la gestion de ces sociétés à participation majoritaire de l’État, afin qu’elles deviennent de véritables leviers pour l’économie et qu’elles soient rentables”, lance la directrice générale du Trésor public. Aussi, parmi les recommandations et les réformes envisagées, figure la professionnalisation des membres du Conseil d’administration et de la gestion globale de ces entreprises publiques.

    Dans son Diagnostic de la gouvernance et des vulnérabilités à la corruption à Madagascar, le Fonds monétaire international (FMI) estime que les fonctions de « l’Etat actionnaire » ne sont qu’imparfaitement assurées, malgré un cadre juridique favorable. Certains outils et supports pour exercer la supervision des entreprises publiques ont néanmoins été déjà développés par la direction générale du Trésor. Ce département avait déjà mis en place un document-cadre fixant les lignes directrices de la gouvernance et jetant les bases d’une stratégie de l’État actionnaire, renforcé par un guide de l’administrateur destiné à professionnaliser les représentants de l’État dans les conseils d’administration.

    La DGT publie également désormais un rapport annuel consolidé qui compile la situation financière et les monographies des entreprises publiques. Et pour l’évaluation des risques est devenue plus rigoureuse grâce à l’intégration de l’outil « bilan de santé des entreprises publiques » (SOE Health Check Tool), développé avec l’appui technique d’Afritac Sud pour ausculter la viabilité de chaque structure.

  • Madagascar – Le FMI pose des questionnements sur la suite des assises nationales de la relance économique

    Madagascar – Le FMI pose des questionnements sur la suite des assises nationales de la relance économique

    L’après-assises nationales pour la relance économique laisse place à un constat nuancé. Si le gouvernement s’efforce de traduire la Politique générale de l’État (PGE) en croissance concrète, le pays se heurte toujours à une pression fiscale anémique. Le FMI, dans son rapport d’assistance technique publié le mois dernier, reconnaît une dynamique réformatrice réelle, mais souligne que le fossé entre les ambitions macroéconomiques et la réalité du pouvoir d’achat des Malgaches reste difficile à combler.

     

    Sur le front de la modernisation, les avancées numériques comme le projet Prodigy ou la plateforme e-hetra marquent des points sur le plan administratif. Toutefois, le constat sur le terrain révèle une portée limitée : ces réformes profitent prioritairement à une élite connectée, laissant de côté la majorité de la population. Sans une inclusion numérique plus agressive, la digitalisation risque de devenir un outil de gestion comptable plutôt qu’un véritable moteur de redistribution sociale pour le pays.

     

    Le secteur minier, pilier stratégique avec des exportations franchissant la barre de 1,5 milliard de dollars, demeure sous-exploité dans son rôle social. Les retombées financières peinent à financer efficacement l’éducation ou la santé publique, secteurs où la gratuité est souvent compromise par des pratiques corruptives. Pour l’opinion publique, la richesse du sous-sol reste un concept abstrait tant que la transparence et la surveillance des flux ne garantissent pas un réinvestissement direct dans les services de base.

     

    Enfin, l’efficacité de la Stratégie nationale de lutte contre la corruption (2025-2030) est scrutée de près. Si la bonne gouvernance est désormais le troisième pilier de l’action étatique, l’absence de sanctions exemplaires dans les affaires de détournements majeurs alimente le scepticisme. Pour restaurer la confiance des investisseurs et des citoyens, la justice doit impérativement s’affranchir des pressions politiques. C’est à cette seule condition que la relance économique quittera les discours pour devenir une réalité pérenne.