Catégorie : Économie

  • SECTEUR PRIMAIRE – L’élevage familial comme levier stratégique du développement rural

    SECTEUR PRIMAIRE – L’élevage familial comme levier stratégique du développement rural

    Pas moins de 70% des ménages ruraux pratiquent l’élevage familial. Ce qui fait que ce secteur d’activité occupe une place centrale, notamment sur les Hautes terres et le Moyen-Ouest de Madagascar. Il constitue ainsi un levier stratégique du développement durable et de sortie de pauvreté des exploitations agricoles familiales dans ces localités. Un rapport sur cette thématique a été présenté mardi.

    Mais l’importance de ce secteur dépasse e cadre de la simple production animale. Comme souligné par Patrick Daniel Ramananarivo, responsable au sein de la délégation de l’Union Européenne, l’élevage agit comme un véritable catalyseur capable de débloquer l’ensemble des systèmes de production agricole. “Nous pouvons, à travers ces systèmes qui sont intégrés dans les exploitations familiales paysannes, à toucher à l’ensemble des facteurs de blocage et viser un accroissement de la production domestique, de la transformation, de la commercialisation sur l’intégralité du territoire”, lance-t-il.

    En s’appuyant sur cette synergie, dynamiser les productions végétales et stimuler la création d’emplois de services en milieu rural est possible. Au-delà des enjeux de souveraineté alimentaire et de nutrition, cette approche intégrée permet d’attaquer de front les obstacles transversaux, qu’ils soient fonciers, financiers ou techniques.

    Pour transformer durablement le secteur, les experts ont identifié plusieurs leviers prioritaires. Il y a l’amélioration technique, qui passe par la santé, la génétique et l’alimentation animale. Celle-ci devrait être couplée à une meilleure structuration des filières pour faciliter l’accès des petits producteurs aux marchés. Cette dynamique repose néanmoins sur le renforcement des coopératives et des organisations paysannes, mais exige également un engagement fort de l’État sur des enjeux régaliens tels que la sécurisation foncière, le développement des infrastructures et la coordination des services d’appui aux éleveurs.

    Le rapport qui vient d’être présenté et remis à différents ministères concernés sert ainsi de référence pour le secteur de l’élevage. Il devrait permettre de calibrer les politiques publiques et les aides internationales afin de consolider les exploitations familiales, piliers essentiels de l’agriculture malgache.

    “Les enseignements à tirer sont nombreux, notamment en ce qui concerne l’importance des races locales, qu’il s’agisse des bovins, des porcins ou de l’aviculture. Il apparaît clairement que ces filières garantissent l’apport en protéines animales pour les acteurs ruraux et assure un revenu pérenne aux ménages, particulièrement sur les Hautes Terres”, soutient le ministre de l’Elevage, Riana Nantenaina Randrianomenjanahary.

    Le ministère s’efforce alors d’apporter des solutions aux contraintes rencontrées par les acteurs de la filière, qu’il s’agisse des organisations paysannes, des associations ou des opérateurs privés. Cet accompagnement est renforcé par divers projets et programmes d’appui aux éleveurs, ainsi que par des dispositifs de fonds de contrepartie ou matching grants destinés à soutenir les acteurs opérant dans le secteur formel, expose-t-il.

  • SECTEUR EXTRACTIF – Le président de la Refondation plaide pour une transformation locale des produits miniers

    SECTEUR EXTRACTIF – Le président de la Refondation plaide pour une transformation locale des produits miniers

    “Stop à l’exportation brute”. Le président de la Refondation, le Colonel Michaël Randrianirina, entend exhorter les futurs investisseurs miniers à transformer les produits qu’ils extraient du sous-sol malgache avant de les exporter. Il s’est exprimé sur le sujet mardi en marge du Sommet Africa Forward co-organisé par la France et le Kenya à Nairobi, au Kenya.
     
    “Pour les contrats à venir, il faut des engagements”, répond-il à la question du journaliste de la chaîne de télévision publique. “Il y a deux voies : soit on demande à l’exploitant de s’engager à ne pas juste exporter nos ressources mais à les transformer sur place, et c’est seulement après qu’il les exporte, soit, on révise la loi, notamment le code minier”, soutient-il. A en croire le chef de l’Etat, la transformation locale des produits miniers malgaches devrait “générer beaucoup de fonds pour Madagascar”. Il parle également de “création d’emplois, de recettes fiscales, de taxes douanières”. A l’entendre, les investisseurs miniers sont tous conscients de cette nécessité de transformation locale des ressources minières.

  • EXÉCUTION BUDGÉTAIRE – 2 158 milliards d’ariary de recettes fiscales recouvrées par l’État au premier trimestre

    EXÉCUTION BUDGÉTAIRE – 2 158 milliards d’ariary de recettes fiscales recouvrées par l’État au premier trimestre

    Les recettes fiscales recouvrées par l’État avaient atteint 2 158 milliards d’ariary au cours des trois premiers mois de cette année. Un résultat qui reflète la performance combinée du recouvrement des recettes fiscales intérieures et des recettes douanières à fin mars 2026, et qui est rapporté dans le Compte rendu de l’exécution budgétaire pour ce premier trimestre.

    Cette performance marque un léger recul de 2,1 points par rapport à la même période en 2025, où le taux était de 21,3 %, si l’on en croit ce rapport de la direction générale du Budget et des finances (DGBF). Et cette baisse est principalement enregistrée auprès de la direction générale des Douanes (DGD), dont le taux de réalisation a chuté de 22,0 % à 17,0 %. Le recouvrement douanier avait accusé un net recul, totalisant 860 milliards d’ariary. Le taux de réalisation une baisse significative de 5,3 points par rapport au premier trimestre 2025, où il atteignait 22,0 %.

    La DGBF explique cette régression au premier trimestre 2026 pour la Douane par une double conjoncture défavorable, à la fois logistique et économique. Ce département parle d’une part, du passage du cyclone Gezani qui avait lourdement pesé sur les échanges commerciaux en endommageant les infrastructures portuaires, et perturbant ainsi le flux normal des importations. Et d’autre part, l’administration douanière avait subi l’impact de la baisse des cours mondiaux des produits pétroliers par rapport à 2025, avec une diminution de 10 % pour le supercarburant et de 8 % pour le gazole. Ce qui a mécaniquement réduit les droits et taxes perçus sur ces produits stratégiques.

    À l’inverse, les recettes issues des Impôts font preuve de résilience avec un taux de 20,9 %, un résultat légèrement supérieur et globalement stable par rapport à l’année précédente. Les recettes recouvrées par la direction générale des Impôts (DGI) se sont établies à 1 298 milliards d’ariary collectées. Cette progression repose sur une dynamique contrastée. Elle est principalement portée par la bonne tenue de catégories clés telles que l’Impôt sur les revenus, l’Impôt sur les revenus salariaux et assimilés (IRSA), l’Impôt synthétique ou encore la Taxe sur la valeur ajoutée. Cette performance globale est toutefois partiellement freinée par le repli de certains prélèvements. C’est le cas notamment au niveau des revenus de capitaux mobiliers (IRCM), des plus-values immobilières (IPVI), des droits d’enregistrement et des droits de timbres.

    Pour l’ensemble de l’exercice, la Loi de Finances Initiale (LFI) 2026 a fixé un objectif de 11 247,7 milliards d’ariary de recettes fiscales totales. Ce montant repose sur une prévision de 6 221,7 milliards d’ariary au titre des recettes fiscales intérieures (DGI) et de 5 026 milliards d’ariary pour les recettes douanières (DGD).

    Toutefois, ces objectifs de départ pourraient être réajustés prochainement. Le gouvernement a en effet annoncé l’élaboration d’une loi de Finances rectificative (LFR), une révision budgétaire rendue nécessaire par l’évolution du contexte économique national et international.

  • FINANCEMENT – Un nouveau programme de 250 millions de dollars avec la Banque mondiale pour l’élargissement de l’accès à l’énergie à Madagascar

    FINANCEMENT – Un nouveau programme de 250 millions de dollars avec la Banque mondiale pour l’élargissement de l’accès à l’énergie à Madagascar

    La Banque mondiale met de nouveau le paquet. Elle vient d’approuver le nouveau programme “Accelerating Sustainable and Clean Energy Access Transformation in Madagascar (ASCENT) qui est doté d’une enveloppe de 250 millions de dollars. Un projet qui se veut ambitieux puisqu’il se fixe comme objectif de fournir une électricité fiable et des solutions de cuisson propres à plus de 2,5 millions de personnes d’ici 2030.

    Le programme prévoit de connecter un million de personnes au réseau de la Jirama grâce à 200 000 nouveaux branchements, tout en modernisant 30 centrales isolées par l’hybridation solaire pour réduire la dépendance au diesel. L’accent est parallèlement mis sur l’inclusion des zones reculées avec le déploiement, via l’Agence de développement de l’électrification rurale (Ader), de mini-réseaux et de kits solaires pour 1,5 million de personnes supplémentaires.

    Ce volet technique est par ailleurs complété par un impact social et écologique majeur. Le programme prévoit la distribution de 1,5 million de foyers de cuisson propre et une réforme structurelle profonde de la Jirama pour garantir la pérennité et la qualité du service.
    “En comblant les lacunes en matière d’accès à l’énergie et en s’attaquant aux défis structurels de la Jirama, nous contribuons à jeter les bases d’une économie plus résiliente, orientée vers l’emploi, capable de soutenir la croissance du secteur privé, d’attirer des investissements et de créer des opportunités durables”, lance le représentant résident de la Banque mondiale à Madagascar, Atou Seck.

    Le programme sera d’ailleurs mené à travers l’approche Program for Results. Aussi, il mettra l’accent non seulement sur les engagements, mais surtout sur la mise en œuvre et l’obtention de résultats. “En liant directement le financement aux résultats obtenus, nous nous assurons que les ressources publiques génèrent un impact mesurable au bénéfice des entreprises, des communautés et des ménages”, soutient le ministre de l’Economie et des finances, Herinjatovo Ramiarison. Il rappelle d’ailleurs que “l’énergie est au cœur de la reprise économique de Madagascar et constitue un levier essentiel pour stimuler l’investissement privé et créer des emplois”.

  • ASSAINISSEMENT – Procédure d’abrogation d’agréments déjà enclenchée pour 366 “fausses” entreprises franches

    ASSAINISSEMENT – Procédure d’abrogation d’agréments déjà enclenchée pour 366 “fausses” entreprises franches

    Un grand ménage réglementaire engagé. Avec seulement 279 sociétés opérationnelles sur 737 agréées comme entreprises franches depuis 1990, les autorités travaillent sur la procédure d’abrogation d’agréments pour les 366 resquilleurs qui ne justifient plus d’aucune activité répondant à ce régime. Une disposition rapportée dans le Rapport d’assistance technique sur le Diagnostic de la gouvernance et des vulnérabilités à la corruption de Madagascar, fait par le Fonds monétaire international (FMI).

    Le régime fiscal malgache offre un panel d’incitations attractives pour stimuler les secteurs stratégiques, notamment à travers le statut de zone franche. Ce régime octroie notamment une exonération d’Impôt sur les Revenus (IR) pouvant atteindre dix ans, suivie d’un taux préférentiel de 10 %, comme rappelé dans ce document.

    Outre des réductions d’impôt pour investissement allant jusqu’à 25 % et des exonérations de taxes foncières sur les nouvelles constructions, le Code des impôts prévoit un crédit d’impôt de 20 % pour les investissements dans des secteurs clés comme l’industrie, l’agriculture ou les énergies renouvelables. Ce dispositif est complété par des avantages douaniers spécifiques régis par les codes minier et pétrolier, renforçant ainsi la compétitivité des grands projets d’investissement.

    Les ZEF sont par ailleurs exonérées de TVA en matière d’importation. Elles bénéficient d’un remboursement de crédit de TVA pour les achats locaux. Pour ce qui est de leurs ventes à l’exportation, elles sont soumises au taux de 0 pourcents, poursuit le FMI.

    Interrogé sur la situation de ces « fausses » entreprises franches, le ministre de l’Economie et des finances, Herinjatovo Ramiarison avait indiqué que certaines entreprises bénéficient indûment de ce régime alors qu’elles ne devraient pas y être éligibles. Ce membre du Gouvernement révèle que des abus ont été constatés. « Certaines sociétés jouissent du statut de zone franche sans en remplir les critères. Par conséquent, elles importent des marchandises en franchise de droits et taxes pour les revendre ensuite sur le marché local. Ces pratiques sont inacceptables », prend-il comme exemple.

    Le ministre Herinjatovo Ramiarison se dit convaincu que l’Economic development board of Madagascar (EDBM) et le ministère de l’Industrie collaborent déjà étroitement pour examiner cette situation de près. Dans son rapport, le FMI annonce que les agréments pour les 366 entreprises indiquées plus haut font en ce moment l’objet d’une procédure d’abrogation, dont 325 à abroger par décret et 41 attestations à retirer par l’EDBM.

  • TRANSPORT AERIEN : Rado Rabarilala nommé directeur général de Madagascar Airlines

    TRANSPORT AERIEN : Rado Rabarilala nommé directeur général de Madagascar Airlines

    Antananarivo, 11 Mai, 20h15- Un commandant de bord aux manettes de Madagascar Airlines. Le Conseil d’administration de la compagnie nationale choisit Rado Mamisoa Rabarilala au poste de Directeur Général, lundi.

    La décision a été officialisée en interne dans l’après-midi après la réunion des membres du conseil d’administration de Madagascar Airlines, ceux d’Air Madagascar ou encore ceux de Tsaradia, dans la matinée à Ivato. La décision s’inscrit dans la stratégie de redressement du secteur aérien national, selon la communication en interne des membres des conseils d’administration.

    Rado Rabarilala, avec le soutien des représentants du personnel, avait réclamé le départ de l’ancien directeur général de Madagascar Airlines, Thierry de Bailleul, dénonçant l’opacité entourant la fin du mandat initial de ce dernier en juillet 2025. Le DG sortant avait présenté sa démission, ouvrant la voie à la nomination d’un directeur général par intérim.

    Mais le DG par intérim avait été soupçonné d’implication dans une affaire intéressant la justice. Ce qui a conduit le Conseil d’administration à nommer un dirigeant responsable (Accountable Manager), et à renforcer la direction collégiale.

    Rado Rabarilala, alors délégué du personnel, avait fait partie des leaders du mouvement de grève du personnel d’Air Madagascar qui avait duré près d’un mois en 2015, pour contester les dirigeants de la compagnie et de leurs décisions à l’époque. Ses différends avec la compagnie ne s’étaient pas estompés après l’accord conclu entre les grévistes et la nouvelle direction d’Air Madagascar. Il avait fait partie des employés licenciés, débouchant sur une longue bataille juridique qu’il a engagée pour sa réintégration. Entre-temps, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts pour la société d’Etat.

    La nomination de Rado Rabarilala à la tête de Madagascar Airlines se déroule dans le contexte d’un processus de “retour progressif d’Air Madagascar”. Herizo Andrianavalona Ramanambola, ministre des Transports et de la météorologie, avait évoqué une période de six mois pour les opérations conduisant à ce “retour progressif”. Le membre du gouvernement avait assuré de l’existence d’un plan de redressement de la compagnie aérienne.

  • IMPORT-EXPORT – Le déficit commercial de Madagascar projeté à plus de 2,2 milliards de dollars en 2026, selon la Banky foiben’i Madagasikara

    IMPORT-EXPORT – Le déficit commercial de Madagascar projeté à plus de 2,2 milliards de dollars en 2026, selon la Banky foiben’i Madagasikara

    Le déficit commercial de Madagascar devrait s’accentuer pour atteindre -2 276,2 millions de dollars cette année, contre -2 036,3 millions de dollars en 2025. Cette dégradation, qui représente 10,1% du Produit intérieur brut (PIB) du pays, est exposée dans le dernier Rapport sur la politique monétaire de la Banky foiben’i Madagasikara (BFM), présenté la semaine dernière.

    Selon les projections de la BFM, le creusement de ce déficit résulterait principalement de l’intensification des importations de biens d’équipement et d’intrants, leviers essentiels pour soutenir la relance économique prévue. Elle reflète ainsi l’accélération massive des importations de ce biens, indispensables pour alimenter les moteurs de la croissance.

    Le déficit commercial constitue le principal composant du déficit du compte courant, estimé à -1 687,6 millions de dollars, lequel retrace l’ensemble des transactions réelles de Madagascar avec le reste du monde. Il est partiellement compensé par les transferts courants que sont les dons, les aides et les envois de fonds de la diaspora qui s’élèvent à plus de 1,2 milliard de dollars.

    En proportion de la richesse nationale, le déficit commercial représenterait donc -10,1 % du PIB. Bien que le montant en dollars augmente, le poids relatif par rapport au PIB s’améliorerait légèrement, après s’être établi à -10,5 % en 2025.

    La BFM livre pour le moment des prévisions. Selon ses données provisoires, le déficit commercial de Madagascar au premier trimestre s’élevait à -496,2 millions de dollars, soit -2,2 % du PIB. Une amélioration nette par rapport aux -615,8 millions enregistrés à la même période l’année précédente est cependant rapportée.

    Cette performance durant les trois premiers mois de l’année repose sur un “effet de ciseaux” favorable. D’un côté, les exportations de Madagascar avaient bondi de 8,0 % (616,3 millions de dollars) grâce à l’envolée du girofle et au redressement de la vanille. De l’autre, les importations ont reflué de 7,5 %, portées par une baisse des achats de riz et une appréciation de l’ariary qui a allégé la facture globale, indique la BFM.

  • TAUX DE CHANGE – Appréciation à deux chiffres de l’ariary face à l’euro au premier trimestre

    TAUX DE CHANGE – Appréciation à deux chiffres de l’ariary face à l’euro au premier trimestre

    L’ariary avait affiché une nette progression, en s’appréciant de 10,7% face à l’euro au cours du premier trimestre de 2026. D’après les derniers chiffres de la direction des Opérations monétaires de Banky foiben’i Madagasikara (BFM), la monnaie unique européenne était passée de 5 309,31 MGA en début d’année à 4 726,29 MGA fin mars.

    La tendance est similaire, vis-à-vis du billet vert, avec un gain de 8,9 %. Le cours du dollar ayant reculé de 4 579,78 MGA à 4 166,36 MGA. Le marché des changes malgache clôture ainsi le premier trimestre 2026 sur une note de fermeté marquée pour la monnaie nationale

    La BFM explique en partie ce resserrement des parités par la vigueur du dollar face à l’euro sur le marché international. Le taux de change EUR/USD avait glissé de 1,17 à 1,15 durant la période sous revue. Au niveau local, cette solidité de l’ariary est portée par l’afflux de devises issues des recettes d’exportation du trimestre précédent, ainsi que par les décaissements liés aux grands projets de développement à Madagascar.

    Mais techniquement, cette performance s’est également jouée dans un contexte international volatile, fortement influencé par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient qui pèsent sur la parité Euro/Dollar. Localement, la Banque Centrale était restée active sur le Marché interbancaire des devises (MID). L’autorité monétaire avait multiplié les interventions d’achat et de vente, notamment en mars, afin de lisser les fluctuations et maintenir cette dynamique de renforcement de l’ariary.

    La présidence de la refondation de la République avait récemment salué la consolidation de l’ariary face aux principales devises de réserve. Tout en exprimant sa satisfaction, elle avait encouragé la BFM à poursuivre ses interventions pour pérenniser ces acquis et prémunir l’économie nationale contre l’instabilité des marchés mondiaux. Le Gouverneur de la Banque Centrale, Aivo Andrianarivelo, avait alors expliqué de son côté que cette performance résulte de la dynamique propre au MID. Il a d’ailleurs précisé que la BFM ne se fixe aucun objectif de change prédéfini, en indiquant que l’évolution de la parité reste strictement dictée par les mécanismes du marché.

  • ACCÈS AUX CRÉDITS – Le taux d’intérêt à 18 % jugé “insoutenable” pour les secteurs productifs par le ministre de l’Économie

    ACCÈS AUX CRÉDITS – Le taux d’intérêt à 18 % jugé “insoutenable” pour les secteurs productifs par le ministre de l’Économie

    La rentabilité actuelle de la majorité des entreprises ne permet pas de couvrir le coût du crédit. Avec des taux d’intérêt débiteurs, dépassant en moyenne 18 %, se pose la question de la viabilité des investissements. Pour le ministre de l’Économie et des finances, Herinjatovo Ramiarison, les secteurs capables de dégager un taux de rentabilité suffisant pour couvrir un tel coût du capital sont rares. Cette analyse a été livrée vendredi dernier, alors que ce membre du Gouvernement s’exprimait sur les enjeux de la suppression de la TVA sur les intérêts bancaires.

     

    Le coût du crédit aux entreprises atteint ainsi un seuil critique, avec des taux d’intérêt débiteurs s’élevant en moyenne à plus de 18%. Le ministre Herinjatovo Ramiarison estime que ce niveau de coût du capital dépasse largement la capacité de rendement des secteurs productifs, rendant l’investissement quasi prohibitif. Il soutient que si les activités spéculatives ou commerciales peuvent s’en accommoder, les secteurs productifs, tels que l’agriculture ou l’industrie, se heurtent à une réalité économique où les rendements excèdent rarement 5 % à 7 %.

     

    Dans ces conditions, l’application d’une taxe supplémentaire de 20 % sur les intérêts s’apparente à une barrière infranchissable pour l’investissement. Le contexte macroéconomique a d’ailleurs radicalement évolué depuis la conception initiale de cette taxe, explique le Grand argentier. Si une telle mesure pouvait être envisagée lorsque le taux directeur stagnait autour de 5 %, elle devient contre-productive alors que la Banque Centrale, engagée dans une lutte rigoureuse contre l’inflation, a relevé ce taux à 12 %, note-t-il.

     

    Herinjatovo Ramiarison admet néanmoins que ce resserrement monétaire décidé par la Banque centrale est nécessaire pour la stabilité des prix. Toutefois, il renchérit mécaniquement le crédit pour le secteur privé. Aussi, superposer une pression fiscale accrue à une politique monétaire déjà restrictive risque de créer un environnement hostile à toute stratégie d’industrialisation ou de production nationale.

     

    La suppression de la TVA sur les intérêts bancaires, une mesure actuellement suspendue en raison de son caractère insoutenable pour le tissu entrepreneurial, est déjà envisagée par le ministère de l’Économie et des finances. Mais la décision finale repose sur la validation du Parlement.

     

    Le Gouverneur de la Banky foiben’i Madagasikara (BFM), Aivo Andrianarivelo avait d’ailleurs accueilli favorablement cette annonce faite par le ministère des Finances, en confirmant que l’application de la TVA sur les intérêts renchérissait de manière excessive le coût du crédit. Toutefois, il souligne que la levée de ce verrou fiscal n’est qu’une étape. Pour véritablement stimuler l’octroi de crédits et soutenir les entreprises performantes, un chantier de simplification doit être ouvert sur la formalisation des garanties. Les frais d’enregistrement des dossiers de sûreté représentent par exemple aujourd’hui un coût transactionnel prohibitif pour les bénéficiaires.

  • COMMERCE – La Chambre de commerce Chine-Madagascar compte doubler les exportations malgaches vers la Chine en cinq ans

    COMMERCE – La Chambre de commerce Chine-Madagascar compte doubler les exportations malgaches vers la Chine en cinq ans

    Passer d’une exportation de subsistance à une performance structurée. La Chambre de commerce Chine-Madagascar ambitionne de doubler la mise vers l’Empire du Milieu sur cinq ans pour atteindre 400 millions de dollars. Ce bond de 100 % illustre une nouvelle volonté, qui ne cherche plus seulement à vendre mais à conquérir le marché chinois par la valeur ajoutée et l’excellence de ses filières de niche, expose la présidente de cette plateforme d’affaires, Sylvia Mamiarivelo, vendredi.

    Cette stratégie offensive s’appuie sur une base déjà solide. La Grande Île bénéficie désormais d’un accès privilégié grâce à la politique du tarif douanier zéro, étendue à 100 % des produits depuis décembre 2024, comme le souligne Hui Wei, conseiller économique auprès de l’Ambassade de Chine à Madagascar. Ce levier avait déjà présenté des résultats concrets. Les expéditions ont franchi la barre des 200 millions de dollars par an ces trois dernières années. Elles ont été portées par la croissance de produits phares tels que le girofle, les huiles essentielles ou encore les crevettes, rapporte ce technicien chinois.

    Mais le plein potentiel de cet échange reste encore à réaliser, note Sylvia Mamiarivelo. Si le volume global des échanges a atteint 1,68 milliard de dollars en 2024, la part malgache demeure marginale face à une Chine qui représente plus d’un quart des importations de l’île. Pour la présidente de la Chambre de commerce, ce déséquilibre n’est pas une fatalité mais une “fenêtre historique”. En misant sur la rareté et l’authenticité de ses produits, Madagascar a désormais l’opportunité de corriger cette balance commerciale grâce à l’exonération totale de droits de douane pour ses produits. Ce qui, selon ses explications, est “la plus importante de cette génération”.

    Mais ce passage à l’échelle devrait être porté par une “exécution disciplinée” de huit leviers clés, visant à lever les freins industriels, logistiques et normatifs. La stratégie avancée par la Chambre de commerce Chine-Madagascar priorise alors cinq filières à fort impact, à savoir les épices, les produits halieutiques, les huiles essentielles, l’agroalimentaire transformé et les mines. Elle mise sur la transformation locale, la mise en conformité stricte avec les standards chinois, ainsi que sur l’accélération du digital et de la diplomatie économique pour garantir une présence durable et compétitive sur le marché international.

    Le développement effectif des échanges est également conditionné par une simplification des procédures liées au GACC (Administration générale des douanes de Chine), souligne de son côté la directrice générale du commerce extérieur, Tiava Ny Kanto Rajohnson. L’enjeu est de transformer l’opportunité politique en succès commercial par un accompagnement technique accru et un renforcement des capacités des opérateurs, afin que les normes de conformité et de traçabilité ne soient plus un frein, mais un moteur de compétitivité pour les entreprises malgaches, explique-t-elle.

    Depuis le 1er mai, la Chine adopte la politique de tarif douanier zéro à 100 % des lignes tarifaires pour tous les pays africains ayant des relations diplomatiques avec elle. Pour Madagascar, cette ouverture totale ne représente pas seulement une mesure technique, mais une occasion historique nouvelle d’élever le niveau de la coopération bilatérale, soutient l’ambassadeur de la République populaire de Chine, Ji Ping