Catégorie : Économie

  • CONJONCTURE – Les activités du secteur privé limitées par le contexte socio-économique de la période pré-électorale  

    CONJONCTURE – Les activités du secteur privé limitées par le contexte socio-économique de la période pré-électorale  

    Antananarivo, 25 Juin, 10h05 – Bien que le secteur privé soit conscient de la nécessité d’aller de l’avant, l’année 2023 restera pour lui une année d’attentisme. « Il est clair que nous n’avons pas encore de visibilité sur la période électorale et post-électorale. Comme tout investisseur, nous faisons attention puisque nous ne voulons pas prendre énormément de risque », a exposé le président du Syndicat des industries de Madagascar (SIM), Tiana Rasamimanana, en marge d’un évènement organisé par la Banque mondiale.

     

    Dans le secteur bancaire également, la Banky Foiben’i Madagasikara (BFM) qui a enquêté auprès des 12 banques territoriales du pays a rapporté que 67% d’entre elles estiment que le développement de leurs activités serait principalement limité par les incertitudes liées au contexte socio-politique.

     

    Selon les résultats de cette enquête entreprise par la BFM, les banques prévoient une conjoncture économique difficile en raison de la poursuite des perturbations engendrées par la crise en Ukraine. Le contexte politique y jouera beaucoup, dans la mesure où 2023 est une année électorale pour Madagascar d’une part, avec les élections qui risquent de provoquer des instabilités sociales et politiques qui toucheront l’économie. Mais il y a aussi le retard de l’exécution des dépenses publiques, d’autre part, qui risquent de ralentir la croissance économique en général et le développement du secteur privé en particulier.

     

    La probabilité d’un mécontentement social et d’une instabilité politique est élevée, d’après ce qui est exposé dans la Matrice d’évaluation des risques (MER). Cette matrice reflète l’avis des services du Fonds monétaire international (FMI) sur les sources des risques et sur le niveau général de préoccupation qu’ils ont ressenti lors de leurs échanges avec les autorités malgaches dans le cadre de la seconde revue du programme sur la Facilité élargie de crédit (FEC).

     

    L’impact de la hausse du chômage et l’augmentation du prix des produits de première nécessité pouvant déclencher des troubles sociaux et entravant l’activité économique était néanmoins jugé faible à l’époque selon cette matrice. C’est également le cas de l’impact de l’instabilité et la polarisation croissante de la société à la veille de l’élection présidentielle de 2023, qui affaiblissent l’action publique et qui nuisent à la confiance.

     

  • AGROBUSINESS – Un chiffre d’affaire de 250 millions d’euros pour la filière bio pour environ 7 000 tonnes de produits exportés

    AGROBUSINESS – Un chiffre d’affaire de 250 millions d’euros pour la filière bio pour environ 7 000 tonnes de produits exportés

    Antananarivo, 24 Juin, 17h45 – Une filière en constante croissance. Le bio représente un chiffre d’affaires de 250 millions d’euros, soit environ 7 000 tonnes de produits exportés dans différentes catégories comme les légumes, les épices ou encore les huiles essentielles. Ces chiffres ont été présentés par le président national du Syndicat malgache de l’agriculture biologique (Symabio), Heriniaina Ramboatiana, lors de la deuxième édition du Forum B2B Agribusiness.

     

    Cette performance peut encore être améliorée, surtout que Madagascar dispose de cadres visant à promouvoir la filière bio comme la loi ou la stratégie nationale sur l’agriculture biologique. Mais il y a également le projet de mise en place de Territoires à vocation à l’agriculture biologique (TVAB) pour permettre l’implantation de territoires spécifiques pour le développement à grande échelle des produits certifiés bio pour répondre aux besoins du marché que ce soit local ou international.

     

    Les TVAB, comme l’explique Heriniaina Ramboatiana, sont « des territoires où nous allons avoir deux certifications, dont une certification qui sera par tiers comme Ecocert ainsi qu’une certification à travers le Système participatif de garantie (SPG) ». Cette deuxième certification va coûter nettement moins cher et sera un outil de sécurisation pour les consommateurs locaux mais également de promotion de l’agriculture biologique pour le marché local.

     

    Des TVAB vont être installés dans un premier temps sur la côte est de Madagascar, notamment à Moramanga, à Brickaville et dans toute la région Atsinanana. « Ces sont des zones déjà très développées en termes d’agriculture biologique et où plusieurs entreprises sont déjà présentes et des filières sont déjà bien mises en place et ancrées dans le bio », avance le président du Symabio pour justifier ce choix.

     

    Heriniaina Ramboatiana explique par ailleurs le peu d’enthousiasme des Malgaches à consommer des produits bio de par leur connaissance et leur perception des produits bios comme étant des produits qui coûtent chers et qui sont destinés principalement à une certaine frange de la population. « Ce qui est complètement faux. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la loi sur l’agriculture biologique offre un cadre règlementaire pour le marché local. Ce cadre permet des coûts de certification bien moindres mais également le renforcement de capacité des producteurs sur la production d’engrais agribio et des biopesticides », souligne-t-il. Ce qui va ainsi permettre d’augmenter le rendement des producteurs et la réduction de leurs cout de revient, ajoute-t-il encore.

     

    La production bio coûte actuellement environ 10% plus cher que la production conventionnelle. « A partir du moment où les producteurs arriveront à un certain niveau de savoir-faire, à une autonomie et une production bien plus élevée, les prix vont être pratiquement moins chers que les produits conventionnels et avec des terres plus durables et plus fertiles », conclut-il.

  • La Jirama peut être rentable à condition d’être dirigée par un manager qui saura la gérer selon les règles de l’art, estime la Banque mondiale

    La Jirama peut être rentable à condition d’être dirigée par un manager qui saura la gérer selon les règles de l’art, estime la Banque mondiale

    Antananarivo, 24 Juin, 10h00 – Régler la question de la gouvernance. C’est un des principaux éléments qui permettraient à la Jirama de renouer avec les profits. La compagnie nationale d’eau et d’électricité a pour cela besoin d’un « manager » qui saura la gérer selon les règles de l’art, insiste Marie-Chantal Uwanyiligira de la Banque mondiale, dont le mandat en tant que représentante résidente de cette institution financière touche à sa fin en ce mois de juin.

     

    Le processus de recrutement de ce « manager de redressement » avait déjà été lancé au mois de mai de cette année par le Gouvernement et le Conseil d’administration de la Jirama avec l’assistance de la Banque mondiale. Il s’agit de trouver la personne qui aura comme tâches principales de rétablir la santé financière de la Jirama et d’atteindre l’objectif du Plan émergence Madagascar en matière d’augmentation de l’accès à l’électricité.

     

    La Jirama peut, selon Marie-Chantal Uwanyiligira, être une société rentable. C’est la raison pour laquelle des hauts responsables de cette société d’Etat malgache avaient été invitées dernièrement à voir l’expérience de la compagnie qui produit l’électricité au Rwanda. Cette compagnie rwandaise avait eu des pertes de 50% avec un taux de délestage de 20/24h en 2017, donc confrontée à plus de difficultés que la Jirama. Elle fait pourtant actuellement des profits, remarque cette ancienne représentante de la Banque mondiale à Madagascar.

     

    Cette institution de Bretton Woods indique dans son document sur le Cadre de partenariat pays (CPF) 2023-2027 avec Madagascar que la Jirama avait atteint son seuil de rentabilité en 2009. Mais sa situation financière s’est dégradée au fil du temps. En 2022, cette compagnie malgache avait perdu 150 millions de dollars soit environ 604 milliards d’ariary. La raison était que la Jirama avait enregistré un déficit de vente de 0,11 dollar par kWh pour un coût de production moyen de 0,24 dollar par kWh. Aussi, pour une production annuelle d’électricité de 1900 GWh, elle a enregistré 28% de pertes techniques et un taux de récupération de 98%. Pour maintenir sa viabilité financière, la Jirama avait besoin d’environ de 100 millions de dollars de transferts gouvernementaux par an.

     

    La Banque mondiale préconise alors dans son CPF des réformes dans le secteur de l’énergie, comme l’accélération de l’accès à l’électricité dans les zones rurales par le développement des activités de densification et d’extension du réseau, les mini-réseaux et les solutions hors réseau. Cette institution financière insiste également sur une transition énergétique pour réduire le recours aux combustibles fossiles importés et coûteux. Les réformes clés pour relever les défis de gouvernance et l’interface de la Jirama avec le secteur privé sont aussi nécessaires, tout en renforçant les capacités des institutions clés et la sensibilisation des opérateurs d’électrification rurale.

  • ELECTRICITÉ – Les industriels se réunissent pour trouver des solutions à court termes au délestage à proposer à l’Etat

    ELECTRICITÉ – Les industriels se réunissent pour trouver des solutions à court termes au délestage à proposer à l’Etat

    Antananarivo, 23 Juin, 18h35 – Le président du Syndicat des industries de Madagascar (SIM), Tiana Rasamimanana, fait part de la tenue d’une série de réunions du secteur privé, en vue de trouver des solutions à court terme au problème d’approvisionnement en électricité qu’ils endurent. Ces solutions seront proposées à l’Etat pour régler provisoirement le problème de délestage qui impacte lourdement sur les activités des entreprises, confie-t-il en marge d’un évènement organisé par la Banque mondiale ce vendredi.
    Les industriels subissent selon lui entre quatre et huit heures de délestage par jour. Certains même ne peuvent plus tourner, regrette ce président du SIM. Et encore, le programme de délestage publié par la Jirama n’est même pas suivi. « Les industriels sont déboussolés », expose Tiana Rasamimanana.
    Ainsi, répartir par exemple le délestage pour les zones industrielles est une solution qui pourra être proposée par les membres du SIM. Ce qui permettrait à certaines industries de travailler la nuit ou le weekend et alléger ainsi les besoins en électricité dans la journée, avance-t-il. « Cela nécessite toutefois aussi l’intervention de l’Etat pour que nous n’ayons à supporter de charges salariales supplémentaires », poursuit ce président de groupement des industriels. D’autres solutions comme des aides directes au niveau de l’approvisionnement des industries en gasoil, en groupes électrogènes sont à discuter durant les réunions du secteur privé et qui peuvent être proposées à l’Etat.
    Par ailleurs, bien que l’autoproduction d’électricité qui est encouragée par l’Etat puisse être une solution pour les industriels, Tiana Rasamimanana soutient il n’y a pas de règlementation bien claire à ce sujet. « Il reste également à voir s’il y a des sociétés d’investissement qui veulent vraiment aller de l’avant pour mettre en place des systèmes solaires qui coutent très chers et que les industries peuvent acheter. Nous sommes en train de voir la mise en place concrète de cette alternative d’autoproduction », a-t-il soutenu. Ce qui est important pour les industriels, c’est d’avoir des solutions concrètes dans les prochains jours, poursuit le président du SIM.
    Le délestage, comme l’incertitude de la conjoncture économique, et la fiscalité figurent parmi les principaux obstacles au développement des activités des entreprises à Madagascar, rapporte par la Banky foiben’i Madagasikara (BFM) dans son Enquête sur la conjoncture économique (ECE) pour le premier trimestre 2023. Viennent également d’autres facteurs pénalisant comme l’incertitude du contexte socio-politique, l’insuffisance de la demande, la concurrence des importations, les activités informelles, la corruption ou encore l’insuffisance d’équipements ou de matériels.
  • FINANCES PUBLIQUES – Le Fonds monétaire international insiste sur l’importance du respect de l’annualité budgétaire

    FINANCES PUBLIQUES – Le Fonds monétaire international insiste sur l’importance du respect de l’annualité budgétaire

    Antananarivo, 23 Juin, 16h56 – Les réformes de la gestion des finances publiques à accélérer. C’est l’une des recommandations du Fonds monétaire international à l’issue de l’achèvement par son conseil d’administration de la quatrième revue du programme sur la Facilité élargie de crédit (FEC) avec Madagascar. Dans le rapport sur cette revue, la directrice adjointe de cette institution de Bretton Woods, Antoinette Sayeh, souligne l’importance de rationaliser davantage le processus d’exécution budgétaire et de respecter l’annualité budgétaire.

    ⭕Comme le ministère en charge des Finances le définit, le principe d’annualité signifie que le budget est voté chaque année et pour une année civile. Ce budget doit ainsi être exécuté dans l’année par le Gouvernement. Ce point est soulevé par le FMI en vue d’améliorer la gestion des finances publiques et la gestion de la trésorerie de manière à éviter l’accumulation des arriérés. Antoinette Sayeh explique aussi que le renforcement de l’efficacité du cadre de lutte contre la corruption est crucial pour améliorer la redevabilité.

    ⭕Le FMI note les progrès entrepris par les autorités dans l’avancement des réformes structurelles. L’institution financière estime neanmoins que « des efforts supplémentaires sont nécessaires pour améliorer l’exécution budgétaire et la gouvernance, pour mieux contrôler l’inflation et renforcer les politiques de résilience climatique ». Elle souligne que « la mobilisation des recettes intérieures par la mise en œuvre de réformes de l’administration fiscale et par la réduction des dépenses fiscales coûteuses, ainsi que les mesures de maîtrise des dépenses seront essentielles pour atteindre les objectifs budgétaires du programme ».

    ⭕Le FMI estime que le règlement des dettes croisés entre l’Etat et les pétroliers ainsi que la reprise du paiement des droits et taxes à l’importation de carburant devront améliorer le solde budgétaire pour cette année. Le mécanisme d’ajustement automatique des prix des carburants prévu être mis en place à partir de l’année prochaine combiné avec la réforme de la Jirama devront, pour leur part, contribuer à la réduction des risques budgétaires et permettre d’affecter plus de budget aux dépenses sociales et de développement.

    Photo d’illustration

  • MONNAIE – L’euro frôle la barre des 5 000 ariary

    MONNAIE – L’euro frôle la barre des 5 000 ariary

    Antananarivo, 23 Juin, 7h20 – L’ariary se déprécie fortement face aux principales devises étrangères de référence, dont l’euro particulièrement. Jeudi, cette monnaie européenne s’échange à 4 925,06 ariary sur le marché interbancaire de devises (MID), selon le taux de change publié par la Banky foiben’i Madagasikara (BFM). Soit donc à près de 75 ariary d’atteindre la barre de 5000 ariary.

     

    Une variation de 80 ariary a été enregistrée en une seule journée puisque l’euro s’échangeait encore à 4 878,6 ariary mercredi. La différence est d’environ 200 ariary par rapport au taux d’il y a un mois où l’euro s’échangeait à 4 725 ariary.

     

    Selon le Dr Olivaniaina Rakoto David, la perte de valeur actuelle de la monnaie malgache résulte d’abord du contexte international, notamment de l’augmentation du prix du baril du pétrole sur le marché international. Cet économiste et enseignant-chercheur à l’Université d’Antananarivo explique que la demande en produits pétroliers de Madagascar n’est pas compressible et est en augmentation comme pour tous les autres pays du monde. Ce qui entraîne des dépenses supplémentaires en devises. L’euro prend ainsi de la valeur face à l’ariary puisqu’elle est d’abord la devise de référence pour la monnaie malgache avant d’être échangée en dollar pour les transactions.

     

    Mais cet économiste avance également comme cause de la dépréciation de la monnaie locale la spéculation sur le MID. « Les agents économiques, qui se réfèrent à ce qui se passe sur le marché, anticipent une dévaluation permanente de l’ariary », indique-t-il. « Ils attendent que la situation leur soit plus profitable avant d’échanger les devises à leur disposition, causant de ce fait la diminution de l’offre de devises sur le marché », poursuit-il encore.

     

    Le Dr Olivaniaina Rakoto David estime que l’euro à presque 5 000 ariary est une situation conjoncturelle et exceptionnelle. Il souligne que même si cette barre venait à être atteinte, les agents économiques commenceront à vendre leur devise sur le MID pour profiter de ce niveau de prix. Cette offre permettra alors de diminuer légèrement la valeur de l’euro face à l’ariary, qui devra se stabiliser entre 4700 et 4900 ariary, conclut-il.

  • SECTEUR MINIER – L’Etat entend faciliter l’extension du projet QMM à Petriky et Sainte-Luce

    SECTEUR MINIER – L’Etat entend faciliter l’extension du projet QMM à Petriky et Sainte-Luce

     

    Antananarivo, 23 Juin, 6h25 – Aider QMM à exploiter ses deux autres gisements. C’est l’un des accords passés entre l’Etat et la société Rio Tinto dans le cadre de la révision de la convention d’établissement de ce projet, confie le ministre des Mines et des ressources stratégiques, Herindrainy Rakotomalala. Pour faire avancer ces projets, les deux parties se sont convenues à « mettre en place un comité interministériel pour faciliter les différents travaux et l’obtention des différentes autorisations », rapporte ce membre du gouvernement face à la presse jeudi.

     

    Comme présenté par l’Office des mines nationales et des industries stratégiques (OMNIS) qui représente l’Etat dans la société QMM en tant qu’actionnaire, ce projet minier situé à Taolagnaro est prévu s’implanter par étapes dans les sites de Petriky, de Mandena et de Sainte-Luce et devrait, selon les estimations, extraite 70 millions de tonnes d’Ilménite. Les travaux d’exploration menés par cette compagnie ont mené à la découverte de 6 000 hectares de ce produit.

     

    Pour l’heure, QMM extrait de l’ilménite dans le gisement de Mandena. Mais cette compagnie peut ainsi exploiter les gisements de Petriky et de Sainte-Luce avec la facilitation et l’appui de ce comité interministériel en cours de mise en place, évoqué par le ministre Herindrainy Rakotomalala. L’Etat, de son côté, devrait particulièrement bénéficier de cette extension de projet avec le Fonds minier d’investissement social et communautaire (FMISC) que QMM doit lui verser pour pouvoir le faire.

     

    Le FMISC fait partie des nouvelles dispositions prévues dans le nouveau code minier. Tout opérateur minier au moment de la délivrance de son permis réservé aux exploitants artisanaux (PREA) ou de son permis d’exploitation (PE) y contribue. Cette contribution est perçue au profit du FMISC, dont un taux de 3% du montant d’investissement direct prévu par l’étude de préfaisabilité souligne le code minier révisé.

     

    L’investissement prévu par QMM pour l’exploitation du gisement de Petriky serait de 110 millions de dollars, indique le ministre Herindrainy Rakotomalala. Cette compagnie versera donc à l’Etat 3,3 millions de dollars à titre de FMISC une fois qu’elle passera à l’exploitation de ce gisement. Le montant des investissements pour l’exploitation du gisement de Sainte-Luce est pour sa part plus conséquent et atteindra 500 millions de dollars. Ce qui fait que le FMISC correspondant que QMM aura à verser sera de 15 millions de dollars, avance le ministre des Mines.

  • ENERGIE – La mise en place d’une industrie locale de fabrication et recyclage de batteries solaires en projet

    ENERGIE – La mise en place d’une industrie locale de fabrication et recyclage de batteries solaires en projet

    Antananarivo, 22 Juin, 7h35 – Une filière qui pourra être développée localement. Le Fonds mondial pour la nature (WWF), avec des ministères comme celui en charge de l’Energie (MEH) ainsi que d’autres partenaires techniques et financiers, entend recourir aux services d’un prestataire qui mènera une étude de faisabilité de mise en place d’une industrie locale de fabrication et de recyclage de batteries solaire à Madagascar. Cette organisation non gouvernementale avait déjà publié l’appel d’offres en vue de rechercher le prestataire qui aura à évaluer les besoins pour la mise en place de cette industrie, à identifier les sources potentielles d’approvisionnement en intrants et à analyser les réglementations en vigueur touchant cette filière.

     

    Ce projet vise l’expansion de l’énergie solaire à Madagascar qui, selon la WWF, fait encore face à plusieurs contraintes, dont celles liées aux batteries solaires. Et la mise en place de cette industrie de fabrication et de recyclage de batteries répond à plusieurs enjeux. Le Fonds mondial pour la nature fait remarquer que les coûts d’importations de ces batteries restent élevés même si certains de ces articles bénéficient d’avantages fiscaux. La problématique des batteries solaires en fin de vie est également à considérer puisque en tant que déchets, elles représentent un danger non seulement pour l’homme mais également pour la nature.

     

    Le WWF lance parallèlement un appel d’offre pour la mise en place d’un laboratoire de test accrédité de systèmes solaires domestiques. Son implantation permettrait aux opérateurs et producteurs de réduire les coûts pour le test de leur matériel et permettrait de procéder à un contrôle des produits qui circulent sur le marché. Le WWF poursuit que les certifications à la suite des tests effectués par ce laboratoire peuvent faciliter l’obtention des financements pour les projets solaires avec la garantie sur la qualité des équipements utilisés. Ceci rassurera également les utilisateurs sur la fiabilité de ces équipements.

  • ACTIONNARIAT : La dette de l’Etat envers Rio Tinto pour les recapitalisations de QMM en 2012 et 2015 effacée

    ACTIONNARIAT : La dette de l’Etat envers Rio Tinto pour les recapitalisations de QMM en 2012 et 2015 effacée

    Antananarivo, 22 Juin, 6h15 – Une grosse ardoise à effacer. L’Etat indique qu’il n’aura plus à régler les 77 millions de dollars que la société Rio Tinto lui avait avancés pour les deux recapitalisations de la compagnie QMM entrepris en 2012 et en 2015, lui permettant de rester un actionnaire dans ce projet minier. Les négociations dans le cadre du renouvellement de la convention d’établissement de cette compagnie ont permis à l’Etat de se libérer de cette énorme dette, à en croire le compte rendu du Conseil des ministres de ce mercredi.

     

    La compagnie QMM avait été contrainte de procéder à des recapitalisations en 2012 et 2015, compte tenu de ses difficultés financières à l’époque. Ces recapitalisations devaient engager chacun de ses actionnaires, dont la société Rio Tinto détenant 80% du capital et l’Etat avec ses 20%. La société Rio Tinto avait alors avancé la part de l’Etat qui n’avait pas les moyens financiers pour souscrire à ces recapitalisations. Ces avances ont constitué une dette de 77 millions de dollars que l’Etat devait rembourser à ce groupe minier multinational anglo-australien.

     

    La nécessité d’une recapitalisation avant la fin de l’année 2019 avait également été annoncée l’administration minière vu l’état financier de QMM en 2016. Pour garder ses 20% de part d’actions dans cette compagnie, l’État devait apporter sa contribution financière, à hauteur de 16 millions de dollars, une somme dont l’État ne disposait pas et que Rio Tinto devait de nouveau lui avancer. Cette recapitalisation ne s’est cependant pas faite « puisque les bénéfices dégagés par QMM ont permis d’éviter cette procédure spécifique », avait annoncé Rio Tinto en juillet 2022. Si elle avait été effective, cette troisième recapitalisation aurait pu ramener la facture à 93 millions de dettes envers cette société.

     

    Le Conseil des ministres indique avoir négocié et obtenu plusieurs points dans le cadre du renouvellement de la convention d’établissement de QMM. Celle-ci n’a « plus rien à avoir avec l’ancienne convention », indique le communiqué du Conseil des ministres de mercredi. Outre l’effacement de ses dettes, l’Etat a négocié que la société Rio Tinto QMM contribue davantage aux projets de développement de la région d’Anosy et efface même les dettes que lui doit la Jirama. Pour l’heure, la compagnie minière ne souhaite pas s’exprimer sur le sujet « car des aspects essentiels doivent encore être adoptés par l’Assemblée nationale ».

     

  • ACCÈS AU FINANCEMENT – Entre 0 et 25% des dossiers de demande de crédits rejetés par les banques au quatrième trimestre 2022

    ACCÈS AU FINANCEMENT – Entre 0 et 25% des dossiers de demande de crédits rejetés par les banques au quatrième trimestre 2022

    Antananarivo, 21 Juin, 14h30 – 86,7% des 12 banques territoriales à Madagascar ont indiqué avoir rejeté entre 0% et 25% des demandes de crédits qui leur ont été présentés durant le quatrième trimestre de 2022. Cette fourchette de taux de rejet est à peu près la même que celle enregistrée au troisième trimestre de l’année dernière, d’après ce que rapporte la Banky foiben’i Madagasikara (BFM) dans son enquête auprès du secteur bancaire.

     

    30% des dossiers de demande de crédit rejetés proviennent d’entreprises de taille moyenne, employant entre 50 et 199 personnes. 26,7% ont été déposés par des microentreprises qui emploient entre 1 et 9 personnes. 23,3% proviennent de petites entreprises et 20% de grandes entreprises, détaille la BFM dans les résultats de ses enquêtes.

     

    La banque centrale rapporte que la crédibilité des entreprises emprunteuses vis-à-vis des banques territoriales est restée m inchangée durant cette période. Cette crédibilité s’est même améliorée au niveau des 31,9% de ces établissements financiers.

     

    Le quatrième trimestre reste par ailleurs, comme chaque année, une période propice au développement des activités de crédit des banques. Aussi 81,6% d’entre elles ont affirmé avoir augmenté les volumes de crédits accordés durant cette période pour l’année dernière. Les flux nets des crédits réels octroyés par rapport au précédent trimestre ont augmenté de 10,4 % rapporte le document de la BFM.

     

    Les banques ont fait part d’une augmentation de la proportion de crédits alloués au profit du secteur agricole, passant de 10% au troisième trimestre à 13,3% au quatrième trimestre 2022. La proportion des crédits au profit du secteur commerce entre ces deux périodes a pour sa part baissé, en partant de 28,3% pour descendre à 23,3%. Les crédits pour les BTP et les transports se situaient à 13,3% chacun.

     

    Pour ce qui est des taux appliqués par les banques, les taux moyens créditeurs, c’est-à-dire le pourcentage calculé sur l’épargne placée par le client et qui lui rapporte une somme d’argent chaque année, a augmenté de 3,08% à 3,12% durant les deux derniers trimestres 2022. Les taux moyens débiteurs, qui sont les taux servant à calculer la part des intérêts que le client doit verser dans le cadre de son emprunt, ont pour leur part baissé de 13,28% à 13,15% entre ces deux périodes.

     

    Ainsi, sous l’effet combiné de la baisse des coûts d’exploitation et des taux moyens créditeurs, 88,4% des banques affirment avoir enregistré une augmentation de leurs bénéfices et seulement 11,6% d’entre elles estiment avoir enregistré une baisse par rapport au troisième trimestre 2022, d’après la Banque centrale.