Catégorie : Économie

  • INVESTISSEMENT – Le secteur des services capte 57,4% du total des entreprises créées dans la région Analamanga pour les deux dernières décennies

    INVESTISSEMENT – Le secteur des services capte 57,4% du total des entreprises créées dans la région Analamanga pour les deux dernières décennies

    Le dynamisme économique repose massivement sur les services pour Analamanga. Avec 6 828 sociétés créées, ce secteur affiche une domination écrasante, en captant 57,4% des 24 799 entreprises formelles répertoriées par l’Economic Development Board of Madagascar (EDBM) dans la région pour les deux dernières décennies. Des chiffres que la directrice générale de cette agence de promotion des investissements, Josielle Rafidy a présentés jeudi dans le cadre de la présentation de la célébration des 20 années d’actions de l’EDBM.

     

    Cette concentration révèle une structure économique où le secteur tertiaire agit comme la principale porte d’entrée pour les investisseurs. Il se positionne bien loin devant les secteurs productifs traditionnels. Les TIC, qui avaient été isolés du secteur des services, arrivent même en seconde position avec 12,3% des entreprises créées durant la période sous revue, du fait qu’ils représentent un levier de croissance spécifique.

     

    Parallèlement à l’omniprésence des services, les secteurs dits productifs peinent à s’imposer. Et ce, malgré leur importance stratégique pour l’économie nationale. Les investissements dans le secteur secondaire demeurent marginaux durant ces 20 dernières années, déplore Josielle Rafidy. L’agribusiness, avec 8,7 % des créations, et le textile-habillement, à 6,2 %, occupent par exemple des places honorables mais révèlent un investissement industriel encore timide dans une région qui concentre pourtant l’essentiel de la main-d’œuvre qualifiée. Le secteur de l’énergie demeure même quasi invisible avec seulement 0,9 % des nouvelles entreprises.

     

    Le nombre des entreprises créées dans la région Analamanga affiche néanmoins une tendance globale à la hausse de 2005, bien qu’il y ait eu quelques fluctuations. Le rythme s’est notamment stabilisé autour de 1 000 créations, avec une accélération notable observée depuis 2021, atteignant un pic en 2024 avec 1 654 nouvelles entreprises.

     

    L’entrepreneuriat local est majoritaire dans la création d’entreprises à Madagascar, puisque les ressortissants malgaches représentent 60,5 % des créateurs de sociétés à Analamanga, pour 11 178 entreprises. Sur le plan international, les investisseurs Chinois (11,7 %) et Français (10,7 %) constituent les principaux contingents étrangers, suivis de loin par les investisseurs Indiens (4,1 %) et Mauriciens (2,4 %).

     

    Les données couvrant les 20 dernières années sont par ailleurs déjà intégrées à la plateforme Orinasa de l’EDBM. Cette dernière est déjà interopérable avec le système de la direction générale des Impôts (DGI). À court terme, la plateforme permettra également d’effectuer des modifications et des radiations en ligne. Et cette interopérabilité offrira à l’administration publique une visibilité complète sur la situation des associés ou des sociétés, notamment sur la question de la domiciliation, qui constituait jusqu’ici un obstacle majeur, explique Josielle Rafidy.

  • ÉNERGIE – Le solaire chinois s’impose dans le mix énergétique malgache

    ÉNERGIE – Le solaire chinois s’impose dans le mix énergétique malgache

    Les panneaux solaires en provenance de Chine affluent sur le marché africain des énergies renouvelables. Selon le rapport Global Electricity Review 2026 du think tank Ember, les importations de panneaux solaires en provenance de l’Empire du Milieu ont atteint 18,8 gigawatts (GW) sur le continent en 2025, marquant une progression de 48 % par rapport aux 12,7 GW de 2024. Cette dynamique est favorisée par une réduction drastique des coûts, les modules chinois affichant des tarifs 20 % à 30 % inférieurs à ceux de la concurrence.

    À Madagascar, cette tendance se manifeste par une multiplication des projets d’autoconsommation et de mini-réseaux ruraux. Les données du China Solar PV Export Explorer indiquent que la Grande Île capte une part croissante de ces flux, s’inscrivant dans une dynamique régionale où le volume d’importation annuel se chiffre désormais en dizaines de mégawatts (MW). Contrairement aux grandes infrastructures hydroélectriques dont les délais de mise en œuvre sont longs, le solaire offre une solution modulaire immédiate pour répondre aux défis de production du réseau national malgré une durée d’activité assez limitée et un coût d’entretien plus coûteux.

    L’impact de cette mutation repose sur la flexibilité des installations « hors réseau ». Le rapport d’Ember souligne que pour des pays comme Madagascar, l’augmentation des volumes importés ne se traduit pas systématiquement par une injection sur le réseau public, mais par une montée en puissance de l’électrification privée. Cette stratégie permet de pallier les insuffisances techniques des infrastructures existantes. En 2025, l’accès facilité à ces technologies a permis aux opérateurs économiques malgaches de sécuriser leur approvisionnement énergétique à moindre coût.

  • COMMERCE ET INVESTISSEMENT – Collaboration renforcée au cœur de la nouvelle dynamique bilatérale entre Madagascar et les États-Unis

    COMMERCE ET INVESTISSEMENT – Collaboration renforcée au cœur de la nouvelle dynamique bilatérale entre Madagascar et les États-Unis

    D’une relation d’appui diplomatique à un partenariat d’affaires robuste et mutuellement bénéfique. Une centaine d’acteurs, mobilisés dans le cadre du Madagascar-United States and investment symposium (Mustis) depuis mardi travaillent à la concrétisation d’une nouvelle dynamique du partenariat entre Madagascar et les Etats-Unis. Hauts responsables des deux gouvernements, leaders du secteur privé et entrepreneurs ou encore anciens participants à des programmes d’échange américains s’y engagent afin de développer les échanges commerciaux et les investissements bilatéraux entre les deux pays.

    La Chargée d’affaires américaine, Stephanie Arnold, se dit convaincue du potentiel d’une collaboration renforcée entre Madagascar et les Etats-Unis dans divers secteurs. “Nous voyons là des opportunités pour renforcer les échanges commerciaux et les investissements, de développer les compétences, de créer des emplois et de favoriser une croissance durable, au bénéfice de nos communautés”, lance-t-elle.

    Le programme Mustis vise alors à créer des partenariats concrets en matière de commerce et d’investissement entre les entreprises américaines et malgache, en mettant en relation des partenaires potentiels et en s’attaquant aux défis communs. Le programme comprend des groupes de travail sectoriels consacrés à l’agriculture, au tourisme, à l’exploitation minière, à l’artisanat et au textile.

    L’ajustement du cadre opérationnel figure parmi les exigences formulées par la partie américaine pour optimiser la coopération bilatérale, indique la secrétaire générale du ministère du Commerce et de la consommation, Misa Rasolofoarison. Aussi, elle estime qu’afin de maximiser les bénéfices mutuels, il est impératif de stimuler les investissements directs étrangers (IDE) en provenance des États-Unis. Misa Rasolofoarison rappelle que plusieurs secteurs prioritaires ont déjà été identifiés pour capter ces flux de capitaux, à savoir l’agro-industrie, l’industrie minière, les énergies renouvelables, le secteur manufacturier, le tourisme, les technologies de l’information et de la communication (TIC).

    En matière de commerce, outre le secteur textile, les produits agricoles malgaches suscitent un vif intérêt, notamment la vanille, dont les États-Unis demeurent la principale destination. Le secteur extractif, particulièrement les minerais stratégiques, représente également un levier majeur de croissance, note-t-elle. Sur ce point, les États-Unis revendiquent leur statut de premier partenaire commercial de la Grande Île. En 2025, sous l’égide de l’AGOA, Madagascar a exporté près de 3 000 milliards d’ariary vers le marché américain, consolidant ainsi la position des États-Unis comme première destination des produits malgaches.

    “Les relations nouées ici constitueront la base d’une prospérité accrue pour nos deux nations”, reprend Stephanie Arnold. “Je me réjouis tout particulièrement des sessions thématiques ainsi que des réunions de groupes de travail prévues dans les mois à venir, afin que ce qui commence ici se traduise par un engagement durable et des résultats tangibles”, lance-t-elle.

  • IMPORT-EXPORT – Baisse de près de 40% du volume total des échanges entre Madagascar et les Etats-Unis pour le premier bimestre de 2026

    IMPORT-EXPORT – Baisse de près de 40% du volume total des échanges entre Madagascar et les Etats-Unis pour le premier bimestre de 2026

    Une contraction de l’activité globale rapportée. Le volume total des échanges entre les Etats-Unis et Madagascar a chuté de près de 40% pour les deux premiers mois de cette année par rapport à l’exercice précédent, passant de 136,3 millions de dollars en 2025 à 82,3 millions de dollars en 2026. La baisse est particulièrement prononcée au mois de janvier où les échanges étaient divisés par deux d’une année sur l’autre, selon la situation des flux commerciaux entre les deux pays, partagée par le Bureau de recensement américain.

    Les exportations malgaches vers le marché américain ont reculé durant ce premier bimestre. Madagascar a exporté nettement moins vers les États-Unis au début de 2026. Les 35 millions de dollars de janvier 2026 ont été particulièrement faibles comparés aux 73,3 millions de dollars de janvier 2025, soit une baisse de plus de 50 %.

    Une baisse drastique des importations de Madagascar en provenance des Etats-Unis est parallèlement rapportée. Les ventes de marchandises américaines vers la Grande île ont chuté, passant de 10 millions de dollars en janvier 2025 à seulement 2,5 millions de dollars en janvier 2026. En février, elles tombent à 1,9 million de dollars.

    Malgré la baisse des volumes des échanges, la balance commerciale reste largement en faveur de Madagascar. Le déficit pour les États-Unis s’est toutefois réduit, passant de -107,3 millions de dollars sur les deux premiers mois de 2025 à -73,6 millions de dollars en 2026.

  • COMMERCE – Les acteurs économiques malgaches s’approprient les leviers de la Zlecaf pour percer le marché africain

    COMMERCE – Les acteurs économiques malgaches s’approprient les leviers de la Zlecaf pour percer le marché africain

    Maîtriser les instruments de la Zlecaf pour une intégration réussie. Le Gouvernement malgache, soutenu par le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), a lancé ce lundi un atelier national ayant pour objectif de transformer la ratification de cet accord de Zone de libre-échange continentale africaines en opportunités économiques concrètes pour la Grande île. Cet objectif requiert une “appropriation effective de cet accord par les acteurs économiques du pays”, expose la Chargée d’affaires économiques auprès de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA), Simone Assah Kuete.

     

    Cette responsable de la CEA soutient un impératif de compétence technique. Bien que Madagascar ait ratifié l’accord en 2024, l’appropriation des outils techniques reste un défi majeur, soulève-t-elle. L’atelier est alors dédié au renforcement des compétences du secteur privé ainsi que des membres du Comité national de mise en œuvre de la Zlecaf. Les travaux portent notamment sur la maîtrise des règles d’origine, le portail tarifaire en ligne et le Système panafricain de paiement (PAPSS). L’objectif central est l’appropriation technique des instruments opérationnels de l’Accord, condition sine qua non à son déploiement effectif, lance-t-elle.

     

    Pour le gouvernement, l’intégration à la Zlecaf doit marquer une rupture avec l’exportation de matières brutes. Haingotiana Michela Andriamadison, ministre du Commerce et de la consommation, insiste sur la nouvelle orientation stratégique du Gouvernement. “L’enjeu stratégique pour la Grande Île réside dans l’exportation de produits à forte valeur ajoutée vers ce marché, favorisant ainsi l’intégration commerciale régionale. Notre défi consiste désormais à privilégier l’exportation de produits transformés plutôt que de matières premières brutes, afin de maximiser la création de valeur au niveau national”, a-t-elle plaidé.

     

    Le secteur privé voit d’ailleurs dans la Zlecaf un potentiel de croissance à exploiter. Gil Razafintsalama, président de la Chambre de commerce et d’industrie d’Antananarivo (CCIA) rappelle l’immensité du marché et ses gains potentiels. “Il faut y aller et se structurer pour intégrer cette zone de libre-échange continental. C’est 1,3 milliards de consommateurs qui pourront atteindre 2,5 milliards en 2050. Un PIB estimé à 2500 milliards d’euros. Une libéralisation tarifaire qui pourrait engendrer plus de 17 milliards d’euros”, indique-t-il en soutenant que “si on applique correctement, si on débloque les variables tarifaires, on peut même arriver jusqu’à 19 milliards d’euros supplémentaires”.

     

    Durant les deux jours d’atelier, plusieurs sessions à thème portant sur les opportunités pour le secteur privé en l’occurrence sur le commerce des marchandises, le commerce des services seront programmées. L’évolution de la mise en œuvre de la Zlecaf à Madagascar sera passée en revue avec un état des lieux. Ils verront la participation d’une cinquantaine d’acteurs publics et privés.

  • COMMERCE – La chute des cours mondiaux fragilise la filière cacao malgache

    COMMERCE – La chute des cours mondiaux fragilise la filière cacao malgache

    Le marché mondial du cacao traverse une phase de volatilité extrême, marquée par une correction brutale des prix après les records de début 2024. Selon les données de marché publié par l’Organisation internationale du cacao (ICCO), les cours ont enregistré un repli de 48,1 % sur l’ensemble de l’année 2025, suivi d’une baisse supplémentaire de 10,3 % en janvier 2026. Cette instabilité place les pays producteurs, dont Madagascar, devant un risque de précarisation des revenus ruraux. Pour la Grande Île, dont le cacao représente le 12ème produit d’exportation avec environ 87,6 millions USD générés en 2024, cette tendance baissière impacte directement la rentabilité des exploitations.

    Face à cette situation, l’organisation Rainforest Alliance alerte sur les conséquences de cette chute pour les petits planteurs. À Madagascar, où la filière fait vivre environ 33 000 familles, le marché libéralisé expose les producteurs à une baisse immédiate du prix “bord champ”. Contrairement aux pays voisins disposant de fonds de stabilisation, les collecteurs locaux ajustent leurs tarifs en fonction des fluctuations boursières de Londres et New York. Ce mécanisme fragilise la capacité des paysans à maintenir les investissements nécessaires pour les certifications environnementales, pourtant essentielles pour accéder aux marchés internationaux.

    Le positionnement stratégique de Madagascar, détenteur du label “100% Cacao Fin” de l’ICCO, est également mis à l’épreuve. Si cette distinction permet théoriquement d’obtenir des primes de qualité, l’effondrement des prix de base réduit les marges de manœuvre des exportateurs. Les projections économiques nationales anticipent déjà un recul des recettes d’exportation des matières premières de 12 % pour l’exercice 2025. Cette situation pourrait contraindre certains acteurs à privilégier le volume au détriment des processus de fermentation et de séchage, compromettant ainsi l’image de marque de l’origine Madagascar à long terme.

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  • MINES – Engagement commun de Madagascar et des États-Unis à promouvoir les opportunités autour du projet Vara Mada, d’après le département d’État américain

    MINES – Engagement commun de Madagascar et des États-Unis à promouvoir les opportunités autour du projet Vara Mada, d’après le département d’État américain

    Washington et Mahazoarivo s’accordent sur le projet de terres rares Vara Mada. C’est un des dossiers discutés entre le Secrétaire d’Etat américain adjoint, Christopher Landau, et le Premier ministre malgache Mamitiana Rajaonarison, lors d’un entretien lundi. Les deux parties avaient souligné leur engagement commun à promouvoir les opportunités de commerce et d’investissement concernant ce projet, rapporte le porte-parole adjoint principal du Département d’Etat américain, Tommy Pigott.

    Le Secrétaire d’État adjoint américain et le Chef du Gouvernement de la Refondation ont discuté des futures coopérations visant à sécuriser les chaînes d’approvisionnement stratégiques pour les États-Unis. Et ce, tout en générant des emplois, des recettes fiscales et des infrastructures structurantes pour Madagascar, poursuit Tommy Pigott. L’enjeu de cette coopération réside ainsi dans l’intégration de Madagascar aux chaînes de valeur mondiales de défense et de technologie.

    Le président de l’Assemblée nationale, Siteny Randrianasoloniaiko, avait indiqué avoir déjà discuté de ce sujet avec la Chargée d’affaires de l’ambassade des Etats-Unis à Madagascar au mois de mars de cette année. C’était lors d’une rencontre visant à discuter du renforcement et de l’élargissement de la coopération bilatérale entre les deux parties.

    Bien qu’il ait été souligné, à cette occasion, que ce partenariat s’est déjà diversifié et produit des résultats tangibles dans de nombreux secteurs, Siteny Randrianasoloniaiko avait rapporté avoir clairement indiqué que certains projets, dont Vara Mada, nécessitent encore un examen approfondi. “Nous marquons notre opposition à tout projet qui ne garantirait pas des bénéfices clairs, équitables et durables pour le peuple malgache. Notre principe est sans équivoque : aucun partenariat ne doit se faire au détriment des intérêts de la Nation”, avait-il insisté en ce temps-là.

    Dans son Sustainability Report 2025, publié en ce mois d’Avril, l’entreprise américaine Energy Fuels promotrice de Vara Mada annonce qu’elle continuera de donner la priorité au maintien de relations constructives avec ses gouvernements hôtes et les administrations publiques. À court terme, ses efforts resteront concentrés sur la collaboration avec les États, les agences gouvernementales et les autorités de régulation afin de faire progresser entre autres le développement de ses projets Bahia au Brésil et Vara Mada à Madagascar. Parallèlement, elle indique soutenir les initiatives des États-Unis, de l’Australie et des nations alliées en faveur des matériaux critiques.

    Par ailleurs, après avoir repris les échanges avec les parties prenantes du projet, Energy Fuels souligne qu’elle continue de faire évoluer et de perfectionner ses processus de concertation avec les communautés et les autres acteurs concernés. L’objectif étant de renforcer la confiance et la transparence, de répondre aux doléances et d’établir les accords nécessaires qui sont indispensables avant toute étape ultérieure de développement du projet Vara Mada, lance-t-elle.

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  • COMMERCE – Partenariat économique modeste entre Madagascar et le Maroc malgré des ambitions affichées

    COMMERCE – Partenariat économique modeste entre Madagascar et le Maroc malgré des ambitions affichées

    Les échanges commerciaux entre Madagascar et le Maroc demeurent marginaux et évoluent bien en-deçà du potentiel des deux nations. Ce constat a marqué l’ouverture de la 12ème édition du Salon de la créativité “Voatra”, vendredi. Le Maroc ne pointe qu’au 42ème rang des clients de la Grande île, tandis que Madagascar n’occupe que la 105ème place de ses partenaires commerciaux mondiaux du Royaume chérifien en 2024, rapporte l’ambassadeur du Maroc à Madagascar Mohammed Benjilany.

    “Si nos relations politiques sont très bonnes, nos relations économiques et commerciales sont très en-deçà des attentes et aspirations de nos autorités respectives”, révèle le diplomate marocain. Il estime que les performances enregistrées dans ce partenariat restent insuffisantes au regard du potentiel et des opportunités d’affaires offertes par les deux pays.

    Une dynamique positive semble toutefois s’enclencher, comme en témoignent les chiffres encourageants présentés par le secrétaire général du ministère du Commerce et de la consommation, Misa Rasolofoarison. En deux ans, Madagascar a non seulement multiplié par six la valeur de ses exportations vers le Royaume chérifien, mais a également réussi à dégager un excédent commercial croissant, atteignant 6 millions de dollars en 2025, rapporte-t-elle.

    “Nous le savons, nous sommes encore loin de ce qui est possible de construire ensemble. Car derrière ces chiffres, il y a une réalité plus importante encore, ce commerce reste concentré sur quelques produits”, remarque-t-elle notamment. La progression, bien que réelle, reste fragile car elle repose sur une base étroite de produits traditionnels, l’agro-alimentaire et le textile côté malgache, contre l’industrie lourde et la pharmacie côté marocain.

    L’objectif est donc désormais de diversifier ce panier d’échanges pour sortir d’un commerce de niche. D’où l’importance des Journées Maroc-Madagascar, organisées dans le cadre de la 12ème édition du Salon de la créativité “Voatra”. A travers cette manifestation économique et la présence du Maroc en tant que pays invité d’honneur, “nous passons à une nouvelle étape, celle de l’action économique structurante”, lance Hassan Sakhi, président de la Chambre de commerce, d’industrie et de services (CCIS) de la région Rabat-Salé-Kénitra. Il s’est rendu à Madagascar, à la tête d’une délégation composée d’une dizaine de chefs d’entreprises marocains opérant dans différents secteurs.

    L’ambition de porter les échanges au-delà de leur niveau actuel reposait sur une sélection rigoureuse de secteurs clés. Aussi, comme souligné par Hassan Sakhi, le choix de l’agro-industrie, des énergies renouvelables, du numérique, du tourisme, de l’artisanat, du textile et des services financiers ne doit rien au hasard. Il s’agit d’une réponse directe aux “complémentarités naturelles” entre les deux économies.

    Ces journées Maroc-Madagascar ont par ailleurs été pensées pour traiter les véritables conditions de l’accélération économique, le financement, la structuration des filières, la mise en relation des entreprises et surtout la capacité à transformer les complémentarités théoriques en projets concrets, conclut Misa Rasolofoarison du ministère du Commerce et de la consommation.

  • COMMERCE – Mise place d’un prix plancher pour le coton afin de stabiliser le secteur 

    COMMERCE – Mise place d’un prix plancher pour le coton afin de stabiliser le secteur 

    Une décision ferme pour encadrer les revenus des producteurs. L’État instaure un prix plancher de 1 700 ariary par kilogramme de coton pour la campagne 2025-2026. La mesure a été annoncée à Toliara lors du lancement de la campagne cotonnière par le ministre Gaëtan Ramindo, la semaine dernière. Elle intervient dans un contexte de fluctuation des prix sur le marché.

     

    En stabilisant cette base financière, les autorités espèrent encourager l’extension des zones de culture et renforcer la production nationale. Cette mesure s’inscrit dans une tendance de croissance déjà observée lors des cycles précédents, consolidant le coton comme un pilier de l’économie rurale et de la souveraineté alimentaire de la Grande Île.

     

    Sur le plan structurel, l’État mise sur une professionnalisation accrue à travers le Conseil Interprofessionnel du Coton (CIC) et l’octroi de nouveaux agréments aux opérateurs. Cette réorganisation technique cherche à instaurer un climat de transparence entre les producteurs et les industriels, indispensable pour alimenter le secteur textile local en matières premières de qualité. La stratégie repose sur une collaboration étroite entre les acteurs publics et privés pour transformer le potentiel agricole en un moteur d’industrialisation concret, capable de générer de la valeur ajoutée directement sur le territoire malgache.

     

    L’aspect social et durable occupe une place centrale dans cette nouvelle dynamique, soulignant notamment l’apport technique des femmes dans les phases de récolte et de contrôle qualité. L’enjeu pour Madagascar est de passer d’une agriculture de subsistance à une filière performante et pérenne. En respectant des itinéraires techniques rigoureux et une organisation collective renforcée, le pays ambitionne de stabiliser sa trajectoire de croissance économique. Ce cadre régulateur agit comme un levier de confiance, garantissant que l’augmentation des volumes de production profite durablement aux communautés locales tout en répondant aux standards industriels requis.

  • GISEMENT GAZIER – Le processus de sélection d’un partenaire industriel pour l’exploitation commerciale du gaz de Mahaboboka en cours, selon le Colonel Michael Randrianirina

    GISEMENT GAZIER – Le processus de sélection d’un partenaire industriel pour l’exploitation commerciale du gaz de Mahaboboka en cours, selon le Colonel Michael Randrianirina

    Vers une exploitation industrielle du gaz de Mahaboboka. Le processus de sélection d’un partenaire pour l’exploitation commerciale de ce produit est déjà en cours, annonce le président de la Refondation de la République de Madagascar, le Colonel Michael Randrianirina. Cela devrait permettre à la population de jouir prochainement des retombées de ce projet extractif, soutient le Chef de l’État lors de la visite d’inspection du site gazier d’Ankiliky, dans la commune rurale de Mahaboboka, samedi.

     

    Les estimations actuelles sur le puits en exploitation à Mahaboboka font état de réserves prouvées allant de 20 à 25 milliards de m³. Toutefois, ces chiffres ne sont que préliminaires et les projections suggèrent un potentiel bien supérieur, note la Présidence de la Refondation. Aussi, pour définir avec précision la volumétrie totale du gisement, une campagne complémentaire d’une dizaine de forages de délinéation est jugée nécessaire, a-t-elle annoncé.

     

    Cette visite d‘inspection visait à confirmer la viabilité des ressources gazières de Mahaboboka. Le ministre des Mines, Carl Andriamparany avait alors saisi l’occasion pour présenter les groupes électrogènes qui sont déjà alimentés par ce gaz sur place. L’objectif stratégique pour son département est de transformer ce potentiel extractif en levier de développement, avec un accent particulier sur l’autonomie énergétique.

    Toliara constitue par ailleurs une zone à fort potentiel en ressources naturelles souterraines. Cette partie de l’île regorge de gisements miniers diversifiés, notamment la labradorite, le graphite, l’ilménite, le saphir, l’or ou encore la malachite, indique l’administration minière.