Catégorie : Économie
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COOPÉRATION SUD-SUD – Un front commun pour réveiller le potentiel Madagascar-Tunisie
Un partenariat qui ne demande qu’à s’épanouir. Bien qu’en progression, les relations commerciales entre Madagascar et la Tunisie restent modestes. Elles laissent toutefois entrevoir un potentiel de développement important, d’après ce qui a été exposé durant la signature de la convention de collaboration entre la Chambre de commerce Tunisie-Madagascar (CCTM) et l’Economic Development Board of Madagascar (EDBM), mardi. Une alliance qui vise à dynamiser les flux économiques et à multiplier les opportunités d’investissement entre les deux pays.Les échanges bilatéraux entre Madagascar et la Tunisie demeurent pour le moment marginaux. Ils représentaient moins de 0,3% du commerce extérieur des deux pays en 2024. Avec 2,39 millions de dollars d’exportations vers la Tunisie contre 12,09 millions de dollars d’importations, la balance commerciale de la Grande île reste déséquilibrée, révélant un potentiel économique encore largement sous-exploité.Intérêt mutuelLe cadre est néanmoins déjà posé. D’un côté, une expertise industrielle tunisienne mature, et de l’autre, un réservoir de ressources et d’opportunités de transformation à Madagascar. Et cette complémentarité va s’appuyer sur ces flux commerciaux existants qu’il convient désormais de consolider dans une dynamique de coopération Sud-Sud, lance la directrice générale de l’EDBM, Josielle Rafidy. L’intérêt est mutuel, souligne-t-elle, en indiquant que des opérateurs tunisiens sont déjà implantés à Madagascar, et d’autres manifestent une réelle volonté d’y investir.L’EDBM avait d’ailleurs déjà mené une mission de prospection en Tunisie l’année dernière. Ce qui avait permis de promouvoir les secteurs stratégiques de la Grande Île et de confirmer l’attractivité de la destination auprès des investisseurs tunisiens.Nouveaux projetsDans cet élan, une mission économique Tunisienne à Madagascar, organisée par la CCTM se tiendra du 30 mars au 4 avril. Ce déplacement mobilise plusieurs entreprises et acteurs économiques tunisiens souhaitant explorer les perspectives de coopération et de partenariat avec le secteur privé malgache. Ce qui devra favoriser les rencontres entre opérateurs économiques et encourager l’émergence de nouveaux projets d’investissement et de coopération industrielle entre les deux pays.“Notre objectif est clair : dépasser le stade des protocoles d’accord pour aboutir à des partenariats opérationnels et pérennes”, lance le président de la CCTM, Ben Romdhane Mohamed Lhabib. À ce jour, plus de 20 participants officiels tunisiens sont déjà inscrits, et il est prévu d’atteindre une quarantaine de délégués. Un chiffre significatif pour cette mission économique inaugurale, soutient-il. -

ACCÈS AUX TERRES – Le foncier comme verrou stratégique à débloquer pour libérer les investissements
Et si la terre n’était plus une barrière administrative mais un levier financier ? C’est le changement de paradigme qui avait émergé de la conférence sur la transversalité du secteur foncier, organisée ce mercredi par la direction des services fonciers. Les acteurs, tant publics que privés, ayant participé à cette rencontre, ont été unanimes sur le fait que la sécurisation foncière constitue le verrou stratégique qu’il faut débloquer pour transformer le potentiel malgache en croissance réelle.
La problématique foncière est un des paramètres qui doivent être pris en considération pour tout opérateur envisageant d’investir dans le développement agricole, d’après ce qu’avait avancé le secrétaire exécutif de la Plateforme nationale riz, Masezamana Ny Hasinambinintsoa. Et la sécurisation des droits réels immobiliers revêt une importance stratégique, particulièrement pour la filière rizicole, a-t-il soutenu.
Stabilité du statut juridique
Ce spécialiste expose par exemple que deux leviers permettent d’accroître les rendements, en matière de production. Il parle d’une part de l’intensification culturale sur les parcelles existantes, par le biais de l’optimisation des intrants et l’adoption de techniques agricoles innovantes. Et d’autre part, l’extension des surfaces exploitées, qui nécessite impérativement une consolidation des droits de propriété ou de jouissance.
Danil Ismaël, président directeur général du groupe Inviso, adhère à cette réflexion en soutenant la complexité des investissements en l’absence de titre foncier. “Tout investisseur privé exige, au préalable, une sécurisation foncière pérenne du périmètre dédié à son projet”, insiste-t-il, en martelant que “la stabilité du statut juridique des terres est le gage de la sécurité des investissements”. Une collaboration étroite entre les services fonciers et le ministère de l’Agriculture et de l’élevage s’avère donc essentielle.
Processus de numérisation
Le taux de dématérialisation des données et informations foncières s’établit à 30 % à l’heure actuelle, indique le directeur général des Services fonciers, Vonjy Razafindratsimba. Il estime que les contraintes opérationnelles rencontrées par les investisseurs et l’ensemble des secteurs usagers du foncier devraient être levées, une fois ce processus de numérisation finalisé. Le ministère de tutelle s’attache, par ailleurs, à assurer un accompagnement personnalisé auprès de chaque investisseur, afin de leur fournir l’intégralité des données nécessaires à la sécurisation de leurs engagements financiers.
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YANTO SIANIPAR, ADMINISTRATEUR GENERAL DE MADAGASCAR OIL – “L’investissement dans des champs techniquement complexes requiert de la prévisibilité et des infrastructures”
Relancer la production locale pour transformer le paysage énergétique malgache : c’est le pari de Madagascar Oil. Mais comment la compagnie compte-t-elle réussir là où les tentatives précédentes ont freiné ? Éléments de réponse avec son Administrateur Général, Yanto Sianipar, qui précise ici les contours techniques et financiers de ce redémarrage.
Vous parlez de relance du projet Tsimiroro, en quoi diffère-t-elle des tentatives précédentes?
Il ne s’agit plus d’un simple redémarrage. C’est une réactivation stratégique reposant sur des fondations techniques solides, une restructuration financière et des capacités opérationnelles renforcées. Tsimiroro est un champ dont le potentiel a été prouvé. Notre phase pilote a confirmé la faisabilité technique et la viabilité économique de l’exploitation de cette ressource. Nous passons désormais du stade pilote au développement du champ. La première phase comprend la remise en production des puits existants, le forage de puits additionnels et la mise à niveau des installations d’injection de vapeur et de production.Quels ont été les principaux facteurs qui ont influencé le calendrier de développement du projet ces dernières années ?
Plusieurs facteurs expliquent ce délai. L’instabilité de notre situation locale, ainsi que la faiblesse des cours du pétrole à l’époque. Il y a trois ans, les prix étaient très bas. S’y est ajoutée la pandémie de COVID-19, qui a entravé les mouvements transfrontaliers, impactant le transport et la mobilité de notre personnel. Le cumul de ces problématiques a retardé notre mise en production jusqu’à ce jour.Qui sont les partenaires derrière Madagascar Oil et sur quel type d’expertise internationale le projet s’appuie-t-il ?
Madagascar Oil est opérée par le Groupe Benchmark. Benchmark est une compagnie énergétique internationale soutenue par des actionnaires américains et indonésiens. Avec une vision d’investissement à long terme, ils possèdent une vaste expertise dans le développement de gisements complexes de pétrole lourd à travers le monde. Benchmark est reconnu comme l’un des rares spécialistes mondiaux de l’exploitation des huiles lourdes, alliant une expertise technique éprouvée à une solide capacité financière. Le groupe a développé avec succès trois actifs majeurs de pétrole lourd, comme illustré dans la vidéo : le premier au Kazakhstan, le deuxième en Azerbaïdjan et le troisième en Californie. La valeur combinée de ces trois actifs dépasse les 4 milliards de dollars US. Ainsi, l’expérience internationale et la profondeur technique de Madagascar Oil pour faire avancer ce développement durable sont en parfaite adéquation avec les standards de l’industrie mondiale.
Où en est Madagascar Oil sur le plan de sa structure juridique et financière après les évolutions de début 2024 ?
Madagascar Oil a finalisé avec succès sa restructuration financière au début de l’année 2024. Cette restructuration a été formellement approuvée par la Cour Suprême des Bahamas, suite à un processus rigoureux d’audit juridique et financier. Cette démarche a permis d’apurer intégralement l’endettement antérieur de la société et de renforcer sa structure de capital, offrant ainsi une assise financière solide pour la relance des opérations. Madagascar Oil avance désormais vers un nouveau plan de développement avec la reprise de la production et la première phase d’extension sur des périmètres similaires. »
Quels sont les objectifs de volume de production visés à court et moyen terme sur le champ ?
Permettez-moi de commencer par la remise en service de nos puits existants. Nous disposons de 25 puits sur le champ après la phase pilote. Nous allons exploiter ces 25 puits pour atteindre une production d’environ 300 à 500 barils par jour. Par la suite, nous forerons davantage de puits, jusqu’à 150 au cours des deux prochaines années. La production sera alors portée à 3 000 barils par jour.
Au-delà de l’aspect technique, quelles sont les conditions cadres que vous jugez essentielles pour assurer la pérennité de l’exploitation ?
Pour un succès à long terme, les conditions structurelles suivantes demeurent essentielles. Premièrement, la stabilité du Contrat de partage de production (CPP). Deuxièmement, la mise en œuvre des dispositions de l’Article 55 du Code pétrolier. Et troisièmement, la réhabilitation de la Route nationale 1 Bis, cruciale pour notre logistique. L’investissement dans des champs techniquement complexes requiert de la prévisibilité et des infrastructures. Nous sommes déterminés à travailler étroitement avec les autorités nationales, particulièrement le Ministère des Mines, pour garantir une production commerciale stable et durable.
Quelle est votre stratégie pour gérer les contraintes logistiques actuelles sur le réseau routier ?
Nous prévoyons des programmes de remise en état de la route, et non une reconstruction complète. L’objectif est de stabiliser la voie pour que notre flotte de camions puisse acheminer nos produits de Tsimiroro vers Tsiroanomandidy. Il s’agit d’un tronçon de 220 kilomètres de pistes secondaires. Au-delà, nous disposons d’un réseau routier de qualité de Tsiroanomandidy vers les autres destinations. Notre priorité est donc d’identifier le programme de remise en état le plus efficient. Réhabiliter, pas reconstruire. C’est notre plan d’action. Parallèlement, nous sollicitons naturellement l’attention du gouvernement sur ces nouvelles conditions. Nous savons que l’État dispose d’un plan stratégique pour les infrastructures routières à Madagascar, et nous espérons que ce tronçon pourra être amélioré. »
Quel impact l’arrivée de votre production locale pourrait-elle avoir sur le marché énergétique malgache ?
Notre production locale de pétrole malgache sera extrêmement compétitive pour nos clients, car son prix sera plus avantageux que celui du pétrole importé. Nous savons que des industries locales sont aujourd’hui demandeuses de notre fuel lourd (HFO). Nous souhaiterions que la Jirama utilise notre produit. Actuellement, la consommation de la Jirama se situe entre 3 000 et 4 000 barils par jour. Si nous produisons 3 000 barils par jour, nous aiderons la Jirama à obtenir un prix très compétitif pour ses centrales thermiques.
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INTERNET – Axian Telecom s’allie à AST SpaceMobile pour accélérer le haut débit satellitaire en Afrique
Axian Telecom renforce sa stratégie d’expansion numérique sur le continent africain. L’opérateur a conclu un partenariat stratégique avec l’entreprise américaine AST SpaceMobile afin de déployer en Afrique un service de connectivité satellitaire « direct-to-device » (D2D). Le déploiement effectif du service restera toutefois conditionné à l’obtention des autorisations réglementaires et à la gestion de l’utilisation du spectre dans chaque pays concerné.
Cette technologie, très tendance actuellement, permet d’apporter l’Internet mobile haut débit dans les zones encore mal couvertes par les réseaux terrestres. Compatible avec l’évolution des standards 5G et IoT, cette solution pourrait ouvrir la voie à une nouvelle génération de connectivité hybride, combinant réseaux terrestres et satellitaires en Afrique.
La collaboration vise principalement à réduire la fracture numérique dans les régions rurales et isolées, où les infrastructures télécoms traditionnelles restent limitées. « Notre ambition a toujours été de bâtir un réseau qui profite à tous en Afrique », déclare Hassan Jaber, PDG d’Axian Telecom qui détient la marque Yas. Selon lui, la technologie développée par AST SpaceMobile permettra de connecter les communautés mal desservies sans nécessiter de nouveaux équipements pour les utilisateurs.
La technologie repose sur une constellation de satellites BlueBird placés en orbite terrestre basse. Elle permettra de fournir une connectivité 4G LTE et 5G directement sur des smartphones standards, sans application spécifique ni modification matérielle.
Au-delà du grand public, les deux partenaires prévoient également de développer des offres destinées à plusieurs segments stratégiques dont les entreprises, Internet des objets (IoT), transport maritime, aviation et communications d’urgence, comme l’a indiqué le communiqué de Axian Telecom. L’opérateur assurera la distribution locale des services, la coordination réglementaire et l’activation des clients via une solution SpaceMobile accessible en « un clic ».
Dans un secteur en pleine mutation, le haut débit satellitaire s’impose désormais comme un nouveau champ de compétition pour les opérateurs et les acteurs du spatial. En Afrique, Axian Telecom n’est pas le seul opérateur qui annonce le déploiement d’un tel service. La filiale africaine du groupe indien Bharti Airtel a annoncé, le 16 décembre dernier, un partenariat avec la société américaine SpaceX, qui exploite l’opérateur de services Internet par satellite Starlink, en vue du lancement, à partir de 2026, de la solution de connectivité satellitaire « Starlink Direct‑to‑Cell ».
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FINANCE ET CLIMAT – Rindra Rabarinirinarison nommée directrice exécutive du Centre mondial sur l’adaptation
L’expertise malgache au service de la résilience globale. Rindra Rabarinirinarison vient d’être nommée directrice exécutive du Centre mondial sur l’adaptation ou le Global center on adaptation (GCA) à Rotterdam, lundi. Elle succède au professeur Patrick Verkooijen à ce poste pour diriger l’organisation aux côtés de l’ancienne présidente de l’île Maurice, Ameenah Gurib-Fakim qui en est la nouvelle présidente de son Conseil d’administration.
L’ancienne ministre malgache de l’Economie et des finances atterrit donc à la tête du Centre mondial sur l’adaptation, qui est une organisation internationale dédiée à l’accélération des mesures d’adaptation au changement climatique. Cette organisation soutient notamment le déploiement de solutions de résilience aux niveaux international et local, en collaborant étroitement avec les secteurs public et privé.
Priorité sur l’Afrique
Rindra Rabarinirinarison se dit déterminée “à relever le défi de diriger le CGA vers une nouvelle ère”. Mais bien que la portée du Centre soit mondiale, elle entend renforcer la priorité de l’Organisation sur l’Afrique. Pour ce faire, Rindra Rabarinirinarison s’engage à mettre son expertise en gestion économique et financière au service de la mobilisation de mesures d’adaptation à grande échelle. Elle invite alors les Nations à budgétiser l’adaptation climatique et saisir l’opportunité de marché mondiale de 4 000 milliards de dollars qu’elle représente.
Le CGA se félicite de ces nominations qui placent un leadership féminin du Sud global dans sa gouvernance. L’organisation parle d’un début d’une nouvelle phase, qui continue d’accélérer l’action en faveur de l’adaptation climatique dans un paysage géopolitique en pleine mutation, avec un accent renforcé sur l’Afrique.
Rindra Rabarinirinarison avait quitté Madagascar en octobre 2025. Ministre de l’Economie et des finances sortante à l’époque, elle n’avait pas assisté à la passation de service avec son successeur. Le secrétaire général du ministère de l’époque, Andry Ramanampanoharana, avait alors annoncé qu’elle avait pris de nouvelles fonctions à Washington.
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DÉVELOPPEMENT- La Présidence alloue un soutien financier pour trois projets dans la région Vakinankaratra
Soutenir les projets portés par les jeunes et les associations, pour renforcer le développement socio-économique. Le président de la Refondation de la République de Madagascar, le Colonel Michaël Randrianirina, a remis des chèques pour trois projets, lesquels vont intervenir dans la région de Vakinankaratra, lundi.
Parmi les bénéficiaires figure l’association VMTAA, regroupant des femmes œuvrant en milieu rural dans la commune d’Ambaniandrefana. Elle a reçu près de 20 millions d’ariary pour renforcer ses actions de lutte contre la malnutrition et de promotion de l’autosuffisance alimentaire au sein des communautés rurales.
L’association Fanilo Miampita bénéficie, quant à elle, d’un financement d’environ 33 millions d’ariary destiné à la réhabilitation du patrimoine culturel de Betafo, notamment la restauration du « trano vakoka sy soatoavina » ainsi que la préservation du site naturel de Tsitondroina. Ces activités permettent de valoriser les valeurs et l’identité malgache tout en favorisant le développement local.
Le troisième projet, porté par la région Vakinankaratra en collaboration avec des entreprises partenaires, reçoit plus d’un milliard d’ariary. Ce financement servira à la réhabilitation de la route reliant Alarobia à Andrakodavaka ainsi qu’à l’entretien des équipements nécessaires aux travaux. L’objectif est de faciliter l’accès aux zones productives et de dynamiser l’économie locale.
“Il s’agit de fonds publics, les résultats doivent être visibles pour les citoyens”, a rappelé le président de la Refondation, lors de la cérémonie. Il a également adressé un message aux gestionnaires des projets, en précisant que la confiance accordée doit se traduire par une gestion transparente et un engagement sincère afin que les retombées profitent directement à la population.
Le soutien aux projets portés par les jeunes et les associations fait partie de la politique déjà mise en œuvre par la Présidence. Des universitaires regroupés au sein de « Jeunes Tech » ont notamment bénéficié d’un financement pour reconstruire des infrastructures endommagées par le cyclone à Toamasina.
Composée d’ingénieurs et de maçons issus des universités de Vontovorona et d’Ankatso, l’équipe participe aujourd’hui à la réhabilitation des cités universitaires de Barikadimy, dans le cadre d’un chantier-école. « Ces actions ne constituent qu’un début. Le soutien aux jeunes porteurs de projets et aux associations locales devrait se poursuivre afin de renforcer la mise en œuvre des politiques de développement dans les régions », souligne le Colonel Randrianirina.
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ECONOMIE – Herinjatovo Ramiarison déplore une stagnation structurelle de la productivité agricole
Une stagnation structurelle de la productivité agricole est rapportée. Bien que ce secteur constitue un levier fondamental de l’économie nationale, le ministre de l’Économie et des finances, Herinjatovo Ramiarison a déploré une atonie persistante de cet indicateur qui, malgré son importance stratégique, peine à amorcer une croissance réelle depuis des décennies. Ce membre du Gouvernement de la Refondation avait livré ce constat, lors des Assises pour la relance économique tenues ce lundi.
Le ministre Herinjatovo Ramiarison pointe surtout du doigt l’inefficience des investissements passés dans ce secteur. “En dépit de l’injection constante de ressources budgétaires, de la mise en œuvre successive de multiples Programmes d’investissement public (PIP) et du déploiement de nombreux projets de développement, les rendements stagnent encore à ce jour”, martèle-t-il, soulignant l’urgence d’une révision profonde des mécanismes de soutien à la production.
Lors de la présentation du Diagnostic des revenus ruraux à Madagascar, Olive Nsababera avait rapporté que le taux de croissance annuel de l’agriculture était proche de zéro au cours des dernières décennies. Le secteur qui devrait ainsi être le moteur de la croissance économique avait quasiment stagné, souligne cette économiste principale de la Banque mondiale.
Cette spécialiste de la Banque mondiale avait alors soulevé plusieurs contraintes structurelles qui ont limité la productivité agricole. Elle avait parlé d’une gouvernance opaque des marchés, qui avait comme conséquence d’entraîner de forts écarts entre les prix perçus par les producteurs et les prix finaux. A cela s’ajoutent encore les distorsions de politiques publiques, qui affaiblissent encore les incitations des paysans à produire et à vendre. Elle y ajoute la mauvaise qualité des routes, la capacité de stockage limitée qui empêchent également une intégration forte des marchés ou encore le faible accès au financement.
Il est par ailleurs souligné dans le rapport d’Examen des dépenses publiques liées à l’agriculture, fait par la Banque mondiale que le taux d’exécution du budget dans ce secteur demeure faible. Il se situait en dessous de 40 % tout au long de la période d’étude. Bien qu’un total de 1,57 milliard de dollars ait été alloué au secteur entre 2013 et 2022, moins de la moitié (617,3 millions de dollars) a été effectivement dépensée.
Pour améliorer durablement les revenus agricoles et renforcer la résilience des ménages ruraux, le rôle central des organisations paysannes et du secteur privé dans l’amélioration de l’accès aux marchés, aux intrants et à l’assistance technique avait été insisté. Les rapports de la Banque mondiale avaient également mis en avant l’importance de revitaliser les villes secondaires pour stimuler les chaînes de valeur agricoles et créer des opportunités d’emplois non agricoles. Les recommandations de cette institution financière appellent alors à des investissements ciblés, notamment dans l’irrigation, les routes rurales, la recherche et la vulgarisation agricoles ou encore le renforcement du cadre de décision budgétaire, de la qualité des données et des systèmes de suivi-évaluation.
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RELANCE ÉCONOMIQUE – La création d’un Institut national du textile et de l’habillement en trame
Madagascar entend se doter d’un vivier de techniciens qualifiés à travers la création d’un Institut national du textile et de l’habillement. C’est une des mesures prioritaires pour la relance économique prévue pour cette filière, avec pour objectif de faciliter le développement des entreprises existantes et l’attraction de nouveaux investisseurs.
Des actions peuvent déjà être entreprises, comme présenté dans le document détaillant ce projet. Celles-ci commencent par l’identification des qualifications techniques en crise ou à renforcer, suivi de la définition des curricula correspondant aux formations à mettre en place. Et ce pour parvenir à la création de l’Institut national du textile.
Ce projet devra contribuer à la facilitation de l’extension des unités déjà implantées au pays d’une part. Mais il devra également promouvoir l’attractivité accrue pour de nouveaux investisseurs, de l’autre, compte tenu de la disponibilité des ressources humaines qualifiées.
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TOURISME – Une croisière engagée et solidaire pour le navire Pacific World accostant à Toamasina ce lundi
Un souffle d’espoir après l’incertitude. Le suspens a pris fin pour les opérateurs touristiques de Toamasina, avec l’accostage du navire Pacific World de l’organisation Peace Boat dans la Ville du Grand Port ce lundi. Ce paquebot, avec ses 1 700 croisiéristes, y fera une escale de deux jours comme indiqué par le ministère du Tourisme et de l’artisanat.La majeure partie de ces croisiéristes, soit environ 1 300 passagers sont prévus débarquer pour explorer les richesses culturelles et naturelles de la ville et de ses environs pour dynamiser l’économie locale. Mais au-delà de cette découverte touristique, leur visite prendra une dimension humaine cruciale. Ces passagers apporteront leur soutien aux communautés locales ainsi qu’aux sites touristiques durement touchés par le récent passage du cyclone Gezani. Le ministère du Tourisme parle notamment des sites d’Ivoloina et de Tapakala.Une évaluation rigoureuse avait dû être entreprise bien avant l’arrivée du paquebot pour déterminer si les conditions requises sur l’état sanitaire de la ville de Toamasina et la sécurité des visiteurs pour l’accueil de ce navire étaient réunies. Le passage dévastateur du Cyclone Gezani avait laissé des traces profondes à Toamasina, générant notamment l’accumulation des détritus et des dégâts matériels sur les grandes artères. Une situation qui faisait peser une menace immédiate sur la validation de cette escale, d’où la mission de reconnaissance programmée en amont.Les acteurs concernés se sont en tout fortement mobilisés. Des travaux d’assainissement des grandes artères et du centre-ville de Toamasina avaient été menés. Ce qui a contribué au maintien de cette escale du navire Pacific World. -

AGROÉCOLOGIE – Le projet “Prosol” bouclé avec plus de 45 000 hectares de terres restaurées et passe le relais au projet “Soil Matters”
Prosol s’achève sur un bilan positif. Après sept ans de mise en œuvre au pays, ce Projet de protection et de réhabilitation des sols pour l’amélioration de la sécurité alimentaire a permis de protéger et de restaurer plus de 45 000 ha de terres. C’est le ministre de l’Agriculture et de l’élevage, José Nirina Rasatarimanana qui en avait fait le rapport, lors de la clôture officielle de ce projet mercredi.
Fruit d’une coopération entre le Gouvernement malgache et l’Agence allemande de coopération internationale (GIZ), accompagnés d’autres partenaires européens, Prosol avait pour objectifs la protection et la restauration des sols, le renforcement de la sécurité alimentaire, ainsi que la résilience des systèmes de production face au changement climatique. Ce projet avait bénéficié à plus de 25 000 exploitants qui avaient adopté des pratiques agroécologiques. Il a contribué à une hausse de rendement atteignant 50% pour ces derniers, avec des revenus qui se sont nettement améliorés pour plus de 11 000 femmes rurales.
Le projet ProSol tire ainsi sa révérence en laissant un héritage solide pour l’agriculture malgache. Entre restauration des sols, explosion des rendements et autonomisation des femmes, les indicateurs sont au vert, et ouvre la voie au nouveau projet « Soil Matters », toujours en partenariat avec la GIZ. Ce projet prévoit à son tour d’améliorer la santé des sols sur 47 000 hectares. Et ce, au bénéfice direct de plus de 25 000 exploitants, avec une priorité accordée à l’autonomisation des femmes rurales. Au-delà de l’appui technique, le programme mise sur le développement d’un écosystème économique robuste en accompagnant les communautés locales dans la gestion durable et autonome de leurs ressources naturelles.
Photo : GIZ Madagasikara