Catégorie : Actualité

  • JUSTICE – Le Syndicat des magistrats de Madagascar (SMM) conteste les conditions de suspension de trois magistrats du Pôle anti-corruption

    JUSTICE – Le Syndicat des magistrats de Madagascar (SMM) conteste les conditions de suspension de trois magistrats du Pôle anti-corruption

    La décision du ministère de la Justice de sanctionner trois magistrats du Pôle anti-corruption remise en cause par le Syndicat des magistrats de Madagascar (SMM). L’organisation dénonce, dans un communiqué publié ce lundi, les conditions dans lesquelles trois magistrats ont été suspendus de leurs fonctions par le ministère de la Justice. Dans un communiqué publié ce lundi, le syndicat estime que les faits reprochés pourraient être liés à des “instructions ou pressions” exercées dans des conditions ne permettant pas d’en établir clairement l’origine et la teneur. Il dit avoir relevé “de sérieux éléments” laissant craindre que certains faits reprochés aux magistrats “ne leur soient pas imputables”, mais puissent être liés à des instructions ou pressions dépourvues de traçabilité.

    Selon le SMM, la subordination hiérarchique des magistrats ne signifie pas une obligation d’obéir à des instructions qui ne respecteraient pas les règles de forme. “Le respect de la hiérarchie ne saurait être assimilé à l’obligation d’exécuter des instructions informelles ou dépourvues de toute matérialisation permettant d’en établir l’origine et la teneur”, soutient-il dans son communiqué. Si le syndicat reconnaît au ministère, en tant que “autorité hiérarchique” le “pouvoir légal de donner des instructions”, il insiste pour que ces instructions soient “formulées dans le respect des dispositions légales et statutaires” tout en laissant “une trace permettant d’en assurer la responsabilité et le contrôle”.

    Le syndicat invite alors les magistrats, “en particulier ceux du ministère public, à “rester vigilants et à ne pas exécuter d’ordres dépourvus de matérialisation et de traçabilité, quelle que soit l’affaire concernée”. Il appelle également la ministre, “en sa qualité de première cheffe du ministère public, au strict respect des garanties prévues par le nouveau statut de la magistrature et des règles régissant les instructions données aux magistrats du parquet”.

    La semaine dernière, le ministère avait annoncé la suspension de trois magistrats du PAC pour des manquements présumés dans l’exercice de leurs fonctions. Le ministère avait notamment évoqué le traitement des dossiers et le non-respect des obligations liées à leurs fonctions. Une source au sein du ministère avait également cité, entre autres griefs, des soupçons de conflit d’intérêts, des classements de dossiers sans justification, des absences injustifiées, des refus répétés de traiter certains dossiers et des comportements jugés contraires à la déontologie.

  • SPORT COLLECTIF – Madagascar participe à la Coupe du monde U23 de basketball 3×3 féminine en Chine

    SPORT COLLECTIF – Madagascar participe à la Coupe du monde U23 de basketball 3×3 féminine en Chine

    Rendez-vous est pris. L’équipe nationale malgache féminine des moins de 23 ans participera à la Coupe du monde de basketball 3×3. La compétition se tiendra du 15 au 19 septembre à Wuhan, dans la province du Hubei, en Chine.

    Madagascar luttera pour le titre mondial face aux meilleures sélections nationales U23. Dix-huit nations seront en lice : les Pays-Bas, la Chine, le Japon, les États-Unis, l’Espagne, la France, la République tchèque, l’Italie, la Pologne, l’Ouganda, la Lettonie, l’Égypte, le Canada, les Philippines, les Tonga, la Slovénie, l’Australie et Madagascar.

    Depuis son lancement en 2018, la Coupe du monde U23 de basketball 3×3 est devenue un tremplin essentiel pour les jeunes talents qui aspirent à briller au niveau senior. Cette compétition constitue ainsi une nouvelle occasion pour les Ankoay de s’illustrer sur la scène internationale.

  • ACTIVITÉS MINIÈRES – Le barrage sur la route menant au site de Mandena de QMM levé

    ACTIVITÉS MINIÈRES – Le barrage sur la route menant au site de Mandena de QMM levé

    Circulation rétablie du côté de Mandena à Tolagnaro. Après les discussions engagées autour des tensions à Andranokana, le barrage installé sur la route menant vers le site de la société QMM à Mandena a été levé ce dimanche. La circulation y est de nouveau rétablie après que des représentants des habitants d’Andranokana ont retiré les blocages qu’ils avaient installé au niveau des Quatre-Chemins, sur l’axe menant vers Mandena, rapporte le ministère des Mines sur sa page Facebook.

     

    La levée du barrage intervient quelques jours après la suspension des activités minières de QMM sur le site de Mandena. La compagnie avait annoncé, le 27 août, l’arrêt temporaire de ses opérations face à ce qu’elle qualifie de blocages répétés de la route d’accès vers son site. Elle a invoqué des conditions ne permettant plus de garantir la sécurité et la libre circulation de ses employés, partenaires et prestataires.

     

    Le retrait du barrage marque ainsi un premier signe d’apaisement. Il fait suite aux efforts de médiation menés par les autorités, les partenaires sociaux et les notables locaux afin de rapprocher les différentes parties. Les habitants d’Andranokana réclament, entre autres, le paiement des indemnités liées aux activités agricoles qu’ils estiment avoir été affectées par les activités minières.

     

    Plusieurs échanges ont déjà eu lieu à Tôlagnaro et à Antananarivo entre QMM, les représentants de la communauté d’Andranokana et les autorités. Les discussions portent sur les revendications de la communauté ainsi que sur les conditions entourant les activités minières à Mandena.

     

    Pour QMM, la reprise des activités reste conditionnée au rétablissement durable de la sécurité et de la libre circulation vers et depuis le site de Mandena. Le gouvernement appelle ainsi les parties concernées à poursuivre le dialogue dans un climat apaisé afin de parvenir à une solution durable.

  • AFRIQUE DE L’OUEST – Les Bissau-Guinéens appelés à se prononcer sur une nouvelle Constitution renforçant les pouvoirs du président

    AFRIQUE DE L’OUEST – Les Bissau-Guinéens appelés à se prononcer sur une nouvelle Constitution renforçant les pouvoirs du président

    Les Bissau-Guinéens vont aux urnes ce dimanche pour se prononcer sur une nouvelle Constitution qui prévoit de transformer le régime semi-parlementaire en un régime présidentiel renforcé. Le texte soumis à référendum donne notamment au chef de l’État le pouvoir de nommer et de révoquer le Premier ministre et le gouvernement, ainsi que de dissoudre le Parlement.

     

    La question soumise aux électeurs est formulée ainsi : “Êtes-vous d’accord sur l’entrée en vigueur de la nouvelle Constitution approuvée par le Conseil national de transition ?”. Les électeurs doivent répondre par “oui” ou par “non”. À Bissau, les bureaux de vote ont ouvert vers 7 heures et doivent fermer à 17 heures.

     

    La principale modification proposée par le nouveau texte concerne l’organisation des pouvoirs exécutif et législatif. Le système actuel, de type semi-parlementaire, prévoit notamment un Premier ministre issu de la majorité parlementaire. La nouvelle Constitution prévoit de transférer davantage de prérogatives au président de la République. Celui-ci pourrait nommer et révoquer le Premier ministre et les membres du gouvernement, mais également dissoudre le Parlement.

     

    Les autorités de transition présentent cette réforme comme un moyen de mettre fin aux conflits récurrents entre la présidence et le gouvernement et de renforcer la stabilité institutionnelle. Le texte a été adopté en janvier 2026 à l’unanimité par le Conseil national de transition (CNT), dont les 65 membres ont été nommés par les autorités militaires de transition dirigées par le Général Horta N’Tam.

     

    Le projet est toutefois contesté par une partie de la classe politique et de la société civile, qui dénoncent une concentration excessive des pouvoirs entre les mains du président. Le PAIGC, parti historique de l’indépendance de la Guinée-Bissau, a appelé au boycott du référendum, dénonçant son organisation dans un contexte de “restriction des libertés publiques”.

     

    La Ligue bissau-guinéenne des droits de l’Homme a également critiqué le projet. Son président, Abubacar Ture, estime que le régime présidentiel voulu par les autorités de transition risque de concentrer “tous les pouvoirs entre les mains d’un seul homme”.

     

    Le référendum intervient dans un contexte politique particulier. La Guinée-Bissau est dirigée par des militaires depuis le 26 novembre 2025, lorsque le processus électoral a été interrompu à la veille de l’annonce des résultats provisoires de l’élection présidentielle et des législatives. Le scrutin constitutionnel doit précéder la présidentielle annoncée pour le 6 décembre 2026, qui doit marquer le retour des civils au pouvoir.

     

    Ancienne colonie portugaise d’Afrique de l’Ouest, la Guinée-Bissau est marquée par une forte instabilité politique depuis son indépendance en 1974, avec cinq coups d’État et de nombreuses tentatives de putsch.

     

    Avec AFP

  • CRÉATION – Le design malgache s’invite à Paris Design Week 2026 avec Kiady Ratovoson

    CRÉATION – Le design malgache s’invite à Paris Design Week 2026 avec Kiady Ratovoson

    De Madagascar à Paris, Kiady Ratovoson continue de faire son chemin dans l’univers du design. Après Milan et Londres, le créateur malgache poursuit son parcours international avec une nouvelle sélection à Paris. Le designer indépendant et architecte d’intérieur malgache, fondateur de KR.Atelier, figure parmi les 225 candidatures retenues pour participer à la Paris Design Week 2026 qui se tiendra du 10 au 19 septembre dans différents lieux de la capitale française.

     

    L’événement réunira des centaines de participants dans des galeries, showrooms, ateliers et autres espaces dédiés au design. Du 10 au 14 septembre, la programmation se déroulera en parallèle du salon Maison&Objet, avant que les parcours de la Paris Design Week ne se poursuivent jusqu’au 19 septembre à travers Paris.

     

    Parmi les temps forts, la Paris Design Week Factory, du 10 au 14 septembre, mettra en avant plus de 150 designers émergents dans quatre galeries, notamment dans le quartier du Marais. L’édition 2026 s’articulera autour de quatre thématiques, dont Collectible, Édition, Craft et une section consacrée à la Chine.

     

    Pour Kiady Ratovoson, cette nouvelle sélection intervient après plusieurs expériences internationales. Il avait présenté son travail à la Milan Design Week, puis au London Design Festival. En mars 2026, il avait également été sélectionné parmi 40 designers internationaux pour une exposition à la French Design Gallery à Paris.

     

    Cette fois, le designer malgache présentera deux pièces au cœur du Marais, dans le cadre de la Paris Design Week. Une nouvelle vitrine internationale pour ses créations, développées depuis Madagascar.

     

    Son travail prend justement racine à Madagascar. Formé entre Shanghai et Milan, Kiady Ratovoson a choisi de revenir s’y installer pour développer KR.Atelier. Il y imagine des pièces à la croisée du mobilier, de la sculpture et de l’art.

     

    Selon un communiqué, ses créations sont conçues à Madagascar et réalisées avec des artisans locaux. Bois, bois de récupération, sisal ou encore soie sauvage deviennent ainsi les matières premières d’un langage contemporain, où l’objet dépasse sa simple fonction pour prendre une dimension artistique.

     

    Avec cette nouvelle étape parisienne, Kiady Ratovoson poursuit ainsi son développement sur la scène internationale, tout en mettant en avant une création ancrée dans les matières et les savoir-faire malgaches.

  • ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR – La lutte contre la corruption à intégrer dans le cursus des étudiants en master à l’Université d’Antananarivo

    ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR – La lutte contre la corruption à intégrer dans le cursus des étudiants en master à l’Université d’Antananarivo

    La lutte contre la corruption pourrait bientôt franchir les portes des salles de cours de l’Université d’Antananarivo. Le Bureau indépendant anti-corruption (Bianco) prévoit d’intégrer un enseignement dédié à la lutte contre la corruption dans le cursus des étudiants en master, afin de les sensibiliser aux principes d’intégrité et d’éthique avant leur entrée dans le monde professionnel.

     

    Cette démarche s’inscrit dans le cadre du partenariat entre le Bianco et l’Université d’Antananarivo. Une séance de partage et de sensibilisation s’est tenue le 27 août à Ankatso, avec pour objectif de renforcer la prévention et l’éducation à la lutte contre la corruption auprès des jeunes.

     

    Par ailleurs, en complément de cet enseignement prévu en cinquième année, une structure anti-corruption devrait prochainement être mise en place au sein de l’université. Elle aura vocation à renforcer les actions de sensibilisation et à promouvoir une culture de l’intégrité auprès des étudiants.

     

    L’objectif affiché est d’agir en amont, en donnant aux futurs diplômés les outils et les repères nécessaires pour adopter des comportements responsables dans leur future vie professionnelle, selon l’Université d’Antananarivo. Pour le Bianco, l’université constitue un espace stratégique pour faire de la prévention un véritable levier dans la lutte contre la corruption.

     

    La rencontre a été conduite par le coordinateur général auprès de la Présidence de l’Université d’Antananarivo, le professeur Tojonirina Andriambinintsoa Ranaivoson, aux côtés des représentantes du Bianco, Soloherilala Raharinoro et Noeline Rasoloarijaona , chargées respectivement de l’éducation et de la communication.

     

    Dans le cadre de cette collaboration, l’Université d’Antananarivo entend également renforcer son rôle dans la formation et l’éducation des jeunes, au-delà des seules compétences académiques.

  • ÉLECTION – La présidence de la Refondation convoque les acteurs politiques et la société civile en vue de consultations pour préparer les élections 

    ÉLECTION – La présidence de la Refondation convoque les acteurs politiques et la société civile en vue de consultations pour préparer les élections 

    La présidence de la Refondation prend les choses en main. Elle annonce “l’organisation de consultations en vue de préparer les élections”. Elle invite alors “les partis politiques, les plateformes politiques, les associations et organisations de la société civile œuvrant dans l’observation des élections ainsi que les diverses forces vives du pays” à participer à cet événement qui est prévu se tenir au Palais d’Etat d’Iavoloha du 1er au 8 septembre.

     

    La participation aux discussions est cependant réservée aux organisations ayant une existence légale, formelle et à jour. Ainsi, pour pouvoir obtenir l’invitation à récupérer ce dimanche, les partis et groupements politiques devront présenter une attestation de légalité délivrée par le ministère de l’Intérieur et de la décentralisation pour l’année 2026. De leur côté, les organisations de la société civile d’observation électorale devront être munies d’une attestation de régularité pour 2026 délivrée par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni).

     

    Pour le président de la Refondation, le Colonel Michaël Randrianirina, cette concertation représente une étape incontournable afin d’asseoir la légitimité des futures échéances électorales. Le chef de l’État a rappelé à plusieurs reprises que l’objectif prioritaire de la transition demeure la conduite du pays vers des élections libres, inclusives et transparentes, soulignant que l’intérêt supérieur de la Nation et le consensus démocratique doivent prévaloir sur les considérations individuelles pour reconstruire des bases institutionnelles solides.

  • TRANSPORT MARITIME – Le port de Mahajanga achève la première phase de sa réhabilitation

    TRANSPORT MARITIME – Le port de Mahajanga achève la première phase de sa réhabilitation

    Le port de Mahajanga commence à faire peau neuve. Troisième plus grand port de Madagascar en termes de volume de marchandises, cette infrastructure bénéficie d’importants travaux de modernisation engagés depuis février 2025. Inaugurée samedi, cette première phase de réhabilitation a permis de remettre à niveau plusieurs infrastructures portuaires et de renforcer le dispositif de surveillance. L’objectif est de moderniser les installations et de les mettre davantage en conformité avec les normes requises.

     

    Ces travaux s’inscrivent dans un vaste projet de réhabilitation du port de Mahajanga, destiné à renforcer ses capacités et son rôle dans les échanges commerciaux. Cette première étape a été financée à hauteur de 10 millions de dollars par la Banque mondiale.

     

    Les infrastructures existantes étaient fortement dégradées et avaient été en partie endommagées par les cyclones qui ont frappé la région, explique le ministre des Transports et de la météorologie, Herizo Andrianavalona.

     

    Les travaux, réalisés en 15 mois, comprennent notamment le rempiètement des quais, la mise en place de tirants d’ancrage, des travaux de remblaiement technique, l’aménagement de plateformes et de chaussées ainsi que l’équipement des quais. Le magasin Vuillemin a également fait l’objet de travaux de réhabilitation.

     

    L’un des principaux volets du projet concerne aussi la mise aux normes du système de surveillance du port, avec l’installation de caméras de surveillance sur l’ensemble du site et la construction d’une salle de contrôle. La voie d’accès et le réseau d’évacuation des eaux ont également été réhabilités. Des clôtures conformes aux normes ont par ailleurs été installées.

     

    Le président de la Refondation de la République, le colonel Michael Randrianirina, s’est rendu à Mahajanga samedi pour inaugurer les infrastructures réhabilitées. Il estime que le bon fonctionnement d’un port comme celui de Mahajanga constitue un important levier de développement pour la région et pour le pays. “L’extension du port permettra de faciliter davantage la circulation des marchandises et des personnes, contribuant ainsi à la croissance économique et à l’amélioration des conditions de vie de la population”, a-t-il déclaré.

     

    Situé sur la côte ouest de Madagascar, le port de Mahajanga constitue un important centre d’activités commerciales pour l’approvisionnement des régions bordant le canal du Mozambique. Son aire d’influence s’étend du nord au sud-ouest de Madagascar, notamment à travers les régions de Diana, Boeny et Menabe, et jusqu’aux Comores.

     

    La réhabilitation du port ne s’arrête pas à cette première phase. La prochaine étape prévoit l’extension globale du port, pour laquelle un financement de 30 millions de dollars est déjà mobilisé. Le ministère des Transports et de la météorologie prévoit également de séparer les différentes opérations effectuées au sein du port, ainsi que l’installation de scanners et de “body scanners”. “Ces travaux de la deuxième phase pourront débuter après la ratification du Projet de Transport Multimodal et de Logistique (PTML) par l’Assemblée nationale”, précise le ministre des Transports et de la météorologie.

  • MÉDECINE TRADITIONNELLE – L’ANTM appelle à un renforcement du contrôle des tradipraticiens et à l’application de sanctions contre ceux qui ne se conforment pas aux normes 

    MÉDECINE TRADITIONNELLE – L’ANTM appelle à un renforcement du contrôle des tradipraticiens et à l’application de sanctions contre ceux qui ne se conforment pas aux normes 

    L’Association nationale des tradipraticiens de Madagascar (ANTM) appelle à renforcer les contrôles et à prendre des mesures contre les personnes qui exercent la médecine traditionnelle sans respecter la réglementation. L’association estime que ces pratiques nuisent à l’image de la profession et compliquent sa normalisation. “L’application de la loi reste encore quelque peu défaillante. Nous avons déjà une législation à Madagascar, mais sa mise en œuvre est particulièrement difficile”, déplore Joséphin Andriandrainarivo, président de l’ANTM.

     

    L’association signale notamment la présence de personnes qui proposent des soins à travers des publicités sur les réseaux sociaux et dans les médias, ou qui démarchent directement des clients sur les marchés. Selon l’ANTM, ces pratiques ne sont pas conformes au cadre réglementaire qui encadre l’exercice de la médecine traditionnelle à Madagascar.

     

    Pour renforcer le contrôle du secteur, l’association préconise notamment la réactivation et le renforcement des comités consultatifs communaux dans les différentes communes. Elle recommande également de consolider les mécanismes de contrôle au niveau régional, en collaboration avec les directions régionales de la Santé et les responsables locaux. Ces dispositifs devraient permettre de mieux coordonner les activités et de distinguer les tradipraticiens qui exercent dans le respect de la réglementation des personnes qui proposent des prestations sans se conformer aux règles en vigueur, estime l’ANTM.

     

    L’ANTM souhaite également renforcer le dialogue entre les tradipraticiens et les professionnels de la médecine moderne. L’association estime qu’une meilleure concertation permettrait de préciser les rôles de chacun et de limiter les situations de conflit ou de mauvaise orientation des patients. Elle évoque notamment des cas où des patients pris en charge par des tradipraticiens seraient ensuite découragés ou mal orientés lorsqu’ils souhaitent consulter un médecin. Pour l’association, ces situations peuvent avoir des conséquences importantes sur la santé des patients, alors que les deux pratiques devraient avoir pour objectif commun la préservation de la santé et de la vie.

     

    L’ANTM demande par ailleurs à être davantage associée à l’élaboration des campagnes de sensibilisation sanitaire. Elle estime que certains messages peuvent donner l’impression que la médecine traditionnelle est systématiquement à l’origine des échecs thérapeutiques ou des décès.

     

    La médecine traditionnelle conserve une place importante dans la société malgache, selon les données citées lors de la célébration nationale de la Journée africaine de la médecine traditionnelle, organisée vendredi à Anosy. À l’échelle africaine, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime qu’environ 80% de la population a recours à la médecine traditionnelle sous différentes formes.

     

    L’ANTM regroupe actuellement 17 associations représentant environ 14 000 tradipraticiens à Madagascar. L’exercice de la médecine traditionnelle est reconnu par le décret n°2007-805 du 21 août 2007. Les articles 10 à 13 de ce texte définissent notamment les règles déontologiques applicables aux praticiens.

  • SAHEL – Le régime militaire du Niger affirme reprendre le contrôle après une mutinerie à Niamey

    SAHEL – Le régime militaire du Niger affirme reprendre le contrôle après une mutinerie à Niamey

    Le régime militaire au pouvoir au Niger affirme avoir repris progressivement le contrôle de plusieurs sites sensibles de Niamey, après une tentative de mutinerie ayant donné lieu à des échanges de tirs dans la nuit et samedi matin, notamment près de l’aéroport international et du palais présidentiel. “La prompte réaction des forces de défense et de sécurité a permis de circonscrire ce mouvement d’humeur et de reprendre progressivement le contrôle de ces sites”, a déclaré le ministre de la Défense, le général Salifou Mody, dans un communiqué lu samedi à la télévision publique.

    Selon le ministre, un groupe de militaires “en rupture avec le règlement militaire” avait tenté de séquestrer certains de leurs camarades dans la caserne de la base 101, située dans le complexe de l’aéroport de Niamey, avant d’ouvrir le feu sur plusieurs sites de la capitale. Le général Salifou Mody a appelé la population à “garder son calme et vaquer librement à ses occupations”.

    Des riverains ont fait état de tirs nourris et de détonations autour de la base militaire à partir d’environ 01h00 dans la nuit de vendredi à samedi. Les tirs se sont poursuivis dans la matinée, selon plusieurs habitants. “Tout est redevenu calme, on n’entend plus de tirs”, a déclaré en fin de matinée un habitant du quartier de Yantala, situé à proximité du palais présidentiel.

    Les accès à la présidence et à la télévision nationale ont également été bloqués par des militaires, qui obligeaient les automobilistes à faire demi-tour, selon des résidents de Niamey. Le signal de la télévision publique a été interrompu pendant un peu plus d’une heure avant de reprendre vers 10h00.

    Une source sécuritaire basée en Afrique de l’Ouest a indiqué à l’AFP qu’une tentative d’intrusion dans le palais présidentiel par des militaires avait été repoussée par la garde présidentielle. Un diplomate africain à Niamey a estimé que la garde présidentielle était restée loyale au chef de la junte, le général Abdourahamane Tiani.

    La base 101, attenante à l’aéroport international de Niamey, constitue un site stratégique. Elle abrite notamment le quartier général des partenaires russes du Niger, Africa Corps, ainsi que l’état-major de la force unifiée de l’Alliance des Etats du Sahel (AES), formée par le Niger, le Mali et le Burkina Faso.

    Le site avait également accueilli entre décembre et janvier une importante cargaison de concentré d’uranium, qui devait être exportée. Aucun mouvement de cette cargaison n’a depuis été identifié, selon l’AFP.

    Cette tentative de mutinerie intervient alors que Niamey avait déjà été le théâtre de deux attaques contre l’aéroport cette année. En janvier, des jihadistes affiliés à l’Etat islamique avaient visé le site. Fin juin, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaida, avait revendiqué une nouvelle attaque. Cette dernière avait fait 11 morts parmi les soldats et deux parmi les civils.

    Le Niger est dirigé par le général Abdourahamane Tiani depuis le coup d’Etat de juillet 2023 contre le président Mohamed Bazoum. Ce dernier reste détenu par les autorités militaires. Depuis son arrivée au pouvoir, la junte nigérienne a rompu avec la France, ancien partenaire majeur dans la lutte contre les groupes jihadistes, et renforcé ses relations avec la Russie.

    Le Niger, comme le Mali et le Burkina Faso, reste confronté à des attaques jihadistes régulières, particulièrement dans la région de Tillabéri, aux frontières avec ces deux pays. Les trois Etats, dirigés par des régimes militaires, ont constitué l’Alliance des Etats du Sahel et se sont progressivement éloignés de leurs anciens partenaires occidentaux. Niamey accuse régulièrement la France de soutenir les groupes jihadistes qui opèrent dans la région, ce que Paris dément.