Antananarivo, 9 Août, 15h15 – Madagascar perd l’un des plus grands connaisseurs de son histoire. Jean Fremiggaci, historien de l’économie, mais aussi spécialiste de la colonisation et de l’histoire politique contemporaine de la Grande île, est décédé à l’âge de 86 ans dans son village natal de Cargèse en Corse-du-Sud.
Professeur agrégé d’histoire, il a enseigné au lycée Galliéni et au département d’Histoire de l’université d’Antananarivo de 1965 à 1989, avant de poursuivre sa carrière à l’université Paris I Panthéon-Sorbonne, où il était maître de conférences. Membre de l’Institut des mondes africains (Imaf), il était également cofondateur de la revue Omaly Sy Anio, la revue de la mention Histoire de la Faculté des Lettres et sciences humaines de l’Université d’Antananarivo.
Ses recherches portaient notamment sur l’État colonial, l’insurrection malgache de 1947, la décolonisation et l’histoire politique de Madagascar depuis 1960. Auteur prolifique, Jean Fremigacci est notamment l’auteur de l’ouvrahe de référence “État, économie et société coloniale à Madagascar (fin XIXe siècle-1940)”, publié aux éditions Karthala en 2014. Il a également dirigé et co-dirigé de nombreux ouvrages collectifs, pour ne citer que “L’insurrection de 1947 et la décolonisation à Madagascar aux éditions Tsipika en 2008, ou “Démontages d’empires” aux éditions Riveneuve en 2013. Il a aussi signé de nombreux articles scientifiques dans des revues spécialisées.
Antananarivo, 8 Août, 21h30 – Le riz importé par Madagascar au premier semestre de 2025 dépasse déjà le volume total du riz importé pendant toute l’année 2024. Par rapport au premier semestre de 2024, la hausse est de 193,8% en volume. Alors que la Grande île avait importé 125 251 tonnes de riz de janvier à juin 2024, le volume importé est passé à 367 984 tonnes en 2025 à la même période.
Avec une baisse de 13,9% du prix moyen du riz sur le marché international, la hausse n’a pas été aussi importante en termes de valeur. Selon les données de la Banky Foiben’i Madagasikara, la hausse est de 153% en termes de valeur, passant de 70,5 millions de dollars au premier semestre de 2024 à 178,4 millions de dollars en 2025 à la même période.
Cet accroissement de l’importation du riz “a permis de stabiliser les prix de cet aliment de base sur le marché local”, souligne la Banque centrale. Cela a néanmoins conduit à une hausse notable des importations de la catégorie alimentations, avec une hausse de 28,2%.
Avec une consommation annuelle par habitant estimée entre 135 et 153,5 kg, Madagascar ne parvient pas encore à couvrir entièrement ses besoins malgré une production locale importante, notamment à cause des aléas climatiques et du manque d’infrastructures agricoles et logistiques. La Grande île devient ainsi quasi-dépendante des importations pour garantir l’approvisionnement national.
Pour inverser la tendance, Madagascar prévoit plusieurs actions, dont entre autres la production locale de riz hybride. Avec ce projet, la Grande île n’envisage pas seulement de réussir à nourrir sa population. Elle ambitionne de devenir le premier exportateur de riz en Afrique.
Antananarivo, 8 Août, 17h05 – Finies les reçus griffonnés à la main. Désormais, chaque opération devra être documentée, datée, signée et traçable en ligne. Le décret officialisant la mise en œuvre de la “e-Facturation” a été validé en Conseil des ministres le 2 Juillet dernier, enclenchant le virage numérique de la fiscalité. Le dispositif entend moderniser les pratiques commerciales et administratives. L’objectif est de simplifier et automatiser les échanges, de réduire les coûts et les délais, tout en renforçant la traçabilité et la sécurité des transactions.
Concrètement, l’e-Facturation repose sur une plateforme centrale pilotée par l’administration fiscale, reliée à des systèmes homologués développés par des prestataires tiers. Ces outils, conformes à des normes techniques strictes, permettent la création, la transmission, le contrôle et l’archivage des factures numériques. Grâce à des interfaces de programmation (API), ils peuvent dialoguer avec les systèmes informatiques des entreprises, facilitant ainsi l’échange structuré des données. Cette interconnexion vise à assurer une couverture complète de la chaîne de valeur, du producteur au consommateur.
Tous les acteurs économiques seront concernés après effectivité de la phase test qui sera d’abord appliquée uniquement pour les grandes entreprises. En sommes, industriels, artisans, prestataires de services et commerçants, qu’ils opèrent en gros ou au détail. Les achats destinés à la revente ou à la transformation devront également être accompagnés de factures conformes une fois que le système aura été validé pour le cas des grandes entreprises. Pour les autorités, cette réforme marque une étape clé dans la lutte contre l’évasion fiscale et l’assainissement du climat des affaires.
Reste le défi de l’adoption. De nombreuses très petites, petites et moyennes entreprises (TPE/PME) ne disposent pas encore des outils informatiques ou d’une connexion stable. Le gouvernement assure que des campagnes de formation et un accompagnement seront mis en place pour éviter toute exclusion. L’enjeu est de taille et c’est de faire de l’e-Facturation un instrument de transparence et de confiance, tout en garantissant que les petits opérateurs ne soient pas laissés au bord de la route.
Antananarivo, 8 Août, 14h30 – L’Etat cherche-t-il à encourager davantage l’usage des véhicules à essence ? Les autorités entendent en effet aligner progressivement les taxes sur le diesel sur les taux applicables au Super Carburant. C’est une des mesures de réformes qu’elles ont convenues avec le Fonds monétaire international (FMI), et maintenues lors de la deuxième revue du programme sur la Facilité de la résilience et de la durabilité (FRD).
L’Etat explique que les droits et taxes d’entretien routier pour le diesel sont moins élevés que ceux pour l’essence. Déjà, c’est “une différence qui ne correspond pas aux externalités environnementales et à l’impact respectif des véhicules diesel et des voitures à essence sur les infrastructures”, mais elle a également “favorisé une structure du parc automobile fortement orientée vers le diesel qui représente 60 % de la consommation totale de produits pétroliers”.
Les autorités s’engagent alors à augmenter progressivement la taxe et les autres prélèvements sur le carburant diesel afin de les aligner sur le niveau applicable à l’essence. Et c’est une disposition prévue être prise à fin octobre 2026, si l’on s’en tient au rapport de la deuxième revue de la FRD. Et elle devra être approuvée en Conseil des ministres.
L’Etat indique d’ailleurs bénéficier du soutien de la Banque mondiale dans cette mesure. Un appui qui concerne la préparation et la mise en œuvre des mesures d’atténuation en faveur des groupes les plus vulnérables, notamment les véhicules de transport public et leurs utilisateurs.
Si on se réfère à la structure des prix des carburants au premier semestre de 2024, la taxe sur les produits pétroliers (TPP) est de 228 ariary par litre pour le Gasoil contre 503 ariary par litre pour le Super Carburant. La Redevance allouée au Fonds routier (RER) est de 134 ariary par litre pour le Gasoil si elle est de 288 ariary par litre pour le Super Carburant.
Vous voulez en savoir plus sur les produits frappés par le droit de douane additionnel de 15% décidé par l’administration Trump? Ou encore sur la façon dont la transition va être menée, sachant que le décret est entré en vigueur ce jeudi? Cliquez sur la vidéo, le directeur général des douanes, Ernest Zafivanona Lainkana donne des détails dans cette interview.
Le directeur général des douanes donne des détails sur le droit de douane additionnel décidé par les Etats-Unis. Les 15% viennent en fait s’ajouter aux droits de douane déjà appliqués actuellement sur les exportations. Et comme une bonne partie des produits en provenance de Madagascar étaient sous Agoa, donc à 0%, Ils sont désormais taxés à 15%, sauf certains produits exemptés comme les minerais stratégiques.
Comment réagissez-vous par rapport au droit de douane additionnel de 15% qui avait finalement été fixé pour les exportations malgaches vers les Etats-Unis ?
Oui, effectivement, si nous remontons, je dirais, au mois d’avril, quand nous avons vu le taux qui était appliqué à Madagascar à 47 %, qui était vraiment, je dirais, une menace pour la compétitivité des produits en provenance de Madagascar à destination des Etats-Unis. Avoir ce nouveau tarif à 15 % est une amélioration comparée au scénario initial de 47 %. Donc, certes, c’est un soulagement. Mais il ne faut pas se méprendre, parce que l’idéal, pour nous, c’est quand on était dans l’AGOA. C’était avec un tarif, je dirais, préférentiel pour Madagascar, qui boostait notre exportation à destination des Etats-Unis. Et c’était même la raison pour laquelle on a eu un excédent commercial de plus de 90 %. Donc, certes, ce n’est pas l’idéal pour nous, mais en effet, c’est une avancée par rapport à l’ancien taux qui était initialement à 47 %.
Comment comprendre ce droit de douane additionnel ?
“Si je peux faire une petite comparaison par rapport à notre pratique : nous, quand nous appliquons les tarifs, ou bien le taux dans les tarifs, il y a les lois des finances que nous faisons. Et c’est pareil aussi aux États-Unis. Donc, c’est le Congrès qui fixe le taux et les réglementations en matière de la douane. Donc, il y a, par exemple, l’AGOA qui été fixée de cette façon car c’est une loi. Il y a aussi des taux MFN (Most favored nation) en anglais. Donc, c’est un taux qui s’applique à tous les pays d’une manière pratiquement uniforme sans accord de préférence commerciale spécifique. Mais au-delà de ça, donc, il y a ce taux additionnel de 15% qui s’applique, eu égard des autres, je dirais, différentes, soit des accords commerciaux, soit de ce taux MFN”.
Sur quels produits ce droit additionnel s’applique-t-il ?
L’exportation des produits de Madagascar à destination des États-Unis, je pense qu’on peut les catégoriser en trois types de produits. Donc, il y a tout ce qui est produit d’agroalimentaire. On peut mettre la vanille, les épices ainsi que les huiles essentielles et tout ça. Et en deuxième catégorie, il y a le textile. Et en troisième catégorie, les produits miniers. Et une bonne partie des produits miniers sont dans le décret du 2 avril. Ces produits, par exemple, les produits stratégiques, miniers stratégiques, font partie de cette liste d’exclusion. Les deux (premières catégories) ne sont pas dans la liste d’exclusion, effectivement.
Qu’en est-il donc de ces produits qui sont censés être exemptés de droit de douane avec l’Agoa?
“Comme je l’ai expliqué tout à l’heure, l’Agoa élimine les taxes, les autres taxes. L’Agoa permet de faire entrer nos produits en exemption de droits et taxes suivant cet accord. Sauf que le tarif additionnel s’additionne au-dessus de ça. Et donc, même si la vanille à travers l’Agoa, disons, ne payait pas avant, donc à partir de minuit aux États-Unis, minuit et une minute, il y a 15% qui s’additionnent.
Le décret n’annule pas l’Agoa, mais il se superpose à l’Agoa. Et donc, il y a aussi, par exemple le MFN, si on regarde dans le site de CBP (US Customs and border protection), on voit que la vanille est MFN free. Donc il n’y a pas de taxe sur la vanille pour le MFN. Sauf qu’il y a les 15% qui s’additionnent, parce que c’est une taxe additionnelle.
Comment cette nouvelle taxation va-t-elle s’appliquer, et qu’en est-il des marchandises déjà en transit ?
« D’après nos échanges avec nos homologues de CBP (U.S Customs and border protection), donc de la Douane américaine, sur l’application réciproque de produits non exemptés, en provenance de Madagascar. Il a été annoncé qu’il y a 10% pour les marchandises importées ou extraites de l’entrepôt entre 5 et 8 avril 2025, à condition qu’elles ne soient pas encore embarquées avant le 5 avril. Et donc il y a aussi 10% pour les marchandises importées entre le 10 avril et le 6 août inclus. Et puis 15% pour les marchandises importées ou extraites de l’entrepôt à partir de 7 août 2025 à 00h01, sauf si elles ont été embarquées avant cette date et sont dédouanées avant le 5 octobre 2025, auquel cas le tarif de 10% s’applique. Donc c’est ça les conditions pendant la phase transitoire qu’ils ont envoyées ».
Madagascar est-il préparé à ce taux?
“Quand on parle de tarifs, effectivement, l’impact, c’est la compétitivité. Et je pense que c’est un devoir pour l’État de trouver un moyen à ce que le produit du pays soit compétitif. Et d’ailleurs, il y a beaucoup d’efforts qui ont été faits. Si vous vous souvenez, Madagascar était un des premiers pays à rentrer en négociation avec les États-Unis après le 2 avril. Il y a eu une délégation qui s’est déplacée aux États-Unis. Il y a aussi beaucoup d’efforts qui ont été faits par la représentation diplomatique de Madagascar à Washington pour essayer de faire en sorte que les choses s’améliorent. Et dans ce sens, comme je disais, l’idéal, c’est d’arriver à avoir, soit un accord bilatéral commercial avec les États-Unis. Soit, je dirais, dans une forme éventuellement de l’extension de l’Agoa. (Mais ça, ça regarde les États-Unis. On n’a pas le contrôle sur ça). Mais s’il y a une équivalence par rapport à ça, c’est l’idéal. Et je pense que l’État est toujours là pour accompagner le secteur privé pour que ça aille dans ce sens”.
Les discussions et négociations se poursuivent donc ?
“Oui. Comme je disais, je pense que quand on voit la mobilisation de tous les acteurs, qu’ils soient dans le secteur public ou le secteur privé, peuvent confirmer. Parce que c’est dans l’intérêt de tout le monde. Quand on a eu, par exemple, 47 %, tout le monde s’est mobilisé, il y a eu plusieurs réunions. Il y a même des réunions qui étaient très tardives. Je m’en souviens, on a eu plusieurs réunions qui commençaient à 10 heures du soir, qui terminaient à minuit, à 1 heure du matin. Et tout ça, c’est la mobilisation de tout le monde. Et tant que les choses ne sont pas, je dirais, optimales pour le pays, la mobilisation va toujours continuer à se faire.
Antananarivo, 8 Août, 7h55 – L’Hôpital Joseph Ravoahangy Andrianavalona (HJRA) enregistre son énième décès parmi les invités de l’anniversaire célébré le 14 juin à Ambohimalaza. La jeune femme décédée ne sera cependant pas citée parmi les personnes victimes de ce qui est qualifié d’empoisonnement par les autorités. “Elle était sortie d’hôpital et son décès n’est pas lié à l’empoisonnement mais à une autre pathologie”, confie une source autorisée auprès du ministère de la Santé publique.
A en croire notre interlocuteur, les statistiques officielles de l’HJRA font état de 26 morts suite à l’affaire Ambohimalaza recensés dans cet établissement. La jeune femme qui vient de perdre la vie jeudi n’en fait pas partie, poursuit-il. Les proches de la défunte, interrogés par Real TV, indiquent qu’elle était sortie d’hôpital, “bien portante”, le 19 juillet après plus d’un mois d’hospitalisation, avant d’être à nouveau admise à l’HJRA quelques jours plus tard.
Outre les 26 décès signalés à l’HJRA, les autorités ont officiellement rapporté six autres décès enregistrés auprès d’autres établissements hospitaliers : un au Centre hospitalier universitaire Joseph Raseta de Befelatanana (CHU/JRB), un au CHU Andohatapenaka, un au Centre hospitalier de Soavinandriana (Cenhosoa), deux à la polyclinique d’Ankadifotsy et un à la clinique Mpitsabo mikambana.
Lors de l’émission télévisée du 24 juillet, le président de la République avait indiqué que les invités auraient ingéré “une dose importante d’atropine contenue dans deux plantes toxiques de Madagascar, la belladone et le datura”. Les participants à l’émission avaient évoqué des conflits familiaux, des rivalités entre cousines et des actes de vengeance comme mobile de la suspicion d’empoisonnement.
Madagascar avait été le pays hôte de la Semaine de l’Industrialisation de la SADC. Un évènement en prélude au 45ème Sommet des Chefs d’Etats et de Gouvernements de cette Communauté régionale, et qui avait présenté des opportunités à saisir notamment pour les acteurs touristiques de la Grande île. Le président du Conseil d’administration de la Confédération du tourisme (CTM), Lytah Razafimahefa, en parlé, dans cet interview réalisé dans le cadre de cette Semaine de l’industrialisation.
Madagascar accueille de plus en plus d’événements régionaux et continentaux. Le tourisme de la Grande île ne manque pas d’en profiter. La dernière en date est la Semaine de l’Industrialisation de la SADC. Mais les opérateurs touristiques bénéficient aussi des retombées du Sommet de la SADC. Comment le pays peut-il se positionner en tant que destination, notamment sur le marché de la SADC?
Madagascar a accueilli la Semaine de l’industrialisation de la SADC. Qu’est-ce que le secteur touristique avait à en tirer ?
« Il est important de noter que la Confédération du tourisme de Madagascar fait partie de ce qu’on appelle le SADC Business Council Business Platform depuis 2022 et en même temps du Business Council Tourism Alliance de la SADC. À travers cette organisation, la CTM a pu vraiment s’ouvrir dans l’intégration régionale. Ce qui est très important parce qu’à travers la ZLECAF (Zone de libre échange continentale africaine), à travers aussi tout ce qu’on a appris, ce qu’on a vécu après le Covid, il faut se rendre compte que le marché de proximité, c’est très important pour nous. Il ne faut pas le négliger. Aujourd’hui la connaissance pour Madagascar en matière de tourisme, la connaissance de l’Afrique est quand même assez limitée. Et là ça nous permet vraiment d’avoir beaucoup plus de visibilité, beaucoup plus de compréhension de ce manche-là pour avoir justement un échange intra-africain ».
Comment Madagascar se positionne-t-il auprès de ce vaste marché ?
« Bon, il ne faut pas se voiler la face. Madagascar n’est pas encore une destination très connue, voire même connue. Ce qu’il faut, c’est qu’il y a beaucoup d’efforts que nous devrons faire en termes de marketing, de la promotion de la destination et à commencer par nos voisins dans le continent africain. On se trompe de se dire que l’Afrique n’est pas un marché. Mais si le marché ne vient pas à la destination, c’est que la destination n’est pas encore connue. Donc, il faut que la destination frappe à la porte des marchés, essaie de comprendre beaucoup plus comment les marchés fonctionnent. Mais en même temps, de partager les datas que ces manches-là détiennent pour orienter notre stratégie, que ce soit au niveau opérationnel ou au niveau des plans d’action, dans comment nous allons approcher tout ceci ».
Certaines lacunes doivent donc encore être comblées ?
« En tant que destination qui se développe aujourd’hui, Madagascar se doit d’apprendre ce que l’Afrique fait. Ces pays africains qui se développent énormément, qui ont atteint plus d’un million de touristes annuels, qui ont atteint plus d’un milliard de dollars de recettes touristiques, qu’est-ce qu’ils ont fait ? Et justement, en termes opérationnels, ce qui veut dire ceux qui sont dans le business, en termes promotionnels, avec l’agence de promotion touristique, et aussi au niveau institutionnel, quels sont ce qu’on appelle par exemple les textes réglementaires, qu’est-ce qui régit aujourd’hui le déplacement des gens et des personnes, mais aussi des biens et services au niveau de la SADC”.
La CTM a scellé une alliance avec Africa’s Eden ? Qu’est-ce que cela implique concrètement?
“L’alliance avec Africa’s Eden, avoir une plateforme de B2B pareil, c’est ce que toute entreprise recherche. Quand on fait du roadshow, quand on fait de l’éductour, quand on participe à des foires internationales, l’objectif final c’est quoi ? Avoir des partenaires qui sont dans les marchés et qui vont nous mettre en contact avec le consommateur final. Donc voilà, malheureusement en tant que destination encore pas très connue, Madagascar a besoin d’avoir de partenariats. Donc la plateforme Africa’s Eden qui regroupe à peu près plus de 700 entreprises dans le secteur au niveau régional en Afrique, va ouvrir la porte et même ouvrir des portes aux opérateurs touristiques de Madagascar. En particulier ceux qui sont membres de la Confédération du Tourisme de Madagascar (CTM). Justement de leur ouvrir beaucoup plus d’opportunités en termes d’affaires. Sans ces plateformes là, c’est difficile comme j’ai dit, pour une seule entreprise d’aller entamer une aventure en solo vers le marché”.
Après ces divers évènements déjà accueillis par Madagascar, le pays peut-il être considéré comme une destination MICE (Meetings, Incentives, Conferences, Exhibitions)
“C’est trop tôt de dire directement que voilà Madagascar est maintenant une destination MICE. Mais Madagascar rentre aujourd’hui dans le cadre et vraiment dans le panier des pays destinations MICE. On voit de plus en plus les événements majeurs qui sont organisés dans le pays. Fort heureusement ça va booster les investissements, ça va faire venir beaucoup plus de partenaires étrangers, investisseurs qui vont s’installer à Madagascar. Et vous savez quand ces investisseurs là et les marchés voient que quelque chose bouge, ils vont venir, ils vont s’y intéresser, ne serait-ce qu’à demander des informations. En même temps Madagascar a été connu pour être une destination de circuit, ce qu’on appelle le tourisme itinérant. Aujourd’hui on a une opportunité extraordinaire de développer ce qu’on appelle le “business travel”, donc le tourisme d’affaires relié à tout ceci, dans ce qu’on appelle le MICE ainsi de suite”.
Le Palais national de la culture et des sports résonnera avec une voix culte ce 10 août avec Tovo J’hay qui marquera ses 25 ans de scènes. Plus qu’un chanteur, Tovo J’hay est un conteur d’émotions. Comment cet artiste a-t-il bâti une telle carrière ? Qu’est ce qui a le plus marqué sa carrière ? Que va -t il offrir à ses fans lors de ce concert du weekend ? Rencontre avec un chanteur de charme.
Herinirina Ratovondrahona, alias Tovo J’Hay, a commencé jeune. Il a fait ses preuves avec des groupes comme Maxi, Apy avant de se lancer en solo.
Dans les années 2000, il devient le « chanteur romantique ». Son talent est reconnu, il excelle dans différents genres de musique. Il a même déjà reçu divers trophées.
Comment est né le nom d’artiste Tovo J’hay ?
« Au tout début, quand j’étais encore tout jeune, j’ai fondé le groupe Maxi avec Mbolatiana et Christophe. C’était de 1989 à 1993. Après cette période avec Maxi, j’ai joué du clavier dans un groupe de rock appelé Apy. Après ça, je me suis lancé dans l’a cappella, en créant le groupe « The Jayz ». C’est de là que vient le « Tovo » et que « Tovo J’hay » a été créé en l’an 2000. On a juste ajouté le « h » pour évoquer les notions de « hairaha, haitao, haikanto » (savoir-faire, maîtrise, art). C’était à partir de cela que Tovo J’hay est né, et cela fait 25 ans maintenant.
Pourquoi être passé en solo ensuite ?
« C’était un peu comme une évidence, un chemin naturel. La décision a mûri en moi. Il y avait aussi le désir de partager ce que j’avais au plus profond de moi, alors j’ai choisi de continuer seul, de commencer à montrer au public ce que j’avais à lui offrir. »
Quelle est la chanson qui a le plus marqué votre carrière ?
« Par exemple, « Mbola hafa”. C’est l’une des premières chansons qui m’a fait connaître du public. « Mbola hafa ianao, tsy afaka an-doha » a marqué le début. Il y avait d’autres chansons avant, comme « Niandry irery foana teo », mais c’est avec « Mbola hafa » que les gens m’ont vraiment découvert. Ensuite, l’histoire a continué avec « Satry foana », mon premier album, qui a aussi marqué un tournant. La chanson qui a ensuite fait monter Tovo en popularité fut « Teny mamy”. Ces chansons ont marqué l’histoire, l’histoire qui se continue encore aujourd’hui, avec de nombreux titres que les gens connaissent et chantent : « Tsy misy toa anao », « Ndao mba hiaraka », « Te ho eny aminao eny aho », etc. Il y a aussi eu des duos avec d’autres artistes, comme « Raha tia mozika », « Nofy lalina » avec les anciens Pazzapa. Un autre duo mémorable est celui avec Aina pour la chanson « Babo ». Il y a eu plusieurs chansons qui ont marqué différentes périodes. Et une chanson intemporelle, je le dis humblement, c’est « Teny mamy ». Aujourd’hui, les gens la choisissent encore comme ouverture de mariage. On me demande souvent de la chanter lorsque je suis invité, même en privé. C’est une chanson qui a énormément marqué la vie de Tovo J’hay. »
Quelle est l’histoire derrière la chanson « Teny mamy » ?
« Sa création a une petite histoire. C’est Ny Eja qui a écrit les paroles, et moi j’ai composé la musique. J’avais déjà une mélodie mais je ne savais pas comment y mettre des paroles. Ny Eja était venu et m’a demandé de créer une mélodie. Elle était venue chez moi le soir pour me montrer les paroles. Quand je me suis endormi, c’était comme si quelque chose m’avait frappé en rêve, et au réveil, tout s’est mis en place. La mélodie et les paroles se sont parfaitement accordées. J’ai fait écouter le résultat à Ny Eja, et elle a adoré. Ce qui m’a encore plus marqué, c’est que j’ai été invité à un concert à Antsahamanitra avec un groupe. Cette chanson n’était encore sortie nulle part, personne ne l’avait entendue à part nous à la maison. Je l’ai chantée sur scène et le public a immédiatement réclamé un « bis ». C’est là que j’ai réalisé que les gens aimeraient cette chanson et qu’elle allait marcher. »
Quel est votre meilleur souvenir de scène ?
« Tout a été marquant. Mais ce qui me marque toujours le plus et m’émeut, c’est quand le public chante avec moi, du début à la fin du concert. Le fait que tout le monde connaisse les paroles de la chanson m’émeut toujours un peu quand ça arrive. »
Quel est le secret de la longévité dans le domaine musical ?
« Il n’y a pas vraiment de secret. Je pense que ce sont des chansons qui viennent du cœur. Et quand elles touchent le cœur, elles s’y installent. Les gens s’en souviennent à un moment de leur vie. Je pense que c’est une des raisons. Il y a des chansons qui nous poussent à la réflexion, qui font bouger, mais c’est le fait de toucher le cœur qui fait que ma musique reste avec les gens. Ils ont vécu cette émotion avec moi à l’époque »
Pourquoi l’amour est-il le thème principal de vos chansons ?
« Tovo J’hay est connu pour chanter l’amour. Je pense que c’est parce qu’il est une personne pleine d’amour. En fait, quand je crée une chanson, je me base toujours sur le vécu. Et l’amour est la chose la plus importante dans l’histoire de l’humanité, où que l’on soit. L’amour entre deux personnes, l’amour entre un parent et son enfant, l’amour entre un couple, l’amour de Dieu… Ce sont toutes ces formes d’amour que je raconte dans mes chansons. »
Parlez-nous de votre style musical
« Ce n’est pas vraiment un choix, ça vient tout seul. Le choix n’est peut-être que de 20%, les 80% restants viennent naturellement. Par exemple, je me dis : « le pop va bien à cette chanson », « le reggae va bien à celle-ci », « cette chanson-ci doit être un slow, une chanson lente », « celle-ci doit être ternaire, binaire », des côtés techniques. Mais tout cela vient tout seul.
Tovo J’hay entre dans la catégorie des artistes de variété. Les gens ont d’ailleurs déjà en tête ce qu’ils appellent le « style Tovo J’hay ». C’est un style de variété parce que je fais tout ce qui me convient. Je souligne « Ce qui me convient”, c’est important. Si je faisais du métal par exemple, ça ne m’irait pas, ni par rapport à mon physique, ni par rapport à mon image. Par exemple, j’adore le “kilalaka”, j’adore le “salegy”, mais je ne sais pas si ça m’irait. C’est pour cela que je suis classé dans la variété : je fais de la pop, de la soul, parfois du R&B, parfois un peu de rock, du pop-reggae, du pop-rock, etc. »
Vous avez déjà reçu plusieurs trophées. Quel trophée vous a marqué le plus ?
« Pour un artiste, quand on arrive à un stade où le public vous aime, c’est normal de recevoir des trophées. Mais c’est toujours émouvant parce que c’est une marque de passage. C’est la preuve que j’ai vécu de grands moments dans ma vie, alors je suis content d’avoir reçu ces trophées et je remercie surtout mes fans.
J’ai reçu peut-être quatre ou cinq trophées en 25 ans. Il y a eu le trophée pour la « chanson dance », le trophée pour la « chanson cool tempo »… je ne m’en souviens plus de tous. Mais celui qui m’a le plus marqué, c’est le trophée « sexy ». Je ne sais pas, c’était le choix du public. J’ai reçu le trophée du « plus sexy de l’année », et bien, je l’ai accepté avec plaisir. »
Que pouvez-vous nous dire sur la préparation du concert de ce 10 août ?
« « 25 ans de scène », c’est la grande idée derrière ce concert. Ce sera le dimanche 10 août à 15h00 au Palais des Sports Mahamasina. L’idée est de rassembler en un concert la musique que nous avons vécue avec les fans pendant ces 25 ans. On va donc jouer les chansons qui ont le plus marqué, les chansons les plus appréciées. On a déjà entre 80 et 100 chansons, on ne pourra pas tout faire. Mais on va s’efforcer de jouer les chansons les plus appréciées, qui ont marqué leur enfance, leur adolescence, leur vie. Par exemple « Teny mamy ». On va tout rassembler pour ces « 25 ans de scène” »
Quelles sont les spécificités de ce prochain concert ?
« Nous avons préparé de nombreuses choses. Au niveau des arrangements par exemple, nous avons préparé beaucoup de choses, au niveau de l’ambiance, de façon à ce que ce soit différent de ce que les gens ont l’habitude de voir. Il y aura aussi des danseurs, ce qui ne se fait pas souvent. Il fut un temps où Tovo J’hay avait ses danseurs. Nous allons les faire revenir sur scène. Tout ça pour créer des souvenirs. Les gens de notre génération, qui nous suivaient à l’époque, vont se souvenir : « ah, c’est vrai qu’il y avait ça avec Tovo ». On va refaire revivre ces moments. »
Quelle sera la suite de la célébration des 25 ans de scène ?
« On verra bien pour les 26 ans ! Les 25 ans de scène seront célébrés dans tout Madagascar. On a déjà commencé à l’étranger, au New Morning à Paris, puis il y a eu une tournée en Europe. Maintenant, on va le faire à Madagascar et dans toutes les régions. Nous sommes en train de planifier tout ça. »
En attendant …
« Dimanche 10 août, à partir de 15h00, au Palais des Sports Mahamasina. N’oubliez pas la date, venez nombreux ! Retrouvons-nous, partageons notre amour pour la musique. Nous vous attendons. »
Antananarivo, 7 Août, 8h15 – Le grand public devrait encore attendre deux à quatre mois avant de pouvoir utiliser la ligne téléphérique Anosy – Ambatobe. Selon le Conseil des ministres, l’ouverture annoncée de la ligne pendant le Sommet de la Communauté de développement de l’Afrique australe n’est que partielle. La ligne ne devrait également être que partiellement fonctionnelle pendant les deux à quatre mois précédant son ouverture au grand public.
Pendant cette période, sauf nouvelle décision, la ligne de transport par câble devrait fonctionner avec les groupes électrogènes thermiques installés au niveau de chaque gare et station. Cette mesure provisoire a été prise afin de réduire les impacts de l’utilisation du téléphérique sur le réseau officiel de l’électricité, mais aussi en attendant que la centrale solaire de Tsarasaotra qui en assurera l’alimentation électrique sera prête, avait déjà annoncé en juillet le secrétariat d’État en charge des Nouvelles villes et de l’habitat.
Dans le même communiqué publié le 18 juillet, le SENVH avait aussi annoncé que les essais avec passagers humains seraient réalisés durant le Sommet de la SADC. Il s’agit alors de montrer aux membres de la Communauté régionale mais aussi aux Tananariviens ce qu’est un transport moderne et fiable, avait souligné le ministère.
Antananarivo, 6 Août, 21h00 – Les affaires ont été moins bonnes pour les exportateurs de girofle de la Grande île. Le volume de ce produit exporté au premier semestre de cette année a baissé de 48,9%. Une situation que la Banky foiben’i Madagasikara (BFM) a rapporté dans sa note de conjoncture économique, publiée mardi.
Madagascar avait encore expédié environ 21 200 tonnes de girofle durant le premier semestre de 2024. Le pays n’en a exporté qu’autour de 10 800 tonnes pour la même période, cette année. Comme exposé par la BFM, cette contre-performance en termes de volume exporté est principalement imputable aux récents passages cycloniques, et plus largement, aux perturbations climatiques. Une condition qui avait affecté la floraison des arbres et avait réduit, par conséquent, la production des clous de girofle, expose-t-elle.
Le prix de ces girofles exportées avait néanmoins augmenté de 6,7%. Le kilo de ce produit qui se vendait à l’exportation à 5,8 dollars durant les six premiers mois de 2024 valait 6,2 dollars pour la même période de 2025. Ainsi, ces facteurs combinés ont fait que les revenus générés par le girofle ont chuté de 45,5 % pour la période sous revue.